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Full text of "Les monnaies royales de France depuis Hugues Capet jusqu'à Louis XVI"

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MONNAIES  ROYALES 


D©   BîlHïlG© 


sous    LA    RACE    CAROLINGIENNE 


SE  TROUVE   A   PARIS,    CHEZ   M.    HOFFMANN 


LES 


^^^MES  ROy^^^^ 


De  FBHnc© 


sous    LA    RACE   CAROLINGIENNE 


PAR 


E.   GARIEL 

^Membre  titulaire  de  la  Société  de  U^umismatique  Française,  associé  correspondant 

de  la  Société  des  Antiquaires  de  France. 


"DEUXIÈME    "PARTIE 


STRASBOURG 

IdMTliléMEli^IE    TYTOGliQ^THIQyE  'DE    G.   J/SCHTiQ^CH 


1884 


r.iV.CLGAN  f/.USEUM 
3  ;«0V  1964 


OXFORD 


AVERTISSEMENT 


Cette  seconde  partie  comprend  la  gravure  et  la  description  de 
toutes  les  monnaies  carolingiennes  dont  j'ai  pu  me  procurer  l'em- 
preinte. Je  les  ai  vues  toutes  et  peux  attester  leur  authenticité.  Pour  les 
pièces  citées  par  les  auteurs  et  dont  je  n'ai  pu  vérifier  ni  la  provenance 
ni  l'existence  actuelle,  je  donne  leur  figure  au  trait  simple.  La  plupart 
d'entre  elles  me  paraissent  bien  vraies  et  leur  connaissance  est  néces- 
saire pour  compléter,  autant  que  possible,  un  catalogue  général.  Il  y  a 
aussi  quelques  monnaies  que  j'ai  fait  graver  et  que  je  n'ai  pas  eues  entre 
les  mains,  mais  comme  elles  proviennent  de  trouvailles,  leur  authenticité 
ne  peut  être  discutée. 

J'ai  indiqué,  autant  que  possible,  toutes  les  collections  publiques  et 
privées  dans  lesquelles  se  trouvent  actuellement  les  médailles  décrites. 

Pour  les  espèces  dont  l'attribution  est  encore  incertaine,  j'ai  fait 
graver  toutes  les  variétés  qui  sont  passées  sous  mes  yeux.  C'est  le  seul 
moyen  d'offrir  une  base  solide  aux  études  ultérieures. 

Je  donne  aussi,  à  la  suite  du  monnoyage  carolingien  français,  les 
espèces  émises  par  les  Empereurs  et  Rois  de  race  carolingienne  qui  ont 
régné  soit  à  l'extérieur  du  royaume  frank,  soit  sur  certaines  parties 
momentanément  détachées  du  domaine  de  nos  rois ,  telles  que  le 
Lotherrègne  et  la  Provence.  Je  me  suis  arrêté  à  l'avènement  de  la 
maison  de  Saxe,  car,  à  ce  moment  cesse  le  parallélisme  entre  les  deux 
monnoyages  et  l'examen  des  monnaies  émises  par  ces  empereurs  et  rois 


2  AVERTISSEMENT. 

de  Germanie  n'est  plus  d'aucune  utilité  pour  l'étude  de  notre  système 
monétaire. 

La  première  partie  de  cet  ouvrage  traite  surtout  de  questions  géné- 
rales; mais  la  numismatique  de  chaque  règne  présente  des  points 
spéciaux  non  encore  élucidés  ;  je  les  discuterai  successivement,  m'ap- 
puyant,  autant  que  possible^  sur  les  textes  et  sur  les  travaux  de  mes 
savants  prédécesseurs. 

On  remarquera  que  j'ai  adopté,  pour  la  description  des  monnaies  de 
chaque  règne,  l'ordre  alphabétique  tel  qu'il  résulte  de  l'inscription,  non 
pas  de  leur  nom  réel,  c'est-à-dire  avec  la  forme  latine,  mais,  autant 
que  possible,  de  leur  nom  moderne.  Ce  qui  m'a  décidé  à  ce  choix,  en 
apparence  peu  logique,  c'est  que  beaucoup  de  noms  anciens  ont  plu- 
sieurs formes  très  différentes  les  unes  des  autres  et  que  leur  inscription, 
tantôt  sous  une  de  ces  formes,  tantôt  sous  une  autre,  eût  pu  amener  une 
confusion  regrettable.  Ainsi  j'ai  écrit  Langres  au  lieu  d'Andematunum 
ou  Lingonis  ;  Metz  au  lieu  de  Mettis  ou  Mediomatrici  ;  Laon  au  lieu  de 
Laudunum  ou  Lugdunum  Clavatum;  Clermont- Ferrant  au  lieu  de 
Arverna  ou  Clarus-Mons,  etc.  Je  crois  que,  pour  le  lecteur,  mon  travail 
gagnera  ainsi  en  clarté. 

Le  but  principal  de  cet  ouvrage  étant,  ainsi  que  je  l'ai  exposé,  de 
donner  une  base  solide  et  un  point  de  départ  certain  pour  les  travaux 
ultérieurs,  comme  aussi  d'épargner  aux  travailleurs  des  recherches 
longues  et  souvent  ennuyeuses,  j'ai  fait  précéder  le  catalogue  général 
par  la  liste  complète  des  cités  et  abbayes  dont  l'existence  est  constatée, 
dans  l'étendue  de  l'ancienne  Gaule,  entre  les  années  752  et  987,  c'est-à- 
dire  pendant  toute  la  durée  de  la  race  carolingienne.  J'ai  hésité  long- 
temps à  entreprendre  ce  long  et  fastidieux  travail;  j'espère  que  ceux 
qui,  plus  tard,  auront  à  consulter  cette  longue  liste,  me  sauront  gré 
de  l'ennui  que  je  leur  aurai  épargné. 

11  est  des  monnaies  dont  l'attribution  à  tel  ou  tel  règne  est  et  restera 
longtemps  incertaine.  Ainsi  sont  une  partie  des  deniers  et  oboles  au  type 
de  l'édit  de  Pitres;  ainsi  sont  encore  quelques  deniers  au  monogramme. 


AVERTISSEMENT.  3 

encore  indivis  entre  Charlemagne  et  Charles-le-Chauve.  Il  n'y  a  pas  lieu 
de  s'en  étonner  quand ,  sous  la  troisième  race,  nous  voyons  les  gros  et 
petits  tournois  rester ,  jusqu'à  ces  derniers  temps,  non  classés  entre  les 
rois  aux  noms  de  Louis  et  de  Philippe.  Ainsi  les  Blancs  à  la  cou- 
ronne restent  à  partager  entre  Charles  VII  et  Charles  VIII.  L'avan- 
tage reste  encore  aux  monnaies  de  la  seconde  race,  où  ces  lacunes  de 
classement  ont  une  durée  bien  moins  considérable  que  sous  les  rois  de 
race  capétienne. 

On  s'étonnera,  avec  juste  raison,  de  ne  pas  trouver,  dans  ce  cata- 
logue général,  des  reproductions  de  monnaies  carolingiennes  provenant 
des  musées  de  Dresde,  Vienne,  Berlin,  ainsi  que  des  collections 
publiques  et  privées  d'Italie.  Mon  intention  était  bien  de  compléter  ainsi 
ce  travail.  Des  circonstances  tout-à-fait  indépendantes  de  ma  volonté  ont 
entravé  mes  projets.  Du  reste,  presque  toutes  les  pièces  intéressantes 
de  ces  collections  étrangères  ont  été  publiées  en  France  et  je  n'aurais 
guère  récolté  que  des  variétés,  très  intéressantes  sans  doute,  mais  qui 
n'auraient  ajouté  que  peu  d'attrait  à  mon  travail  déjà  bien  surchargé  de 
dessins  et  descriptions. 

Voici  l'indication  de  quelques  abréviations  que  j'ai  dû  employer  : 

Cab.  de  F.  —  Cabinet  de  France; 

Mus.  de  B.  —  Musée  de  Bruxelles; 

Mus.  de  M.  —  Musée  de  Marseille; 

Coll.  de  P.  d*A.  —  Collection  de  M.  le  vicomte  de  Ponton  d'Amécourt; 

Coll.  d'Est.  —  Collection  de  M.  le  duc  d'Estissac; 

Re\\  N.  Fr.  —  Revue  Numismatique  Franqaise; 

Rev.  N,  B.  —  Revue  Numismatique  Belge. 


•OO^OOO- 


LISTE   COMPLÈTE 

DES    CITÉS,    ABBAYES    ET    MONASTÈRES 

Slm  existaient  dans  les  limites  de  la  QauU  entre  les  années  152  et  981 , 
cest-a-dire  pendant  la  durée  de  la  monarchie  carolingienne. 


-^ 


Giviiaies. 


*  Abrincensis^  Avranches. 
Adurensis^  Aire  sur  l'Adour. 
AgathensiSj  Agde. 
AgennensiSj  Agen. 
Albiensis,  Albi. 

"*"  Ambianensis^  Amiens. 
'i' Andecavensis^  Angers. 

*  Aniciensis^  Le  Puy. 
Antipolitanus^  Antibes. 
Aptensis^  Apt. 
Aquensis^  Aix. 


'''AquensiSj  Dax. 
Arausicensis^  Orange. 

*  Arelatensis^  Arles. 

*  ArgentoratensiSj  Strasbourg, 
"*"  Atrebatensis^  Arras. 

"i"  Augustodunensis^  Autun. 

*  AurelianensiSj  Orléans. 
AusciensiSj  Auch. 

'*  Autissiodorensis^  Auxerre. 
'*' AvinioneDsis^  Avignon. 


aAbhatiœ,  seu  Offonasteria, 

Abundantia^  diocèse  de  Genève. 

S.  Acheolus^  St.  Acheul^  diocèse  d'Amiens. 

S.  Adelphus^  St.  Adolphe,  voir  Nova  Villa,  diocèse  de  Strasbourg. 

S.  iEmiliani,  quinze  railles  et  diocèse  de  Bordeaux. 

S.  Afrodisii,  St.  Afrodise,  près  Béziers,  diocèse  de  Béziers. 

Agacinum,  St.  Maurice  en  Valais,  diocèse  de  Sion. 

Agedunum,  Ahun,  sur  la  Creuse,  diocèse  de  Limoges. 

S.  Agricola,  diocèse  d'Avignon. 

S.  Agricola,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Albani,  près,  au  sud  et  diocèse  de  Mayence. 

NB.  Les  astérisques  indiquent  les  cités  ou  abbayes  dont  on  connaît  des  monnaies. 


6  LISTE  COMPLÈTE 

Albaterra^  Aubeterre,  ville  et  diocèse  de  Périgueux. 

S.  Albini^  diocèse  du  Mans. 

S.  Albini^  faubourg  et  diocèse  d'Angers. 

Alciacum^  Auschy-aux- Moines,  sur  la  Terne,  diocèse  de  Térouanne. 

Aldeburgum^  Oudenbourg,  entre  Bruges  et  Ostende^  diocèse  de  Tournay. 

Alna^  Aulne,  près  Thuin,  diocèse  de  Liège. 

AlodiiSj  les  Alois,  deux  lieues  et  diocèse  de  Limoges. 

AltimontiSj  Hautmont,  sur  la  Sambre,  diocèse  de  Cambray. 

Altitonse,  voir  Hohenburgum,  diocèse  de  Strasbourg. 

Altripia,  près  Manheim,  diocèse  de  Trêves. 

Altum  Villare,  Haut-Villers,  au  sud-ouest  de  Reims,  diocèse  de  Reims. 

S.  Amabilis  Ricomagense,  St.  Amable-de-Riom,  diocèse  de  Clermont. 

S.  Amandi   de  Cole,  au  confluent  de  la  Vezère  et  de  la  Corrèze,  diocèse  de  Sarlat. 

S.  Amandi,   trois  lieues  et  diocèse  de  Tournay. 

S.  Amatoris,  diocèse  d'Auxerre. 

Amberta  S.  Martini,  Ambierle,  près  Roanne,  diocèse  de  Lyon. 

Ambiacensis,  près  Murât,  diocèse  de  Limoges. 

Ambiliacum,  ville  et  diocèse  de  Bourges. 

Ambroniacum,  Ambournay,  trois  lieues  de  St.  Rambert,  diocèse  de  Lyon. 

Andaginum  S.  Huberti,  diocèse  de  Liège. 

Andana  ou  Anderna,  Auderne,  entre  Tournay  et  Huy,  diocèse  de  Tournay. 

Andelegum,  six  lieues  et  diocèse  de  Rouen. 
^Andernacum,  diocèse  de  Trêves. 

Andlavium,  Andlau,  six  lieues  et  diocèse  de  Strasbourg. 
^S.  Andochius,  ville  et  diocèse  d'Autun. 

S.  Andreae,  diocèse  d*Arles. 

S.  Andres,  faubourg  et  diocèse  de  Nantes. 

S.  Andres,  faubourg  et  diocèse  de  Vienne. 

S.  Andreae,  ville  et  diocèse  d'Agde. 

S.  Andreae  Vormatensis,  ville  et  diocèse  de  Worms. 

Angeriacum,  St.  Jean-d*Angély,  diocèse  de  Saintes. 

S.  Aniani,  dix  milles  de  Montpellier  et  diocèse  de  Maguelonne. 
^S.  Aniani,  St.  Aignan,  ville  et  diocèse  d'Orléans. 

S.  Aniani,  diocèse  de  Nevers. 

Anisdense,  St.  Calais,  diocèse  du  Mans. 

Antimonasterium  S.  Stephani,  Eymoutiers,  sur  la  Vienne,  diocèse  de  Limoges. 

S.  Antonini,  Fredeleiz,  diocèse  de  Ramiers. 

Antrum,  Indre,  île  de  la  Loire,  diocèse  de  Nantes. 

S.  Aper,  St.  Evre,  faubourg  et  diocèse  de  Toul. 

Arnoaldi,  Merkinguen,  diocèse  de  Metz. 

S.  Arnulfi,  ville  et  diocèse  de  Metz. 

Arremarense,  Monstier  Ramey,  trois  lieues  et  diocèse  de  Troyes. 

Arthona,  Artone,  sur  la  Morge,  diocèse  de  Clermont. 

Assendiensis,  Essen,  au  nord  et  diocèse  de  Cologne. 

S.  Asterii,  ville  et  diocèse  de  Périgueux. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES. 

Atanense  S.  Aredii,  St.  Yrier-de- la-Perche,  près  Lubersac,  diocèse  de  Limoges. 
Athanacum,  Aisnay,  ville  et  diocèse  de  Lyon. 
S.  Audœni,  St.  Ouen,  faubourg  et  diocèse  de  Rouen. 
S.  Audœni,  faubourg  et  diocèse  du  Mans. 

S.  Audœni  Cnix,  entre  Compiègne  et  Verberie,  diocèse  de  Soissons. 
^S.  Audomari,  St.  Omer^  diocèse  de  Cambray. 
Augum,  Eu,  diocèse  de  Rouen. 

S.  Augu0tini,  sur  la  Vienne,  ville  et  diocèse  de  Limoges. 
Aureliacum,  Aurillac  (voyez  S.  Geraldi),  diocèse  de  Limoges. 
Aureolum  S.  Martini,  depuis  Montauban,  diocèse  de  Toulouse. 
Auriluco  (de),  Arluc,  diocèse  de  Fréjus. 
Aurionum,  Evron,  diocèse  du  Mans. 
S.  Ausoniij  ville  et  diocèse  d'Angoulème. 
S.  Auatreberta,  diocèse  d'Amiens. 

S.  Austregisili,  St.  Oustrille,  ville  et  diocèse  de  Bourges. 
S.  Autberti,  ville  et  diocèse  de  Cambray. 

Avanglia  ou  Altara-Villa,  Travailles,  près  Vernon,  diocèse  de  Rouen. 
Avenacum,  Avenay,  cinq  lieues  de  Reims,  diocèse  de  Reims. 
S.  Aviti,  près  Châteaudun,  diocèse  de  Chartres. 
S.  Aviti,  ville  et  diocèse  d'Orléans. 
Azylis  Hansum,  Mas  d'Azyl,  quatre  lieues  de  Pamiers,  diocèse  de  Toulouse. 


Civitates. 


'f' Baiocensis,  Bayeux. 
Balensis,  Bale. 
Bellicensis,  Belley. 

*  Bellovacensis,  Beauvais. 

*  Biterrensis,  Beziers. 


*  Bituricensis,  Bourges. 
*Blesensis,  Blois. 

Briocensis,  St.  Brieux. 

*  Burdigalensis,  Bordeaux. 


adbbatiœ,  seu  (Mbnasteria. 


SS.  Bacchus  et  Sergius,  faubourg  et  diocèse  d'Angers. 
Balma,  Baume,  diocèse  de  Besançon. 
Baniacus  Pons,  diocèse  de  Beauvais. 
S.  Basoli  (Virziniacum)  St.  Basle,  diocèse  de  Reims. 
Batha,  île  de  Batz,  diocèse  de  St.  Pol-de-Léon. 
*S.  Bavonis,  St.  Bavon,  ville  de  Gand,  diocèse  de  Tournay. 
Beania,  Baigne,  près  Barbezieux,  diocèse  de  Saintes. 
S.  Beati  Hons,  près  Coblentz,  diocèse  de  Trêves. 
Becana,  un  demi-mille  de  St.  Tron,  diocèse  de  Liège. 
Belcianacum,  île  aujourd'hui  submergée,  diocèse  de  Rouen. 


i  LISTE  COMPLÈTE 

Belisia,  Munster  Bilsen,  près  Bilsen,  diocèse  de  Liège. 

Bellanoa,  diocèse  de  Poitiers. 

Bellofonte,  Belle  Fontaine,  diocèse  de  Poitiers. 

Bellus  Lochs,  Beaulieu-en-Argonne^  diocèse  de  Verdun. 

Bellus  Locns,  Beaulieu,  sur  la  Dordogne,  diocèse  de  Limoges. 

Bellus  Hons,  Beaumont-lèz-Tours,  diocèse  de  Tours. 

S.  Benedicti  Floriacensis,  St.  Benoît-sur-Loire,  diocèse  d'Orléans. 

S.  Benignis  Divionensis,  ville  de  Dijon,  diocèse  de  Langres. 

Berardi,  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Bernardi  Romanensis,  sur  l'Isère,  diocèse  de  Vienne. 

S.  Bertini,  ville  et  diocèse  de  St.  Orner. 

Besna,  La  Foncaine-de-Besne,  quatre  lieues  de  Dijon,  diocèse  de  Langres. 

Birchofsheimium,  près  Fulde,  diocèse  de  Mayence. 

S.  Blandina,  ville  et  diocèse  de  Belley. 

Blandinium,  St.  Pierre-de-Gand,  ville  de  Gand,  diocèse  de  Tournay. 

Blangiacum,  Blangy,  près  Hesdin,  diocèse  de  Terouanne. 

Blanziacum,  Blanzac,  diocèse  d'Angoulème. 

Blazilia,  Blesle,  sept  milles  de  Brioude,  diocèse  de  Clermont. 

S.  Boamundus,  diocèse  du  Mans. 

S.  Boboleni,  près  Charenton  sur  Marmande,  diocèse  de  Bourges. 

Bochod  Honasterium,  diocèse  de  Rennes. 

Bodonis  Monasterium,  Bon  Moutier,  diocèse  de  Toul. 

Bona  Vallis,  Bonneval,  près  Thouars,  diocèse  de  Poitiers. 

Bona  Vallis,  Bonneval,  près  Châteaudun,  diocèse  de  Chartres. 

S.  Bonifacii  (voyez  Fulde). 

Boscum  Dagoberti,  Bois-d'Abert,  diocèse  de  Bourges. 

Bourbriacum,  diocèse  de  Tréguier. 

Braii  Monasterium,  Bray,  près  Neufchâtel,  diocèse  de  Rouen. 

Braiacum,  Brou,  diocèse  de  Chartres. 

Brajacum,  Bray-sur-Seine,  diocèse  de  Sens. 

Brajacum,  Brujeac,  entre  Tulle  et  Clermont,  diocèse  de  Clermont. 

Brantormum,  Brantosme,  diocèse  de  Périgueux. 

Brennacum,  Bretigny,  deux  lieues  et  diocèse  de  Soissons. 

Briortium,  diocèse  de  Belley. 

Brogilium  ou  S.  Salvator,  diocèse  du  Mans. 

Broilum,  Bruel,  sur  la  Lys,  diocèse  d'Arras. 

Bronium  (voyez  Sangerardense). 

Brovium^  près  Bourg,  diocèse  de  Belley. 

Buciliacum,  Bucilly,  dix  lieues  de  Laon,  diocèse  de  Laon. 

Burgidolensis,  Bourgdun  (voyez  Dolensis). 

Busalt,  diocèse  de  Vannes. 

Buxeria,  Bouxières-aux-Dames,  près  et  diocèse  de  Verdun. 

Buzo  (de),  Boisset,  près  Aurillac,  diocèse  de  Clermont. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES. 


O 


Civitales. 


Cabellicensis,  Cavaillon. 

0 

*  Cabilonensis,  Chalon-sur-Saône. 

Cadurcensis,  Cahors. 
'*'  Cameracensis,  Cambray. 
^  Carcassonensis,  Carcassonne. 
^  CarnotensiSy  Chartres. 

Carpentoratenais,  Carpentras. 
'^  Castrenais,  Castres. 
"*■  Catalaunenais,  Chalons- sur- Marne. 


«  Cenomanensis,  Le  Mans. 

*^  Cemeneleonenais,  Cimie  ou  Cemete,  prés 

"*"  Claromontensis,  Clermont.  (Nice. 

*  Colonienais  Cologne. 
Conserenensia,  Consérans. 
Conatantienais,  Constance. 

*  Constantienais,  Coutances. 
Convenensis,  Comminges. 
Corisopitensia,  Quimper. 


<i/£bbaliœ,  seu  ^onasteria, 

Cagnota  ou  CorhetaB,  diocèse  de  Dax. 
^  Cala,  Chelles,  diocèse  de  Paris. 

Caladunum  ou  Chalonium,  in  Diablentico,  diocèse  du  Mans. 
Gallevilla,  diocèse  de  Rouen. 

Calma,  Chaumes  en  Brie,  sur  l'Yerres^  diocèse  de  Sens. 
Calmontenae,  Calmont,  diocèse  de  Liège. 
Calomonaaterium,  Calmoutier,  diocèse  de  Besançon. 
S.  Caloceri,  Moiremont,  diocèse  de  Chalons. 
Cambedobrenae,  Combroude,  près  Riom,  diocèse  de  Clermont. 
Cambonum,  Camon,  diocèse  de  Toulouse. 
Camelarienae,  Chamalières,  ville  et  diocèse  de  Clermont. 
Cantoennnm,  Chantoin,  près  et  diocèse  de  Clermont. 
Cantogilum,  Chanteuze,  entre  l'Allier  et  la  Deuze?  diocèse  de  Clermont. 
S.  Capraaii,  Collégiale  et  diocèse  d'Agen. 
S.  Caraunii,  St.  Chéron,  faubourg  et  diocèse  de  Chartres. 
Carentonium,  Charenton,  sur  la  Marmande,  diocèse  de  Bourges. 
Carilofua,  St.  Calais,  diocèse  du  Mans. 
Caritas,  La- Charité-sur-Loire,  diocèse  d'Auxerre. 
Carrafum,  Charroux,  sur  la  Charente,  diocèse  de  Poitiers. 
Carualocua,  Charlieu,  diocèse  de  Maçon  et  Lyon. 

Caseguidinus  ou  Caaegonguidinua,  Cougnon,  entre  Chiny  et  BuUion^  dioc.  de  Trêves. 
Caaiacensis,  Chéry,  au  sud  de  Château-Thierry,  diocèse  de  Soissons. 
Casis  S.  Pétri  (de),  les  Chases,  diocèse  de  Clermont. 
Caaaiani,  Cassan,  deux  lieues  et  diocèse  de  Béziers. 
Caatellionis,  Châtillon-sur-Seine,  diocèse  de  Langres. 
Caatellum,  Château-l'Abbaye,  deux  milles  de  Tournay,  diocèse  d'Arras. 


lo  LISTE  COMPLÈTE 

Cauciaco  (de)  Choisy,  près  Compiègne,  diocèse  de  Soissons. 

S.  Celinice,  ville  et  diocèse  de  Meaux. 

Cella,  Monstier-la-Celle,  diocèse  de  Troyes. 

Cella  ou  Cells,  Celles-sur-Cher,  diocèse  de  Bourges. 

Cella  Brigenais^  La  Celle  en  Brie,  île  du  grand  Morin^  diocèse  de  Meaux. 

Cella  HoduUi  ou  Medalfi,  Saramon,  diocèse  d'Auch. 

S.  Celsij  diocèse  d'Auxerre. 

Celsiniacum,  Soucillanges,  six  milles  d'Issoudun,  diocèse  de  Clermont. 

Cerasium,  Cerizy,  quatre  lieues  et  diocèse  de  Bayeux. 

S.  Cesarii,  ville  et  diocèse  d'Arles. 

Chrismatense,  St.  Vigor,  près  et  diocèse  de  Bayeux. 

Cisoniense,  Cisoing,  trois  lieues  de  Lille,  diocèse  de  Tournay. 

Clariacum,  Clairac,  diocèse  d'Agen. 

S.  Claudii,  le  grand  St.  Claude,  dans  le  Jura,  diocèse  de  Lyon. 

S.  démentis,  faubourg  et  diocèse  de  Maçon. 

S.  démentis,  diocèse  de  Nantes. 

S.  démentis^  sur  le  Tech,  diocèse  d'Elne. 

Clingenae,  près  Landau,  diocèse  de  Spire. 

Cluniacum,  Cluny,  diocèse  de  Maçon. 

CoUis  Dianœ,  Chaudanne,  diocèse  de  Besançon. 

Coloberonense,  diocèse  de  Bourges. 

Columbariense,  Colombiers,  près  Montluçon,  diocèse  de  Bourges. 

Columbae,  Coulombs,  près  Nogent-le-roi,  diocèse  de  Chartres. 

S.  Columbas,  ville  et  diocèse  de  Sens. 

ComodoliacensiSj  sur  la  Vienne,  diocèse  de  Limoges. 

Conchse,  sur  la  Dordogne,  diocèse  de  Rhodez. 

Condatense,  St.  Claude,  diocèse  de  Lyon. 

Condomiensis,  Condom,  diocèse  d*Agen. 

Congidunum,  Cougnon,  entre  Chiny  et  BuUion,  diocèse  de  Tongres. 

Corbeia,  Corbie,  diocèse  d'Amiens. 

Corbiniac,  Corbigny,  diocèse  d'Autun. 

Corbiniaci,  Corbeny,  près  Laon,  diocèse  de  Reims. 

Cormaricus,  Cormery,  huit  milles  et  diocèse  de  Tours. 

S.  Cornelii,  près  et  diocèse  de  Chalon. 

Cornelium,  Munster  (voyez)  Inda. 

S.  Cornelii,  ville  de  Compiègne,  diocèse  de  Soissons. 

Corona,  La  Couronne,  diocèse  d'Angoulème 

Correno  (de),  Correns,  diocèse  de  Fréjus. 

S.  Cosmos  de  Honte,  diocèse  de  Coutances. 

Cotiacense,  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Crispini,  St.  Crépin-le-Grand,  ville  et  diocèse  de  Soissons. 

S.  Crispini,  près  Condé,  diocèse  de  Cambray. 

Cromonense,  Tournon,  six  milles  et  diocèse  de  Lyon. 

Crossiensis,  Cruys,  diocèse  de  Sisteron. 

S.  Crucis,  St.  Croix,  ville  et  diocèse  de  Bordeaux. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  ii 

S.  Crucis,  ville  et  diocèse  de  Poitiers. 
*TS.  Crucis  près  et  diocèse  de  Metz. 
*S.  Crucis,  ville  et  diocèse  de  Mayence. 

S.  Crucis,  ou  St.  Faron,  ville  et  diocèse  de  Meaux. 

Crucis  S.  Leufridi,  La  Croix  St.  Leufroy,  deux  lieues  et  diocèse  d'Evreux. 

S.  Crucis,  près  St.  Martin  et  diocèse  de  Tours. 

S.  Crucis  Kemperlegiensis,  à  Quimperlé,  diocèse  de  Quimper. 

Crudatum,  trois  lieues,  et  diocèse  de  Viviers. 

Curtis,  sur  la  Loire,  diocèse  de  Nevers. 

Cusseria  ou  Cubaria^  Cubières,  diocèse  de  Narbonne. 

Cussetum  ou  Cuciacum,  Cusset,  diocèse  de  Clermont. 

S.  Cypriani^  faubourg  et  diocèse  de  Poitiers. 

S.  Cyriaci  Exfordiensis,  Elsfurth,  diocèse  de  Mayence. 

S    Cyriaci  Neuheussensis,  Neuheusen^  près  et  diocèse  de  Worms. 

S.  Cyriaci  Altorfii^  diocèse  de  Strasbourg. 
*S.  Cyrici^  St.  Cyr,  près  Versailles,  diocèse  de  Chartres. 

S.  Cyrici^  près  A  vallon,  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Cyrici,  près  et  diocèse  de  Rennes. 

S.  Cyrici,  St.  Cirgues^  Ville  et  diocèse  de  Clermont. 


Civitates. 
Diensis,  Die.  Diniensis^  Digne.  Dolensis^  Dol. 

Q^bbaiiœ,  seu  ^onasteria. 

DanguernensCj  Guer^  diocèse  de  St.  Malo. 
DeaSj  GrandlieUj  diocèse  de  Nantes. 
BeauratsB  B.  Hari»^  La  Daurade^  diocèse  de  Toulouse. 
Decimiacense^  près  St.  Cyr  et  Avallon^  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Déodati,  St.  Dié^  diocèse  de  Toul. 
S.  Déodati,  St.  Dié,  près  Blois^  diocèse  de  Chartres. 
Derrum^  sur  la  Voire^  diocèse  de  Chalon. 
Diablenticum^  Jublains^  diocèse  du  Mans. 

S.  Dionysii  de  Rulliaco^  entre  Issoudun  et  Vierzon^  diocèse  de  Bourges. 
S.  Dionysii j  près  et  diocèse  de  Bourges. 
S.  Dionysii^  ville  et  diocèse  de  Reims. 
*S.  Dionysii  in  Francia,  diocèse  de  Paris. 

S.  Disibodij  Disenberg^  deux  milles  de  Çreutznach,  diocèse  de  Mayence. 
Dolensis  ou  Burgidolense,  Bourg  Dieu,  près  Chateauroux^  diocèse  de  Bourges. 


12  LISTE  COMPLÈTE 

Dologiense  ou  Theoleginm^  Tholey^  diocèse  de  Trêves. 
Dononium,  Denain^  diocèse  d'Arras. 

Doratum,  sur  la  Sèvre  (voir  Scotiorium)^  diocèse  de  Limoges. 
Domatiacum,  diocèse  de  Besançon. 
Doverense^  près  Vierzon^  diocèse  de  Bourges. 
Dudellivilla^  Doudeauviile^  diocèse  de  Térouanne. 
^Duo  Gemellense^  diocèse  de  Bayeux. 
Duroclarum^  Duclair,  trois  lieues  et  diocèse  de  Rouen. 


Civitates. 

Ebredunensis^  Embrun.  Elusa  ou  Hetropolis   Civitas^   Eaxjse 

*  EbroicensiSj  Evreux.  en  Novempopulanie. 

Elna  ou  Helena,  Elne.  ^Engolismensis^  Angoulème. 


^bbaliœ,  seu  Olfbnasteria. 

Eboriacum^  Faremoutier^  diocèse  de  Meaux. 

Ebriciacunij  Evrecy^  diocèse  de  Bayeux. 

Ebrolium^  Ebreule,  deux  lieues  de  Gannat^  diocèse  de  Clermont. 

Ebronium^  Evron^  in  Diablentico^  diocèse  du  Mans. 

S.  Ebrulli  UticensiSj  St.  Evroult^  diocèse  de  Lisieux. 

S.  Egidii^  ville  et  diocèse  de  Nîmes. 

Eifflias^  Munster  Eiffel^  diocèse  de  Cologne. 

ElectensiSj  Alet^  diocèse  de  Narbonne. 

S.  Eligii^  ville  et  diocèse  de  Paris. 

S.  Eligii^  ville  et  diocèse  de  Noyon. 

S.  Eparchii^  sur  la  Charente^  diocèse  de  Saintes. 

S.  Eparchii^  St.  Cybar^  faubourg  et  diocèse  d' Angoulème. 

Episcopi  Villa^  Vequeville  (voir  Gaugialus)^  diocèse  de  Chalons. 

Epternacunij  Epternac^  quatre  lieues  et  diocèse  de  Trêves. 

Eresteimense^  Erstein,  près  Schlestadt^  diocèse  de  Strasbourg. 

S.  Eucharii^  faubourg  et  diocèse  de  Trêves. 

S.  EulaliaB  (voir  S.  Georgii),  ville  et  diocèse  de  Lyon. 

S.  Eusebii^  diocèse  d'Apt. 

S.  Eusebii^  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Eutropii^  diocèse  de  Saintes. 

S.  Evartii^  St.  Euverte,  diocèse  d'Orléans. 

Ezalatensis^  diocèse  d'Elne. 

Eziense^  Eysse^  diocèse  d*Agen. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  i3 

EzoldunensiSj  Issoudun,  diocèse  de  Bourges. 
S.  Exuperii^  ville  de  Corbeil^  diocèse  de  Paris. 
8.  Ezuperei^  près  et  diocèse  de  Rennes. 


Ci V  fias. 
Forojnliensis,  Fréjus. 

ii4^bbatiœ,  seu  ^onasteria. 

Farœ  monasterinm^  Faremoutier^  quatre  lieues  et  diocèse  de  Meaux. 
S.  Faronis^  St.  Faron^  ville  et  diocèse  de  Meaux. 
S.  Faustini,  diocèse  de  Béziers. 
Favernacum^  Favernay^  diocèse  de  Besançon. 
S.  FeliciSj  diocèse  de  Valence. 
FerrarisBj  Ferrières  en  Wast,  diocèse  de  Sens. 

Ferrari»  S.  Leonardi^  St.  Léonard-de-Ferrières,  près  Thouars,  diocèse  de  Poitiers. 
S.  Ferruccii^  à  Blidestadt/  diocèse  de  Mayence. 
Figiacum^  Figeac^  diocèse  de  Cahors. 
Fiscannum^  Fécamp,  diocèse  de  Rouen. 
Flaviacua^  diocèse  de  Beauvais. 
Flaviniacunij  Flavigny^  diocèse  d'Autun. 
Flaviniacam^  diocèse  de  Nancy. 
S.  Florentii  Salmuriensia^  Saumur,  diocèse  d'Angers. 
FloriacuSj  St.  Benoît -sur-Loire,  sept  lieues  et  diocèse  d'Orléans. 
Floriacum  in  Velocassibus^  diocèse  de  Rouen. 

Fontanella^  St.  Wandrille^  une  lieue  de  Caudebec^  diocèse  de  Rouen. 
Fontanetense^  près  et  diocèse  d'Auxerre. 
Fontanetum^  deux  lieues  et  diocèse  de  Séez. 
Fontanidum,  diocèse  de  Beauvais. 
Fontis  rogi,  près  et  diocèse  d'Auxerre. 
FosaaBj  diocèse  de  Liège. 

Foresti  Honasterium^  Forest-Moutier,  près  de  la  Canche^  diocèse  d* Amiens. 
S.  Francovii,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Fremerii^  St.  Ferme^  près  Libourne^  diocèse  de  Bazas. 
S.  Frontia,  St.  Front^  ville  et  diocèse  de  Périgueux. 
Fulda^  sur  la  Fulde,  diocèse  de  Mayence. 
S.  Fursei  Latiniacensis^  à  Lagny^  diocèse  de  Paris. 
^S.  Fursei  Peronensis^  à  Péronne^  diocèse  de  Noyon. 
S.  Fosciani^  St.  Fuscien-aux-bois^  cinq  milles  et  diocèse  d'Amiens. 


14  LISTE  COMPLÈTE 


Civitates, 

^  Gebennensis^  Genève. 
Glandeva^  Glandève^  sur  le  Var. 
Gratianopolitana^  Grenoble. 

(AJbbatiœ,  seu  ^onasieria, 

Gabronenae^  diocèse  du  Mans 
Galileœ  vallis^  St.  Dié^  diocèse  de  Toul. 
Galli  insula,  diocèse  de  Ne  vers. 
Galliacenais^  sur  le  Tarn^  diocèse  d'Alby. 
GamundiSB,  (voir  Hornebacum)^  diocèse  de  Metz. 
Garnierii  Mansum^  Mas  Gamier^  diocèse  de  Toulouse. 
Gaudiacum^  près  Dun-le-roi^  diocèse  de  Bourges. 
*  S.  Gaugericij  St.  Gery,  ville  et  diocèse  de  Cambray. 
Gaugiacus^  Vequeville^  diocèse  de  Chalons. 
Gegenbacumj  sur  la  rive  droite  du  Rhin^  diocèse  de  Strasbourg. 
^  Gemblacum,  Gemblac  ou  Gemblou^  trois  lieues  de  Namur^  diocèse  de  Liège  et 
de  Namur. 
Gemeticum^  Jumièges^  diocèse  de  Rouen. 
SS.  Geminorum^  St.  Jouz^  église  et  diocèse  de  Clermont. 
S.  Genesii^  St.  Genez-de-Clermont,  près  et  diocèse  de  Toul. 
S.  Geneaiij  diocèse  de  Nevers. 

S.  Genesii  de  FontainSj  une  lieue  et  diocèse  d'Elne. 
S.  Gengulfi^  St.  Gengou^  diocèse  de  Toul. 
S.  Genovefa^  ville  et  diocèse  de  Paris. 
S.  Genovefœ^  diocèse  de  Toul. 

S.  Genulli^  St.  Genou^  sur  l'Indre^  diocèse  de  Bourges. 
S.  Georgii  (voir  S.  Eulalias)^  ville  et  diocèse  de  Lyon. 
S.  Georgii  in  Nemore^  St.  Georges-des-Bois^  diocèse  du  Mans. 
S.  Geraldi^  St.  Gérald^  à  Aurillac^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Geremare  de  Flaviaco^  cinq  lieues  et  diocèse  de  Beau  vais. 
S.  Gerionis^  St.  Gereon,  ville  et  diocèse  de  Cologne. 
S.  Germani  à  Pratis^  St.  Germain -des-Prés^  ville  et  diocèse  de  Paris. 
^S.  Germani  Autissiodorenais^  ville  et  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Germani  Liziniacensis  (v.  Lambron)^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Germanij  diocèse  du  Mans. 
S.  Germanij  près  et  diocèse  de  Spire, 
S.  Germani^  une  lieue  et  diocèse  de  Toul. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  i5 

S.  Gerontis,  St.  Gérons^  sur  TAdour^  diocèse  d*Aire. 

S.  Gertrudis^  faubourg  et  diocèse  d* Angers. 

S.  Gervasii  de  Fossis^  diocèse  d'Arles. 

S.  Gervasii^  faubourg  et  diocèse  de  Rouen. 

SS.  Gervasii  et  Protasii^  ville  et  diocèse  de  Sens. 

SS.  Gervasii  et  Protasii^  diocèse  de  Vienne. 

Gigiacum^  Gigny,  entre  Lons-le-Saulnier  et  St.  Amour,  diocèse  de  Lyon. 

SS.  Gildardi  et  Lupi,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Gildasii,  St.  Gildas,  sur  l'Indre,  seize  lieues  et  diocèse  de  Bourges. 

S.  Gildasii  Ruiensis,  diocèse  de  Vannes. 

S.  Gisleni,  St.  Guillain,  Mons,  diocèse  de  Cambray. 

S.  Ginii  ou  Genii  ou  Hyginii,  ville  et  diocèse  de  Lectoure. 

Glanderiense,  Longeville  Glandières,  diocèse  de  Metz. 

Glandonis,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Glodessindis,  diocèse  de  Metz. 

Glonnense,  Saumur  (voir  S.  Florentii),  diocèse  d'Angers. 

S.  Godebertœ  ou  S.  Georgii,  diocèse  de  Noyon. 

S.  Godoberti,  faubourg  et  diocèse  d'Angers. 

S.  Godonis,  St.  Gon,  près  Sézanne,  diocèse  de  Troyes. 

Gordanicus,  Gourdaigne,  près  Bagnols,  diocèse  d'Uzès. 

Gorziense,  Gorze,  diocèse  de  Metz. 

Grandis  Vallis  in  Jurensi,  diocèse  de  Besançon. 

Grandis  Vallis  Justi  Birsani,  diocèse  de  Bâle. 

Grannafolium  on  Glanna,  St.  Maur-sur-Loire,  diocèse  d'Angers. 

Grinencensia  Honasteria,  diocèse  de  Vienne. 

S.  Gregorii^  Munster  en  Gregorientfaai,  diocèse  de  Bâle. 

S.  Gnillelmi  de  desertis.  St.  Guilhem,  entre  Lodève  et  Montpellier,  diocèse  de 

Lodève. 
S.  Guingaloci,  Landevenech,  diocèse  de  Quimper. 
Gurthonense,  Gourdon,  diocèse  de  Chalon. 


Civitas. 
Helena,  Elne,  sur  le  Tech. 

(i4T>batiœ,  seu  ^onasleria. 

Habendense,  Habend,  près  Remiremont,  diocèse  de  Toul. 

Hamum,  deux  lieues  de  la  mer,  diocèse  de  Coutances. 

Haschovia,  Eschau,  diocèse  de  Strasbourg. 

Haselacense,  Haseler,  trois  lieues  de  Molsheim,  diocèse  de  Strasbourg. 

Hasnoniense,  Hasnon,  trois  lieues  de  Valenciennes,  diocèse  d'Arras. 


i6  LISTE  COMPLÈTE 

Hattonis  monasterium,  Ettenheim  Munster^  sur  la  rive  droite  du  Rhin^  diocèse  de 

Strasbourg. 
Hebronense,  diocèse  de  Mans. 
S.  Heterii,  diocèse  de  Coutances. 
Herdekinsis ,  Herdick^  diocèse  de  Cologne. 
Herenais  (voyez  S.  Micbœlis  in  Eremo). 

Hersfeldia  ou  Herocampia,  six  milles  de  Fulds^  diocèse  de  Mayence. 
S.  Hilarii,  Église  et  diocèse  de  Poitiers. 
S.  Hilarii,  deux  lieues  et  diocèse  de  Carcassonne. 
S.  Hilarii,  ville  et  diocèse  de  Sens. 
S.  Hyppolyti,  près  Beaune^  diocèse  de  Chalon. 
Hersaugia,  Hersaugt^  diocèse  de  Spire. 

Hohenburgum  ou  Altitona,  quatre  milles  et  diocèse  de  Strasbourg. 
S.  Honoratij  aux  Aliscamps  près  et  diocèse  d'Arles. 
S.  Honorati  Lerinense^  diocèse  d'Antibes. 

Honoviense^  Ile  du  Rhin^  deux  heures  et  diocèse  de  Strasbourg. 
Hornebacum  ou  Gamundiœ,  sur  les  confins  du  diocèse  de  Trêves^  diocèse  de  Metz. 
Horreum,  Orrein,  ville  et  diocèse  de  Trêves. 
S.  Huberti  ou  Andaginense,  diocèse  de  Liège. 
Hugonis  Curia,  Honcour^  près  Haguenau^  diocèse  de  Strasbourg. 
Humolaria^  Homblières,  près  Saint-Quentin^  diocèse  de  Noyon. 
Hunnocurtum,  Honnecourt^  entre  Saint-Quentin  et  Cambray^  diocèse  de  Cambray. 
Hunnonis  Curtis,  diocèse  de  Noyon. 


^bhatiœ ,  seu  'y^onasteria. 

Iciodorum,  Issoire,  diocèse  de  Clermont. 

S.  lUidii,  St.  AUyre,  faubourg  et  diocèse  de  Clermont. 

S.  Imerii,  St.  Hymer^  diocèse  de  Lisieux. 

Inda^  Inde^  dix  milles  d'Aix-la-Chapelle^  diocèse  de  Cologne. 

Insula^  Tisle  de  Médoc^  diocèse  de  Bordeaux. 

Insula  Barbara,  Tlle  Barbe^  dans  la  Saône^  diocèse  de  Lyon. 

Insula  ou  Isla,  diocèse  de  Beau  vais. 

Insula,  sur  TOze^  deux  lieues  et  diocèse  de  Troyes. 

Insula  Galli,  diocèse  de  Nevers. 

Insula,  dans  le  Rhône^  diocèse  d'Arles. 

Intramnœ,  diocèse  du  Mans. 

S.  lohannis,  faubourg  et  diocèse  de  Maçon. 

S.  lohannis,  ville  et  diocèse  d'Orléans. 

S    lohannis  Eduensis,  ville  et  diocèse  d'Autun. 

S.  lohannis  Laudunensis,  ville  et  diocèse  de  Laon. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  17 

S.  lohannis  in  Buxido,  sur  la  Maine^  diocèse  du  Mans. 
S.  lohannis  Baptistœ,  près  Saint-Martin^  diocèse  de  Tours. 
S.  lohannis  Evangelist»,  ville  et  diocèse  de  Sens. 
S.  lohannis,  diocèse  de  Vienne. 
S.  Irenœi,  ville  et  diocèse  de  Lyon. 
Iziense^  diocèse  de  Bourges. 


adbbatiœ,  seu  Ofonasteria. 

m 

S.  Jacobi  Scotorum,  à  Erfurt,  diocèse  de  Mayence. 
S.  Jacobi  Jocundensis>  St   Jacques-de-Jocon^  diocèse  de  Narbonne. 
S.  Jacobi,  ville  et  diocèse  de  Béziers. 
S.  Jacuti,  ville  et  diocèse  de  Dol. 
^Jotrensis,  Jouarre,  diocèse  de  Meaux. 

S.  Jovini  de  Marnis,  St.  Jouin-de-Marnes^  près  Thouars^  diocèse  de  Poitiers. 
SS.  Jndicaelis  et  Hevennii,  St.  Méan^  diocèse  de  St.  Malo. 
S.  Judoci,  St.  Josse-sur-Mer,  diocèse  d'Amiens. 
S.  Juliani  Brivatensis,  St.  Julien-de-Brioude^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Juliani,  ville  et  diocèse  d'Uzès. 
S.  Juliani,  ville  et  diocèse  de  Paris. 
S.  Juliani,  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Juliani,  territoire  d'Étampes^  diocèse  de  Sens. 
S.  Juliani,  faubourg  et  diocèse  de  Tours. 
S.  Juliani  de  Prato,  Le  Pré^  faubourg  et  diocèse  du  Mans. 
Juncellum,  Juncels^  diocèse  de  Béziers. 
Jussanum,  diocèse  de  Besançon. 
S.  Justi,  faubourg  et  diocèse  de  Lyon. 
Juviniacum,  Juvigny,  diocèse  de  Trêves. 


Kerbouan,  sur  la  mer,  six  lieues  et  diocèse  de  Saint-Pol-de-Léon. 


i8  LISTE  COMPLÈTE 


Civiiates. 

'^Lactoriensis^  Lectolre.  "*"  Leodicensis^  Liège. 

Lapurdensis  dep.  Baionensis^  Lavalr.  Leonensis,  Saint- Pol-de- Léon. 

Lascurrensis,  Lescar.  Leutevensis ,  Lodève. 

"^Laudunensis,  Laon.  ^Lezoviensis,  Lisieux. 

Lausaniensis ,  Lausanne.  *  Lingonensia ,  Langres. 

't' Lemovicensis,  Limoges.  '*'Lugdune]isis,  Lyon. 

adbbatiœ,  seu  ^onasteria. 

Labrincense,  Lavardin,  diocèse  du  Mans. 

Landis  Villa  S.  Severini^  diocèse  de  Sens. 

Lanhouarneau,  diocèse  de  Saint-Pol-de-Léon. 

Lanpol,  dans  l'île  d'Ouessant,  diocèse  de  Saint-Pol-de-Léon. 

LatiniacensiSj  Lagny^  diocèse  de  Paris. 

LaubiensiSj  Bruges^  diocèse  de  Tournay. 

S.  Laumemari^  St.  Laumer^  dix  lieues  et  diocèse  de  Chartres. 

S.  Laurentii,  ville  et  diocèse  de  Bourges. 

S.  Laurentii^  ville  et  diocèse  de  Chalon. 

S.  Laurentiij  près  et  diocèse  de  Maçon. 

S.  Laurentii^  ville  et  diocèse  de  Liège. 

S.  Laurentii,  diocèse  de  Narbonne. 

S.  Laurentii,  ville  et  diocèse  de  Paris. 

Laurissa^  Lauresham^  près  Heidelberg,  diocèse  de  Worms. 

Layum^  Lay^  diocèse  de  Nancy. 

S.  Leborii^  S.  Loubouez^  sur  TAdour,  diocèse  d'Aire. 

S.  Leodgarii,  St.  Ligaire^  près  Niort^  diocèse  de  Saintes. 

S.  Leonardi  ou  Vandopera,  diocèse  du  Mans. 

S.  LeoniSj  ville  et  diocèse  de  Sens. 

Lesatum^  Lezat^  diocèse  de  Toulouse. 

Lescience  ou  Latiense^  Liesse^  près  Avesnes^  diocèse  de  Laon. 

S.  Leufridi  Crux^  La  croix  St.  Leufroy^  deux  lieues  et  diocèse  d'Evreux. 

Liengen^  Levès^  près  et  diocèse  de  Chartres. 

Levitonia  (S.  Savini  in)^  Lavedun^  près  Argelez^  diocèse  de  Tarbes. 

Liberiacum^  Livray,  diocèse  de  Bayeux. 

S.  Licinii,  ville  et  diocèse  d'Angers. 

S.  Lifardi,  ville  de  Melun^  diocèse  d'Orléans. 

LocciSj  Loches^  diocèse  de  Bourges. 

Locociacum^  Ligugé^  diocèse  de  Poitiers. 


DES  CITES,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES. 

Locquirec^  diocèse  de  Ool. 

Logium^  Caudebec^  diocèse  de  Rouen. 

Longa  Villa^  St.  Martin-aux-Chénes^  diocèse  de  Metz. 

Longoreti^  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Luciani,  près  et  diocèse  de  Beauvais. 

Lucionensis  S.  Marias^  Lucon^  diocèse  de  Poitiers. 

S.  Lunarii^  Pontual^  diocèse  de  St.  Malo. 

S.  Lupantiij  près  Chinon,  diocèse  de  Tours. 

S.  Lupij  faubourg  et  diocèse  de  Troyes. 

S.  Lupij  faubourg  et  diocèse  de  Tours. 

SS.  Lupi  et  Giraldi,  diocèse  de  Nevers. 

Luthrense^  Lure^  diocèse  de  Besançon. 

Luxovienfle^  Luxeuil^  diocèse  de  Besançon. 


«9 


Civitates, 


Maclovensis^  St.  Malo. 

Magalonensis^  Maguelonne. 
"^  Hassiliensis^  Marseille. 
'*' Matisconensis^  Maçon. 

Hauraciensis  Maurienne. 


*Heldensis^  Meaux. 
^Hetensis^  Metz. 

Himatensis^  Mende. 
*  Hoguntinensis,  Mayence. 

Morinensis^  Terouanne. 


(i/£bbaHœ,  seu  (Monasteria. 

Madulli  Cella^  Saramon^  diocèse  d'Auch. 

S.  Magdalena^  Chateaudun,  diocèse  de  Chartres. 

Hagdalena^  La  Madeleine^  ville  et  diocèse  de  Bayeux. 

S.  Hagdelena^  ville  et  diocèse  de  Metz. 

S.  Hagloriani^  ville  et  diocèse  de  Paris. 

S.  Haglorii  Leonensis^  Dinan^  diocèse  de  St.  Pol-de-Léon. 

Hagni  locus^  Maulieu^  diocèse  de  Clermont. 

Majns  Honasterium^  Marmoutier^  diocèse  de  Tours. 

Malleacensis,  Malliac  et  Maillezais^  diocèse  de  Poitiers. 

Hallo  Leone  ou  Haleolum^  Mauléon,  diocèse  de  Poitiers. 

Halmundarium^  Malmedy^  diocèse  de  Cologne. 

Halmundarium^  diocèse  de  Metz. 

Halonia,  Maloigne^  près  Namur^  diocèse  de  Liège. 

Handanense^  trois  milles  de  GranviUe^  diocèse  de  Coutances. 

Hangis  Villare^  Peltzer  Montier^  diocèse  de  Troyes. 

Hannacense^  diocèse  d'Auxerre. 


20  LISTE  COMPLÈTE 

S.  Hansuetij  diocèse  de  TouL 

Hansum  AzyliSj  Mas-d'Azyl,  quatre  lieues  de  Pamiers,  diocèse  de  Toulouse. 

Mansum  Garnense^  Mas-Garnier^  diocèse  de  Toulouse. 

Hansum  Virduni^  Mas-Verdun,  diocèse  de  Toulouse. 

Marchianensis,  Marchiennes^  trois  lieues  de  Douai^  diocèse  d*Arras. 

S.  Harianij  près  et  diocèse  d'Auxcrre. 

Haricolensis^  Maroilles^  près  Landrecies^  diocèse  de  Cambray. 

S.  Hariœ  puis  S.  Radegundis^  ville  et  diocèse  de  Poitiers. 

S.  Mariae^  ville  et  diocèse  de  Liège. 

S.  Hariae^  ville  et  diocèse  de  Chalon. 

8.  Hariae^  ville  et  diocèse  de  Soissons. 

S.  Mariae^  près  et  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Mariœ^  ville  et  diocèse  de  Troyes. 

S.  Haris^  faubourg  et  diocèse  du  Mans. 

S.  Maris  ad  Martyres^  ville  et  diocèse  de  Trêves. 

S.  Mari»  AquisgranensiSj  Aix-la-Chapelle,  diocèse  de  Liège. 

S.  Mari»  Avenionensis^  ville  et  diocèse  d'Avignon. 

S.  Marias  Blesensis^  Blois^  diocèse  dOrléans. 

S.  Mari»  Brogariensis,  Bruyère-le-Chateau,  près  Etampes^  diocèse  de  Paris. 

S.  Maris  Capruriensis,  Cabrières^  diocèse  de  Narbonne. 

S.  Maris  Cellensis^  près  Dinant^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  Cermacensis^  trois  lieues  de  Dinant^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  Coloniensis,  ville  et  diocèse  de  Cologne. 

S.  Maris  DeauratSj  La  Daurade^  diocèse  de  Toulouse. 

S.  Maris  de  Alns^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  de  Amanio^  près  de  Huy^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  de  Arcelis,  six  lieues  de  Perpignan^  diocèse  d'Elne. 

S.  Maris  de  Argentolio,  Argenteuil^  diocèse  de  Paris. 

S.  Maris  de  Auriluco^  Arluc,  diocèse  de  Fréjus. 

S.  Maris  de  Correno,  Correns,  diocèse  de  Fréjus. 

S.  Maris  de  Cozano  (voir  Exalatensis)^  diocèse  d*Elne. 

S.  Maris  de  Crassa^    Notre- Dame-de-la-Grasse^  quatre   lieues    et   diocèse   de 

Carcassonne. 
S.  Maris  de  Eika^  Eike^  entre  Maastricht  et  Ruemonde^  diocèse  de  Liège. 
S.  Maris  de  Fussiniaco  (voir  S.  iEmiliani),  diocèse  de  Bordeaux. 
S.  Maris  de  inter  ambas  aquas^  Trémesaigues^  diocèse  de  Toulouse. 
S.  Maris  de  Latona^  Laone^  diocèse  de  Chalon. 
S.  Maris  de  Lura,  deux  lieues  et  diocèse  de  Sisteron. 
S.  Maris  de  Morellis,  Moureaux^  près  Sommières^  diocèse  de  Poitiers. 
B.  Maris  de  Ossuario^  ville  et  diocèse  de  Sens. 
B.  Maris  de  S.  Pétri,  St.  Pierre-sur-Dives,  diocèse  de  Séez. 
S.  Maris  de  Ri  veto,  diocèse  de  Bazas. 
S.  Maris  de  Salvatore,  ville  et  diocèse  de  Carcassonne. 
S.  Maris  de  Vadatio^  Vaaz^  diocèse  du  Mans. 
S.  Maris  de  Vallibus,  diocèse  de  Besançon. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  21 

*S.  Mari»  Dionantensis^  diocèse  de  Liège. 

S.  Marias  Ezoldunensis^  Issoudun,  diocèse  de  Bourges. 

S.  Hariœ  Fossatensis^  St.  Maur-Ies-Fossés^  diocèse  de  Paris. 

S.  Maris  Hoyensis^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  in  Cavea^  Chage^  diocèse  de  Meaux. 
*S.  Maris  LaudunensiSj  ville  et  diocèse  de  Laon. 

B.  Maris  Lombariensis^  Lombez^  diocèse  d'Auch. 

S.  Maris  Majoris^  ville  et  diocèse  de  Poitiers. 

S.  Maris  Messcensis^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  Mecbliniensis^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  MiludinensiSj  Melun^  diocèse  de  Sens. 

S.  Maris  Morinensis^  diocèse  de  Térouanne. 

S.  Maris  Mosomagensis^  Mouson^  diocèse  de  Reims. 

S.  Maris  Namurcensis,  ville  et  diocèse  de  Namur. 

S.  Maris  NamurensiSj  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  Pisciacensis^  Poissy^  diocèse  de  Chartres. 

S.  Maris  Principalis^  Ste.  Marie-du-Port^  ville  et  diocèse  de  Clermont. 

S.  Maris  Puellaris^  ville  et  diocèse  d'Orléans. 
*  S.  Maris  Ramenais^  ville  et  diocèse  de  Reims. 

S.  Maris  Tudiniensis^  Thuyn^  diocèse  de  Liège. 

S.  Maris  Vormatensis^  Marien- Munster^  ville  et  diocèse  de  Worms. 

S.  Maris  et  S.  Genesii^  diocèse  de  Nevers. 

S.  Marcelli,  deux  lieues  de  Montauban^  diocèse  de  Cahors. 
*S.  Marcelli^  près  et  diocèse  de  Chalon. 

S.  Marcelli^  diocèse  de  Vienne. 

S.  Marcelli,  près  Montélimart,  diocèse  de  Die. 

S.  Marcelli  de  Bonavalle,  Bonneval,  diocèse  de  Chartres. 

Marciliacam,  près  Figeac,  diocèse  de  Cahors. 

S.  Mariolum  S.  Amandi,  Marœuil-lèz-Arras,  diocèse  d'Arras. 

S.  Martialis,  ville  et  diocèse  de  Limoges. 

S.  Martii,  près  et  diocèse  de  Clermont. 

S.  Martini  Cronensis,  diocèse  de  Clermont. 

S.  Martini  Eduensis^  St.  Martin-lèz-Autun,  diocèse  d'Autun. 

S.  Martini  Massiacensis,  Massay,  diocèse  de  Bourges. 

S.  Martini  Majoris,  ville  et  diocèse  de  Cologne. 

S.  Martini,  faubourg  et  diocèse  de  Maçon. 

S.  Martini  a  campis,  St.  Martin-des-Champs,  ville  et  diocèse  de  Paris. 

S.  Martini  in  valle,  diocèse  de  Chartres. 

S.  Martini,  diocèse  de  Séez. 

S.  Martini,  diocèse  d'Auxerre. 

S<  Martini^  faubourg  et  diocèse  de  Nevers. 

S.  Martini^  près  Aureolum  depuis  Montauban^  diocèse  de  Toulouse. 

S.  Martini,  faubourg  et  diocèse  de  Trêves. 

S.  Martini,  faubourg  et  diocèse  de  Metz. 

S.  Martini,  près  Sorcy,  diocèse  de  Toul. 


22  LISTE  COMPLÈTE 

*  S.  Martini,  Tours^  diocèse  de  Tours. 
S.  Martini,  ville  et  diocèse  du  Mans. 

S.  Martini    St.  Martin-aux-Jumeaux,  ville  et  diocèse  d'Amiens. 

S.  Martini  de  Virsiliis,  diocèse  de  Besançon. 

S.  Martini,  ville  et  diocèse  de  Vienne. 

MassiacensiSj  Massa}%  diocèse  de  Bourges. 

Mas  dio  ou  Mas  dionum^  Madion^  diocèse  de  Saintes. 

Masonis  Villa,  Mas-Munster ,  diocèse  de  Bâle.  j 

Mastra  Curia,  diocèse  de  Toulouse. 

S.  Mathias  avant  S.  Eucharei^  diocèse  de  Trêves. 

S.  Mathaei,  St.  Mahé^  diocèse  de  Saint-Pol-de-Léon. 
*?S.  Mauri^  St.  Maur-les-Fossés,  diocèse  de  Paris. 

S.  Mauri,  diocèse  de  Toul. 

S.  Mauri  avant  Glanna,  St.  Maur-sur-Loire,  diocèse  d'Angers. 

Mauri  Monasterium,  Maurs  Munster,  près  Saverne,  diocèse  de  Strasbourg. 

Mauri  Mons,  Moiremont^  diocèse  de  Chalon. 

S.  Mauricii,  ville  et  diocèse  de  Sens. 

S.  Mauricii  Bladimontis,  Blamont,  diocèse  de  Bazas. 
*S.  Mauritiij  St.  Maurice-en- Valais,  diocèse  de  Sion. 

S.  Mauritii,  ville  et  diocèse  de  Besançon. 

S.  Mauritii,  faubourg  et  diocèse  de  Noyon. 

*  Mauriniacensis,  Morigny,  près  Etampes,  diocèse  de  Sens. 
*Mauriniana  Vallis,  Morienval,  entre  Crespy  et  Soissons,  diocèse  de  Laon. 

S.  Maurini,  diocèse  d'Agen. 

Mauziacum,  Mauzac,  diocèse  de  Clermont. 

*  S.  Mazentii,  St.  Maixent^  diocèse  de  Poitiers. 
S.  Mazimi  Crinonensis,  près  Chinon,  diocèse  de  Tours. 
S.  Maziminij  ville  et  diocèse  de  Sens. 
S.  Mazimini,  faubourg  et  diocèse  de  Trêves. 
Maziminiacum,  diocèse  de  Besançon. 
S.  Medardi,  ville  et  diocèse  de  Sens. 
S.  Medardi,  diocèse  de  Tours. 

*  S.  Medardi,  St.  Médard-lèz-Soissons,  diocèse  de  Soissons. 
Medianum,  près  et  diocèse  de  Bourges. 
Medianum  Monasterium,  Moyen  Moutier,  diocèse  de  Toul. 
Mediolacus,  Metlac  ou  Mithlac,  quatre  lieues  et  diocèse  de  Trêves. 

"^  Melbodium,  Maubeuge,  diocèse  de  Cambray. 
S.  Meliani,  St.  Melaine,  faubourg  et  diocèse  de  Rennes. 
S.  Melianii  in  Placio,  Platz  et  puis  Brains,  diocèse  de  Vannes. 
Meteretense  ou  Melaretum,  Mou  tiers,  diocèse  d*Auxerre. 
S.  Mello,  à  Rouen,  puis  à  Pontoise,  diocèse  de  Rouen. 
S.  Memmii,  diocèse  de  Chalon. 

Menatense,  Menât,  neuf  lieues  et  diocèse  de  Clermont. 
Mentuniacum,  Mantenay  St.  Lié,  diocèse  de  Troyes. 
Merbecca,  Meerbeck,  diocèse  de  Cologne. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  23 

SS.  Mevennii  et  Judicaelis,  St.  Méen,  diocèse  de  St.  Malo. 

S.  Michaelis  de  Pistoria,  ville  et  diocèse  de  Limoges. 

S.  MichsBlis  in  Eremo,  St.  Michel-en-L'Erm,  près  Luçon,  diocèse  de  Poitiers. 

S.  HichsBlis  de  Segureto  ou  de  l'Acu,  St.-Michel-de-r Aiguille^  faubourg  et  diocèse 

du  Puy. 
S.  Hichaslis,  ù  Tonnerre,  diocèse  de  Langres. 
S.  Hichaelis  (voir  Honoviense),  diocèse  de  Strasbourg. 
S.  Hichœlis  de  Cazano,  diocèse  d'Elne. 

S.  Michselis  in  Teoracio,  St.  Michel-en-Tiérache,  diocèse  de  Laon. 
S.  Hichœlis,  diocèse  de  Beauvais. 

S.  Hichœlis  in  periculo  maris,  Mont  St.  Michel,  diocèse  d'Avranches. 
S.  Hichœlis,  St.  Mihiel,  diocèse  de  Toul. 
Hiciacus,  Miey,  trois  lieues  et  diocèse  d'Orléans. 
Hillebeccus,  Maubec,  diocèse  de  Bourges. 
S.  Hoaki^  diocèse  de  St.  Malo. 
Hoissiacum,  Moissac,  diocèse  de  Cahors. 
Holesmus?  Molesmes,  près  Tanlay,  diocèse  de  Langres. 

Honasterium  ad  Sabim,  Moustier-sur-Sambre,  deux  milles  et  diocèse  de  Namur. 
Honasterium  Tillare,  Montivilliers,  diocèse  de  Rouen. 
Hons  Altns,  diocèse  d'Aire. 

Hons  S.  Beati    près  Coblentz,  diocèse  de  Trêves. 
Hons  S.  Othiliœ  (voir  Hohenburgum),  diocèse  de  Strasbourg. 
Hons  Olivi,  Montolion,  deux  lieues  et  diocèse  de  Carcassonne. 
Hontis  Falconis,  près  Varennes,  diocèse  de  Reims. 
Hontis  Hajoris,  Montmajour,  diocèse  d'Arles. 
Horbacum,  Murbach,  diocèse  de  Bâle. 
Horiacum,  Lochmenech,  diocèse  de  Vannes. 
'l'Hosomnm,  Mouson,  diocèse  de  Reims. 


Civitates. 

'''Namnetensis,  Nantes.  Niciensis,  Nice. 

*  Namurcensis,  Namur.  *  Niversensis,  Nevers. 


'^^  Narbonensis,  Narbomne. 
"^^  Nemausensis,  Nîmes. 


1"  Noviomensis,  Noyon. 


a^bbatiœ,  seu  ^onasteria, 

S.  Nabori,  St.  Avold,  diocèse  de  Metz. 

Nantolium  ou  Nantogilum  ou  Nantoliacum,  Nanteuilen  Vallée,  diocèse  de  Poitiers. 


24  LISTE  COMPLÈTE 

Nantnacum,  Nantua^  diocèse  de  Lyon. 

Nantum,  Nanteuil,  dépendance  de  Tabbaye  de  Vabre^  près  Rodez,  diocèse  de  Rodez. 

Nantain,  Nanteuil,  diocèse  de  Coutances. 
*S.  Nazarii,  ville  et  diocèse  d'Autun. 

S.  Nicasii^  ville  et  diocèse  de  Reims. 

S.  Nicetii,  St.  Nizier,  ville  et  diocèse  de  Lyon. 

S.  Nicetii,  ville  et  diocèse  de  Vienne. 

Niedermonasterinm^  Nieder-Munster,  diocèse  de  Strasbourg. 

Rigella  abscondita,  Nesles-la-Reposte^  en  Brie,  diocèse  de  Troyes. 
'^'Nigella  ou  Nivialla^  Nivelle,  diocèse  de  Namur. 

S.  Nonnica,  Plemeur,  diocèse  de  Quimper. 

Novientum,  Ebermunster,  diocèse  de  Strasbourg. 

Novavilla,  Neuvillers,  diocèse  de  Strasbourg. 

Novum  Honasterium,  Neumoutier  ou  Ottvilliers,  diocèse  de  Metz. 


Civitas. 
Olorenais,  Oléron. 

fiÂibatiœ ,  seu  OCbnasteria, 

Olfonis  cella,  Schulteren,  diocèse  de  Strasbourg. 

Oflonis  villa,  diocèse  de  Besançon. 

Oniam,  diocèse  de  Bourges. 

Orbacum,  Orbais,  cinq  lieues  de  Cliateau-Thierry,  diocèse  de  Soissons. 

Ordorpense,  diocèse  de  Mayence. 

Oriniacum,  Origny  St.  Benoît,  diocèse  de  Laon. 

Orpimn,  Orp  ou  Orpen,  près  Namur,  diocèse  de  Maestricht. 

Ossonia  villa,  diocèse  de  Toul. 

Oyense,  près  Sézanne,  diocèse  de  Troyes. 


Civitates. 
*  Parisiensis,  Paris.    |    Petracoriensis,  Perigueux.    |    *Pictavieiisis,  Poitiers. 

(^bbatiœ,  seu  ^onasteria. 

S.  Paduini,  près  de  la  Sarthe,  diocèse  du  Mans. 
Palatiolum,  Palz,  faubourg  et  diocèse  de  Trêves. 
Palma,  Baume-les- Dames,  diocèse  de  Besançon. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  25 

Papolennm  ou  Popolennm,  ville  et  diocèse  de  Tours. 
S.  Papnlij  St.  Papoul^  une  lieue  de  Chateauneuf,  diocèse  de  Toulouse. 
Paterniacum^  Peterlingen^  près  Avenches^  diocèse  de  Lausanne. 
S.  Patricii^  dans  le  Morvan^  diocèse  de  Nevers. 
S.  Patriciaci,  diocèse  de  Bourges. 
S.  Pauli^  ville  et  diocèse  de  Limoges. 
S.  Paulin  ville  et  diocèse  de  Poitiers. 
S.  Paulin  ville  et  diocèse  de  Lyon. 
S.  Paulin  ville  et  diocèse  de  Narbonne. 
S.  Paulin  faubourg  et  diocèse  de  Beau  vais. 
S.  Paulij  diocèse  de  Sens. 
S.  Paulij  diocèse  de  Verdun. 
S.  Panli^  ville  et  diocèse  de  Besançon. 
S.  Paulij  ville  et  diocèse  de  Lausanne. 
Pauliacum^  à  quatre  lieues  et  diocèse  de  Rouen. 
Pentale^  au  confluent  de  la  Seine  et  de  la  Risle^  diocèse  de  Rouen. 
Peros  Qoirec^  diocèse  de  Dol. 
Pesaanimi  ou  Pecianum,  près  et  diocèse  d'Auch. 
S.  Petri^  ville  et  diocèse  de  Cologne. 
S.  Petri^  diocèse  de  Liège. 
S.  Petri^  diocèse  de  Maçon. 
S.  Petri^  ville  et  diocèce  de  Reims. 
S.  Pétri,  ville  et  diocèse  de  Beauveais. 
S.  Petri^  sur  la  Dive,  diocèse  de  Seez. 
*S,  Petri^  à  Corbie^  diocèse  d'Amiens. 
S.  Petri^  à  Melun^  diocèse  de  Sens. 
S.  Petri^  faubourg  et  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Petri^  ville  et  diocèse  de  Metz. 
S.  Petrij  ville  et  diocèse  de  Vienne. 
S.  Pétri  ad  Cœmeteriunij  ville  et  diocèse  de  Tours. 
S.  Pétri  ad  montes^  diocèse  de  Chalon. 
S.  Pétri  Cabilonenais^  ville  et  diocèse  de  Chalon. 
S.  Pétri  Condomensis^  Condom. 

S.  Pétri  de  alta  petra^  Moutier-Haute-Pierre^  diocèse  de  Besançon. 
S.  Pétri  de  Belle  monte^  St.  Pierre-de-Beaumont  ^  près  et  diocèse  de  Clermont. 
S.  Pétri  de  Blasilia^  St.  Pierre-de-Blesle^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Pétri  de  Burgo^  ville  et  diocèse  de  Valence. 
S.  Pétri  de  Buaogilo^  diocèse  du  Mans. 

S.  Pétri  de  Cabaria  (voir  S.  Maria  Caprariensis)^  diocèse  de  Narbonne. 
S.  Pétri  di  Cannis^  Cannes^  diocèse  de  Narbonne. 
S.  Pétri  de  Caais^  Les  Chases^  sur  rAllier^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Pétri  de  Clariaco^  Clairac^  diocèse  d*Agen. 
S.  Pétri  de  Cultura^  faubourg  et  diocèse  du  Mans. 
S.  Pétri  de  Hamo^  deux  lieues  de  la  mer^  diocèse  de  Coutances. 
S.  Pétri  de  Parciaco^  diocèse  de  Tours. 

4 


26  LISTE  COMPLÈTE 

S.  Pétri  de  Ponte^  St.  Pierre-en-Pont,  ville  et  diocèse  d'Orléans. 

*S.  Petri  de  Ponte,  Pierrepont^  diocèse  de  Laon. 

S.  Petri  de  Régula^  Squirs^  sur  la  Garonne^  diocèse  de  Bazas. 

S.  Petri  de  Régula^  La  Réouie,  diocèse  de  Lescar. 

S.  Petri  de  Turre^  St.  Pierre-la-Tour,  ville  et  diocèse  du  Puy. 

S.  Petri  EngolismensiSj  ville  et  diocèse  d^Angoulème. 

S.  Petri  Flaviniaci^  diocèse  d'Autun. 

S.  Petri  Frislariensis^  Frizlar,  sur  TEder^  diocèse  de  Mayence. 

S.  Petri  in  BuzidOj  diocèse  du  Mans. 

S.  Petri  in  Eriordia^  Petersberg,  près  Fulde,  diocèse  de  Mayence. 

S.  Petri  in  valle^  St.  Pierre-en-Val^  ville  et  diocèse  de  Chartres. 

S.  Petri  Lezatiensis^  Lezat^  diocèse  de  Toulouse. 

S.  Petri  Lugdnnensis,  ville  et  diocèse  de  Lyon. 

S.  Petri  pnellare^  St.  Pierre-le-Puellier^  ville  et  diocèse  de  Poitiers. 

S.  Petri  pnellarnm^  ville  et  diocèse  de  Bourges. 

S.  Petri  puellarum^  faubourg  et  diocèse  de  Tours. 

S.  Petri  Yesuntionensis^  diocèse  de  Besançon. 

S.  Petri  vivij  ville  et  diocèse  de  Sens. 

S.  Petrusii^  en  Morvan,  diocèse  de  Nevers. 

*  S.  Philiberti^  à  Tournus^  diocèse  de  Chalon. 
1"  Pisciacum^  Poissy^  diocèse  de  Chartres. 

Poliniacum^  Poligny^  diocèse  de  Besançon. 

S.  Polycarpij  trois  milles  de  Limoux^  diocèse  de  Narbonne. 

S,  Pontii  Tomeriarum^  St.  Pons-de-Tomières,  diocèse  de  Narbonne. 

Pontiniacum^  Pontigny^  diocèse  de  Bourges. 

Porcetum^  Portait^  diocèse  de  Liège. 

Portus  Mauri^  Port-Mort,  diocèse  de  Rouen. 

Pratellum,  Préaux,  près  Pont-Audemer,  diocèse  de  Rouen. 

S.  Prœjecti,  St.  Prix,  diocèse  de  Noyon. 

S.  Prœjecti  Flaviniaci,  diocèse  d*Autun. 

Princiacus,  diocèse  de  Bourges. 

S.  Privati,  St.  Privat-du-Gers,  ville  et  diocèse  d'Uzès. 

*  Prnmia,  Prum  ou  Pruim,  dix  lieues  et  diocèse  de  Trêves. 
Pultaririensis^  Ponthières,  deux  lieues  de  Molesmes,  diocèse  de  Langres. 
Puteolns,  sur  la  Voire,  diocèse  de  Chalon. 


Cl 

Q/fbbatiœ,  seu  ^onasteria. 

S.  Quintini,  ville  et  diocèse  de  Troyes. 

S.  Quintini  de  Honte,  Mont-St. -Quentin,  près  Péronne,  diocèse  d'Amiens. 
S.  Quintini  in  insula.  Abbaye  d'Isle  à  St.  Quentin,  diocèse  de  Noyon. 
*  S.  Quintini  Viromanduensis,  St.  Quentin,  diocèse  de  Noyon. 
S.  Quiteriœ  de  Manso,  diocèse  d'Aire. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES. 


27 


Civitates, 


*  Redonensifl,  Rennes. 

Regensis,  Riez,  en  Provence. 
"*"  Remensifl,  Reims. 

RivensiSj  Rieux^  en  Bretagne. 


*  Rotomagensis,  Rouen. 
Rupellensis,  La  Rochelle. 

*  Ruthenensis,  Rodez. 


Q/£bbatiœ ,  seu  OfTonasteria. 

Radolium,  Reuil,  près  Jouarre,  diocèse  de  Meaux. 
S.  Ragneberti,  St.  Rambert,  entre  Bourg  et  Belley,  diocèse  de  Lyon. 
Rauzaliœ  monasterium,  Moutier-Rauzeille,  diocèse  de  Limoges. 
Redeverus,  '  Riviers,  diocèse  de  Bayeux. 
Redum,  Réez,  trois  lieues  et  diocèse  de  Meaux. 
S.  Reguli,  ville  et  diocèse  de  Senlis. 
S.  Remigii,  ville  et  diocèse  de  Reims. 
S.  Remigii,  ville  et  diocèse  de  Sens. 

Reomus,  Moutier-St.-Jean,  près  Tonnerre,  diocèse  de  Langres. 
Resbacensis,  Rebais,  diocèse  de  Meaux. 
Retense,  diocèse  de  Limoges. 
*Retonda8,  Retondes,  entre  Soissons  et  Compiègne,  diocèse  de  Soissons. 
Ribodi  mons,  Ribemont,  près  St.  Quentin,  diocèse  de  Laon. 
S.  Richarii,  St.  Riquier,  diocèse  d'Amiens. 
S.  Richmerii,  diocèse  du  Mans. 
S.  Rigomeri,  St.  Rigomer,  ville  et  diocèse  de  Meaux. 
S.  Rigomeri,  près  de  la  Sarthe,  diocèse  du  Mans. 
Rodenacum  ou  Rotomacum,  Kenay  ou  Ernay,  entre  Audenarde  et  Gerardmont, 

diocèse  de  Liège. 
Romanense  ou  S.  Bernardi,  diocèse  de  Vienne. 
S.  Romani  de  Rupe,  près  St.  Claude,  diocèse  de  Lyon. 
Romanum,  diocèse  de  Lausanne. 
Romarici  Mena,  Remiremont,  diocèse  de  Toul. 
Rotonense,  Redon,  diocèse  de  Vannes. 
Rubiacenais,  près  et  diocèse  de  Clermont. 
Ruâiacenais,  Ruffec,  diocèse  de  Limoges. 
Ruiensia,  St.  Gildas-de-Ruiz,  diocèse  de  Vannes. 
S.  Rumoldi,  près  Malines,  diocèse  de  Liège. 
Rutela,  Rethel,  diocèse  de  Trêves. 


28  LISTE  COMPLÈTE 


Civitates. 

SagiensiSj  Seez.  'I' SUvanectensis^  Senlis. 

*  SantoniensiSj  Saintes.  Sistaricensis^  Sisteron. 

SedunensiSj  Sion.  Spirensis^  Spire. 

Senecensis  ou  Sanitium^  Senez^  entre     '''StratbQrgeiiais^  Strasbourg  (voir  Ar- 

Embrun  et  Sisteron.  ,                 gentoratensis). 

^SenonensiSj  Sens.  "*"  Suessionensis^  Soissons. 


adbbati^,  seu  (Monasteria. 

Saciacum^  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Salvatoris^  ville  et  diocèse  de  Nîmes. 
S.  Salvatoris^  ville  et  diocèse  de  Lodève. 
S.  SalvatoriSj  ville  et  diocèse  de  Carcassonne. 
S.  Salvatoris^  St.  Sauveur-le-Vicomte^  diocèse  de  Coutances. 
S.  Salvatoris^  diocèse  de  Nevers. 
S.  SalvatoriSj  en  Puysau^  diocèse  d'Auxerre. 
S.  Salvatoris  de  Brogilo^  diocèse  du  Mans. 

S.  Salvatoris  Virtudensis^  St.  Sauveur-des-Vertus^  diocèse  de  Chalon. 
S.  Salviij  ville  et  diocèse  d'Alby. 

S.  Salviij  St.  Sauve^  à  Valenciennes^  diocèse  de  Cambray. 
S.  Salvii,  St.  Sauve,  diocèse  d'Amiens. 
S.  Salvii^  St.  Saire^  diocèse  de  Rouen. 
Sangenovefana^  Ste.  Geneviève^  ville  et  diocèse  de  Paris. 
Sangerardense^  St.  Gérard-de-Broyen^  trois  lieues  et  diocèse  de  Namur. 
S.  Samsonis^  ville  et  diocèse  de  Dol. 
S.  Sanctini^  St.  Saintin^  ville  et  diocèse  de  Meaux. 
Sarlatum^  Sarlat^  diocèse  de  Périgueux. 
S.  Satumini^  St.  Semin,  «ville  et  diocèse  de  Toulouse. 
S.  Satumini^  diocèse  d'Angers. 

S.  Savini^  St.  Sabin^  près  Argelez^  diocèse  de  Tarbes. 
Saviniacense^  Savigny^  trois  lieues  et  diocèse  de  Lyon. 
Saxiacum^  St.  Benoit  de-Seyssieu^  sur  le  Rhône^  diocèse  de  Lyon. 
S.  Scholastica^  faubourg  et  diocèse  du  Mans. 
Schwarzacum^  près  Ulm^  diocèse  de  Strasbourg. 
Scotorium  (voir  Doratum)^  sur  la  Sèvre^  diocèse  de  Limoges. 
^^.  Sebaatiani^  faubourg  et  diocèse  de  Soissons. 
S.  Sebastiani  de  Hagno  Loco^  St.  Sébastien-de-Maulieu^  diocèse  de  Clermont. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  29 

Sedaciacum,  St.  Martin-de-Sarsey^  diocèse  de  Saintes. 

Seligenstadiensis,  trois  milles  de  Francfort,  diocèse  de  Mayence. 

Senapara^  Sevenières^  diocèse  de  Tours. 

Septem  Fontiom,  près  Caussade^  diocèse  de  Cahors. 

Septem  Holœ,  Criel?  diocèse  de  Rouen. 

S.  Sequani^  St.  Seine^  cinq  lieues  de  Dijon^  diocèse  de  Langres. 

S.  Serenici,  diocèse  de  Séez. 

SS.  Sergii  et  Buchi>  St.  Serge^  faubourg  et  diocèse  d'Angers. 

S.  Servatii,  diocèse  de  Liège. 

Seaciacense,  Sciey^  près  Grandville^  diocèse  de  Coutances. 

Seasiacum,  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Severi,  St.  Sever,  diocèse  d'Aire. 

S.  Severi,  ville  et  diocèse  d'Agde. 

S.  Severi,  deux  lieues  de  Vire^  diocèse  de  Coutances. 

S.  Severi  de  Albiciaco,  St.  Sever-^de-Rustien,  diocèse  de  Tarbes. 
'S.  Severini,  diocèse  de  Bordeaux. 

S.  Severini,  ville  et  diocèse  de  Paris. 

S.  Severini,  à  Château-Landon^  diocèse  de  Sens. 

S.  Sidonii,  sur  la  Varenne^  diocèse  de  Rouen. 

S.  Sigiamundi,  près  Rouffach^  diocèse  de  Strasbourg. 

Silezia  ou  Siezia.  St.  Lauthène,  près  Poligny^  diocèse  de  Besançon. 

Silva  Regalis  (voir  Ulmetum). 

Simorra,  sur  la  Gimone^  diocèse  d'Auch. 

S.  Sixti,  ville  et  diocèse  de  Reims. 

Soliacum  ou  Sublacum,  Souillac^  diocèse  de  Dax. 

Sordua,  diocèse  de  Dax. 

Soricinium,  Sorèze^  diocèse  de  Lavaur. 

Sparnacum,  Épernay^  diocèse  de  Reims. 

Spinalium,  Epinal^  diocèse  de  Toul. 

Stabulensis,  Stavelo^  diocèse  de  Liège. 

Stabnlum,  diocèse  de  Metz. 

S.  Stephani,  ville  et  diocèse  de  Paris. 

S.  Stephani,  faubourg  et  diocèse  de  Noyon. 

S.  Stephani,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Stephani,  à  Caen^  diocèse  de  Bayeux. 

S.  Stephani,  faubourg  et  diocèse  d'Angers. 

S.  Stephani,  ville  et  diocèse  de  Lausanne. 

S.  Stephani,  ville  et  diocèse  d'Agen. 
*TS.  Stephani  Argentinenaia.  ville  et  diocèse  de  Strasbourg. 

S.  Stephani  Beanienae,  Baigne,  diocèse  de  Saintes. 

S.  Stephani  de  Ariuco,  diocèse  d'Antibes. 

S.  Stephani  de  Crnciaco,  diocèse  de  Soissons. 

S.  Stephani  de  Tornaco,  Tornac,  diocèse  de  Nîmes. 
'^'TS.  Stephani  Divionenaia  Dijon^  diocèse  de  Langres. 

Stivagium,  Estival,  diocèse  de  Toul. 


3o  LISTE  COMPLÈTE 

Suestrensis,  Susteren^  diocèse  de  Liège. 

S.  Sulpicii,  ville  et  diocèse  d'Uzès. 

Suraburgensis  ou  Sancta  Silva,  Surbourg^  huit  lieues  et  diocèse  de  Strasbourg. 

S.  Symphoriani.  ville  et  diocèse  de  Bourges. 

S.  Symphoriani^  ville  et  diocèse  d'Autun. 

S.  Symphoriani,  diocèse  de  Beau  vais. 

S.  Symphoriani,  ville  et  diocèse  de  Sens. 

S.  Symphoriani,  près  et  diocèse  de  Trêves. 

S.  Symphoriani,  diocèse  de  Metz. 


Civitates. 

Tarbenais^  Tarbes.  'I' Tornacenaia^  Tournay. 

Tarentaaiensis,  Tarentaise.  "*"  Trecensis^  Troyes. 
*  Tarvanna,  Térouanne  (Voir  Morinensis).        Tricastinenais,  St.  P  aul-trois-Chateaux, 

Telonensis^  Toulon.  *  TrevirensiSj  Trêves. 

'l'Tolosanaj  Toulouse.  ^Tnllenais^  Toul. 


oAibatiœ,  seu  ^onasteria. 

Talveriae^  Talloires,  sur  le  lac  d'Annecy^  diocèse  de  Genève. 
Tauracum,  diocèse  de  Dol. 
S.  Taurinij  ville  et  diocèse  d'Evreuz. 
Taurisiacum^  diocèse  de  Bourges. 
Tecladenae^  Teillède^  près  Riom^  diocèse  de  Clermont. 
S.  Theodorici^  près  et  diocèse  de  Reims. 

Theolegium  ou  Tabuleium^  Tholey^  près  St.  Wandelin^  diocèse  de  Trêves. 
S.  Theuderii,  Arcisses^  diocèse  de  Vienne. 
S.  Thomas^  près  et  diocèse  de  Strasbourg. 
S.  Thoms^  à  Andernach^  diocèse  de  Trêves. 
S.  Thyrsi^  ville  et  diocèse  de  Lausanne. 
S.  Tiberii^  deux  lieues  et  diocèse  d'Agde. 
S.  Timothei^  ville  et  diocèse  de  Reims. 
Tencilliacensia^  Pont-de-Cé?  diocèse  d'Angers. 
S.  Trechii  in  Buzido^  diocèse  du  Mans. 
S.  Troeaii^  diocèse  de  Nevers. 

"^S.  Trudonis^  St.  Tron^  six  milles  et  diocèse  de  Liège. 
Truncinium^  Dronghen^  près  Gand^  diocèse  de  Tournay. 
S.  Tudii  Insula^  Enez  Tudi^  près  Combret,  diocèse  de  Quimper. 
Tuffiacense^  diocèse  du  Mans. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  3i 

S.  Tugduali^  ville  et  diocèse  de  Tréguier. 
Turoltum,  à  Bruges/  diocèse  de  Tournay. 
Tutela^  TuUe^  diocèse  de  Clermont. 


Civitas. 
*  Uceticensis,  Uzès. 

(i4J>batiœ,  seu  (Mbnasteria. 

>» 

S.  nUacii^  diocèse  du  Mans. 

Dlmensis^  près  Malines^  diocèse  de  Liège. 

S.  Urbanij  en  Pertois^  diocèse  de  Cbalon. 

S.  Drsi,  diocèse  de  Tours. 

Ursi  Campi  ou  Urbs  Campus^  Ourscamp^  diocèse  de  Noyon. 

S.  Urainiij  diocèse  de  Bâle. 

S.  Ursula^  ville  et  diocèse  de  Cologne. 

Uticom^  diocèse  de  Séez. 


Civitaies. 

Valentinensis^  Valence.  ^Vesontium^  Besançon. 

Vapincenais^  Gap.  **"  Viennenais^  Vienne. 
Vaaatenais^  Bazas.  Vincienais  ou  Vecisienais^  Venge  entre 

Taaionensia^  Vaison.  Antibes  et  Grasse. 

*  Vellavenaia  ou  Anicienais,  Le  Puy.  *  Virdonenaia^  Verdun. 
Venetenaiaj  Vannes.  Vivarienaia^  Viviers. 

Veromanduenaia^  Vermand.  Vormatenaia^  Worms. 

<i4J?baiiœ,  seu  ^onasteria. 

Vabrum^  Vabre,  près  Rodez^  diocèse  de  Rodez. 

Vadatiom^  Vaas^  diocèse  du  Mans. 

Valada^  diocèse  de>Toulouse. 

S.  Valdetmdisl  Ste.  Vaudru^  à  Mons^  diocèse  de  Cambray. 

Valeluaenaia^  diocèse  de  Besançon. 

S.  Valeriani,  diocèse  d'Auxerre. 


32  LISTE  COMPLÈTE 

Vallon,  diocèse  de  DoL 

Valsiodorense,  Wasort  ou  Valincourt^  près  Dinant^  diocès;^  de  Liège. 

Vandopera,  diocèse  du  Mans. 

Varenna,  en  Tellau^  diocèse  de  Rouen. 

Varenna^  diocèse  d'Auxerre. 

Vaurnm  ou  Vora,  Lavaur^  diocèse  de  Toulouse. 

S.  Vedaati,  S.  Waast^  diocèse  d'Arras. 

S.  Venantii,  ville  et  diocèse  de  Tours. 

S.  Tenantii  Halliacensia,  quatre  milles  et  diocèse  de  Tours. 

Vergavilla,  diocèse  de  Metz. 

Vertonense,  diocèse  de  Nantes. 

Vêtus  murus,  Vieil  mur,  douze  lieues  de  Castres^  diocèse  d*Alby. 

Vêtus  Civitas,  Ploucastel,  diocèse  de  Tréquier. 

S.  Victoris,  ville  et  diocèse  de  Marseille. 

S.  Victoria,  faubourg  et  diocèse  de  Nevers. 

S.  Victoris,  diocèse  de  Valence. 

S.  Victurii,  près  de  la  Sarthe^  diocèse  du  Mans. 

S.  Vigoris,  près  et  diocèse  de  Bayeux. 

Villa  Crosa,  diocèse  de  Fréjus. 

Villalupa,  Villeloin,  diocèse  de  Tours. 

Villare  Monasterium,  Montivilliers,  près  le  Havre^  diocèse  de  Rouen. 

Vills  magns,  Villemagne-l'Argentière,  diocèse  de  Béziers. 

S.  Vincentii,  près  et  diocèse  de  Maçon. 

S.  Vincentii,  ville  et  diocèse  de  Laon. 

S.  Vincentii,  faubourg  et  diocèse  de  Metz. 

S.  Vincentii.  diocèse  de  Tours. 

S.  Vincentii,  sur  la  Sarthe,  diocèse  du  Mans. 

S.  Vincentii,  diocèse  de  Besançon. 

S.  Vincentii,    diocèse  de  Vienne. 

S.  Vincentii  Arslatensis,  Artay,  diocèse  de  Besançon. 

S.  Vincentii  de  Magniaco,  diocèse  de  Nevers. 

S.  Vincentii  Lucansis  ou  Saltu  bono,  Saute- bon-de-Luc^  diocèse  d'Oloron. 

Vintlana,  Bray^  diocèse  de  Rouen. 

S.  Virginia,  ville  et  diocèse  de  Mayence. 

Virduni  Hansum,  Mas-Verdun^  diocèse  de  Toulouse. 

de  Virsiliis  S.  Martini^  diocèse  de  Besançon. 

Virtudum,  St.  Sauveur-des- Vertus,  diocèse  de  Chalon. 

Verziniacum  S.  Basoli,  S.  Basle^  diocèse  de  Reims. 

S.  Vitoni,  St.  Vannes,  diocèse  de  Toul. 

S.  Viti,  diocèse  de  Besançon. 

S.  Voluscani,  à  Foix,  diocèse  de  Toulouse. 

Volvicense,  Volvic,  diocèse  de  Clermont. 

S.  VuUini,  diocèse  d'Auxerre. 

S.  Vulmari,  Samer,  diocèse  de  Térouanne. 

S.  Walarici,  en  Vimeux,  diocèse  d'Amiens. 


DES  CITÉS,  ABBAYES  ET  MONASTÈRES.  33 

S.  Waldeburgis,  un  mille  de  Hagiienau^  diocèse  de  Strasbourg. 

S.  Wandregisilii^  S.  Wandrille^  près  Caudebec^  diocèse  de  Rouen. 

Weissemburgum^  Wissembourg^  diocèse  de  Spire. 

Werda  ou  Insula^  Kaiserverth^  sur  le  Rhin^  diocèse  de  Cologne. 

Werdena^  Werden,  près  Rocroy,  diocèse  de  Cologne. 

S.  Willebrordij  Epternac^  diocèse  de  Trêves. 

Woromhaltum^  Wormhoult^  près  St.  Omer^  diocèse  de  Térouanne. 


de  Yvelina^  Veaune^  ville  et  diocèse  de  Marseille. 


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5 


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CATALOGUE    RAISONNÉ 


DES 


MONNAIES    CAROLINGIENNES 


CATALOGUE    RAISONNÉ 


DES    MONNAIES    CAROLINGIENNES 


3jes  paires  du  Valais  (619  à  152). 

Quoique  cet  ouvrage  ne  contienne  le  dessin  ou  la  description  d'aucun 
de  ces  deniers  d'argent  (saigas  ou  sceatas)  émis  pendant  les  dernières 
années  de  la  royauté  mérovingienne,  je  crois  devoir  donner  ici  un  court 
résumé  de  l'histoire  des  princes  d'Austrasie  sous  la  principauté  desquels 
furent  surtout  émises  ces  monnaies  si  curieuses  et,  jusqu'à  ce  jour,  si 
peu  connues.  On  verra  qu'en  réalité  la  royauté  carolingienne  a 
commencé  de  fait  bien  antérieurement  à  l'avènement  de  Pépin-le-Bref. 
Il  n'y  a  eu  de  transition  brusque  ni  dans  la  situation  personnelle  de  ces 
princes  austrasiens,  ni  dans  le  système  politique  ou  administratif  du 
pays;  il  a  dû  nécessairement  en  être  de  même  pour  le  système  monétaire. 
On  reconnaîtra,  dans  ce  court  résumé,  un  enchaînement  logique  de 
'  faits  qui  a  amené  nécessairement,  sans  secousses  et  sans  révolutions, 
la  chute  de  la  dynastie  mérovingienne  et  l'avènement  des  carolingiens. 
Ces  derniers  n'ont  été,  je  le  répète,  que  les  continuateurs ,  en  tout ,  du 
système  politique  et  administratif  existant  lors  de  la  chute  du  dernier 
roi  de  la  première  race . 

Après  la  mort  de  Dagobert  II,  dernier  roi  d'Austrasie  (679),  Pépin 
d'Herstal  marche  sur  Paris  et,  maître  de  la  personne  de  Thierry  III 
(687),  il  règne  sur  toute  la  France,  avec  les  rois  à  lui  soumis^  disent  les 
annales  frankes.  Il  meurt  en  714. 

Son  fils  Karle  est  proclamé  duc  d'Austrasie  (71 5).  Au  printemps  de 


38  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Tannée  717  il  s'avance,  à  la  tête  d'une  armée  austrasienne,  contre  le  roi 
Hilpéric  qui  refuse  de  lui  rendre  la  principauté  {principatum)  qu'avait 
eue  son  père  Pépin  sur  les  Franks  occidentaux.  Le  roi  de  Neustrie  est 
battu  et  se  réfugie  auprès  d'Eudes  duc  d'Aquitaine.  Karle  se  donne  un 
roi  du  nom  de  Chlother  qui  meurt  en  719.  Il  réclame  alors  à  Eudes  la 
personne  de  Hilpéric  et  le  trésor  royal.  Le  duc  d'Aquitaine  cède  au  duc 
d'Austrasie  et  accepte  l'alliance  franke.  La  Gaule  se  trouve  ainsi  partagée 
entre  Karle  et  Eudes  qui  prend  le  nom  de  roi  des  Gallo-Wascons. 

Hilpéric  est  ramené  en  Neustrie  où  Karle,  disent  les  annales  de  Metz, 
en  agit  miséricordieusement  avec  lui  et  l'établit  roi  sous  son  autorité. 

A  la  mort  de  Hilpéric,  Karle  lui  donne  pour  successeur  (729)  le  fils  de 
Dagobert  III,  Théodoric  de  Chelles,  qui  meurt  en  737. 

Le  roi  d'Aquitaine,  Eudes,  étant  mort  sur  ces  entrefaites^  son  fils  et 
successeur  Hunald  est  sommé  par  le  duc  de  France  de  reconnaître  sa 
suprématie.  Hunald  refuse,  est  battu  (736)  et  n'obtient,  sous  le  titre  de 
duc,  la  possession  paisible  de  ses  états  qu'à  la  condition  de  les  tenir  à 
foi  et  hommage  du  duc  Karle  et  de  ses  deux  enfants  Pépin  etKarloman. 
Le  nom  du  roi  n'est  même  pas  prononcé.  A  la  mort  de  ce  dernier,  Karle, 
sans  s'occuper  de  lui  donner  un  successeur,  gouverne  seul  le  royaume 
sous  le  titre  de  Duc  des  Franks  (de  737  à  741).  On  a  de  lui  un  diplôme 
daté  de  la  cinquième  année  après  la  mort  du  roi  Théodoric.  Son 
épitaphe  lui  donne  le  titre  de  roi,  mais  il  ne  le  prit  jamais. 

En  741  Pépin  et  Karloman  succèdent  à  leur  père  Karle-Martel  et 
reçoivent  en  partage  :  Karloman  l'Allemanie  ou  Souabe,  TAustrasie,  la 
France  d'Outre-Rhin  et  la  Thuringe,  avec  la  suzeraineté  sur  le  reste  de 
la  Germanie.  Pépin  a  pour  sa  part:  la  Neustrie,  la  Burgondie  et  la 
Provence,  ainsi  que  l'Aquitaine,  à  charge  par  lui  de  la  conquérir.  Les 
deux  frères  créent  un  roi,  Hildéric  III  fils  de  Hilpéric  II;  cette  royauté 
nominale  n'empêche  pas  Karloman,  dans  la  préface  d'un  capitulaire  de 
l'an  743,  publié  à  Leptines,  de  dire  qu'il  a  rassemblé  les  évêques  in 
regno  suo.  En  admettant  que  Regnum  signifie  seulement  ici  le  Domaine 
utile,  le  monnoyage  devait  en  faire  partie.  On  trouve  même  une  charte  du 
règne  de  Hildéric  III  où  le  nom  du  roi  ne  figure  pas  et  qui  porte: 
régnante  Carolomanno  et  Bobone  comité. 

En  743  les  deux  frères  réunis  s'emparent  de  la  Bavière. 

En  745  le  duc  Hunald,  battu  par  eux,  se  reconnaît  vassal  de  Pépin. 


SECONDE   RACE.  39 

En  747  Karloman  se  retire  au  Mont-Cassin,  remettant  aux  mains  de 
Pépin  ses  enfants  et  son  royaume.  Pépin  s'empare  du  tout:  7{egnum 
totum  sibi  vindicavit. 

Enfin  en  752,  Pépin,  las  de  ce  fantôme  de  royauté  mérovingienne, 
dépose  le  roi  Hildéric  III,  le  fait  enfermer  au  monastère  de  Sithin 
(Saint-Bertin)  et  se  fait  proclamer  roi  des  Franks. 


Œ^épin-te-SBref  (de  152  à  768). 


Pépin  est  sacré  en  mars  752. 

En  753  il  réunit  à  ses  états  la  Septimanie  à  l'exception  de  Narbonne. 
La  même  année  il  bat  les  Saxons.  Il  s'empare  de  Vannes  où  il  place 
un  comte  frank  (Rennes  et  Nantes  étaient  rentrées  sous  la  domination 
franke  depuis  le  règne  de  Karle-Martel). 

En  754  Pépin  est  sacré  roi,  avec  ses  deux  fils,  à  Saint-Denis,  le 
28  juillet,  par  le  pape  Etienne  II,  à  la  prière  duquel  il  déclare  la  guerre 
à  Astulfe  roi  des  Langobards.  Ce  dernier  est  battu  et  s'engage  à  rendre 
au  pape  l'exarchat  de  Ravenne  avec  la  Romagne  et  le  duché  d'Urbin 
dont  il  s'était  emparé.  Pépin,  pour  assurer  la  tranquillité  de  la  papauté, 
rédige  la  fameuse  donation  par  laquelle  il  constitue  le  Domaine  de 
Saint- Pierre. 

Le  II  juillet  755  Pépin  réunit  un  concile  à  son  palais  de  Vernon-sur- 
Seine.  Dans  ce  concile  il  rend  une  ordonnance  sur  les  monnaies,  prescri- 
vant de  tailler  22  sols  d'argent  dans  une  livre  au  lieu  de  25  qu'on 
taillait  auparavant. 

En  756  le  roi  des  Langobards  reprend  les  armes  et  vient  assiéger 
Rome.  Pépin  accourt  en  Italie  avec  ses  deux  fils  Karle  et  Karloman. 
Astulfe  se  réfugie  à  Pavie,  puis  il  se  soumet  et  s'engage  à  payer  un 
tribut  et  à  livrer  au  pape  la  ville  de  Commachio  qui  est  réunie  au  patri- 
moine de  Saint-Pierre. 

En  758  les  Garinthiens  (entre  la  Drave  et  le  golfe  de  Trieste)  se 
soumettent  à  lui  pour  obtenir  protection  contre  les  Huns. 

En  759  Narbonne  est  prise  et  réunie  au  royaume  frank. 


40  MONNAIES  FRANÇAISES. 

En  761  Pépin  envahit  l'Aquitaine  et  s'empare  de  diverses  places 
fortes  telles  que  Bourbon-rArchambault,  Chantelle  et  Clermont  (Clarus 
Mons,  Claremons)  citadelle  de  la  cité  Arverne. 

En  762  nouvelle  invasion  de  l'Aquitaine  ;  Thouars  est  brûlé,  Bourges 
est  pris. 

De  763  à  768,  nouvelles  campagnes  contre  Waïfer,  l'Aquitaine  est 
tout  entière  soumise.  Pépin  fait  bâtir  un  palais  à  Bourges  en  signe 
d'irrévocable  conquête. 

Il  meurt  le  24  octobre  768,  après  avoir  partagé  son  royaume  entre  ses 
deux  fils  Karle  et  Karloman. 

Pépin  est  le  premier  roi  de  France  qui  ait  employé  dans  ses  diplômes 
la  formule  GRATIA  DEI  REX.  Son  fils  Karle  l'employa  communément. 
Elle  a  été  à  tort  regardée  comme  une  marque  de  souveraineté.  Non 
seulement  des  princes,  mais  des  évéques,  des  abbés  et  de  simples 
prêtres  s'en  sont  servis,  sans  autre  dessein  que  d'exprimer  leur  re- 
connaissance envers  Dieu. 


Planche  I. 

Angers?  (Andegavis  Civitas). 

I.  RP  en  monogramme  dans  un  cercle  de  grènetis;  deux  points  dans  le  champ; 
^  9  A  — M— D  — E  en  monogramme  dans  un  cercle  de  grènetis;  un  demi- 
cercle  de  points  entoure  les  lettres  DE. 

Denier.   Ma  collection  (voir  Carloman^  n®  2  et  Charlemagne,  n®  6). 

L'ordre  alphabétique,  que  j'ai  adopté,  m'oblige  à  présenter  en  pre- 
mier lieu  une  monnaie  de  fabrication  moderne.  Mais  comme  cette  pièce 
a  reçu  en  quelque  sorte  ses  lettres  d'authenticité  de  nos  maîtres  en 
numismatique,  je  dois  discuter  leur  opinion,  et  expliquer  pourquoi  il 
m'est  impossible  de  l'admettre.  Ce  denier  est  identique,  comme  revers 
à  celui  de  Charlemagne  (pi.  V,  n"  6)  ce  que  je  dirai  de  l'un  s'appli- 
quera à  l'autre,  comme  aussi  au  denier  de  Carloman  (pi.  IV,  n**  2)  sur 
lequel  ils  ont  été  copiés  tous  deux. 

M.  Cartier,  et  généralement  tous  les  auteurs  qui  ont  décrit  ce  denier, 
l'attribuent  à  la  ville  d'Angers.  Disons  de  suite  que  cette  attribution 


SECONDE  RACE.  41 

n'est  pas  soutenable  en  présence  du  denier  de  Carloman,  la  ville  d'An- 
gers n'ayant  jamais  fait  partie  du  royaume  de  ce  fils  aîné  de  Pépin. 

M.  de  Longpérier,  décomposant  le  monogramme  y  trouve  les  lettres 
A-M-D-V  ou  A-N~D-E-M  et  pencherait  pour  le  monétaire  AMEDEVS^ 
la  forme  AN  DEM  pour  Andematunum  (Langres)  n'étant  plus,  dit-il,  en 
usage  au  VIII*  siècle. 

Il  est  vrai  qu'à  cette  époque  le  nom  de  LINGONUM  était  presque  tou- 
jours employé  au  lieu  du  nom  ancien,  mais  nous  verrons,  sous  Louis  I**" 
et  même  sous  Lothaire,  le  nom  de  Mettis  remplacé  sur  la  monnaie  par 
les  noms  Mediomatricorum,  Mediomatricis  qui,  déjà  depuis  longtemps, 
étaient  tombés  en  désuétude. 

Quant  aux  noms  de  monétaires  sur  les  monnaies  carolingiennes,  je 
crois,  malgré  toute  l'autorité  du  nom  de  M.  de  Longpérier,  qu'il  faut  y 
renoncer.  Le  système,  propre  à  la  première  race,  de  fonctionnaires 
d'ordre  inférieur  signant  les  monnaies  frappées  sur  tous  les  points  du 
royaume  frank,  avait  disparu  complètement  lors  de  l'avènement  au 
trône  de  Pépin-le-Bref.  Sur  les  saigas  ou  scéatas,  qui  étaient  presque 
la  seule  monnaie  nationale  pendant  les  règnes  des  derniers  maires  du 
Palais,  on  ne  les  retrouve  déjà  plus.  Il  n'est  pas  douteux  que  certaines 
monnaies  des  premiers  rois  de  la  seconde  race  portent  des  noms 
d'hommes,  mais  ces  noms  y  sont  placés  en  vertu  d'un  système  ad- 
ministratif tout  différent  de  celui  qui  était  en  vigueur  sous  les  rois 
mérovingiens  ;  je  m'étendrai  sur  ce  point  plus  longuement  à  propos  de 
la  monnaie  de  GADDO  (pi.  II,  n"  28). 

Revenant  à  notre  denier,  ainsi  qu'à  celui  de  Charlemagne,  voici  les 
raisons  qui  me  les  font  rejeter  de  la  série  des  monnaies  authentiques  de 
la  seconde  race  :  Si  l'on  remarque  Taspect  sec  et  maigre  de  la  gravure 
et  l'identité  de  ces  deux  médailles  émises  à  un  assez  long  intervalle 
l'une  de  l'autre,  à  une  époque  où  il  est  presque  impossible  de  trouver, 
sous  le  même  règne  et  dans  le  même  atelier,  deux  deniers  frappés  avec 
le  même  coin  ;  si  on  les  place  enfin  au  milieu  des  monnaies  bien  cer- 
taines de  Pépin  et  de  Charlemagne,  aucun  doute  ne  pourra  subsister. 
Etant  seul,  jusqu'alors,  de  cet  avis,  je  ne  pouvais  supprimer,  de  mon 
autorité  privée,  deux  monumens  numismatiques  de  cette  importance. 
Je  les  ai  donc  discutés  aussi  sérieusement  que  si  je  n'avais  aucun  doute 
sur  leur  authenticité. 


42  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Antrain  (Interamnis  Vicus). 

2.  RP  dans  un  cercle  de  grènctis,  six  points  dans  le  champ; 

5^  INT— TRA-NO   en  trois  lignes  séparées  par   des  barres   horizontales; 
I  et  N  sont  liés  ainsi  que  R  et  A,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  découverte  d'Imphy     ....     Valeur  i5o  fr. 

Un  denier  semblable  et  de  même  provenance,  faisant  partie  de  la  col- 
lection de  P.  d'A.  porte  à  la  première  ligne  du  revers  NT  (voir  Première 
Partie^  pi.  I,  n^  4).  M.  de  San-Quintino  cite  une  obole  de  Pépin,  à  ce 
même  type,  qu'il  aurait  vue  dans  une  collection  particulière;  c'est 
évidemment  une  erreur;  il  n'y  a  pas  d'obole  de  Pépin;  c'était  probable- 
ment un  denier  rogné  ou,  ce  qui  serait  beaucoup  plus  intéressant,  un 
denier  de  petit  module. 

Un  autre  denier,  de  même  provenance  et  faisant  partie  de  la  même 
collection,  porte  à  la  première  ligne  AIT  (voir  Première  Partie^  pi.  I, 
n"  2). 

3.  RF  dans  un  cercle  de  grènetis^  cinq  points  dans  le  champ; 

IjC  AVT— TRA— NO   en  trois  lignes  séparées  par   des  barres  horizontales; 
A  et  V  sont  liés,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .     Valeur  100  fr. 

Sur  un  autre  denier  semblable,  de  même  provenance  et  faisant  partie 
de  la  même  collection,  on  lit,  à  la  première  ligne  du  revers,  AT  (voir 
Première  Partie^  pi.  I,  n**  5). 

4.  RP  dans  un  cercle  de  grènetis,  six  points  dans  le  champ; 

IjC  M— •**DA— OU  en  trois  lignes  séparées  par  des  barres  horizontales;  le  D 
et  l'A  sont  renversés,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy  ....     Valeur  yS  fr. 

Un  autre  denier  de  la  même  provenance  et  faisant  partie  de  la  même 
collection,  ne  diffère  du  n"*  4  que  parce  que  la  seconde  ligne  du  revers 
porte  TRA. 

Tous  les  deniers  décrits  ci-dessus  ont  été  frappés  à  Antrain,  localité 
ancienne  située  à  peu  de  distance  d'Imphy. 

M.  de  Longpérier,  poursuivant  l'idée^  qui  lui  appartient  en  propre, 
de  perpétuer,  sous  les  premiers  carolingiens,  la  personnalité  des  moné- 
taires mérovingiens,  a  voulu  voir,  dans  le  nom  gravé  au  revers  de  ce 
denier  celui  du  monétaire  Auttramnus.  J'exposerai  plus  loin  les  raisons 
qui  m'empêchent  de  me  rallier  à  cette  opinion  de  notre  illustre  maître. 


SECONDE  RACE.  43 

Mais  je  ne  puis  résister  au  désir  de  mettre  sous  les  yeux  de  mes  lecteurs 
une  partie  de  la  dissertation  si  savante  et  si  intéressante  qu'il  a,  sur  ce 
sujet,  insérée  dans  la  Revue  Numismatique  française  de  Tannée  i858  en 
décrivant  la  célèbre  trouvaille  d'Imphy. 

a... Nous  avons  pu  relever  dix  noms  de  monétaires:  Auttramnus, 
Adomundus,  Ardis,  Duodiwig,  Had,  Gervasius^  Leutbrannus,  Mettha- 
dolus,  Rodlannus  et  Sperandeus,  qui  viennent  s'ajouter  à  ceux  de 
Gaddo,  d'Adradis,  d'Odalricus  et  de  Walacarius  que  nous  avons  fait 
connaître  autrefois 

Auttramno  n'est  autre  chose  que  le  nom  d'homme  Authramnus  à 
l'ablatif.  Ce  nom  nous  le  retrouvons  dans  divers  textes  carolingiens  sous 
les  formes  Altramnus,  Altrannus,  Aletramnus,  Aledramnus,  Autran- 
nus,  Auteramnus,  Auderamnus,  Audramnus,  Ottrannus,  Odramnus. 
Nous  pouvons  citer  aussi  un  nom  très  voisin,  Aithramnus;  voisin 
seulement  pour  la  formation,  parce  que  les  noms  qui  commencent  par 
AIT  font  une  classe  à  part;  mais  Auttendus],  Aultinus,  Auttrudis, 
Ottrulfus,  Ottradus,  nous  fournissent  d'autres  exemples  de  l'altération 
du  radical  ALD.  Quant  à  la  terminaison  RAMNVS,  première  altération 
de  CHRAMNVS  (Bertchramnus,  Gairechramnus,  Waltechramnus)  qui 
vient  du  radical  germanique  hraban,  elle  est  une  des  plus  communes 
parmi  les  noms  des  Franks  ;  il  nous  serait  facile  d'en  citer  encore  plus 
d'une  centaine  après  ceux  que  nous  avons  indiqués.  Mais  sans  aller  si 
loin,  nous  croyons  pouvoir  mentionner  quelques  noms  de  cette  classe, 
afin  de  bien  prouver  c{u  Auttramnus  appartient  à  une  famille  de  noms 
d'hommes,  qu'il  est  impossible  de  confondre  avec  des  noms  géogra- 
phiques. On  trouvera  donc  en  lisant  les  textes  carolingiens:  Amal- 
trannus,  Ansedramnus,  Baltrannus,  Bertramnus,  Blittrannus,  Cons- 
trannus,  Deodramnus,  Domtrannus,  Droctramna,  Dulcedramnus ,  Elec- 
trannus,  Ercadramna,  Ermedrannus,  Evertramna,  Fulcadramnus, 
Gairtramnus,  Guntramnus,  Hiltrannus,  Ingadramnus,  Lautramnus, 
Lethramnus,  Mahidrannus,  Maintraunus,  Mondramnus,  Natrannus, 
Raintramnus,  Rotrannus,  Sigedrannus,  Sintramnus,  Teutrannus,  Wal- 
tramnus,  Warmedramnus,  Wiltrannus,  Witramnus,  etc. 

Ainsi  dans  le  radical  HRABAN  on  voit  le  B  se  changer  en  M,  puis 
l'articulation  MN  devenir  NN  ;  enfin  plus  tard  le  second  N  se  change  en 
D;  Ingatrannus  devient  Enguerand,  Bertramnus  Bertrand » 


44  MONNAIES  FRANÇAISES. 

J'ai  dit  que  je  ne  croyais  pas  pouvoir  me  rallier  à  l'opinion  de  M.  de 
Longpérier  ;  plusieurs  raisons  s'y  opposent.  Je  pose  d'abord  en  principe 
que  les  noms  d'hommes,  sur  les  monnaies  carolingiennes,  étaient  une 
exception.  Quand  on  rencontre  un  nom  de  localité  qui,  aussi  bien  qu'un 
nom  d'homme,  traduit  la  légende  de  la  monnaie,  c'est  au  premier  qu'il 
faut  donner  la  préférence.  De  plus,  dans  le  cas  particulier  qui  nous 
occupe,  la  forme  INTTRANNO  est  celle  qu'il  faut  choisir,  car  elle  se  re- 
trouve indiscutable  sur  un  denier  de  Charlemagne  (inter  amnes)  que 
l'on  verra  plus  loin;  or  ce  nom  n'est  autre  que  celui  d'Interamnis  porté 
par  une  certaine  quantité  de  lieux  anciens.  Le  village  actuel  d'Antrain, 
auquel  j'attribue  nos  deniers,  est  situé  près  d'Imphy  ;  le  monnoyage  s'y 
est  prolongé  pendant  un  assez  long  temps,  comme  en  témoignent  et  le 
denier  de  Charlemagne,  et  les  dégénérescences  de  légendes  qui  arrivent 
à  des  formes  complètement  illisibles,  ce  qui  n'eût  pas  eu  lieu  si  c'eût  été 
un  personnage  officiel  qui  y  eût  inscrit  son  nom.  Antrain  est  cité  par  les 
anciennes  chroniques  avec  les  diverses  formes  :  Interamnis,  Interamna, 
Interanis,  Interannum,  Interamnium. 

Aoste?  (AvsTA  Civitas). 

5.  RP  dans  un  cercle  de  grènetis; 

5^  AV  en  monogramme  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Il  est  assez  difficile   d'attribuer  une    valeur  à   ce  denier   fracturé.    Je 
Testime  à  peu  près  200  fr. 

M.  Benjamin  Fillon  [Lettres  à  Dugast-Matifeux^  pag.  1 1 8)  décrivant  ce 
denier,  appartenant  à  la  collection  de  M.  H.  Morin,  dit:  «le  faire  de  ce 
denier  le  place  parmi  les  monnaies  du  Sud-Est  du  royaume  frank».  Il 
en  conclut  qu'il  a  dû  être  frappé  à  Aoste.  C'est  possible,  mais  il  a  pu 
aussi  bien  être  émis  à  Avignon  ou  à  Autun...  etc.;  le  nombre  est  grand 
des  cités  dont  le  nom  commence  par  AV.  Quant  à  l'attribution  au 
Sud-Est  du  royaume  frank  d'un  style  particulier  sous  le  règne  de  Pépin, 
c'est,  je  crois,  une  illusion  de  notre  savant  confrère.  Pour  moi^  je  vois 
dans  le  n°  5  un  denier  d'attribution  incertaine,  comme  nous  en  ren- 
contrerons malheureusement  trop. 

Arles  (Arelatvm  Civitas). 


6.  PRX  (en  monogramme),  F  dans  un  cercle  de  grènetis,  quatre   points  dans  le 
champ; 


SECONDE  RACE.  45 

5^  ART  (en  monogramme),  E  dessous,  I  en  avant,  le  tout  dans  le  cercle 
de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  400  fr. 

M.  Feuardent  qui  a  publié  ce  denier  dans  la  Revue  Numismatique 
française  de  1882,  page  5i,  le  rapproche  d'un  tiers  du  sol  sur  lequel  on 
lit  :  lARTOVICOFIT.  M.  Lecointre-Dupont  attribue  à  Jard  (Vendée)  la 
fabrication  du  dit  triens.  Pour  moi  j'aime  mieux  voir  dans  notre  n*  7 
l'atelier  d'Arles  dont  toutes  les  lettres  se  retrouvent  dans  la  légende  du 
revers. 

Austrasie. 

7.  TTPIPI,   croisette  sur  le  premier  I,  francisque  ou  hache  sous  la  légende,  le 

tout  dans  un  cercle  de  grènetis; 
y  PRX  en  monogramme,   I  surmonté  d*une  croisette,  F,  six  points  dans 
le  champ,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d*A.;  vente  Colson Valeur  340  fr. 

8.  Semblable  au  précédent; 

5^  deux  croisettes  superposées,  PRX  en  monogramme,  F,  le  tout  dans  un 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  340  fr. 

9.  HPIPI,  croisette  en  dessus,  francisque  en  dessous,  le  tout  dans  un  cercle  de 

grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  340  fr. 

10.  nPIPI,  au-dessus  croisette   pommetée  entre   deux   points,  au-dessous  hache 

ou  francisque  entre  deux  points,  dans  un  cercle  de  grènetis; 
]^  RX  en  monogramme,  F;  au  centre  deux  points  dont  l'un  est  entouré 
d*un  cercle  pointillé,  point  sous  l'F,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  25o  fr. 

11.  IIPIPI,  au-dessus  une  croisette,  une  francisque  au-dessous;  cercle  de  grènetis; 

"SjC  PR  en  monogramme,  F,  enclume?  entre  les  deux  lettres,  six  points 
dans  le  champ,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Ce  denier,  publié  par  Van-der-Chijs,  a  été  trouvé  à  Dombourg,  ainsi 
qu'il  résulte  de  la  notice  de  M.  Rethaan-Macaré.  Il  fait  partie  de  la  col- 
lection de  la  Société  Zélandaise  à  Middelbourg. 

Denier Valeur  25o  fr. 

12.  nPIPI,  au-dessus  une  croisette,   une  francisque  au-dessous,   dans  un  cercle 

de  grènetis; 
IjC  RP,  trois  points  en  dessous,  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier  trouvé  à  Dombourg,  publié  par  M.  Rethaan-Macaré,  et  par  Van- 
der-Chijs,  pi.  IX,  no  5. 

Denier.  Coll.  de  la  Société  Zélandaise Valeur  25o  fr. 

i3.  nPIPI,  au-dessus  une  croisette  entre  deux  groupes  de  trois  points,  une  fran- 
cisque au-dessous,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis; 


46  MONNAIES  FRANÇAISES. 


y  RXF^  RSX  en  monogramme,  point  entre  R  et  F,  un  cercle  de  grènetis 
autour  du  tout. 

Ce  denier j  publié  par  Van-der-Chijs ,  pi.  IX,  n<»  i,  a  été  trouvé  en 
1844  ^  Dorestadt;  il  fait  partie  du  cabinet  de  TUniversité  de  Leyde.  Un 
autre  exemplaire  semblable  est  au  cabinet  de  la  monnaie  à  Utrccht. 

14.  IIPIPI,   point  après  le  premier  P,  au-dessus  un  point  et  une  croisette,  au- 
dessous  une  francisque,  un  cercle  de  grènetis  borde  la  pièce; 
5^  RP  en  monogramme,  T  entre  les  deux  lettres,  en-dessous  une  sorte  de 
trèfle  à  long  pied  ou  croix  trèflée,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Cette  pièce  est  publiée  par  Rethaan-Macaré  parmi  les  monnaies  trouvées 
à  Dombourg.  Elle  est  dans  le  cabinet  de  la  Société  Zélandaise.  Valeur  25o  fr. 

Van-der-Chijs,  qui  publie  aussi  ce  denier,  et  Rethaan-Macaré  pensent 
que  le  T  du  revers  pourrait  être  l'initiale  de  TRAIECTVM  (Utrecht).  Je 
crois  qu'Utrecht  n'a  pas  monnoyé  sous  la  seconde  race,  et  je  donnerais 
plutôt  ce  denier  à  TRIIECTVM  (Maëstricht). 

i5.  Le  droit  de  ce  denier  est  tout-à-faii  semblable  à  celui  du  n'»  8; 

5^  RXF,  l'R  et  rX  sont  liés;  au  centre  un  signe  que  Van-der-Chijs,  qui 
publie  ce  denier  d'après  Rethaan-Macaré,  regarde  comme  un  globe  ter- 
restre, au-dessous  de  ce  sigle  un  point.  Le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Comme  la  précédente,  cette  monnaie  a  été  trouvée  sur  la  plage  de 
Dombourg  (41e  de  Walcheren)  et  fait  partie  du  cabinet  de  la  Société 
Zélandaise Valeur  25o  fr. 

16.  nPIPI,  croisette  en-dessous,  la  francisque  a  disparu  par  l'usure; 

5^  RF  rétrograde,  entre  les  deux  lettres  un  sigle  indéterminé,  croisette  au- 
dessous. 

Ce  denier  est  aussi  publié  par  Van-der-Chijs  d'après  Rethaan-Macaré  ; 
trouvé  à  Dombourg,  il  fait  partie  de  la  collection.de  la  Société  Zélan- 
daise   Valeur  25o  fr. 

Les  deniers  décrits  sous  les  dix  derniers  numéros  portent  tous  un 
signe  commun,  Rethaan-Macaré  veut  y  voir  un  soc  de  charrue,  Van- 
der-Chijs  croit  y  reconnaître  un  marteau  de  constructeur  de  navire.  Il 
est  généralement  admis,  et  l'examen  attentif  des  pièces  semble  prouver 
qu'il  y  a  bien  là  une  hache  ou  francisque,  l'arme  nationale  des  Franks. 
C'est  le  commencement  de  la  fabrication  de  ces  monnaies  à  la  hache  qui, 
sous  Charlemagne^  prit  une  grande  extension  dans  les  ateliers  des  bords 
du  Rhin.  J'y  reviendrai  en  décrivant  les  monnaies  frappées  à  Dorestadt 
sous  le  règne  du  grand  empereur. 


SECONDE  RACE.  47 

Aamône  (Exeemosina). 


17.  DOM— PIPI   en  deux  lignes  séparées  par  des  traits  horizontaux^  grand  trait 
horizontal  sous  la  seconde  ligne,  trois  points  en  triangle  en  dessous^  le 
tout  dans  un  cercle  de  grènetis; 
5^  GLI— MOSI  — NA   en  trois  lignes  séparées  par  des  traits    horizon taux^ 
autour  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  deP.  d*A.;  découverte  d'Imphy;  poids  i»'',3o.  Valeur  760  fr. 

Ce  denier,  unique  jusqu'à  ce  jour,  est  certainement,  de  tous  ceux  qui 
composaient  le  trésor  d'Imphy,  le  plus  curieux  à  étudier.  Pourquoi 
Pépin  ny  prend-il  pas  le  titre  de  roi?  que  signifie  ce  mot  Elimosina 
inscrit  sur  une  monnaie  ?  On  est  tout  naturellement  porté  à  y  voir 
Fabréviation  du  mot  Eleemosynaria  et  à  attribuer  aux  grands  Aumôniers 
la  frappe  de  ce  denier.  Malheureusement  pour  cette  interprétation,  les 
Archicapellani  ne  prirent  le  nom  à'Eleemosynarii  que  dans  la  pre- 
mière partie  du  treizième  siècle,  ou  du  moins,  n'ai-je  pu  trouver  ce  titre 
dans  aucun  texte  antérieur. 

Voici  ce  qu'en  dit  M.  de  Longpérier  : 

a  On  admettra  sans  doute  que  la  légende  de  ce  denier  doit  se  lire  : 
Domni  Pipini  eleemosina.  Ce  mot  eleemosina  avait  alors  deux  sens  : 
d'abord  la  valeur  primitive  de  compassion,  pitié,  générosité.  Ainsi 
lorsque  Pépin,  dans  un  capitulaire  de  753,  dit:  «Et  si  aliqua  monasteria 
sunt  quae  earum  ordinem  propter  paupertatem  ad  implere  non  possunt, 
hoc  ille  episcopus  de  veritate  provideat,  et  hoc  Domno  régi  innotescat, 
ut  in  sua  eleemosyna  hoc  emendare  faciat...;  »  lorsque  Charlemagne 
(en  798)  dit,  en  parlant  de  ceux  qui  viennent  chercher  un  refuge  auprès 
de  lui  :  a  Ubi  sponte  manere  voluerint,  sub  defensione  Domni  Impera- 
toris  ibi  habeant  suffragia  in  sua  eleemosyna...  d,  il  est  bien  évident  que, 
dans  ces  divers  passages,  Eleemosyna  n'exprime  qu'un  sentiment  de 
bienveillance . 

Mais  lorsqu'en  764  Pépin  prescrit  à  Lullus,  évêque  de  Mayence, 
d'adresser  à  Dieu  des  actions  de  grâces  à  l'occasion  d'une  récolte 
abondante  et  qu'il  ajoute  :  «  Et  faciat  quisque  homo  sua  eleemosyna  et 
pauperes  pascat...  »  ;  lorsque  Charlemagne  dit,  en  793  :  <c si  cujuscunque 
res  in  eleemosyna  datae  sunt...»,  et  lorsque  nous  trouvons,  dans  un 
capitulaire  de  810:  «  Je  eleemosyna  mittenda  ad  Hierusalem  propter 
ecclesias  Dei  restaurandas...  d,  il   est  bien   clair  qu'il  s'agit  de  dons 


48  MONNAIES  FRANÇAISES. 

manuels,  de  largesses,  ou,  suivant  la  définition  fouraie  par  Éginhard  : 
cr  gratuite  liber  alitas  quam  Graeci  eleemosynam  vocant....  d. 

Nous  voyons  aussi,  dans  le  continuateur  de  Frédégaire,  que  très 

peu  de  temps  avant  sa  mort,  Pépin  a  ad  monasterium  beati  Martini 
confessons  accessit,  ibique  tnultam  eleemosynam  tam  ecclesiis  quam 
monasteriis  vel  pauperibus  largitus  est  ». 

Dans  les  lois  d'Édouard-le-Confesseur  il  est  dit,  à  propos  du  denier 
de  Saint- Pierre  :  «  quoniam  denarius  hic  Régis  eleemosyna  est».  Si 
bien  que  Eleemosyna  Sancti  Pétri  était  devenu  synonyme  de  Denarius 
Sancti  Pétri. 

Maintenant  admettrons-nous  que,  lorsque  Pépin  écrivait,  en  764,  à 
Tévéque  LuUus  cette  lettre  si  pleine  de  componction  qui  se  termine  ainsi  : 
«  Ut  unusquisque  homo,  aut  vellet,  aut  noUet,  suam  decimam  donet  »,  il 
ait  voulu  prêcher  d'exemple  et  payer  sa  part  de  la  dîme  prescrite?  dans  ce 
cas,  la  légende  du  denier  serait  destinée  à  constater  1  acquittement  de  la 
dette  royale.  Ou  bien  préférera-t-on  voir,  dans  ce  monument  si  curieux  et 
si  intéressant,  une  parcelle  de  ce  legs  si  considérable  que  Pépin  fit  aux 
églises  et  monastères  a  pro  animaî  suae  remedio  »  ?  Ses  exécuteurs  testa- 
mentaires auraient  voulu  indiquer  d'une  manière  aussi  simple  que  pré- 
cise que  les  dernières  volontés  du  prince  avaient  été  remplies....  {Rep. 
N,  Fr,  i858,  p.  208).  Aucune  de  ces  interprétations  proposées  par  notre 
savant  maître  ne  me  semble  expliquer  d'une  manière  satisfaisante  les 
légendes  inusitées  que  présentent  les  deux  faces  de  ce  denier. 

Mais  le  mot  Eleemosyna  a  aussi  d'autres  significations  que  celles  que 
lui  a  données  M.  de  Longpérier.  Il  signifie  tout  legs,  toute  donation  faite 
par  testament,  et  les  exécuteurs  testamentaires  se  nommaient  Eleemosy- 
narii.  Grégoire  de  Tours  {De  vitis  patrum^  cap.  8)  disait  :  a  Postcujus, 
obitum  non  pauca  ab  Eleemosynariis  pro  sancti  memoria  capiebat». 
Et  nous  trouvons  dans  un  capitulaire  de  Charles-le-Chauve.  Tit.  43 
anno  877.  §  12:  a  Si  nos  in  Dei  sanctorumque  ipsius  servitio  mors 
praeoccupaverit,  Eleemosynarii  nostri,  secundum  quod  illis  commen- 
datum  habemus,  de  eleemosyna  nostra  decertent  ». 

C'est  encore  dans  un  ordre  d'idées  différent  qu'un  diplôme  d'Eudes 
(vers  897)  disait:  or...  Qua  propter  rex  Odo  in  eleemosynam  domni  et 
senioris  Caroli  et  pro  salute  propria...  Cellam  Sancti Glementis...  aliaque 
elargitur  » . 


SECONDE  RACE.  49 

Or,  si  nous  remarquons  que,  sur  notre  denier,  le  nom  de  Pépin  n'est 
pas  accompagné  du  titre  de  Rex;  que  cette  monnaie,  qui  dut  être  émise 
à  un  nombre  considérable  d'exemplaires,  ne  nous  est  parvenue  que  par 
une  seule  pièce^  nous  en  concluerons  qu  elle  fut  frappée  par  les  rois, 
successeurs  du  Seigneur  Pépin  leur  père,  en  l'acquit  du  legs  fait  par  lui 
ou  par  vénération  pour  sa  mémoire,  et  que  cette  pièce,  émise  dans  les 
premières  années  du  règne  de  Carloman  et  de  Charles,  fut  promptement 
démonétisée  et  remplacée  par  les  espèces  aux  noms  des  deux  jeunes  rois. 

Besançon  (Vesontio  Civîtas). 


18.  RXF,  R  et  X  liés,  deux  points  entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis; 

B^  9  VE— SON  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découv.  d'Imphy;  poids  i?'^,2g.     Valeur  600  fr. 

L  attribution  de  ce  denier  à  la  ville  de  Besançon  ne  peut  offrir  aucune 
difficulté  ;  sur  les  monnaies  mérovingiennes  on  le  trouve  écrit  Vesuntio 
Vesuncio  et  Vesoncio. 

Cambrai  (Caharacum  Civitas). 

19.  S  RP  et  un  sigle  qui,  suivant  M.  de  Longpérier,  paraît  former  PI?  un  point 

sous  la  croisette,  trois  points  en  triangle  dans  TRj  deux  points  entre  R  et  P, 
cercle  de  grènetis; 
B^  CAMV— RACO  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  deux 
points  à  l'extrémité  gauche  de  cette  barre;   M  et  V  sont  liés,  ainsi  que 
R  et  A;  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P  d'A.;  découverte  d'Imphy;  poids  i?'',2o.  Valeur  600  fr. 

Aucun  doute  non  plus  pour  l'attribution  de  ce  denier  ;  il  représente 
l'atelier  de  Cambrai  dont  le  nom,  sur  les  triens  mérovingiens,  est  écrit 

CAMARACO  ou  CAMERACO. 

Chftlon-sur-Sadne  (Cavilonnum,  Cabilonnum  Civitas). 


20.  PNRX  en  monogramme,  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis; 
B^  EAVI  en  monogramme  rétrograde  I;  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  deP.d'A.;  découverte  d'Imphy;  poids  iP'',22.  Valeur  Soofr. 

Ce  denier  a  été  attribué  à  Cavaillon  et  à  Chalon-sur-Saône.  Le  mono- 
gramme s'applique  beaucoup  mieux  au  nom  CAVILONNVM  qu'à  celui  de 
CABELLIO.  Le  premier  fut  du  reste  l'atelier  mérovingien  le  plus  ]  actif 
que   nous  connaissions,  tandis  que   nous   n'avons   aucun   monument 

monétaire  de  Cavaillon. 

7 


5o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Nous  trouvons  le  nom  de  Châlon  écrit  des  diverses  manières  suivantes 
sur  les  triens  mérovingiens:  Cavilonnum,  Cabilonnum,  Cavelonum, 
Cavilonum,  Cabionnum. 

Chartres  (CARNOTiC  Civitas). 

21.  RXP,   R   et  X  liés,  quatre  points  dans  le  champ,  dessous  un  sigle  composé 

d'une  barre  horizontale  posée  sur  quatre  traits  verticaux^  le  tout  dans 
un  cercle  de  grènetis; 
^  Saint-Chéron  debout  et  nimbé  tenant  deux  longues  croix  et  accompagné 
de  la  légende  CART  (peut-être  CARNT),  dont  les  lettres  sont  séparées 
par  la  figure  et  les  deux  croix. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  i,25o  fr. 

22.  RXF,  R  et  X  liés,  trois  points  devant  R. 

5^  Semblable  au  précédent,  seulement  les  lettres  sont  CARN  et  il  y  a  une 
croix  entre  les  jambes  du  Saint. 
Denier  trouvé  à  Chartres.  Coll.  de  P.  d'A.;  vente  Dassy.  Valeur  i,25o  fr. 

En  1840,  M.  de  Longpérier  décrivait  le  n**  22  ;  en  i858  il  ajoutait  ceci: 
il  me  paraît  très  probable  que  ce  personnage  nimbé  est  Saint-Chéron, 
Sanctus  Caraunus^  Tapôtre  du  pays  chartrain.  J'ajoute  que  la  légende 
CARN  pourrait  représenter  à  la  fois  le  nom  de  la  ville  Carnotœ  et  le 
nom  du  Saint  CAR(au)NVS. 

La  légende  du  n**  21  ne  permet  pas  le  doute  et  prouve  que  c'est  bien 
le  nom  de  la  ville  que  Ton  a  voulu  inscrire  sur  ce  denier.  D'ailleurs,  si 
l'on  eût  voulu  y  présenter  le  nom  du  Saint,  on  eût  fait  précéder  les 
lettres  CARN  d'un  S  ou  de  SCI. 

En  1846  M.  Cartier,  publiant  ce  même  denier,  disait  :  a  Cette  curieuse 
pièce  CARNotis  est  attribuée  à  Chartres  et  ne  paraît  pas  pouvoir  l'être  à 
un  autre  lieu.  Cependant,  si  on  voulait  opérer  suivant  le  système  qui 
fait  de  chaque  lettre  l'initiale  d'un  mot,  on  pourrait  ainsi  interpréter  nos 
quatre  lettres  :  Crux  Adorabilis  Redemit  Nos^  et  notre  pièce,  bien  large 
pour  un  denier  de  Pépin,  serait  une  espèce  de  médaille  pieuse  et 
royale  d  . 

Je  pense  qu'il  faut  abandonner  ce  mode  d'interprétation  qui  tendrait, 
de  chaque  légende,  à  faire  une  sorte  de  charade.  Cela  ne  me  semble 
pas  sérieux,  quoiqu'en  ait  pensé  M.  Lecoq-Kerneven  qui,  je  crois, 
malgré  son  grand  savoir,  a  fait  fausse  route  en  soutenant  cette  thèse. 

L'église  de  Chartres  est  une  des  sept  auxquelles  Pépin  mourant  fit 
une  donation  <r  pro  animae  suae  remedio  » . 


SECONDE  RACE.  5i 

23.  RP  en  monogramme,  trois  points  dans  le  champ;  cercle  de  grènetis; 

^  Saint  Chéron  debout  et  nimbé,  les  bras  étendus  et  tenant  de  chaque 
main   une   croix;   dans  le  champ  quatre  lignes  verticales  de  points   par 
3,  2,  2,  3,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  400  fr. 


24.  RXF,  R  et  X  liés,   I  entre  les  deux,  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de 

grènetis; 

ÎÇr  Saint  Chéron  debout,  nimbé,  portant  un  collier  de  points  ou  perles,  les 

bras  étendus  et  tenant  de  chaque  main  une  croix;  dans  le  champ  quatre 

lignes  verticales  de  deux  points  chacune,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  400  fr. 

Planche  IL 

Chelles?  (Calae  ou  Kalae  Monasterium). 

25.  R  entre  deux  I,  le  premier  I  entre  deux  points,  cercle  de  grènetis; 

5^  KAS  rétrograde,  croix  sur  TA;  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Petit  denier.  Ma  Collection Valeur  100  fr. 

Cette  pièce  d'un  très  petit  module  ne  pèse  que  o,go  gr.  ;  quoiqu'elle 
soit  usée,  ce  poids  est  trop  faible  pour  correspondre  à  un  des  systèmes 
pondéraux  des  monnaies  de  Pépin.  Aussi  est-ce  sous  toutes  réserves  que 
je  la  place  ici.  Elle  provient  de  la  collection  Colson.  Le  catalogue  la 
donnait  à  Arles;  cette  attribution  ne  repose  sur  rien  de  sérieux.  Je 
l'attribue  à  Chelles  (CALA  ou  CALiE  ou  CALAS)  mais  je  n'affirme  rien. 
C'est  une  pièce  à  étudier. 

Condé  (CoNDATVM  Castrum). 


26.  RP  rétrograde  formant  monogramme,  deux  points  dans  le  champ,  cercle  de 
grènetis; 
5^  CON,  point  dans   1*0^  quatre   points  en  losange  au-dessous,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  400  fr. 

Ce  denier  a  été  trouvé  dans  la  Meuse  à  Verdun  en  1876.  Le  coin 
a  mal  porté  sur  le  revers  ;  cependant  il  ne  me  paraît  pas  douteux  que 
le  dernier  caractère  soit  un  N.  Le  nom  de  Condatum  peut  convenir  à 
plusieurs  localités  anciennes;  c'est,  dit  Hadrien  de  Valois,  un  vieux 
nom  Gaulois  signifiant  confluent.  On  aurait  à  choisir  entre  Cosne, 
Candé,  Condat,  Cognac,  etc.,  et  enfin  Condé.  C'est  à  cette  dernière 
localité  que  je  crois  pouvoir,  en  raison  du  style  de  la  monnede,  du  lieu 
où  elle  a  été  trouvée  et  enfin  de  l'importance  de  cette  ville,  attribuer 


52  MONNAIES  FRANÇAISES. 

notre  denier.  Condé  était,  sous  la  première  race,  une  abbaye  royale 
très  riche  et  très  importante,  fondée  par  saint  Amand,  au  moyen  des 
dons  faits  par  les  rois  Dagobert  et  Sigebert.  Gérard  de  Roussillon 
construisit  le  Castrum  Condatense;  détruits  par  les  Normands,  le 
Castrum  et  l'abbaye  furent  rétablis  par  l'archevêque  Brunon,  vers  960. 
Notons  aussi  que  dans  un  testament  de  Vulfoald  (709)  il  est  fait  don 
à  Tabbaye  de  Saint-Mihiel  du  Condatum  in  pago  Barrense. 

Genève  (Genava)  ou  Vannes  (Venetis  Civitas). 


27.  9  RPX  en  monogramme^  point  au-dessus,  cercle  de  grènetis  ; 
I^  GENII  (le  G  me  paraît  très  douteux),  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A;  découverte  d'Imphy;  poids  if',29.  Valeur  400  fr. 

Je  laisse  à  M.  de  Longpérier  toute  la  responsabilité  de  cette  attri- 
bution; pour  moi  jy  verrais  plutôt  VEN,  avec  trait  d'abréviation,  et 
donnerais  ce  denier  à  Vannes,  dont  Pépin  s'était  emparé  en  753  et  qu'il 
avait  mis  sous  la  direction  d'un  comte  frank.  Voici  du  reste  ce  qu'écri- 
vait le  savant  antiquaire  : 

«  Éginhard  dit  qu'en  773  Charlemagne  vint  à  Genève,  cité  de  Bour- 
gogne: cum  toto  exercitu  Genuam^  Burgundiae  civitatem,  juxta  Rho- 
danum  sitam,  venit.  Dans  plusieurs  de  ses  lettres  le  même  écrivain 
emploie  cette  expression:  «in  Burgundia,  in  pago  Genawense...»  Cer- 
tainement la  forme  Genua  explique  la  légende  du  denier  d'une  manière 
fort  acceptable.  Cependant  on  pourrait  se  demander  comment,  ayant 
à  sa  disposition  la  place  suffisante,  le  graveur  des  coins  n'a  pas  ajouté 
l'A  supplémentaire.  La  réponse  à  cette  question  se  trouverait  dans  la 
forme  germanique  des  noms  de  Genève,  GENF,  qui  représente  très 
exactement  GENV;  l'F  n'a  remplacé  le  V  que  parce  que  la  pronon- 
ciation a  décidé  de  l'orthographe.  A  cet  égard  il  peut  être  curieux  de 
constater  l'antiquité  de  l'échange  du  V  et  de  l'F,  du  B  et  du  P  qui  est 
un  des  traits  caractéristiques  de  la  prononciation  germanique  et  hel- 
vétique. 

a Ainsi  on  trouve  dans  ces  contrées  les  inscriptions  SULFIS  pour 

SVLEVIS,    FICTORINVS   pour   VICTORINVS,  FOLKMARVS  pour  VOLK- 
MARUS,  VAVORI  pour  FAVORI,  LABIS  pour  LAPIS,  et,  sur  les  monnaies 

mérovingiennes  PREVENDAetPREVVNDASILVA  pourPROFVNDASILVA, 

traduction  du  celtique  Ar  Doun  (la  profonde),  Arduenna  Silva.^  (de 

Longpérier,  Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  235). 


SECONDE  RACE.  53 

La  forme  GEN  pourrait  aussi  bien  nous  donner  GENAPIO,  Genappe, 
où  existait  un  atelier  monétaire  sous  les  Mérovingiens. 

Gaddo. 

28.  RP  en  monogramme,  point  après  le  F,  cercle  de  grènetis; 

Çf  GAD— DO  en  deux  lignes  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr.;  provenant  de  la  Coll.  Rousseau.     .    Valeur  5oo  fr. 

Voici  le  premier  nom  d'homme  incontestable  que  nous  rencontrions 
sur  les  monnaies  carolingiennes: 

a  On  n'a  aucune  raison,  disait  M.  de  Longpérier,  pour  concevoir  des 
doutes  sur  la  nature  du  nom  tracé  au  revers  de  ce  denier  de  Pépin. 
Gaddo  ne  peut  être  une  appelation  géographique,  et  l'histoire  nous  a 
conservé  les  noms  de  plusieurs  personnages  qui  se  sont  nommés  ainsi  : 
Waddo,  comte  de  Cambrai  en  576;  Wado,  comte  de  Saintes  et  maire 
du  palais  de  Chilpéric,  etc.  Tous  ces  individus,  en  orthographiant  leur 
nom  avec  un  W^,  suivaient  le  mode  germanique;  mais  le  Gaddo  de 
Pépin ,  qui  appartenait  sans  doute  au  midi,  adoptait  la  forme  que  dictait 
la  prononciation  de  sa  patrie.  C'est  ainsi  que  l'on  a,  pour  d'autres  noms 
extrêmement  connus,  les  formes  Wilhelm,  WaifFer,  Walter,  W^arner, 
et    Guilhem,    Gaiferos,    Gautier,   Garnier...  »    {Catalogue   Rousseau, 

pag.  97)- 
J'ai  déjà  donné,  à  propos  du  denier  représenté  (pi.  I,  n''  i),  mon  avis 

sur  le  système  de  M.  de  Longpérier  tendant  à  faire  de  tous  les  noms 
d'hommes  inscrits  sur  les  monnaies  de  la  seconde  race  autant  de  noms  de 
monétaires.  J'ai  dit  qu'il  m'était  impossible  de  me  rallier  à  cette  théorie. 
Aux  raisons  déjà  données  j'ajoute  les  suivantes  :  Ainsi  que  je  l'ai  expliqué 
ailleurs ,  les  noms  des  monétaires  ayant  disparu  sur  les  monnaies  long- 
temps avant  l'avènement  au  trône  de  Pépin,  il  faut  attribuer  l'inscription 
des  noms  d'hommes  sur  les  deniers  carolingiens  à  un  ordre  d'idées,  à  un 
système  administratif  tout  différent  de  celui  qui  était  en  vigueur  sous 
les  rois  mérovingiens.  Voici,  selon  moi,  quel  était  ce  système: 

Et  d'abord  qu'étaient  les  monétaires?  M.  Ch.  Robert  a  indiqué,  pour 
l'administration  fiscale  de  la  première  race,  une  théorie  qui  m'a  paru 
élucider  parfaitement  cette  question  si  controversée.  Suivant  le  savant 
numismatiste,  dont  je  crois  bien  rendre  ici  les  idées,  chaque  localité 
du  royaume  frank  payait  au  souverain  une  redevance,  soit  en  lingots, 


54  MONNAIES  FRANÇAISES. 

soit  en  monnaie  d'or  romaine;  cette  redevance  était  versée  entre  les 
mains  d'un  agent  du  fisc,  ou  monétaire,  qui  la  transformait  en  monnaie 
courante,  y  inscrivait  le  nom  de  la  localité,  comme  indication  de  prove- 
nance et  son  nom  à  lui-même  à  titre  de  garantie  et  de  contrôle.  La 
somme,  versée  ensuite  au  trésor,  était  vérifiée  par  le  nombre  des  pièces 
remises.  De  là,  dans  un  pays  où  la  circulation  était  très  difficile,  la 
multiplicité  de  ces  monétaires,  multiplicité  dont  s'arrangeait  très  bien 
une  administration  aussi  peu  centralisée  que  celle  des  rois  mérovingiens. 
Quand  la  main  puissante  des  Pépin  et  des  Karle  réunit  tous  les  élémens 
épars  dans  une  centralisation  merveilleuse  pour  l'époque  où  elle  se 
produisit ,  cette  complication  de  rouages  financiers ,  qui  devait  donner 
lieu  à  de  nombreuses  malversations,  dut  prendre  fin.  Le  monnoyage  se 
concentra  entre  les  mains  du  prince  et  les  monétaires  disparurent. 

Mais  les  populations  guerrières  qui  entouradent  le  royaume  frank 
supportaient  mal  le  joug  qui  leur  avait  été  imposé  ;  pour  les  maintenir 
il  fut  institué  des  chefs  militaires  sous  les  noms  de  comtes  et  marquis.  Il 
y  eut  ainsi,  tout  autour  du  royaume,  une  ceinture  de  représentants  du 
pouvoir  central  à  qui  devait  être  confiée,  dans  de  certaines  limites, 
l'administration  des  contrées  qu'ils  étaient  chargés  de  surveiller.  Ils 
devaient  notamment  percevoir  le  tribut  et  le  verser,  transformé  en 
monnaie  courante,  dans  le  trésor  royal.  C'est  de  ces  comtes  ou  marquis 
que  je  crois  retrouver  les  noms  sur  les  monnaies  qui  nous  occupent. 
C'est  aussi,  du  reste,  l'opinion  de  M.  Barthélémy.  Plusieurs  auteurs 
ont  voulu  voir  dans  ces  deniers,  assez  rares,  les  premiers  monumens 
du  monnoyage  féodal  ;  mais  ils  se  sont  évidemment  trompés  ;  le  pouvoir 
central  était  trop  fort  et  trop  jaloux  de  ses  droits  pour  permettre  une 
semblable  usurpation.  Les  comtes  et  marquis  eux-mêmes  disparurent 
bientôt^  au  moins  comme  chefs  militaires ,  sur  tous  les  points  où  le  Roi 
se  trouva  assez  puissant  pour  se  passer  d'eux.  Le  trésor  perçut  directe- 
ment la  redevance  due  par  les  pays  tributaires.  C'est  le  produit  de  cette 
redevance  qui  fiit,  je  crois,  transformé  en  monnaie  courante  à  la  légende 
METALLVM;  j'y  reviendrai  en  son  lieu. 

Je  dis  que  les  comtes  disparurent  comme  chefs  militaires;  mais  ils 
restèrent  un  des  rouages  principaux  de  l'administration  carolingienne, 
et  leurs  fonctions  me  paraissent  avoir  eu  beaucoup  d'analogie  avec 
celles  des  gouverneurs  de  provinces  pendant   les  grands  jours  de  la 


SECONDE  RACE.  55 

monarchie  capétienne.  Leur  nombre  variait  avec  l'étendue  du  royaume 
et  nous  avons  vu  {Première  partie^  page  114)  que  sous  Charles -le- 
Chauve,  en  864,  ils  étaient  au  nombre  de  neuf.  Quelles  étaient,  avant 
cette  date,  leurs  relations  avec  le  monnoyage  ?  je  ne  sais  au  juste,  mais 
à  partir  de  cette  époque  ils  remplirent,  à  cet  égard,  la  fonction  qui  fiit 
plus  tard  celle  du  maître  de  la  monnaie,  toujours,  bien  entendu,  sous 
la  surveillance  des  missi  dominici. 

Had? 

29.  PIP,  au-dessous  HAD,  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis; 

5^  RXF,  R  et  X  liés,  deux  points  entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  600  fr. 

oc  Had  est  un  nom  germanique  que  nous  voyons  se  reproduire  sept 
fois  parmi  les  témoins  des  Traditiones  Corbeienses^  dont  nous  devons 
la  publication  au  docteur  Paul  Wigand.  Nous  trouvons  encore,  dans  les 
textes  carolingiens,  Hado  et  Haddo.  Il  nous  paraît  très  probable  que 
Had  est  le  nom  complet  du  monétaire  et  que  cette  syllabe  n'est  pas 
une  abréviation  de  ces  noms  de  forme  plus  développée  qu'on  ren- 
contre fréquemment  aux  VIII*  et  IX*  siècles,  tels  que  Hadalbrannus, 
Hadalhardus,  Hadawart,  Haddefonsus,  Hadebertus,  Hadegaudus,  Hade- 
gerus,  Hadericus...  etc.  »  (de  Longpérier,  Rev.  N.  Fr.,  pag.  2i5). 

Au  contraire,  de  M.  de  Longpérier,  je  vois  là  une  abréviation  claire- 
ment indiquée  par  le  trait  placé  au-dessus  de  HA  ;  c'est  entre  ces  deux 
lettres  qu'il  faut  chercher  les  caractères  complémentaires  ;  je  crois,  du 
reste,  que  c'est  bien  là  un  nom  d'homme,  malgré  l'analogie  que  l'on 
pourrait  trouver  entre  la  légende  de  ce  denier  et  celle  du  denier  de 
Parme  (pi.  XI,  n"  166). 

Herstal  (Aristallium  Palatinum). 

30.  RP  en  monogramme,  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis; 

5^  AR  en  monogramme,  croix  ou  épée  à  gauche,  point  dans  TA. 

Denier.  Rev.  B,  iSSg;  trouvé  à  Dorestadt Valeur  35o  h. 

3i.  RP,  point  entre  les  deux  lettres,  cercle  de  grènetis; 

!Çr  A,  à  gauche  croix  ou  épée,  à  droite  sigle  indéterminé,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Mus.  de  B Valeur  3oo  fr. 

32.  RP  en  monogramme,  cercle  de  grènetis; 

Ij/^  Deux  triangles  équilatéraux  se  coupant  de  manière  à  former  une  étoile 

à  six  pointes,  au  centre  un  A  avec  un  point  au  milieu,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  B.  ;  trouvé  près  de  Liège Valeur  3oo  fr. 


36  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Pour  moi  ces  deux  premiers  deniers  représentent  bien  l'atelier  de 
Herstal,  M.  d'Amécourt  y  joint  le  n®  32  et  par  suite,  en  raison  du  type  de 
Tétoile  à  six  pointes,  il  ajoute  à  cet  atelier  un  denier  publié  par  Le  Blanc. 

Ce  type  des  deux  triangles  s'est  rencontré  très  fréquemment  sur  les 
scéatas  trouvés  au  nord  de  l'Austrasie.  Ainsi  M.  Dirks  ^  en  cite  :  deux 
variétés  provenant  de  la  trouvaille  de  Hallum  en  1866;  sept  autres 
variétés  provenant  de  la  trouvaille  de  Francker  en  1868;  une  autre 
provenant  des  fouilles  de  Dorestadt.  M.  Rethaan-Macaré  en  a  trouvé 
une  parmi  les  pièces  provenant  des  fouilles  de  Dombourg.  Voici  ce  que 
disait  M.  de  Coster  {Rep.  B.  i85q,  p.  2i3)  :  <(  Ce  type  des  deux  triangles 
s'est  retrouvé  très  fréquemment  le  long  de  la  Meuse  et  en  Hollande.... 
Parmi  les  noms  de  localités  situées  au  nord  des  possessions  de  Pépin, 
je  n'en  trouve  aucun  qui  soit  convenable  pour  ce  type.  Serait-ce  trop 
oser  que  de  signaler  à  l'attention  des  numismatistes  l'atelier  présumé 
d'Herstal.  Sous  le  règne  de  Pépin  et  pendant  les  premières  années 
de  celui  de  Charlemagne,  le  nom  latin  d'Herstal  s'écrivait  simultané- 
ment par  A  et  par  H  ;  ainsi  en  732,  l'année  de  l'avènement  de  Pépin, 
un  diplôme  est  daté:  Actum  Aristalio  palatio  publico  ;  un  diplôme  de 
770  :  porte  Haristalio  palatio  publico  ;  en  septembre  772,  Aristallio 
palatio  ;  en  décembre  772,  Haristallio  palatio.  On  trouve  encore  un 
diplôme  de  Louis  P%  de  la  dix-huitième  année  de  son  règne  :  Actum 
Aristallio  palatio  regio.  La  situation  topographique  de  l'arrondissement 
de  Liège,  où  le  français  est  la  seule  langue  des  habitants,  offre  cette 
circonstance  remarquable  qu'il  est  en  grande  partie  environné  de  peuples 
parlant  l'allemand  ou  le  flamand.  Ainsi  à  Landen,  Maëstricht,  Aix-la- 
Chapelle  et  Herbersthal,  la  langue  mère  est  flamande  ou  allemande. 
Or  l'allemand  aspire  la  lettre  H  et  on  comprend  que,  selon  leur  origine 
allemande  ou  française,  les  moines  et  secrétaires  qui  rédigèrent  les  actes 
et  diplômes  royaux  ont  pu  écrire  indifféremment  Aristallium  ou  Haris- 
tallium....  Les  graveurs  des  monnaies  d'Herstal  (situé  à  deux  lieues  de 
Liège),  issus  probablement  de  familles  liégeoises,  ont  adopté  la  forme 
Aristallium.  » 

M.  de  Coster  pense  que  la  croix  à  long  pied  placée  devant  A  est  une 


^  Les  Anglo-Saxons  et  leurs  petits  deniers  dits  Sceatas.  Essai  historique  et   numismatique  par 
J.  Dirks.  Bruxelles  1870. 


SECONDE  RACE.  57 

épée  et  la  rapproche  de  la  hache  ou  francisque  qui  se  trouve  sur  les 
monnaies  de  Dorestadt. 

M.  d'Amécourt,  adoptant  l'opinion  de  M.  de  Coster,  ajoute:  «Très 
probablement,  l'étoile  mise  aux  initiales  AR,  formait,  dans  l'intention  du 
graveur,  un  type  parlant  :  AR —  Stella  pour  Aristallium.  C'est  un  rébus 
tout-à-fait  dans  le  même  goût  que  ceux  qui  ont  été  signalés  sur  un  certain 
nombre  de  monnaies  mérovingiennes.  »  {Annuaire  de  la  Société  de 
Numismatique  1869,  p.  3o8).  Lelewel  (pi.  VI,  n**  i)  publie  le  denier 
suivant  de  petit  module  avec  une  étoile  à  l'avers  comme  au  revers. 


Mais  ces  étoiles  ne  sont  pas  formées  de  la  même  manière  que  celle 
des  pièces  attribuées  à  Herstal,  série  à  laquelle  appartiendraient  plutôt 
le  denier  que  j'ai  cité  plus  haut  d'après  Le  Blanc,  et  qu'on  trouvera 
gravé,  pi.  IV,  n"*  83,  ainsi  qu'un  autre  de  petit  module  dont  voici  le 
dessin  ci-dessous  et  qui  appartient  au  Musée  de  Bruxelles. 


M.  de  Longpérier  attribue  à  l'atelier  de  Clermont  le  denier  de  petit 
module  gravé  ci-dessus,  d'après  Lelewel,  et  ajoute  :  «  Le  double  astre  se 
retrouve  accostant  les  deux  capitales  AR  qui  forment,  sans  légende, 
le  type  du  revers  d'un  tiers  de  sol  mérovingien  frappé  à  Trézac 
(TRVSCIACOFIT)  près  de  Mauriac  en  Auvergne,  On  peut  voir,  dans 
Bouteroue,  trois  autres  tiers  de  sol  avec  les  lettres  AR  et  l'étoile.  Carlo- 
man,  frère  de  Charlemagne,  a  frappé  aussi  à  Clermont  un  denier  publié 
depuis  longtemps  par  Le  Blanc.  i>  {Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  239). 

Langres  (Andomatunum  Civitas). 


33.  RXP,  R  et  X  liés,  point  dans  le  P,  cinq  points  et  un  I  ou  S  dans  le  champ, 

cercle  de  grènetis; 

^  Monogramme  présentant  les  lettres  AN  DO,  trait  au-dessous,  quatre  points 

dans  le  champ. 

Denier.  Coll.  de  P.  d*A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  5oo  fr. 

8 


58  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Voici  un  denier  qui  est  incontestablement  de  la  même  famille  que  le 
n**  2  de  la  pi.  IV  ;  s'il  représente  une  localité,  cette  localité  doit  être  très 
voisine  de  celle  que  représente  le  n°  2  ;  pour  moi  les  deux  pièces  sont 
le  produit  d'un  seul  et  même  atelier,  celui  de  Langres  dont  le  nom 
ancien  s'écrivait  indifféremment  Andematunum  ou  Andomatunum. 

Cette  opinion  n'est  pas  celle  de  M.  de  Longpérier  qui  veut  y  reconnaître 
le  nom  du  monétaire  Andomundus,  non  plus  que  de  M.  de  Coster,  je 
crois,  qui  lit  LAVDVNO  et  donne  le  denier  à  la  ville  de  Laon.  Pour 
arriver  à  cette  lecture,  M.  de  Coster  joint  à  la  première  barre  verticale 
du  monogramme  la  barre  horizontale  qui  en  aurait  été  séparée  par  une 
fracture  du  coin.  Si  les  deux  deniers  n**  2  et  n®  33  représentent  chacun 
un  atelier  monétaire,  il  faut,  ainsi  que  je  l'ai  dit,  que  ces  ateliers  soient 
très  voisins  l'un  de  l'autre.  Or,  je  ne  vois  pas,  près  de- Laon,  non  plus 
que  près  de  Langres,  une  localité  ancienne  dont  le  nom  commence  par 
ANDE.  Nos  deux  deniers  seraient  donc  le  produit  d'un  seul  et  même 
atelier,  celui  de  Langres. 

Je  ne  serais  pas  étonné  cependant  que  des  découvertes  ultérieures 
vinssent  confirmer  l'ingénieuse  hypothèse  de  M.  de  Coster,  et  rendre 
ce  denier  à  l'atelier  de  Laon  dont  nous  retrouverons  les  produits  sous 
le  règne  de  Charlemagne. 

Le  Mans  (Cinomanncvm  ou  Cenomanmcvm  Civitas). 


34.  TTKP,  point  après  P,  cercle  de  grènetis; 

iÇf  CINMA,  les  trois  dernières  lettres  sont  liées;  en  dessous  une  barre  hori- 
zontale, le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  5oo  fr. 

L'attribution  de  ce  denier  à  la  ville  du  Mans  ne  me  semble  pas  devoir 
soulever  de  difficultés.  Dans  les  annales  de  Metz  on  trouve:  Pippinus 
princeps  francorum  Gripponi  Cinomonnicam  urbem  cumXII  comitatibus 
dédit  ;  les  Gesta  Francorum  nous  donnent  la  forme  Cenomannicum. 

Louvain  (Lovanivm?) 

35.  RXF,  R  et  X  liés,  point  entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis; 

5^  •'•VAN  10  en  cercle  autour  d'un  O  ou  d'un  A,  cercle  de  grènetis. 
Denier  fracturé.  Découverte  d'Imphy. 

Cette  attribution  à  la  ville  de  Louvain,  que  je  crois  bonne,  a  été 
donnée  par  M.  de  Longpérier  {Rep.  N,  Fr.  i858,  p.  224)  dans  un  article 


SECONDE  RACE.  59 

que  je  transcris  ici  :  or  C'est  avec  la  plus  grande  réserve  que  je  propose, 
jusqu'à  nouvel  ordre,  d'attribuer  ce  denier  à  Louvain,  lieu  ancien  dont 
l'histoire  primitive  est  fort  mal  connue. 

En  884  les  Normands  vinrent  établir  leur  camp  à  Louvain  près  de  la 
Dyle  :  Nordmanni  propè  fluvium  Clila,  loco  qui  dicitur  Lovonnium 
securi  considerunt.  Les  annales  de  Saint -Waast  nomment  ce  lieu 
Lupanium;  celles  de  Fulde,  Lovonnium  et  Lovon,  et  cette  dernière 
forme  se  retrouve  dans  Réginon. 

Lovonnium  provient-il  d'une  erreur  de  copiste ,  Lupanium  ou  Lopa- 
nium  doivent-ils  être  préférés,  et  la  monnaie  nous  donne-t-elle  le  droit 
de  rectifier  les  textes,  ainsi  que  la  forme  moderne  du  nom  pourrait  nous 
conduire  à  l'admettre?  Ce  sont  des  questions  qu'il  serait  imprudent, 
sans  doute,  de  trancher  en  présence  d'un  monument  mutilé  que  la 
découverte  d'une  monnaie  bien  entière  viendra  peut-être  expliquer 
définitivement.  » 

Lyon  (LvGDVNVM  Civitas). 

36.  RP  en  monogramme,  cercle  de  grènetis; 
5^  LVG,  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Petit  denier,  publié  par  Fougère Valeur  450  fr. 

Ce  denier,  à  flaon  très  épais,  a  dû,  dit  Fougères,  être  frappé  par 
Pépin  avant  son  édit  de  Verneuil;  c'est  tout-à-fait  une  imitation  des 
monétaires  d'argent,  remarquables  par  la  brièveté  des  inscriptions.  Son 
poids  est  de  18  grains.  {Rep.  N.  Fr.  1839,  p.  96.) 

Un  autre  denier,  de  même  module,  a  été  publié  par  M.  Cartier  dans 
la  Rep.  N.  Fr.  iSSg,  p.  io5  ;  il  semble  être  à  peu  près  de  la  même 
époque  que  le  précédent;  M.  Cartier  y  lit  le  nom  de  Pépin;  pour  moi 
je  doute  ;  son  poids  est  de  23  grains.  En  voici  le  dessin  : 


M.  de  Ponton  d'Amécourt  a  donné,  dans  ï Annuaire  de  la  Société 
de  Numismatique .^  année  1866,  p.  121,  le  dessin  d'un  denier  fracturé 
de  Pépin  portant  les  légendes  :  RXF  en  monogramme,  trois  points  dans 
le  champ;  5^,..  VG,  trait  d'abréviation  au-dessus,  point  dans  le  G. 


6o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

37.  RP  liés  dans  un  cercle  de  grèneiis; 

5^  LV,  point  dans  le  V,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  5oo  fr. 

Haêstricht  (Trajectvm  ou  Trijectvm  Castrum). 

36.  TFRj  T  et  F  liés,  croisette  en  dessous,  quatre  points  dans  le  champ,  cercle  de 
grènetis; 
5^  Rosace  formée  par  quatre  figures  que  M.  Dirks  appelle  des  boucliers, 
mais  que  je  ne  saurais  définir;  dans  le  champ  quatre  groupes  de  trois  points, 
point  au  centre,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.  ;  découverte  d'Imphy    .     .     .     Valeur  5oo  fr. 

39.  RXF,  R  et  X  liés,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 
5^  semblable  à  celui  du  n®  38. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .     Valeur  5oo  fr. 

Ces  deux  deniers  ont  reçu  des  attributions  différentes.  J'ai  cru  d'abord 
pouvoir  les  donner  à  Strasbourg,  mais  l'étude  attentive  des  saïgas  au 
même  type,  trouvés  en  Frise,  a  dû  me  faire  changer  d'opinion.  Avant 
de  dire  à  quelle  attribution  j'ai  cru  devoir  me  fixer,  je  vais  rappeler  ici 
ce  qu'en  a  dit  M.  de  Longpérier  dans  son  étude  sur  les  deniers  des 
trésors  d'Imphy  : 

«Le  type  du  revers  de  ce  denier  se  retrouve  identiquement  gravé 
sur  des  deniers  d'argent  mérovingiens,  qui  paraissent  appartenir  au  com- 
mencement du  huitième  siècle...  ;  l'un  d'eux  porte  une  tête  à  gauche, 
accompagnée  d'un  A  et  d'une  croix....  Dans  le  recueil  de  Paul  Pétau  on 
voit  un  denier  de  même  espèce,  sans  A,  présentant  une  tête  accompagnée 
d'une  croisette  et  de  deux  groupes  de  trois  points... 

La  rosace  trilobée  se  remarque  sur  des  deniers  de  Regnalf  et  d'Aulaf, 
rois  du  Northumberland,  mais  ces  pièces  appartiennent  au  commence- 
ment du  X**  siècle.... 

Un  denier  d'argent,  publié  par  M.  Rethaan-Macaré,  porte  encore  ce 
même  dessin,  accompagné  d'un  groupe  de  trois  points;  c'est  une  pièce  qui 
doit  avoir  été  fabriquée  pendant  la  première  moitié  du  huitième  siècle.... 
Quoique  l'ornement  qui  forme  le  type  de  ce  denier  n'ait  que  trois  pétales, 
il  a  cependant  la  plus  grande  analogie  de  dessin  et  d'agencement  avec 
celui  qui  se  voit  sur  les  deniers  de  Pépin...  On  y  observe  le  même 
groupe  de  trois  points.  M.  Rethaan-Macaré  a  lu,  du  côté  de  la  tête, 
QVINT.P.X.  qu'il  traduit  par  Quintilius  pater  patriœ.  En  examinant 
bien  le  dessin,  nous  croyons  y  trouver  QVINTIEP,  et  au  revers,  là  où 


SECONDE   RACE. 


6i 


le  savant  Zélandais  croit  reconnaître  des  runes,  nous  proposons  de  lire 
Ab.bA.TI.  Si  nous  nous  rappelons  qu'au  commencement  du  huitième 
siècle,  Quintilien,  abbé  de  Saint-Germain  d'Auxerre,  devint  évêque  de 
cette  ville,  si  nous  tenons  compte  du  caractère  A  (Autissioderum)  inscrit 
sur  un  denier  décrit  plus  haut,  nous  arriverons  peut-être  à  attribuer  à 
la  célèbre  abbaye  de  Saint-Germain  la  monnaie  publiée  par  M.  Macaré, 
et  cela  avec  d'autant  plus  d'apparence  de  raison,  que  cette  monnaie, 
trouvée  à  Dombourg,  avec  un  tiers  de  sou  d'A vallon,  offre,  du  côté  du 
buste,  une  frappante  analogie  de  style  avec  le  précieux  denier  à  la  légende 
AVTIZIODEROCI  que  Ton  conservée  dans  le  cabinet  de  la  Bibliothèque 
impériale,  d  {Rei^.  N.  Fr.  i858,  p.  210.) 

Quand  M.  de  Longpérier  écrivait  ce  qui  précède,  il  ne  connaissait  pas 
le  denier  de  Charlemagne  frappé  à  Maestricht  (pi.  VII,  n"*  70);  il  ne 
pouvait  non  plus  connaître  les  saïgas  trouvés  en  Frise  en  1866  et  1868 
et  dont  l'existence  nous  a  été  révélée  par  le  remarquable  travail  publié 
dans  la  Rev.  N.  B.  par  M.  Dirks  et  reproduits  ci-dessous  en  1870. 
Nous  trouvons,  dans  les  dessins  donnés  par  le  savant  auteur  hollandais, 
quatre  deniers  d'argent  à  ce  type  qu'il  nomme  du  bouclier,  et  que 
M.  d'Amécourt  nomme  plus  justement  des  anneaux,  car  il  représente 
exactement  deux  anneaux  entrelacés.  Ces  deniers  sont  très  précieux 
pour  nous,  car  ils  fixent  d'une  manière  certaine  le  point  où  ont  été 
frappés  les  deux  exemplaires  du  trésor  d'Imphy.  J'ai  joint  à  ces  quatre 
dessins  la  reproduction  des  deux  saïgas  trouvés  à  Dombourg,  afin  de 
mettre  sous  les  yeux  du  lecteur  toutes  les  pièces  du  procès,  faisant 
remarquer  toutefois  que  les  trouvailles  faites  à  Dombourg  sont  des 
trouvailles  de  pièces  isolées,  ne  permettant  pas  les  déductions  rigou- 
reuses  que  l'on  peut  tirer  d'un  ensemble  de  pièces  recueillies  à  la  fois 
dans  un  même  lieu. 


Quant  à  ce  qui  concerne  le  denier  de  Dombourg  reproduit  par  M.  de 
Longpérier,  remarquons  que  la  légende  QVINT  peut  aussi  bien  donner 


62  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Quentinus  ou  tout  autre  nom  de  ce  genre  que  le  nom  de  Quintilien. 
Remarquons  de  plus  que  la  rosace  du  revers  est  une  rosace  trilobée  qui 
ne  reproduit  qu'imparfaitement  celle  des  deniers  de  Pépin.  Cette  pièce 
est  de  la  même  famille  que  les  cinq  autres,  mais  elle  peut  très  bien  ne 
pas  provenir  des  mêmes  ateliers.  Pour  ceux-là,  au  contraire,  nul  doute 
possible.  Ils  sortent  tous  du  même  lieu.  Leur  présence,  dans  les  deux 
trésors  de  Francker  et  de  Hallum,  qui  ne  renfermaient  que  des  sceatas 
anglo-saxons  ou  austrasiens,  les  cantonne  dans  le  nord  de  TAustrasie. 
De  plus  le  monogramme  formé  des  lettres  T  et  F  qui  se  trouve  sur  le 
premier  des  deniers  d'Imphy,  de  manière  à  former  PRXFT,  mono- 
gramme semblable  à  celui  du  denier  de  Charlemagne,  nous  donne  le  T 
comme  première  lettre  du  nom  de  l'atelier.  Ajoutons  enfin  que  la 
similitude,  on  pourrait  presque  dire  l'identité  de  type  de  nos  deniers 
d'argent  avec  les  tiers  de  sol  mérovingiens  frappés  à  Maëstricht,  ne 
peuvent  laisser  aucun  doute  ;  c'est  à  l'atelier  de  Trijectum  ou  Maëstricht 
que  doivent  être  donnés  les  deux  deniers  n**  38  et  39. 

Hayence  (Mogvntiacvs,  Magontiacvs  Civitas). 

40.  RP  en  monogramme,  point  dans  TR  et  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 
^  9  MAOCCS  en  trois  lignes  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  3oo  fr. 


41.  RXF,  R  et  X  liés,  au-dessus  une  petite  croisette,  deux  points  entre  R  et  F, 
cercle  de  grènetis; 
5f  ^  MADGCS,  trois  points  accostent  les  lettres  C  et  S,  le  tout  dans  un 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  3oo  fr. 

Dans  la  lettre  du  pape  Zacharie,  qui  érige  en  Métropole  Tévéché  de 
Mayence,  xMaëstricht  est  appelé  Trectis. 

Le  n*"  40  a  été  trouvé  sur  la  plage  de  Dombourg  en  i858  et  décrit  par 
M.  Rethaan-Macaré  dans  la  Reu.  N.  Fr.  i858,  p.  457. 

Aucun  auteur  n'a  élevé  de  doutes  sur  Tattribution  à  Mayence  de  ces 
deux  deniers.  11  ne  semble  pas  qu'il  puisse  y  en  avoir.  Cependant  aucune 
autre  monnaie  ne  nous  présente  un  assemblage  de  lettres  semblant, 
autant  que  celles  de  la  légende  du  revers,  prises  au  hasard  dans  le 
nom  de  Tatelier  ;  pourquoi  n'y  trouve-t-on  ni  le  N  ni  le  T  ni  le  V  ?  Ce 
mode  d'inscription  sur  les  deniers  de  Mayence  n'est  pas  spécial  au  règne 


SECONDE  RACE.  63 

de  Pépin;  nous  le  retrouvons  aussi  sous  Charlemagne,  Quant  au  nom 
même  de  la  ville,  voici  ce  que  dit  M.  de  Longpérier: 

«  Tacite  qui ,  dans  le  IV*  livre  de  son  histoire ,  nomme  dix  fois 
Mayence ,  n'a  pas  fait  usage  du  nominatif.  (Magontiaci ,  Magontiaco, 
Magontiacum);  il  en  est  de  même  de  l'Itinéraire  cfAntonin  (Maguntiaco). 
Ammien  Marcellin  dit  Moguntiacus,  et  c'est  aussi  MOGVNTIACVS  que 
nous  lisons  sur  un  tiers  de  sol  mérovingien. 

Sur  quinze  passages  dans  lesquels  Éginhard  parle  de  Mayence,  un 
seul  contient  le  nom  de  la  ville  au  nominatif,  et  les  manuscrits  présentent 
les  variantes  Moguntiacum  et  Maguntiacus...  »  {Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  246.) 

L'auteur  des  Lectiones  Sancti  -4i/r^2  l'appelle  Moguntia;  ainsi  font 
Florus  et  Eutrope. 

Heaux  (Meldis  Civitas). 


42.  RP  en  monogramme^   point  dans   et  sous   la   boucle  du   P^  petit   point  au 
centre,  cercle  de  grènetis; 
5^  MELDIS  en  monogramme^    ME   liés   ainsi  que   LDI,  groupe  de  trois 
points  sous  M,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  600  fr. 

La  lecture  des  légendes  ne  peut  offrir  aucune  difficulté  ;  c'est  bien  à 
Meaux  que  cette  pièce  a  été  frappée.  Elle  a  été  trouvée  dans  les  dragages 
de  la  Saône  à  Lyon. 

Hilon. 


43.  PRE,  petite  croisette  pommetée  en  dessous,  cercle  de  grènetis; 
5f  MIL— O  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Ce  denier  peut  être  considéré  comme  la  tête  du  monnoyage  caro- 
lingien en  Aquitaine;  il  a  encore  le  module  et  le  poids  des  deniers 
mérovingiens.  On  s'accorde  à  le  regarder  comme  portant  au  revers  le 
nom  du  comte  de  Narbonne,  Milon.  Je  ne  m'explique  pas  le  trait 
d'abréviation  placé  au-dessus  du  nom  du  comte. 

B.  Fillon  qui,  le  premier,  a  publié  ce  denier  {Monnaies  féodales  de  la 
Coll.  Rousseau  et  Lettres  à  Dugast-Matifeux)^  avait  d'abord  vu  dans  ce 
petit  monument  une  monnaie  frappée  par  un  certain  Milon,  chef  indi- 
gène, Goth  d'origine,  qui  avait  fait  alliance  avec  Pépin  et  avait  aidé  à 
lui  faire  livrer  Narbonne.  Le  gouvernement  de  la  province,  où  il  com- 
mandait peut-être  déjà  fort  jeune,  aurait  été  la  récompense  de  ce  signalé 


64  MONNAIES  FRANÇAISES. 

service.  Plus  tard,  M.  Fillon,  se  rangeant  à  l'avis  générai,  y  reconnut 
une  monnaie  royale  frappée  au  nom  de  Pépin,  mais  par  un  comte 
indépendant  du  pouvoir  royal. 

Ce  comte  Milon  est-il  le  même  que  nous  retrouvons  sous  Charle- 
magne?  je  ne  le  crois  pas.  J'en  donnerai  les  raisons  plus  tard.  En  tous 
cas  je  vois  dans  le  denier  ci-dessus  une  des  premières  monnaies  émises 
par  les  comtes  et  marquis  comme  représentans  du  pouvoir  central. 

Nantes  T  (Namnetis  ou  Namnetas  Civitas). 

44.  PIPIN  RFX  FR  en  monogramme^  les  deux  I  sont  contenus  dans  les  boucles 

du  P  et  de  l'R,  un  petit  point  dans  TF,  cercle  de  grènetis; 
5^  HA?  croisette  au-dessus  de  TA^  cercle  de  grènetis. 

C'est  à  M.  Bigot  que  nous  devons  la  description  de  ce  denier  en  fort 
mauvais  état  et  sur  lequel  il  lit  NA  comme  initiales  de  Namnetis.  Voici 
du  reste  ce  qu'écrivait  le  savant  antiquaire  breton  : 

ce  J'attribue  à  Nantes  cette  curieuse  monnaie  trouvée  aux  environs  de 
Josselin  (Morbihan).  Pépin,  comme  on  le  sait,  vint  en  753  prendre 
Vannes  et  réduire  la  Bretagne  qui  refusait  les  tributs  imposés  par  les 
rois  mérovingiens.  Maître  de  la  Bretagne  par  droit  de  conquête,  il  a  dû 
exercer,  comme  les  rois  franks,  les  droits  régaliens  et  frapper  monnaie  à 
son  effigie.  11  existe,  je  le  sais,  un  denier  de  Pépin,  portant  au  revers  les 
lettres  NR  et  attribué  à  Nar bonne.  Notre  denier,  portant  les  initiales 
HA,  ne  peut  être  attribué  à  la  même  ville  et  je  crois  qu'il  peut  être 
revendiqué  par  Nantes.  Le  lieu  de  la  trouvaille  vient  encore  à  l'appui 
de  mon  opinion».  {Rev,  N.  Fr.  i855,  p.  3g.) 

Narbonne  (Narbo^  Narbona  Civitas). 

45.  RXF  en  monogramme,  point  entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis; 

5^  NR,  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  400  fr. 

L'attribution  faite  à  Narbonne  par  Combrouse  n'a  jamais  été  discutée. 
Ce  denier  à  la  légende  NR  se  place  naturellement  après  celui  qui  a  été 
publié  ci-dessus  aux  noms  de  Pépin  et  de  Milon. 

Neuss?  (NvEssio)  ou  Sens  ou  Soissons. 


46.  RXF  en  monogramme,  cercle  de  grènetis- 

5^  NVESSIO  en  légende  circulaire  autour  d'une  rosace  à  quatre  pétales, 
rV  et  l'E  sont  liés,  ou  SEV-SION. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy,  poids  i?*"  33.  Valeur  5oo  fr. 


SECONDE   RACE.  65 

47.  RP  en  monogramme,  deux  points  dans  le  châmp^  cercle  de  grènetis; 

5^  SE.NOIS  oa  N.3SSIO  ou  SE.SSION  suivant  qu'on  lit  en  légende 
circulaire  ou  en  deux  légendes  demi-circulaires  autour  d'une  croix 
pommetée;  cercle  de  grènetis. 

Denier  fracturé.  Coll.  Salmon Valeur  600  fr. 

Les  deux  légendes  du  revers,  qui  paraissent  les  plus  régulières  sur  ces 
deux  deniers,  sont  celles  où  Ton  lit  NVES510  ou  SENNOIS  en 
admettant  que  la  lettre  qui  manque  au  n"  47  soit  un  N.  Cependant  ni 
Tune  ni  l'autre  de  ces  deux  lectures  ne  me  paraît  satisfaisante.  Neuss, 
proposé  par  M.  de  Longpérier,  n'a  frappé  monnaie  ni  avant  ni  après 
Pépin,  et  cependant  son  importance  était  la  même  à  ces  diverses 
époques;  il  n'en  est  pas,  de  cette  ville,  comme  de  Quentowic,  Cluse, 
Dorestadt,  etc.  qui,  exposés  aux  invasions  des  Normands,  ont  vu  la 
ruine  complète  succéder  à  une  splendeur  très  grande. 

Quand  à  Sens,  si  nous  examinons  le  monnoyage  de  Charlemagne, 
nous  trouvons,  attribués  à  cette  ville,  des  deniers  portant  les  légendes  : 
Sen,  Sennes;  si  nous  y  ajoutons  Seunois  ou  Sennois,  ce  sera  beaucoup 
de  formes  différentes  pour  un  seul  atelier. 

Pour  moi  je  préférerais  voir,  dans  les  deux  deniers  n®  46  et  n®  47,  un 
produit  de  l'atelier  de  Soissons  SEV-SION  pour  SVESSION.  Nous 
verrons  cette  forme  de  légende  en  deux  lignes  semi-circulaires  employée 
sur  plusieurs  deniers  de  Charlemagne.  Soissons  était  une  des  villes 
principales  du  royaume  frank  et,  immédiatement  après  la  mort  de  Pépin, 
Carloman  en  fit  la  capitale  de  ses  états.  Il  serait  donc  bien  étonnant 
qu'il  n'y  eût  pas  eu  là  un  atelier  monétaire. 

Voici,  du  reste,  ce  que  disent  MM.  de  Longpérier  et  Salmon,  chacun 
à  l'appui  de  son  opinion  : 

ce...  Au  nord-est  de  la  Gaule  nous  observons  la  croix  pommetée  sur 
les  deniers  de  Strasbourg,  Verdun,  Aix-la-Chapelle,  Mayence....  La 
pièce  qui  nous  occupe  porte  le  type  d'Aix-la-Chapelle,  et  c'est  près  de 
cette  ville  qu'elle  a  été  frappée.  (Neuss,  situé  un  peu  au  midi  de  Dussel- 
dorf,  forme  à  la  gauche  du  Rhin,  avec  Aix-la-Chapelle  et  Cologne,  un 
triangle  isocèle  dont  la  base  s'appuie  au  fleuve  et  dont  le  sommet  est 
à  Aix.) 

Neuss  est  cité  neuf  fois  par  Tacite  ;  les  Romains  nommaient  cette 
ville  Novesium....  Les  copies  de  V Itinéraire  d'Antonin  donnent,  suivant 


66  MONNAIES  FRANÇAISES. 

les  âges,  Novensio^  Neuesio,  Neuensio,  Nopessio.  L'NS  et  le  double  S 
étaient  amenés  par  la  prononciation  ferme  de  TS  entre  deux  voyelles, 
rS  n'usurpant  pas  alors  la  valeur  du  Z.  D'autre  part  NV  est  l'équivalent 
de  NOU.  On  aperçoit  l'identité  de  Nuessium  et  de  Nouesium,.,, 

Un  autre  denier  de  Pépin,  frappé  à  Nuessium^  a  été  publié  dans  la 
Rev.  N,  Fr.  1854  et  attribué  à  Sens.  Ce  denier  est  cassé  et  la  fracture, 
qui  a  emporté  le  V,  eq  épargnant  l'E  et  l'N,  permettait  de  lire  SE.NOIS 
pour  SenonisT)  (de  Longpérier,  Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  2i5). 

Voici  d'autre  part  ce  qu'a  écrit  M.  Salmon:  «...  Des  triens  de  l'époque 
mérovingienne  il  fallait  passer  à  Louis -le -Débonnaire  pour  trouver 
des  traces  de  la  fabrication  sénonaise.  Nous  sommes  heureux  de  faire 
disparaître  aujourd'hui  une  de  ces  lacunes.  11  est  manifeste  désormais  que 
Pépin-le-Bref  a  frappé  monnaie  à  Sens...  En  vain  voudrait-on  lire,  au 
revers  du  denier  que  nous  décrivons,  la  légende  dans  le  sens  inverse  et 
prétendre  que  SIGNES  signifie  Sion  en  Valais....  jamais  SIGNES  n'a  été 
l'appellation  latine  de  Sion.  (Salmon,  Rev,  N.  Fr.  1854,  p.  186). 

Nevers  (NevernvMj  Nivernvm^  Nevernis  Civitas). 

48.  RP  en  monogramme^  deux  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis; 

5^  NE  en  monogramme,  dans  le  champ  un  point  et  deux   sigles  indéter- 
minés, cercle  de  grénetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  400  fr. 

M.  de  Soultrait,  qui  le  premier  a  publié  cette  pièce,  l'attribue  à  Nevers 
en  disant  :  a  les  seules  villes  qui  puissent  réclamer  cette  pièce  sont 
Nevers  et  Nîmes.  Or,  à  cette  époque  Nîmes  était  entièrement  ruinée, 
tandis  que  Nevers  était  alors  une  cité  florissante  plusieurs  fois  visitée 
par  le  roi».  Cette  assertion  n'est  pas  très  exacte  et  plusieurs  localités 
telles  que  Nelf  (Néaufle),  Nemus  ou  Nemoux  (Nemours),  Nemetae 
(Spire)  etc.,  avaient  les  mêmes  initiales.  Cependant  je  ne  vois  aucune 
raison  sérieuse  pour  les  préférer  à  Nevers. 

Planche  III. 

Noyon  (Noviomagvs,  Noviomvs  Civitas). 


49.  RP  en  monogramme,  deux  points  dans  le  champ^  cercle  de  grénetis; 

!Çf   NO— VINO— MO  en  trois  lignes  séparées   par  des   traits  horizontaux, 
cercle  de  grénetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  55o  fr. 


SECONDE   RACE.  67 

or  Nous  ne  pensons  pas  que  cette  légende  puisse  être  interprétée  de 
deux  manières  et  nous  croyons  que  le  nom  de  Novinus^  suivi  de  la 
syllabe  MO  qui,  sur  un  grand  nombre  de  tiers  de  sou  mérovingiens, 
marque  l'office  de  monétaire,  ne  sera  pris  par  personne  pour  le  nom 
d'un  comte. 

Novinus  peut  être  latin  ou  frank.  Novius  est  un  nom  de  famille  romain 
très  répandu;  Novinus  en  serait  le  dérivé,  comme  Antoninus  Test  d'An- 
tonius,  comme  Plotinus  de  Plotius  et  Martinus  de  Martius.  Les  formes 
secondaires  telles  que  Rufinus,  Probinus,  Justinus,  Jovinus,  Celsinus, 
Severinus,  Firminus,  Valentinus,  sont  fréquentes  dans  le  bas  temps. 

Il  se  pourrait  aussi  que  Novinus  appartînt  à  la  famille  germanique 
comme  Nowinus,  Nortvinus,  Rodowinus,  Hadvinus,  Ovynus,  Redwi- 
nus,  Amalvirus,  Odalwinus  etc.,  groupe  très  riche  dans  lequel  il  faut 
comprendre  une  multitude  de  noms  où  le  V  est  remplacé  par  un  O  : 
Adoinus,  Altoinus,  Ansoinus,  Benoinus,  Bertoinus,  Randoinus,  Teudoi- 
nus,  etc.  D  (de  Longpérier  Rep.  N.  Fr.  i858,  p.  336). 

De  son  côté  M.  J.  de  San-Quintino  a  écrit  : 

<r....Si  Ton  pouvait  voir,  dans  la  dernière  ligne  MO  l'abrégé  deMone- 
tarius,  cette  pièce  serait  bien  curieuse  et  devrait  avoir  été  frappée  au 
commencement  du  règne  de  Pépin,  lorsqu'il  n'avait  pas  encore  entrepris 
la  réforme  du  système  monétaire  mérovingien;  ce  Novinus  fermerait 
la  liste  des  monétaires.  Mais  il  est  beaucoup  plus  probable  qu'il  faut  lire 
lAOneta  ou  lAOnasterium ^  NOVINO  est  peut-être  le  nom  corrompu  de 
Noyon;  on  a  des  pièces  mérovingiennes  et  des  carolingiennes  avec 
NOVIOMO,  NOVIOMONT,  NOVIOIM.»  (J.  de  S.  Quintino,  Rev.  N.  Fr. 
184T,  p.  56). 

J'ajouterai  qu'une  monnaie  mérovingienne,  décrite  par  M.  de  Long- 
périer {Catalogue  Rousseau^  p.  64)  et  portant  la  légende  NOVIOMO,  est 
attribuée  par  lui  sans  conteste  à  la  ville  de  Noyon. 

Paris  (ParisiIj  Parisios  Civitas). 
5o.  RP  en  monogrammCj  point  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 

!Çr  Croix  ancrée  supportant  deux  appendices  verticaux,  croisette  au-dessus, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection  -,  vente  Dassy Valeur  450  fr. 

Sur  un  autre  exemplaire  appartenant  à  M.  d'Amécourt,  la  croix  est 
accostée  de  deux  annelets. 


68  MONNAIES  FRANÇAISES. 

« . . . .  La  croix  ancrée  s'est  localisée  sur  les  deniers  de  Paris  avec  une 
forme  toute  spéciale  déterminée  par  Timmobilisation  des  pendentifs  qui 
représentent ,  indépendans  dans  l'origine,  maintenant  attachés  aux  bras 
de  la  croix,  les  deux  symboles  chrétiens  A  et  (0  »  (de  Ponton  d'Amécourt, 
Annuaire  1869,  p.  32 1). 

M.  d'Amécourt  rapproche  aussi  de  ce  denier  un  tiers  de  sol  méro- 
vingien portant  en  légende  PARISIVS  et  dont  la  croix  ancrée  du  revers 
est  identique  à  celle  des  deniers  de  Pépin. 

Cette  opinion,  du  reste,  est  aussi  celle  de  M.  Cartier  {Rep.  N.  Fr. 
1837,  p.  259). 

Quentowic  (Qventovvicvs,  Vicus  ou  Portus). 


5i.  RXFj  R  et  X  liés,  deux  points  superposés  entre  l'A  et  l'F^  cercle  degrènetis; 
3^  Légende  en  deux  lignes  qui  semble  composée  des  lettres  QVCCI— VVIC, 
les  deux  lignes  séparées  par  un  trait  horizontal,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .     Valeur  200  fr. 

52.  La  légende  du  revers  de  ce  denier  qui  a  été  publié  par  la  Rev.  B,  de    1859 

pourrait  se  lire  QVEN-VVIC Valeur  i5o  fr. 

53.  Sur  ce   denier,    qui   fait   partie   de  ma  collection,  on  lirait  plutôt  au  revers 

aVCDl.-VVIG Valeur  i5o  fr. 

54.  Enfin  sur  le  revers  d'un  denier,  qui  appartient  au  musée  de  Laon  et  qui  est 

très  rogné,  on  ne  lit  plus  que  QVC— VVYF,   la  seconde  ligne  écrite  en 
boustrophédon. 

La  détermination  du  lieu  où  ont  été  frappés  ces  deniers  est  assez 
difficile;  les  caractères  des  légendes  sont  bizarres;  aussi  ai-je  réuni  tous 
ceux  que  j'ai  pu  rencontrer  pour  permettre  Tétude  par  comparaison. 

La  plupart  des  auteurs  veulent  y  lire  le  nom  de  Quentowic,  ce  port  si 
important,  situé  probablement  à  l'embouchure  de  la  Canche  (QUANTIA 
et  CANCIA)  qui  a  complètement  disparu  dans  le  courant  du  X*  siècle. 

M.  Cartier  lit  QVANfm-VVICws,  sur  le  n^  52  je  lis  QVEN-VVIC,  sur  le 
n**  53  M.  de  Longpérier  a  lu  le  nom  du  monétaire  DVODIVVIGKw^J,  je 
ne  transcrirai  pas  ici  l'étude  du  très  savant  antiquaire.  Il  me  semble 
trop  évident  qu'il  n'y  a  pas  ici  un  nom  d'homme,  sans  quoi  la  légende 
serait  régulière,  uniforme,  et  ne  nous  montrerait  pas  des  dégénérescences 
telles  que  celles  des  n®*  53  et  54.  Si  c'est  un  nom  de  lieu,  je  n'en  vois 
pas  qui  3  aussi  bien  que  celui  de  Quentowic,  soit  représenté  par  ces 
diverses  légendes. 


SECONDE  RACE.  69 

Reims  (Remi^  Remis  Civitas). 

55.  RP  en  monogramme^  six  points  dans  le  champ^  cercle  de  grènetis; 

3^  R  entre  deux  croisettes  pommetées,  point  dans  TR^  trois  points  en  ligne 
horizontale  au-dessus  de  la  croisette  de  droite^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  découverte  d'Imphy;  poids  moyen  sur  8  deniers 
i»»'^28 Valeur  100  fr. 

Ce  type  est  le  plus  commun  de  tous  ceux  que  nous  présente  le  règne 
de  Pépin;  les  divers  exemplaires  que  j'ai  vus  ne  diffèrent  que  par  la 
disposition  des  points  placés  dans  le  champ.  Cependant  M.  Marc  Verly 
{Numismatique  Rémoise^  p.  29)  donne  un  dessin  où  le  revers  ne  présente 
qu'une  seule  croisette  non  pommetée. 

M.  deLongpérier  hésite  entre  Reims  et  Rouen  pour  le  nom  de  l'atelier 
où  ont  été  frappés  ces  deniers;  M.  Marc-Verly  fait  remarquer,  avec 
beaucoup  de  raison,  que  la  croix  pommetée  est  spéciale  à  l'est  du 
royaume  frank,  au  moins  pour  ce  qui  concerne  le  trésor  d'Imphy.  Quant 
à  moi,  je  généraliserai  cette  observation  en  disant  que  je  n'ai  trouvé 
cette  croisette  pommetée  sur  aucun  denier  de  Pépin  autre  que  ceux  qui 
ont  été  frappés  dans  ce  qui  fut  plus  tard  le  Lotherrègne.  Je  ferai 
remarquer  en  outre  que  l'importance  de  Reims  était,  à  cette  époque,  de 
beaucoup  supérieure  à  celle  de  Rouen  et  que  de  plus,  la  dernière  de  ces 
villes  se  trouvant  bien  plus  éloignée  que  la  première  du  point  où  a  été 
faite  la  découverte  d'Imphy,  toutes  les  circonstances,  tous  les  raisonne- 
ments concordent  à  faire  choisir  Reims  comme  le  lieu  d'émission  de  ces 
deniers  à  l'R. 


56.  LABi,   dessous   croisette   cantonnée  de  quatre  points^   deux   points  dans   le 
champ,  cercle  de  grènetis; 

5^  REM,  au-dessous  trois  points  en   ligne  horizontale,    le  tout  dans  un 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  600  fr. 

Ce  denier,  très  intéressant,  viendrait,  si  mon  attribution  est  admise,  à 
l'appui  de  ce  que  j'ai  dit  au  sujet  du  denier  de  Gaddo;  il  est  complètement 
inadmissible  qu'à  Reims,  au  centre  du  royaume  de  Pépin,  un  seigneur 
ait  pu  se  trouver  assez  indépendant  ou  assez  osé  pour  prétendre  sub- 
stituer son  nom  à  celui  du  roi,  encore  moins  l'eût  pu  faire  un  monétaire. 
Cest  donc  je  crois  un  comte  ou  marquis  (Landbertus  peut-être)  qui, 
chargé  de  l'administration  d'une  partie  des  frontières  orientales,  a  mis 


70  MONNAIES  FRANÇAISES. 

son  nom  sur  la  monnaie;  mais  par  une  erreur  du  monnoyer,  au  lieu  de 
mettre  ce  nom  au  revers  de  la  pièce,  c'est  au  droit  qu'il  a  été  placé.  Je 
ne  me  cache  pas  cependant  que,  en  présence  de  l'activité  de  l'atelier 
royal  de  Reims,  la  présence  en  cette  ville  d'un  comte  des  marches 
orientales  s'explique  difficilement.  Aussi  ne  donnai-je  mon  attribution 
que  sous  toutes  réserves. 

Rufach  (RvFiANA  Oppidum). 


57.  RXP  formant  monogramme,  R  et  X  liés,  deux  points  dans  le  champ,  cercle 

de  grènetis  ; 
5^  RVFIANA  en  monogramme,  toutes  les  extrémités  des  lettres  pommetées, 
un  point  sur  TA,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  Chappcr Valeur  5oo  fr. 

Ce  denier  a  été  publié  pour  la  première  fois  par  M.  Roman  qui  a 
cru  pouvoir  y  lire  GRATIAN  et  l'a  attribué  par  conséquent  à  Grenoble. 
Mais  outre  que  le  style  de  ce  denier  le  reporte  nécessairement  au  Nord- 
Est,  il  est  évident  pour  moi  que  la  première  lettre  de  la  légende  du 
revers  est  un  R.  La  barre  d'abréviation  s'étant,  par  un  défaut  du  coin, 
trouvée  recourbée,  a  conduit  mon  savant  ami  à  cette  lecture  Gratian.  Si 
l'on  examine  l'R  du  revers  et  qu'on  le  compare  à  celui  du  droit,  on 
verra  que  c'est  avec  intention  que  Ton  a  élargi  la  lettre  par  l'allonge- 
ment des  traits  horizontaux  de  manière  à  ce  qu'il  donne  en  même 
temps  l'F  et  conduise  à  la  lecture  Rufiana. 

Voici  ce  que  dit  de  Rufach  Hadrien  de  Valois  : 

a  Rufiana  nomine  latino  donatur  a  Ptolemaeo,  ponitur  que  (si  bene 
memini)  in  Sequanis  :  cujus  situm  loci  ab  eo  maie  designari  ait  Cluverius, 
et  Rufach  nunc  dici  :  quod  est  oppidum  superioris  Alsatiae,  Columbario 
proximum  sive  Colmariae.  » 

Saint-Cirgue  (Sancti  cirici  Monasteriunî) . 

58.  RP  en  monogramme,  un  point  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 

IjC  SCICI-RICI  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy;  poids  i  v^  32  Valeur  Soofr. 

«Le  premier  nom  géographique  auquel  fasse  penser  Saint-Cyr 
(Sanctus  Ciricus  ou  Quiricus),  c'est  assurément  Nevers  dont  la  cathédrale 
a  pour  patron  le  martyr  de  Tarse.  Pépin  vint  à  Nevers  en  763,  ainsi 
que    l'attestent    Eginhard    et   le    continuateur  de  Frédégaire;    aussi 


SECONDE  RACE.  71 

connaissons-nous  un  précieux  denier  de  cette  ville  frappé  au  nom 
du  fondateur  de  la  seconde  race.  Mais  la  cathédrale  était  alors  sous 
rinvocation  de  la  Vierge  et  des  saints  Gervais  et  Protais.  C'est  en  817 
qu'elle  fut  mise  sous  la  protection  de  Saint-Cyr;  par  conséquent  ce  saint, 
à  l'époque  où  les  deniers  d'Imphy  ont  été  frappés,  ne  pouvait  pas  désigner 
la  ville.  D'ailleurs  le  nom  au  génitif  indique  une  abbaye. 

Nous  ne  saurions  songer  à  celle  de  Saint-Cyr,  près  Noisy,  au  diocèse 
de  Chartres,  puisqu'elle  fut  fondée  par  l'évêque  Robert,  qui  mourut  en 
1 164. 

Mais  nous  n'hésitons  pas  à  attribuer  le  denier  de  Pépin  au  monastère 
de  Saint-Cirgues  (apud  Arvernos),  fondé  au  temps  de  Sidoine 
Apollinaire  par  l'abbé  Abraham,  dont  Grégoire  de  Tours  a  écrit  la  vie. 

Le  nom  de  Sanctus-Ciricus  est  devenu  Saint-Cirgues,  de  même  que 
Pagus  Rutenicus  a  produit  Rouergue;  Dominicus,  Doumergue, 
Canonica,  Canourgue.  (de  Longpérier,  Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  238)». 

Sainte-Croix  (Sanct/e— crvcis  Monasterium). 

59.  RP  en  monogramme,  deux  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis  ; 

5^  Débris  de  la  légende  SCICRVCIS  autour  d'une  croix  potencée  à  pied 
fiché  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d*A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  400  fr. 

60.  RXF,   R  et  X  liés,  T  entre  R  et  F,  cinq  points  dans  le  champ,  cercle  de 

grènetis; 
5^  Même  légende  SCICRVCIS  autour  de  la  même  croix,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.-  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  400  fr. 

Le  trésor  d'Imphy  contenait  un  autre  denier  au  vocable  de  Sainte- 
Croix,  que  M.  de  Longpérier  a  reproduit  et  dont  les  légendes  étaient  un 
peu  moins  barbares. 

«  La  faute  d'orthographe  Sancti-Crucis  pour  Sancte-Crucis  se  retrou- 
vera sur  les  deniers  de  Carloman  et  Charlemagne  faisant  partie  de  la 
trouvaille  d'Imphy. 

Tous  ces  deniers  ont  été  frappés  dans  le  même  lieu;  leur  type  commun 
en  est  la  preuve  irréfragable.  On  peut  hésiter  entre  diverses  abbayes 
placées  sous  l'invocation  de  Sainte-Croix,  mais  il  en  est  plusieurs  que 
la  comparaison  des  dates  exclut  : 

Le  monastère  de  Sainte-Croix  de  Bordeaux  avait  été  détruit  par  les 
Sarrazins  en  732.  Il  reste  encore  le  monastère  de  Sainte-Croix  de  Paris, 


72  MONNAIES  FRANÇAISES. 

beaucoup  plus  connu  sous  le  nom  d'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés, 
le  monastère  de  Sainte-Croix  de  Meaux,  qui  devint  plus  tard  Saint-Faron, 
et  enfin  le  monastère  de  Sainte-Croix  de  Poitiers. 

Sainte-Croix  de  Paris  était,  en  ySo,  sous  le  vocable  de  Sainte-Croix 
et  Saint- Vincent...  Plus  tard,  en  772,  le  titre  de  Sainte-Croix  disparaît...; 
enfin,  en  786,  le  nom  de  Saint-Germain  a  remplacé  complètement  celui 
de  Sainte-Croix  et  de  Saint-Vincent. 

...  Sainte-Croix  deMeaux,  quoique  très  considérable,  me  paraît  cepen- 
dant devoir  céder  le  pas  à  Sainte-Croix  de  Poitiers 

Le  type  des  deniers  de  Pépin,  de  Carloman  et  de  Charlemagne,  cette 
croix  potencée  à  pied  fiché,  nous  était  connue  sur  des  deniers  d'argent 
mérovingiens. 

. . .  C'était  là  probablement  l'image  d'une  croix  d'orfèvrerie  exécutée  en 
l'honneur  du  morceau  de  la  vraie  croix  que  Sainte-Radegonde,  quatrième 
femme  de  Clotaire  T',  avait  fait  parvenir  d'Orient  pour  le  donner  au 
monastère  dont  sa  sœur  Agnès  fut  première  abbesse...  »  (de  Longpérier, 
Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  218). 

Plus  loin  à  propos  du  denier  de  Carloman  (pi.  IV,  n**  8)  nous  lisons  : 

«  11  est  assez  difficile  de  s'expliquer  comment  Carloman  a  pu  battre 
monnaie  en  Aquitaine.  11  est  probable  qu'aussitôt  après  la  mort  de 
Pépin,  quelques  villes  auront  émis  des  deniers  au  nom  de  ses  deux  fils, 
avant  même  que  le  partage  du  royaume  ait  été  réalisé  »  (de  Longpérier, 
Rep.  N.  Fr.  i858,  p.  245). 

Ce  dernier  paragraphe  nous  fournit  la  meilleure  objection  à  faire 
contre  l'attribution  à  Sainte-Croix  de  Poitiers,  des  deniers  du  trésor 
d'Imphy.  J'ajouterai  que  l'importance  d'une  abbaye  n'était  nullement 
une  raison  suffisafite  pour  qu'elle  obtînt  le  droit  de  frapper  monnaie; 
Saint-Germain-des-Prés,  Cluny,  Jumièges  et  tant  d'autres  ne  possédèrent 
jamais  d'atelier  monétaire.  De  plus  la  barbarie  de  ces  deniers,  cette 
faute  d'orthographe  persistant  dans  l'inscription  du  nom,  tout  cela 
éloigne  immédiatement  l'idée  de  pièces  frappées  en  Aquitaine,  la  région 
la  plus  policée  du  royaume.  L'abbaye  de  Sainte- Croix  de  Meaux 
elle-même  ne  me  semble  pas  assez  septentrionale  pour  le  type  de  nos 
deniers,  et  peut-être  faudrait-il  les  attribuer  à  la  vieille  abbaye  du 
même  nom  qui  existait  à  Metz.  En  tous  cas,  la  situation  de  Meaux 
convient,  sous  tous  les  rapports,  beaucoup  mieux  que  celle  de  Poitiers. 


SECONDE  RACE.  73 

Il  y  avait  aussi  une  abbaye  de  Sainte-Croix,  fondée  sous  Dagobert  et 
dépendant  de  Saint-Médard .  Elle  était  située  à  deux  lieues  de  Compiègne. 
Dans  un  diplôme  du  roi  Eudes,  en  date  de  893,  elle  est  désignée  sous  le 
nom  de  Monasterium  Crucis  Sancti  Audoëni  (S.  Ouen.) 

Saint-Ëtienne  (Sancti  Stefani  Monasterium). 


61.  RXF  en  monogramme,  l'X  se  présente  sous  la  forme  d'une  croix  pommetée, 

une  clef  avant  l'R,  après  l'F  un  sigle  paraissant  être  une  rosace  trilobée, 

cercle  de  grènetis; 

5^  SCO  — STEF   en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  TE  et 

IT  sont  liés,  trois  points  en  triangle  avant  STEF,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy    .     .     .    Valeur  600  fr. 

oc  ...Le  nom  du  saint  à  l'ablatif  est  encore  plus  extraordinaire  que  la 
légende  Sancti-Crucis  dans  laquelle  on  remarque  une  bien  grave  erreur 
de  genre. 

L'abbaye  de  Saint-Etienne  de  Strasbourg  était  connue  tout  au  com- 
mencement  du  VHP  siècle.  Saint-Etienne  d'Angers,  prope  Muros 
Andegavensis,  est  cité  dans  un  praeceptum  de  770. 

Le  monastère  de  Saint-Etienne  de  Dijon  est  bien  antérieur  au  règne 
de  Pépin,  et  c'est  fort  probablement  son  nom  que  nous  voyons  sur  le 
denier  décrit  plus  haut.  On  pourrait  nous  opposer  les  termes  d'une 
charte  de  Charles-le-Chauve  par  laquelle,  en  865,  il  accorde  la  monnaie 
à  Saint-Étienne  ;  voici,  en  effet,  comment  parle  le  roi  : 

....  Isaac...  humiliter  postulavit,  quatinus,  pro  nostra  pietate  Ecclesia 
sancti  Stephani  Divionensis...  monetam  quam  antea  habere  non  consue- 
verat^  concederemus...  et  ne  nostra  concessio  ex  jam  dictis  monetis  a 
falsis  monetariis,  comitum  que  ministris^  aliquo  violari  potuisset  ingenio, 
idcirco  non  ad  jus  comitum,  Sed  ad  utilitatem  jam  prœdicturam 
Ecclesiarum  earumque  rectoris  provisionem  volumus  pertinere.  (Voir 
Première  partie^  page  37.) 

Mais  il  est  clair  que  le  roi  entend  concéder,  à  la  requête  de  l'Évêque 
Isaac,  le  profit  de  la  fabrication  que  les  agens  du  comte  pouvaient 
réclamer  au  nom  du  roi  ;  il  est  certain  que  monetam  habere  n'a  pas  du 
toul  le  même  sens  que  monetam  cudere  et  que  nous  ne  pouvons,  du 
texte  de  la  charte,  tirer  qu'une  conclusion,  c'est  que  les  évéques  et  les 
abbayes  avaient   besoin  d'une  autorisation    royale  pour  frapper   une 

monnaie  qui  ne  fût  pas  ad  jus  comitum^  c'est-à-dire  au  compte  de  l'État. 

10 


74  MONNAIES  FRANÇAISES. 

C'est  à  partir  du  règne  du  faible  Louis-ie-Débonnaire  que  nous  voyons 
apparaître  quelques-unes  de  ces  concessions  ;  les  deniers  de  Pépin  et  de 
Charlemagne,  portant  des  noms  d'abbaye,  sont  des  monnaies  royales, 
et  l'existence  de  la  pièce  de  Saint-Étienne  de  Dijon,  un  siècle  avant 
l'humble  demande  faite  par  TÉvêque  Isaac,  n'est  pas  en  contradiction 
avec  le  texte  de  la  charte.  »  (de  Longpérier,  Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  222.) 

J'ai  bien  des  objections  à  faire  tant  au  sujet  de  l'attribution  de  ce 
denier  à  Saint-Étienne  de  Dijon,  qu'à  propos  des  raisons  données  à 
l'appui  de  cette  attribution  : 

D'abord,  et  quoi  qu'en  dise  M.  de  Longpérier,  la  charte  de  Charles- 
le-Chauve  (postérieure  à  l'année  864),  crée  à  la  demande  de  l'évéque 
Isaac  un  atelier  monétaire  à  Saint-Étienne  de  Dijon  ;  cet  atelier  n'existait 
pas  avant  la  date  précitée  qui  est  celle  de  l'édit  de  Pitres,  car,  ainsi  que 
je  l'ai  fait  remarquer,  pendant  tout  le  règne  de  Louis-le-Débonnaire  et  la 
partie  du  règne  de  Charles-le-Chauve  antérieure  à  864,  il  n'y  eut  pas  un 
seul  atelier  monétaire  portant  le  nom  d'une  abbaye  ni  d'un  monastère. 

En  second  lieu,  la  croisette  pommetée,  qui  tient  lieu  de  TX  dans  la 
légende  du  droit,  appartient  au  nord-est  du  royaume. 

En  étudiant  les  deniers  d'Imphy  au  quartefeuille,  le  savant  antiquaire 
avait  cru  pouvoir  les  attribuer  à  Auxerre  (voir  pag.  61).  La  présence, 
sur  le  denier  de  Saint-Étienne,  d'un  trifolium  semblable  à  celui  du 
denier  trouvé  à  Dombourg,  et  attribué  par  lui  à  l'évéque  Quintilius,  l'a 
conduit  à  chercher  dans  la  même  région  une  abbaye  au  nom  de  Saint- 
Étienne.  Je  crois  avoir  prouvé  que  le  quartefeuille  comme  le  trifolium 
sont  des  sigles  appartenant  aux  ateliers  du  Nord-Est,  et  c'est  là  aussi 
que  je  vais  chercher  l'emplacement  de  notre  atelier.  L'abbaye  de  Saint- 
Etienne  de  Strasbourg  me  paraît  convenir  parfaitement,  et  c'est  à  elle 
que  je  rapporte  l'émission  de  notre  denier. 

Saint-Firmin  (Sancti  Firmini  Monasteriuni), 


62.  KFP  en  monogramme,  point  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 
5^  SCI  — FIRM-II  en  trois  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  600  fr. 


63.  RF  en  monogramme,  trait  d'abréviation  au-dessus,  trois  points  dans  le  champ, 
cercle  de  grènetis  ; 
5^  SCI-FIRM  en  deux  lignes,  point  sous  la  seconde,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr.  ;  pièce  fracturée Valeur  400  fr. 


SECONDE  RACE.  75 

Cette  pièce  a  été  gravée  par  B.  Fillon  {Lettre  à  Dugast-Matt/eux^ 
pi.  VII,  n*  2)  et  décrite  par  M.  de  Longpérier  (dans  le  Catalogue 
Rousseau^  page  99)  ainsi  qu'il  suit  : 

«  On  a  vu,  parmi  les  monnaies  de  l'époque  mérovingienne,  un  certain 
nombre  de  pièces  qui  portent  des  noms  de  saints.  Dans  l'origine,  ces 
noms  n'indiquent  que  des  patrons  d'Ëglises  ;  par  la  suite,  les  noms  des 
bourgs  qui  avaient  élevé  ces  églises  firent  place  au  nom  même  du  saint  : 
Attanutn  devint  Sanctus-Aredius  ;  Catolacum^  Sanctus-Dyonysius  ; 
Acaunum^  Sanctus-Mauritius,  etc.  Avant  même  que  ce  changement  eût 
eu  lieu,  bon  nombre  de  monastères  ne  sont  désignés  que  par  le  nom  du 
saint  sous  le  vocable  duquel  ils  étaient  placés.  Comme  les  modifications 
que  je  viens  d'indiquer  n'ont  pas  été  introduites  partout  à  la  même 
époque,  il  devient  très  difficile  de  savoir  si  une  monnaie  carolingienne, 
portant  un  nom  de  saint,  appartient  à  une  église  ou  à  une  abbaye  située 
dans  un  lieu  qui  n'a  pas  cessé  de  porter  son  nom  particulier,  ou  bien  à 
une  autre  localité  qui  n'a  plus  d'autre  nom  que  celui-même  d'un  saint. 
Ainsi,  dans  le  cas  actuel,  avons-nous  une  monnaie  de  Saint-Firmin 
d'Amiens,  ou  d'un  de  ces  douze  villages  appelés  comme  les  deux  bien- 
heureux évêques  de  Samarobriva...  Je  ferai  toutefois  observer  que  la 
légende  au  génitif  convient  à  un  monastère  ou  à  une  église.  L'antiquité 
de  Saint-Firmin  d'Amiens  est  d'ailleurs  prouvée  par  les  historiens.  » 
{Catalogue  Rousseau^  pag.  99.) 

Ce  qui  pourrait  faire  douter  de  l'exactitude  de  l'attribution  à  Saint- 
Firmin  d'Amiens,  c'est  que  nous  verrons,  au  règne  de  Charlemagne, 
deux  deniers  différens  au  vocable  de  Saint-Firmin  et  aussi  deux  pièces 
très  variées  au  nom  de  la  ville  d'Amiens.  Or,  comme  M.  de  Longpérier 
l'a  fait  remarquer  très  justement,  les  ateliers  des  églises  et  monastères 
frappant  monnaie  pour  le  compte  du  roi,  nous  aurions  là  bien  des 
ateliers  différens  pour  une  seule  et  même  ville.  Le  style  de  nos  deniers 
de  Saint-Firmin  n'offre  aucun  caractère  particulier  qui  puisse  nous  tirer 
d'embarras. 

Saint-Géry  (Sancti  Gavgerici  Monasterium). 
64.  RP  en  monogramme^  cercle  de  grènetisj 

!Ç^  SCIGAV,  A  et  V,  sont  liés,  dessous  quatre  points  en  losange^   cercle 
de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  vente  Dassy. 


76  MONNAIES   FRANÇAISES. 

Les  lettres  qui  composent  la  légende  du  revers  sont  très  maigres  et 
donnent  à  la  pièce  un  aspect  désagréable.  Je  la  crois  bonne  cependant, 
mais  je  n'affirme  rien. 

L'abbaye  de  Saint-Géry,  dont  nous  trouverons  plus  tard  d'autres 
monnaies,  avait  été  fondée  vers  Tannée  600  par  saint  Géry,  archevêque 
de  Cambrai  et  d'Arras,  près  des  murs  de  Cambrai.  Mise  d'abord  sous 
l'invocation  de  saint  Médard,  elle  reçut  le  corps  de  saint  Géry  dont  elle 
prit  bientôt  le  nom  (vers  l'année  625).  Elle  est  citée,  dans  le  traité  de 
Mersen  (870)  comme  faisant  partie  du  lot  de  Charles-le-Chauve.  Elle  fut 
détruite  en  1540  par  ordre  de  Charles-Quint  qui,  sur  son  emplacement, 
fît  élever  la  citadelle  de  Cambrai. 

Saint-Germain  (Sancti  Germani  Monasterium), 

65.  RP  en  monogramme,  le  irait  d'abréviation  est  muni  d'un  appendice  vertical 
qui  semble  en  faire  un  T,  en  dessous  une  croix  dont  chaque  bras  se 
retourne  en  crochet^  deux  points  et  un  groupe  de  trois  points  dans  le 
champ,  cercle  de  grènetis; 
5f  SCI-GRNl,  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  R  et 
N  liés,  la  première  ligne  se  termine  par  un  groupe  de  trois  points,  cercle 
de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  vente  Jarry Valeur  600  fr. 

C'est  avec  une  certaine  hésitation  que  je  présente  la  lecture  Sancti- 
Germani  ;  cependant  je  n'en  vois  aucune  autre  qui  détermine  et  emploie 
d'une  manière  plus  satisfaisante  les  caractères  de  la  légende. 

La  légende  adoptée,  il  reste  encore  à  déterminer  à  quelle  abbaye  de 
Saint-Germain  doit  être  donné  notre  denier.  Or,  je  ne  vois,  ni  dans  les 
deniers  de  seconde  race  à  légende  certaine,  ni  dans  les  deniers  méro- 
vingiens, de  sigle  analogue  à  la  croix  que  présente  le  droit  de  notre 
denier.  Trois  grandes  abbayes  ont  porté  le  nom  de  Saint-Germain  : 
Saint-Germain-des-Prés  qui,  d'abord  érigé  sous  le  vocable  de  Sainte-Croix, 
prit  en  754  le  nom  de  Saint-Germain  ;  puis  Saint-Germain  l'Auxerrois 
(diocèse  de  Paris)  qui,  fondé  vers  55 1 ,  porte  le  nom  de  Monasterium 
dans  un  diplôme  de  Louis-le -Débonnaire  (820)  et  dont  il  est  dit,  dans 
un  diplôme  de  Charles-le-Chauve  (862)  :  a  . . .  quod  a  priscis  temporibus 
S.  Germani  Antissiodorensis  dicitur.  »  Mais  Saint-Germain-rAuxerrois 
dépendait  de  Saint-Germain-des-Prés  et  le  bénéfice  résultant  du  mon- 
noyage  ne  figure  nullement  dans  le  Polyptique  de  l'abbé  Irminon. 


SECONDE  RACE.  77 

Il  ne  reste  plus  que  Saint-Germain  d'Auxerre  (car  nous  pouvons 
négliger  plusieurs  petits  monastères  du  nom  de  Saint-Germain,  tels  que 
Saint-Germain-de-Luzignan ,  etc.).  Saint-Germain  d'Auxerre  fut  fondé 
vers  Tannée  422  sous  l'invocation  de  Saint-Maurice  par  le  saint  évêque 
d'Auxerre.  Celui-ci  étant  mort  à  Ravenne  en  450,  son  corps  fut  rapporté 
à  l'abbaye  de  Saint-Maurice  qui  désormais  fut  connue  sous  le  vocable  de 
Saint-Germain.  Cette  abbaye  était  illustre  entre  toutes  par  ses  écoles 
que  fréquentaient  plus  de  cinq  mille  écoliers.  Elle  avait  reçu  de  Pépin- 
le-Bref,  de  Charlemagne  et  de  Louis-le-Débonnaire  de  nombreux  privi- 
lèges. Si  donc,  je  le  répète,  la  lecture  Sancti-Germani  est  admise,  il 
n'y  a  que  Saint-Germain  d'Auxerre  qui  puisse  revendiquer  cet  atelier 
monétaire. 

Saint-Marcel  (Sancti  Marcelli  Monasterium). 


66.  RXFj  R  et  X  liés,  trois  points  avant  R,  deux  points  avant  F,  cercle  de  grènetis; 
ÇT  SCI'— MAR%  en  deux  lignes,  séparées  par  une  barre  horizontale,  A  et 
R  liés,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d*Imphy    .     .     .    Valeur  5oo  fr. 

a  On  trouvera  plus  loin,  au  chapitre  de  Charlemagne,  la  description 
d'un  denier  qui  porte  la  même  légende,  disposée  de  la  même  façon  et 
qui  a  été  certainement  frappé  dans  le  lieu  où  celui-ci  a  été  fabriqué. 

On  connaît  un  denier  de  Pépin,  émis  à  Saint-Martin  de  Tours  avec 
la  légende  SCIMARTN  [R.  N.  Fr.  1842,  pi.  XXIV,  n«2;  cf.  t.  IX.  1844, 
p.  273)  et  un  denier  de  Charlemagne  portant  SCIMARTINI,  pièce  dont 
un  exemplaire  existe  dans  la  trouvaille  d'Imphy.  On  n'admettra  sans 
doute  pas  que  la  légende  SCI-MAR  s'applique  au  célèbre  monastère,  si 
Ton  remarque  avec  quel  soin  le  nom  de  Saint-Martin  est  écrit  sur  les 
monnaies  mérovingiennes  de  Tours,  de  Banassac.  M.  Duchalais  a 
montré  que  le  triens  attribué  à  Saint-Martin  d'Amiens  devait  se  lire 
GEMELLOS  MARcasios,  et  il  est  évident  que  le  triens  publié  par  Mader 
(Kritische  BeitrœgCy  t.  III,  pi.  I,  n*  4.  —  Combrouse,  Monét.  Mérov.^ 
pi.  XXXVII,  n*  7)  et  qui  porte  RATIOSCIMAR,  avec  ECLE  dans  le 
champ  du  revers,  n'appartient  pas  plus  au  monastère  de  Saint-Martin 
de  Tours  que  la  monnaie  de  Blois,  BLATOMOSCIMAR. 

Le  monastère  de  Saint-Martial  de  Limoges  n'était  connu  que  sous 
le  nom  du  Saint-Sauveur  jusqu'au  moment  où  Louis-le-Débonnaire  y 
transporta  le  corps  du  bienheureux  évêque. 


78  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Nous  avions  pensé  à  Saint-Marien  d'Auxerre  (Sancti-Mariani  monas- 
terium),  abbaye  fondée  par  saint  Germain  et  restituée  en  Tan  800  par 
Charlemagne  à  l'évêque  Aaron.  Mais  il  paraîtrait  que  cette  abbaye  est 
une  de  celles  que  Charles-Martel  avait  livrées  aux  mains  des  laïques  et 
que  c'est  ce  qui  avait  rendu  nécessaire  la  restitution  dont  il  vient  d'être 
parlé. 

11  nous  semble  que  SCIMAR  désigne  Saint-Marcel  de  Chalon-sur- 
Saône,  monastère  fondé  vers  584  par  le  roi  Contran,  dont  les  moines 
sont  cités  dans  un  diplôme  de  Dagobert  de  Tan  636,  que  Charles-le- 
Chauve ,  en  870 ,  indique ,  dans  son  partage  avec  son  frère  Louis ,  par 
ces  mots  Sancti-Marcelli  ^  et  dont  -Charlemagne  parle  ainsi  dans  une 
Charte  de  779:  <t  Magnificus  Hucbertus  episcopus,  rectos  que  basilicae 
Sancti-Marcelli ,  quae  ponitur  sub  oppidum  Cabilonicae  urbis,  ubi  ipse 
pretiosus  dominus  in  corpore  requiescit,  nostrae  celsitudini  intulit 
suggestionem,  eo  quod  antecessores  nostri  anteriores  Reges,  vel  bonae 
memoriae  domnus  et  genitor  nos  ter  Pipinus  quondam  rex  per  eorum 
praeceptiones,  intégras  immunitates  ipsi  monasterio  concesserint.i^  (de 
Longpérier,  Rep.  N.  Fr.  i858,  p.  220.) 

Je  ne  veux  nullement  contester  à  l'abbaye  de  Saint-Marcel  de  Châlon, 
à  l'exclusion  des  autres  abbayes  du  même  nom,  l'émission  de  ce  denier. 
Je  dois  seulement  faire  remarquer  que  les  deniers  de  Saint-Martin,  au 
nom  de  Pépin,  cités  par  M.  de  Longpérier,  sont  ceux  que  l'on  trouvera 
gravés  sous  les  numéros  67  et  69,  et  qu'aucun  d'eux  ne  porte  comme 
légende  SCIMARTN.  Quant  au  monétaire  que  porte  RACIOSCIMAR,  je 
crois  qu'il  appartient  bien  au  grand  monastère  de  Tours.  Si  je  rejette, 
pour  notre  denier,  lattribution  à  Saint-Martin,  c'est  que  jamais  je  n'en 
ai  vu  le  nom  écrit  en  deux  lignes,  mais  toujours  en  légende  circulaire. 
Au  résumé,  je  propose,  avec  M.  de  Longpérier,  l'attribution  à  Saint- 
Marcel  ,  mais  il  n'y  a  là  aucune  certitude  et  le  champ  reste  ouvert  aux 
recherches  ultérieures. 

Saint- Maurice 7  (Sancti  Mavrtcii  Monasterium.) 


67.  RXP  en  monogramme^  point  dans  la  boucle  de  TR,  cercle  de  grènetis; 
!Çr  SCIM'>RI"*;  au  centre  S  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Ce  denier,  publié  dans  la  Rev.  N.  Fr.  1843,  p.  443,  et  dans  celle  de 
1844,  p.  273,  porte  une  légende  où  les  seules  lettres  lisibles  certainement 


SECONDE  RACE.  79 

sont  SCIM...  R;  avant  TR  je  crois  voir  un  V  renversé  et  après  TR  un  I; 
je  me  crois  autorisé  à  lire  SANCTI  MAVRICII.  Il  est  certain  que  la 
place  laissée  entre  M  et  R  est  trop  grande  pour  la  seule  lettre  A. 

Entre  toutes  les  abbayes  sous  le  vocable  de  Saint-Maurice,  quelle  est 
celle  à  laquelle  doit  être  attribué  notre  denier.  Est-ce  l'abbaye  de  Saint- 
Maurice  près  Sens,  qui  prit  ensuite  le  nom  de  Saint-Remy?  N'est-ce  pas 
plutôt  le  célèbre  monastère  d'Agaune  ou  Saint- Maurice  en  Valais? 
Fondée  au  milieu  du  cinquième  siècle  en  l'honneur  des  chefs  de  la  légion 
thébaine,  solennellement  consacrée  sous  les  auspices  du  roi  de  Bour- 
gogne, Sigismond  (5 16),  l'abbaye  de  Saint-Maurice  fut  ravagée  parles 
Langobards  en  574,  suivant  Grégoire  de  Tours;  autour  de  l'abbaye 
s'était  fondé  le  village  fortifié  de  ce  même  nom  de  Saint-Maurice.  Ce 
monastère  eut  pour  abbé  S.  Althaeus,  parent  de  Charlemagne  et,  disent 
aussi  les  chroniques,  l'empereur  Arnould,  fils  de  Carloman.  Comblé  de 
faveurs  par  les  rois  carolingiens,  je  ne  trouve  cependant  nulle  part  que  le 
droit  de  frapper  monnaie  lui  ait  été  accordé.  L'S  du  centre  ne  serait-i 
pas  l'initiale  de  SEDUNIS,  évêché  dont  dépendait  l'abbaye  de  Saint- 
Maurice  en  Valais. 

Saint-Martin  (Sancti  Martini  Monasterium), 


68.  PiP~R"  en  deux   lignes;   entre  VI  et   le  P,  croisetle  cantonnée  de  quatre 

points^  cercle  de  grènetis; 
5^*SCIMARTINI  en  légende  circulaire   entre  deux  grènetis;  au  centre 
globule. 
Denier.  Cab.  de  Fr.  ;  vente  Jarry .    Valeur  700  fr. 

69.  Pi  Pi — REX  en  deux  lignes,  entre  TI  et  le  P  croisette,  cercle  de  grènetis. 

Revers  semblable  à  celui  du  n*'  68. 

Denier.  Dessin  communiqué  par  M.  de  Barthélémy. 

Ces  deux  pièces,  d'émission  différente,  se  complètent  Tune  l'autre. 
La  seconde  a  été  publiée  par  M.  B.  Fillon  dans  la  Rep.  N.  Fr.  1844.  Il 
écrit  seulement  ceci:  «Ce  denier,  que  j'ai  vu  à  Nantes  dans  les  cartons 
de  la  Société  des  beaux-arts,  a  été  trouvé,  m'a-t-on  dit,  dans  le  départe- 
ment de  la  Loire-Inférieure.» 

Les  deux  deniers  portent  le  vocable  de  Saint-Martin,  mais  à  quelle 
abbaye  de  ce  nom  faut-il  les  attribuer?  Pour  donner  une  idée  de  la 
difficulté  que  présentent  de  semblables  attributions,  quand  aucun  signe 
particulier  ne  vient  servir  de  guide,  je  vais  donner  une  liste  abrégée  des 


8o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

diverses  abbayes  de  ce   nom  qui  existaient  sous  les  premiers   rois 
carolingiens  : 

Nous  avons: 


S.  Mart 
s.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 


n  de  Champeaux  (diocèse  de  Paris)  existant  avant  l'année  700. 

n  des  Champs  (diocèse  de  Paris)^  qui  existait  du  temps  de  Childebert  III. 

n  du  Val  (diocèse  de  Chartres)^  dont  l'existence  est  constatée  sous  la  i"*  race. 

nus  Cronensis  (dioccse  de  Ciermoni). 

n  de  Limoges,  fondée  par  un  frère  de  S.  Eloi. 

nus  major  ou  ad  Scotos  (diocèse  de  Cologne),  fondée  par  Pépin  et  Plectrude. 

n  de  Tournai,  fondé  en  652. 
Dans  un  diplôme  de  Charles-le-Chauve  en  date  de  843,   il  est  fait  mention  des 
abbayes  :   S.    Martini   de  Cassiiaco  et   S.   Martini  de  Magavese,  toutes  deux 
dans  le  diocèse  d'Autun. 


S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 
S.  Mart 


n  d'Autun,  fondée  par  Brunehaut  à  la  fin  du  VI*  siècle. 

n  de  Mdcon  qui  existait  bien  avant  879. 

n  de  Beaune. 

n  de  Monte  Rotundo  (diocèse  de  Narbonne)  (Montredon). 

n  de  Cauquenne  (diocèse  de  Narbonne). 

n  de  Lez  (diocèse  d'Alet). 

n  aux  jumeaux  (diocèse  d'Amiens). 

n  (diocèse  d'Auxerre). 

n  (diocèse  de  Ne  vers). 
La  grande  abbaye  de  S.  Martin  de  Trêves. 
S.  Martin  de  Metz,  fondée  par  Sigebert,  roi  d'Austrasie. 
S.  Martin  (diocèse  de  Toul). 
Enfin  la  grande  abbaye  de  S.  Martin  de  Tours. 

Si  le  renseignement  donné  à  M.  B.  Fillon  est  exact,  si  le  denier 
n°  69  a  bien  été  trouvé  dans  le  département  de  la  Loire-Inférieure,  il  y  a 
probabilité  qu'il  ait  été  émis  par  Tatelier  de  Saint-Martin  de  Tours. 
Nous  verrons,  dans  la  suite,  plusieurs  autres  deniers  portant  la  même 
légende,  mais  qui  ne  sortent  certainement  pas  tous  de  la  même  officine; 
pour  chacun  d'eux  l'embarras  sera  le  même.  Et  ce  qui  existe  pour  les 
monnaies  au  nom  de  Saint-Martin,  se  représente  pour  toutes  les  pièces 
qui  portent  des  noms  tels  que  Saint-Marcel,  Saint-Maurice,  Saint-Pierre 
et  surtout  Sainte-Marie.  Je  ne  saurais  trop  recommander  de  bien  tenir 
compte  du  lieu  où  se  rencontreront  les  diverses  monnaies  frappées  par 
des  abbayes.  La  localisation  est  presque  de  règle  dans  ces  pays  où  la 
circulation  était  peu  active,  surtout  à  de  grandes  distances.  Quand,  à 
deux  reprises  successives,  un  denier  portant  un  nom  de  saint  aura  été 


SECONDE  RACE.  8i 

rencontré  dans  la  même  contrée,  on  pourra  être  certain  que  l'atelier  qui 
Ta  produit  existait  dans  un  cercle  très  rapproché.  Nous  serions  souvent 
bien  moins  embarrassés  si  nous  savions  le  point  précis  où  ont  été 
découvertes  toutes  les  monnaies  carolingiennes  qui  nous  sont  connues. 

Saint-Pierre  (Sancti  Pétri  Monasterium). 

70.  RP  en  monogramme,  point  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 

5^  SCI  — PETRI  en  deux  lignes,  le  T  est  lié  à  TR,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  découverte  d*Imphy     ....    Valeur  400  fr. 

Si  nous  ne  connaissions  pas  d'autre  denier  de  Saint-Pierre  que  celui-ci, 
nous  serions  aussi  indécis  que  pour  les  deniers  de  Saint-Martin.  Mais 
nous  avons  vu  que  les  découvertes  de  Glizy  et  de  Compiègne  contenaient 
chacune  des  espèces  au  nom  de  Saint-Pierre;  de  plus,  dans  la  découverte 
d'Arras,  nous  avons  trouvé  ce  même  vocable  de  Saint-Pierre  au  revers 
d'un  denier  portant  comme  légende  de  droit  CORBIENSIS.  Or,  d'après 
le  principe  que  nous  avons  posé  plus  haut,  c'est  dans  les  environs 
d'Amiens  et  de  Compiègne  que  doivent  avoir  été  frappés  les  deniers  au 
nom  de  Saint-Pierre  que  renfermaient  les  trésors  de  Compiègne  et  de 
Glizy.  Si  l'on  examine  la  carte  de  ces  contrées,  on  voit  que  Corbie  se 
trouve  à  peu  près  au  centre  d'un  triangle  ayant  pour  sommets  Amiens, 
Arras  et  Compiègne.  Il  remplit,  par  conséquent,  toutes  les  conditions 
demandées  pour  la  revendication  des  deniers  et  oboles  de  Saint-Pierre. 

Il  est  vrai  qu'Imphy  est  loin  de  Corbie  et  que  le  denier  n®  70,  se 
trouvant  à  plusieurs  exemplaires  dans  le  trésor,  pourrait  appartenir  à 
une  autre  abbaye  du  même  nom.  Je  ne  m'oppose  nullement  à  ce  qu'on 
cherche  une  autre  attribution  parmi  les  nombreux  monastères  placés 
sous  l'invocation  du  prince  des  apôtres  et  plus  rapprochés  du  lieu  de 
l'enfouissement. 

M.  de  Longpérier,  trouvant  une  certaine  analogie  de  fabrication  entre 
notre  denier  et  celui  de  Troyes,  que  Ton  verra  plus  loin,  croit  devoir  le 
donner  à  Saint-Pierre-le-Vif,  illustre  abbaye  fondée  à  Sens  dans  le 
VP  siècle.  Cette  attribution  serait  d'autant  plus  acceptable  que  Sens  se 
trouve  à  une  distance  peu  considérable  d'Imphy. 

Sainte-Marie  (Sanct^e  Marine  Monasterium). 

71.  RP  en  monogramme,  deux  points  dans  le  champ; 

ÇT  se A.~ MARIA  en  deux  lignes  séparées  par  un  trait,  trois  points  dans 
le  champ^  traces  d'un  cercle  de  grènetis. 

11 


82  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Je  n'ai  eu  connaissance  de  ce  denier  qu'après  que  les  planches  étaient 
gravées,  j'en  donne  ci-dessous  la  gravure  sur  bois.  Il  faisait  partie  de  la 
collection  de  M.  le  Docteur  Voillemier  et  a  été  publié  par  M.  Ch.  Robert 
qui  l'attribue  à  Sainte-Marie  de  Verdun.  Pour  moi  ce  type  n'est  nulle- 
ment austrasien;  il  se  rapproche  bien  plus  des  deniers  émis  à 
Saint  Etienne,  Saint-Marcel,  etc.  Mais,  ainsi  que  je  l'ai  dit,  il  y  a  tant  de 
monastères  sous  le  vocable  de  Sainte-Marie  que  le  choix  est  bien  difficile. 
C'est  un  problème  dont  je  n'ai  pas  la  solution. 


Lieu  indéterminé. 

71.  Je  renvoie  au  dessin  de  ce  denier  pour  la  lecture  du  revers; 
le  droit  contient  certainement  les  lettres  SCI,  abréviation  de  SANCTI, 
les  trois  points  en  triangle  sont,  comme  la  croix  pommetée,  l'indication 
d'une  fabrication  austrasienne.  Mais  il  m'est  impossible  de  déterminer 
l'atelier  où  cette  curieuse  monnaie  a  été  frappée.  Elle  est  indubitable- 
ment contemporaine  de  Pépin-Ie-Bref,  mais  pourquoi  ne  présente-t-elle 
pas  le  nom  du  roi?  serait-ce  seulement  un  denier  d'inauguration  de 
monastère  (peut-être  Saint -Martin  de  Cologne  fondé  par  Pépin  et 
Plectrude)  ?  serait-ce  simplement  un  bijou  ou  un  ornement?  je  ne  sais. 
Cette  pièce  intéressante  fait  partie  de  la  collection  de  notre  regretté 
confrère  M.  le  docteur  Voillemier.  Elle  a  été  publiée  par  Van-der-Chijs 
qui  a  renoncé  à  en  donner  une  lecture  satisfaisante.  Elle  avait  été 
trouvée  dans  les  fouilles  de  Dorestadt. 

Strasbourg  (Argentoratensis  Civis^  Argentoratum  Civîtas). 
72.  RP  en  monogramme^  un  point  dans  le  champ,  cercle  de  grénetis; 

5f  "CIVARGRAT  en  légende  circulaire  autour  dune  croîsette,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  600  fr. 

Fougères  et  Combrouse,  en  publiant  ce  denier,  avaient  lu  et  écrit 
CIVARORAT,  et  le  donnaient  à  l'atelier  d'Arras.  M.  de  Saulcy,  discutant 
cette  attribution  {Rev.  N.  Fr.  i838),  disait:  «Jamais  CIVARORAT  n'a 
pu  signifier  Arras,  dont  le  nom  est  Civitas  Atrebatensis ;  il  faut  donc 


SECONDE  RACE.  83 

chercher  une  autre  attribution.  J'aimerais  mieux  admettre,  dans  le 
mot  ARORAT,  quelque  contraction  qui  permit  d'y  voir,  par  exemple 
Argentoratum  (Strasbourg)».  Combien  plus  affirmatif  encore  eût  été 
notre  cher  et  illustre  maître,  s'il  eût  vu  la  pièce  elle-même  et  lu  la 
légende  telle  qu'elle  existe  :  CIVARGRAT  et  non  CIYARORAT. 

Troyes  (Trecas  ou  Tricas  Civitas). 


73.  RP  en  monogramme^  point  sous  la  boucle  du  P,  cercle  de  grènetis; 

5^  TRI— CAS  en  deux  lignes,  croisette  légèrement  pommetée  au  commen- 
cement de  la  première  ligne,  cercle  de  grènetis. 

Denier.    Cab.    de  Fr.  ;    Coll.   de  P.  d'A.  ;    ma   collection;   découverte 
d'Imphy Valeur  325  fr. 

Dans  le  denier  qui  faisait  partie  du  trésor  d'Imphy,  la  croisette,  non 
pommetée,  est  au  commencement  de  la  seconde  ligne. 

L'exemplaire  du  cabinet  de  France  est  celui  qui  a  été  publié  par 
M.  de  Longpérier,  dans  sa  notice  sur  la  collection  Rousseau. 

Il  n'y  a  rien  à  dire  sur  ce  denier,  dont  Tattribution  est  certaine  et  qui 
ne  présente  aucun  caractère  particulier. 

Planche  IV. 

Vénasquet  (Vindausca,  Venasca  Civitas). 

74.  RP  en  monogramme^  point  au  centre,  trait  d'abréviation  au-dessus,  cercle  de 

grènetis;  lettres  pommetées; 
Çf  CVIIVSCO  en  cercle  autour  d*une  croisette,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy    .     .     .    Valeur  3oo  fr. 

Dans  une  notice  publiée  en  i856  sur  un  denier  de  Charlemagne, 
M.  de  Longpérier  proposait  l'attribution  à  la  ville  de  Vénasque. 

Pour  moi,  je  ne  puis  admettre  cette  attribution  à  Vénasque.  Il  me 
semble  d'abord  que  la  terminaison  SCO  ne  peut  être  admise  pour  SCA, 
étant  donné  surtout  qu'il  n'y  a  pas  là  une  erreur  de  graveur,  puisqu'elle 
est  la  même  sur  le  denier  de  Pépin  et  sur  celui  de  Charlemagne.  De 
plus,  et  c'est  une  remarque  générale,  la  première  lettre  de  la  légende  est 
généralement  la  mieux  formée  de  toutes  et  ici  le  V  est  une  lettre  dou- 
teuse. Il  me  paraît  bien  plus  naturel  de  lire  la  légende  en  commençant 
par  S  et  ainsi  l'on  trouvera  SCO  CIVIN  légende  que  l'intercalation  de 


84  MONNAIES  FRANÇAISES. 

peu   de  lettres  pourrait  compléter.   Ainsi  Ton  pourrait  lire   SlOC(or) 

VIN(o),  SCOC(er)  Vl(rfw)  N(o),  etc. 

Il  faut  aussi  remarquer  que  sous  Pépin,  les  légendes  circulaires  sont 
rares.  Nous  les  trouvons  seulement  à  Sainte-Croix,  Mayence,  Louvain, 
Neuss  (ou  Soissons  ou  Sens),  Saint-Martin,  Strasbourg,  Saint-Maurice 
et  enfin  Verdun,  toutes  localités  appartenant  à  TEst  et  au  Nord-Est, 
et  ne  paraissant  convenir  à  Vénasque,  cité  bien  plus  voisine  de  la 
Provence. 

Verdun  (Virdvnvn  Civitas). 


75.  KXF,  R  et  X  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çr  VIR-DVN   en   deux    lignes   séparées   par   un   trait  horizontal,  ce  trait 
placé  entre  une  croisette  et  un  groupe  de  trois  points. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy     .     .     .     Valeur  400  fr. 

76.  RXF,  R  et  X  liés,  point  dans  la  boucle  de  R,  croisette  pommetée  avant  R, 

cercle  de  grèneiis; 
!Çr  VIR-VN  en  deux  lignes,  DV  écrit  en  rétrograde^  trait  horizontal  entre 
un   annelet  et  une  croisette   pommetée   séparant   les   deux   lignes   de  la 
légende,  cercle  de  grènetis. 

77.  RXF,  R  et  X  sont  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  VIR^DVN    en   deux   lignes   courbes  autour  d'une  croisette  pommetée, 
deux  groupes,  l'un  de  trois  points,  l'autre  de  deux  points,  séparent  les  deux 
lignes  de  la  légende,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  découverte  d'Imphy     ....     Valeur  400  fr. 

Le  n°  75  faisait  partie  du  trésor  d'Imphy  qui  en  contenait  encore 
un  autre  exemplaire  (n^  77).  A  propos  de  ce  dernier,  M.  de  Longpérier 
disait  :  «  La  forme  de  TN  qui  termine  la  légende,  se  remarque  dans  le 
nom  FIRMINVS,  découvert  en  1697  ^^^^  ^^  crypte  de  Saint-Acheul  et 
qui  a  donné  lieu  à  une  si  vive  polémique.  On  voit  encore  cette  forme 
six  fois  répétée  dans  Tépitaphe  du  martyr  Gordien,  Galliae  nuncius, 
que  dom  Mabillon  et  dom  Michel  Germain  considèrent  comme  un 
spécimen  de  la  vieille  écriture  gauloise.  Enfin  ce  caractère  appartient  à 
Tonciale  cafoline  de  nos  vieux  manuscrits.  »  {Rep.  N.  Fr.  i858,  p.  225). 

Le  n**  76  a  été  copié  sur  un  dessin  donné  par  M.  Ch.  Robert  {Mon- 
naies du  Nord-Est  de  la  France).  L'annelet  qui  précède  la  barre 
horizontale  serait,  selon  moi,  un  D  et  compléterait  la  légende  VIRDVN. 

Un  trait  caractéristique  de  ces  trois  deniers,  c'est  la  présence  de  la 
croix  pommetée  et  du  groupe  de  trois  points.  Ainsi  qu'on  Ta  déjà  vu, 


SECONDE  RACE.  85 

c'est  là  un  caractère  propre  aux  monnaies  du  nord  et  de  Test  de 
l'empire  frank.  Cette  particularité  nous  a  été  et  nous  sera  d'un  grand 
secours  pour  le  classement  de  certaines  pièces  d'attribution  douteuse. 

Monnaies  indéterminées. 


78.  RXF,  R  et  X  liés^  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis; 

5^  Au    centre   un   cercle    avec   point   au   centre,   sur   ce  cercle   s'appuient 
quatre  sigles  en  forme  de  Y  avec  les  extrémités  pommetées,  dans  chacun 
des  cantons  formés  par  ces  quatre  sigles  un  point,  cercle  de  grènetis. 
Denier  fracturé.  Coll.  d.  P.  d'A Valeur  i5o  fr. 


79.  RNP  en  monogramme,  dans   le  champ  deux   points  et   un  trait  qui  semble 

former  un  A  avec  les  deux  jambages  de  TN,  cercle  de  grènetis; 
]^  Croix  pommetée  cantonnée  de  deux  points  aux   deuxième  et  troisième 
cantons,  autour  se  voient  des  caractères  indéterminés  alternant  avec  des 
points;  cercle  de  grènetis. 

Ce  denier,  publié  par  Van-der-Chijs,  pi.  X,  n*  19,  a  été  trouvé  à  Dore- 
stadt.  Que  veulent  signifier  les  caractères  qui  entourent  la  croix  du 
revers  ?  Je  n'en  sais  rien,  et  il  me  semble  difficile  d'arriver  à  les  déter- 
miner. 

80.  Personnage  nimbé  debout  et  de   face   tenant   de   la   main   droite   une  croix; 

entre  le  pied  de  la  croix  et  les   jambes  du  Saint,   je  crois  reconnaître  les 
lettres  EAR,  un  point  au  bas  de  la  pièce  et  dans  l'intérieur  du  E; 
!Çf  ROFP,  R  et  X  sont  liés,  au-dessous  il  me  semble  voir  une  hache  ou 
francisque,  point  sous  la  boucle  du  P  et  sous  la  francisque. 

Ce  denier,  trouvé  à  Dorestadt  en  1844,  a  été  publié  par  Van-der-Chijs, 
pi.  IX,  n®  7.  Le  savant  hollandais  n'accompagne  sa  description  d'aucun 
commentaire.  Il  faut  espérer  qu'un  exemplaire  plus  complet  ou  mieux 
conservé  permettra  de  bien  déterminer  les  lettres  du  champ.  En  tous 
cas,  la  présence  de  la  francisque  cantonne  nos  recherches  dans  le  nord 
de  TAustrasie. 

Si  l'on  voulait  ne  pas  tenir  compte  du  premier  caractère,  beaucoup 
plus  douteux  que  les  deux  autres,  il  resterait  les  deux  lettres  AR,  peut- 
être  Herstal  (Aristallium)  : 

En  tous  cas,  il  est  intéressant  de  comparer  cette  pièce  avec  les  deniers 
de  Chartres  au  type  de  Saint-Chéron  debout  (pi.  II,  n*  21  et  22). 

81.  nPIPI,  croisette  à  long  pied  au-dessus  du  premier  P^   francisque  au-dessous^ 

cercle  de  grènetis; 


86  MONNAIES  FRANÇAISES. 

IjC  Personnage  couronné^  marchant  à  droite,  tenant  du  bras  droit  une 
croix^  du  bras  gauche  un  sceptre  ou  une  crosse^  en  dessous  un  point^ 
légende  en  deux  parties  de  chaque  côté  du  personnage^  point  au-dessous^ 
cercle  de  grènetis. 

C'est  encore  à  Van-der-Chijs  que  nous  devons  la  connaissance  de  ce 
denier  austrasien  trouvé  aussi  dans  les  fouilles  de  Dorestadt.  Pas  plus 
que  lui  je  ne  saurais  donner  un  sens  à  la  légende  du  revers.  C'est  aussi 
en  1844  9^'^  é^é  trouvée  cette  curieuse  médaille. 

Il  sera  bon  de  le  comparer  au  n"*  gS  de  la  planche  IV  où  le  personnage 
du  revers  et  la  disposition  de  la  légende  ont  une  ressemblance  très 
curieuse  avec  ceux  de  notre  denier. 

82.  Ce  denier  très  incomplet   a  été  publié   par  Rethaan-Macaré  et   provient  des 

fouilles  faites  sur  la  plage  de  Dombourg.  J'y  vois  un  R  lié  à  un  X  avec 
trois  points  dans  le  champ  et  sur  l'autre  face  un  monogramme  composé 
des  lettres  N  et  R  écrites  au  rebours  avec  un  E  ou  un  F  adossé  à  TR. 
Entre  les  jambages  de  TR  se  trouve  un  signe  que  je  ne  saurais  déterminer. 

Quelle  est  la  localité  représentée  par  les  lettres  du  monogramme  du 
revers?  Je  ne  sais;  M.  Rethaan-Macaré  y  veut  voir  le  nom  de  Pépin; 
je  crois  qu'il  est  dans  Terreur  ;  ce  nom  se  trouve  représenté  par  l'R  du 
droit  qui  se  décompose  en  PRX;  puis  que  viendrait  faire  l'E  ou  l'F  du 
revers  ?  C'est  là  une  pièce  qu'on  ne  peut  déterminer  sur  des  élémens 
aussi  tronqués.  Il  faut  attendre  l'apparition  d'un  exemplaire  plus  complet. 

83.  PIPI— NVS  en  deux  lignes,  quatre  points  dans  le  champ; 

5^  F  Rj  TR  est  rétrograde,  trait  d'abréviation  au-dessus,  dans  le  champ 
étoile  à  six  pointes,  un  point  et  un  groupe  de  trois  points. 

Trois  pièces  à  ce  même  type  ont  été  publiées  par  Le  Blanc,  et  n'ont 
jamais  été  retrouvées  en  nature.  Je  fais  graver  celle-ci,  que  j'ai  citée  plus 
haut  (pag.  19),  parce  que  l'étoile  à  six  pointes  et  le  groupe  de  trois  points 
circonscrit  les  recherches  pour  son  lieu  d'émission  ;  elle  appartient  à  la 
région  nord  de  l'Austrasie. 

Monnaies  d'or  au  type  Langobard. 

84.  CARLEMAN  RX  en  monogramme,  croisette  sur  CR,  dans  le   champ  quatre 

petites  lettres  qui  paraissent  être  SGRP  ; 
5^  Monogramme  paraissant  composé  des  lettres  CARLERX  ou  CARLFRX 
au-dessus  et  au-dessous  deux  caractères  indéterminés. 
Ecu  d'or.  Coll.  Ferrari Valeur  1,800  fr. 


SECONDE  RACE.  87 

85.  CARLEMAN   REX  en   monogrammCj   dans   le   champ  quatre  caractères  ou 

petites  lettres  qui  semblent  être  SOAS,  large  bordure  unie; 
^  CARLRX  en  monogramme^  dans  le  champ  un   S  au-dessus  du  mono- 
gramme^ un  O  au-dessous^  large  bordure  unie. 

Ecu  d'or.  Ma  collection Valeur  i^Soo  fr. 

Ces  deux  écus  d'or,  du  poids  d'un  tiers  de  sol  romain  et  du  module 
des  écus  frappés  par  les  rois  Langobards,  portent,  sans  contredit,  les 
monogrammes  de  Carloman  et  de  Charles.  Le  premier,  après  être  resté 
assez  longtemps  dans  les  cartons  de  la  maison  Rollin,  est  passé  dans  la 
collection  de  M.  Ferrari.  Le  second  faisait  depuis  assez  longtemps,  ainsi 
que  le  n**  86,  partie  du  cabinet  Carlo  Morbio  de  Milan.  Ils  sont,  lors  de 
sa  vente,  entrés  dans  ma  collection. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  deux  manières  d'expliquer  l'émission  de  ces 
monnaies  tout-à-fait  exceptionnelles  et  étrangères,  au  moins  comme 
fabrication,  tant  au  système  monétaire  carolingien  qu'au  monnoyage 
romain.  Elles  ont  dû  être  émises  lors  de  la  première  campagne  d'Italie 
(en  754),  comme  une  menace  au  roi  Astaulfe  de  transmettre  son  royaume 
aux  deux  fils  du  roi  des  Franks.  Cette  hypothèse  est  confirmée  par  la 
pièce  suivante. 

86.  SDNAVSTVLFRI,  dans  le  champ  CRX  en  monogramme,  S  dessous,   large 

bordure  lisse; 
5^  SCSlIIin.,,   Saint-Michel   tenant   une   croix   à   long  pied   et   marchant 
à  gauche,  large  bordure  lisse. 
Ecu  d'or.  Ma  collection;  poids  iJ%io Valeur  2,000  fr. 

Cet  écu  d'or,  frappé  à  l'imitation  des  monnaies  d  or  lombardes,  n'en 
diffère  que  par  le  monogramme  de  Charles  qui  se  trouve  dans  le  champ 
du  droit.  On  aurait  pu  douter  de  la  vraie  signification  des  lettres  qui  le 
composent,  si  Ion  n'avait  eu  pour  guide  les  deux  écus  n**  84  et  8!),  le 
dernier  surtout.  Lors  de  Ja  seconde  campagne  de  Pépin  en  Italie, 
Astaulfe  était  mort  (ySô);  c'est  donc  à  l'année  754  que  doit  être  rapportée 
aussi  l'émission  de  cet  écu  d'or.  Cette  pièce,  des  plus  intéressantes,  nous 
indique  un  fait  dont  les  historiens  n'ont  fait  mention  nulle  part  :  la 
reconnaissance  par  Astaulfe  de  la  suzeraineté  du  roi  des  Franks  et  d'une 
sorte  de  lieutenance  du  royaume  langobard  (souvenir  de  la  Mairie  du 
Palais)  établie  par  Pépin  en  faveur  de  son  fils  Charles.  Le  roi  des  Franks 
dut  cependant  rappeler  promptement  son  fils  près  de  lui,  car  les  mon- 
naies d'Astaulfe  ne  sont  pas  rares,  et  cet  écu  est  le  seul  connu  jusqu'à  ce 
jour  qui  contienne  le  monogramme  de  Charles. 


88  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Je  me  suis  étendu  longuement  sur  toutes  ces  monnaies  du  règne  de 
Pépin.  Plus  j'avancerai  dans  mon  travail,  plus  il  se  simplifiera.  Je 
rencontrerai  presque  tous  les  ateliers  dont  j'ai  déjà  eu  à  parler;  je  n'aurai 
plus  qu'à  les  mentionner,  laissant  de  côté  toute  discussion  et  toute 
controverse,  renvoyant  simplement  le  lecteur  à  ce  qui  a  déjà  été  dit  sur 
chacun  d'eux.  Pour  les  localités  nouvelles  je  procéderai  de  même  façon 
que  je  l'ai  déjà  fait  et  j'aurai  ainsi,  je  l'espère,  présenté  un  ensemble 
aussi  complet  que  possible  de  ce  qui  peut  être  dit  actuellement  sur  le 
monnoyage  carolingien. 


Cartoman  (de  768  à  111), 


D'après  le  partage  réglé  par  Pépin,  le  royaume  de  Carloman  com- 
prenait :  la  Burgondie,  la  Provence,  la  Septimanie,  l'AUemanie  et 
l'Alsace,  puis  le  pays  situé  entre  Seine  et  Loire,  avec  les  diocèses  de 
Laon,  Reims,  Châlons,  Senlis  et  Soissons. 

A  son  avènement  au  trône  il  va  s'installer  à  Soissons  dont  il  fait  le 
siège  de  son  gouvernement. 

Il  accompagne  son  père  Karle  dans  sa  campagne  contre  Hunald  qui 
avait  soulevé  toute  l'Aquitaine  ;  mais  les  deux  frères  se  brouillent  et 
Carloman  retourne  dans  son  royaume.  Leur  mère  Bertrade  les  réconcilie 
et  Carloman  meurt  deux  ans  après  (4  décembre  771  j,  laissant  deux  fils 
au  berceau. 


Atelier  indéterminé. 


I.  EARLM  en  monogramme,  cercle  de  grènetis; 

5f  RXF,  R  et  X  liéSj  entre  R  et  F  une  sorte  de  globule  ou  demi-sphère; 
un  point  au  centre,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i55o  fr. 

Ce  denier  que  j'ai  acquis  en  1868,  à  la  vente  du  D""  Colson,  a  cela  de 
particulier  que,  seul  de  tous  les  deniers  de  Carloman,  il  inscrit  dans  le 


SECONDE  RACE.  89 

champ  le  titre  Rex  Francorum.  Il  est,  comme  presque  tous  les  deniers 
du  frère  de  Charlemagne,  sinon  unique,  au  moins  de  la  plus  grande 
rareté. 

Angers?  (ou  Langres). 


2.  EARLO  en  monogramme^  cercle  de  grènetis; 

5^  SAM  DE  en  monogramme^  demi-cercle  de  points  autour  des  lettres  DE, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  1000  fr. 

Excepté  le  monogramme  de  Carloman  mis  au  lieu  et  place  de  celui 
de  Pépin,  ce  denier  est  exactement  semblable  à  celui  qui  est  gravé, 
pi.  I,  n**  I,  et  décrit  à  la  page  6.  J'ajouterai  ceci  à  ce  que  j'ai  dit  au  sujet 
du  denier  de  Pépin,  c'est  qu'Angers  ne  faisant  pas  partie  du  royaume 
de  Carloman,  la  pièce  ici  décrite  ne  peut  avoir  été  frappée  dans  cet 
atelier. 

Arles? 


3.  CARLM  en  monogramme; 

5^  ARGj  deux  points  au-dessous. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A. 

J'ai  donné  le  dessin  de  ce  denier  et  j'ai  eu  tort  peut-être,  car  je  le 
crois  faux  ;  il  n'a  ni  le  poids,  ni  le  module  des  deniers  de  Pépin  et  de 
Charlemagne;  il  ne  ressemble  en  rien  aux  autres  deniers  de  Carloman. 
Le  C  est  rond,  le  premier  jambage  de  l'A  est  courbe  ;  au  revers  l'E  est 
lunaire  ;  tous  ces  caractères  semblent  indiquer  une  imitation  faite  par 
un  faussaire  n'ayant  pas  eu  sous  les  yeux  une  assez  grande  quantité  de 
deniers  de  Carloman  pour  en  prendre  le  style  exact. 

Il  n'est  pas  mauvais,  je  crois,  de  mettre  sous  les  yeux  des  amateurs 
quelques  pièces  fausses,  cela  leur  donne  l'éveil  et  en  même  temps  leur 
fait  connaître  certaines  particularités  auxquelles  se  reconnaît  l'œuvre 
d'un  faussaire. 

Clermont-Ferrand. 


4.  EARLM  en  monogramme^  traces  d'un  cercle  de  grènetis  ; 

I^  ARj  au-dessous  un  sigle  que  je  ne  puis  déterminer^  traces  d*un   cercle 
de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  1200  fr. 

Je  crois  pouvoir  attribuer  à  Clermont  l'émission  de  ce  denier.  Ces 

12 


90  MONNAIES  FRANÇAISES. 

deux  lettres  AR  étaient,  pendant  toute  la  première  race,  la  caracté- 
ristique des  ateliers  arvernes.  Clermont  faisait  partie  de  la  portion 
orientale  de  l'Aquitaine  qui  était ,  en  raison  du  partage  fait  par  Pépin, 
dans  le  lot  de  Carloman.  Ce  denier  avait  été  donné  par  Mory-d'Elvange 
comme  appartenant  au  règne  de  Charlemagne. 

Luitprand  (Levtbrannvs). 

5.  EALRO  en  monogramme,  cercle  de  grènetis; 

ÇT  LEVTBRA  en  légende  circulaire  autour  d'un   cercle^    point   au  centre, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.  ;  découverte  d'Imphy  .     .     .     Valeur  i5oo  fr. 

Voici  encore  le  nom  d'un  de  ces  comtes  ou  marquis  dont  j'ai  expliqué 
le  rôle  sous  les  premiers  carolingiens  à  propos  de  la  monnaie  de  Gaddo. 

<r  Je  lis  sans  hésitation,  a  dit  M.  de  Longpérier  [Rev.  N.  Fr.  i858, 
p.  242),  le  nom  de  LEVTBRANNVS,  quoique  le  commencement  de  la 
légende  ne  soit  pas  marqué.  Les  noms  formés  avec  la  syllabe  LEVT  sont 
très  communs  ;  Leutoldo ,  Leutbaldus ,  Leutherius ,  Leutho. . . .  etc. 
D'autre  part  les  noms  terminés  en  BRANNVS  sont  également  bien 
connus:  Childebrannus ,  Hildebrannus,  Witbrannus...  etc.  C'est  une 
forme  franke,  et  c'est  pour  cette  raison  que  je  l'adopte  quand  il  s'agit 
d'un  monument  exécuté  au  second  tiers  du  VIII*  siècle. 

Enfin,  le  dialecte  lombard,  changeant  le  B  en  P.,  on  trouve  Luit- 
prandus,  Ausprandus,  Auprandus . . . .  De  même  que  Leutbertus  est 
changé  en  Luitpertus  et  Leutboldus  en  Liutpoldus. 

Il  résulte  de  tout  cela  que  le  nom  du  monétaire  Leutbrannus,  celui 
du  notarius  de  l'empereur  Lothaire  et  celui  du  célèbre  roi  dès  Lombards 
Luitprandus,  ne  sont  que  trois  variétés  d'un  même  thème  et  présentent 
exactement  la  même  signification  ». 

Lyon. 


6.  CAHLM  en  monogramme^  cercle  de  grènetis; 
5^  LVGj  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  1000  fr. 

Rien  à  dire  sur  ce  denier;  son  attribution  à  Lyon  n'offre  aucune 
difficulté.  Il  faut  cependant  remarquer  la  forme  du  G  qui  est  la  même 
sur  tous  les  deniers  de  Pépin,  Carloman  et  Charlemagne,  sortis  de 
l'atelier  de  Lyon. 


SECONDE  RACE.  91 

Saint-Aigaan  (Sanctianiani  Monasteriuni). 


7.  CARLOM  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis  ; 

IjC  SCIANIAI  en  légende  circulaire^  au  centre  saint  Aignan  marchant  à 
gauche^  nimbé  et  tenant  une  crosse^  quatre  groupes  de  trois  points,  dont 
deux  groupes  en  triangle  et  deux  en  ligne  verticale  entourent  le  Saint, 
le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy   .     .     .     Valeur  i5oo  fr. 

« 

Un  autre  denier,  provenant  aussi  de  la  découverte  d'Imphy,  aux 
mêmes  types  et  légendes  avait  :  au-dessus  de  l'A  de  CARLOM  cinq 
points  sur  deux  lignes,  posés  3  et  2  ;  devant  TR  trois  points  en  triangle  ; 
sous  ro  trois  points  en  ligne. 

«  Ces  curieux  deniers  nous  montrent  encore,  comme  sur  la  monnaie 
de  Chartres,  une  figure  en  pied  sur  un  monument  monétaire  des  Caro- 
lingiens. Saint  Chéron,  dont  la  figure  se  voit,  à  ce  que  nous  croyons, 
sur  les  deniers  de  Chartres,  n'étant  pas  évéque ,  n'avait  pas  droit  à  la 
crosse  ;  on  lui  a  donné  deux  croix  pour  exprimer  son  apostolat  et  son 
martyre  ;  saint  Aignan,  évéque,  s'appuie  sur  une  crosse  ;  on  voit  qu'un 
soin  ingénieux  présidait  au  choix  de  ces  types. 

Le  monastère  de  Saint-Aignan  d'Orléans  est  bien  connu  ;  il  me  suffira 
de  rappeler  le  praeceptum  de  Charlemagne  pro  Aurelianensi  Sancti- 
Aniani  monasterio  »  (de  Longpérier,  Rev.  N.  Fr.  i858,  pag.  244). 

Ces  attributions  à  Chartres  et  à  Orléans  ne  semblent  devoir  susciter 
aucun  doute  et  cependant  nous  avons  trouvé,  émis  certainement  en 
Austrasie,  deux  deniers  de  Pépin-le-Bref  (n^  80  et  n®  81)  qui  présentent 
des  dispositions  d'agencement,  de  dessin  et  de  légende  ayant,  avec  les 
pièces  de  Chartres  et  d'Orléans,  une  analogie  des  plus  singulières.  Il  y  a 
lieu,  en  outre,  de  remarquer,  sur  les  deniers  de  Carloman  comme  sur 
celui  de  Chartres  (n°  22),  les  trois  points  en  triangle  si  communs  en 
Austrasie  qu'ils  sont  presqu'un  signe  distinctif  des  ateliers  de  cette 
contrée . 

Sainte-Croix. 

8.  CARLOM  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis; 

5^  SCI  CRVCIS  en  légende  circulaire  autour  d'une  croix  potencée  à  pied 
fiché  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy    .     .     .    Valeur  800  fr. 

Je  renvoie  pour  ce  denier  de  Sainte-Croix  au  denier  de  Pépin  (n*"  59). 


92  MONNAIES  FRANÇAISES. 

On  verra  que,  selon  moi,  sa  fabrication  est  toute  septentrionale  et  doit 
probablement  être  rendue  à  Sainte-Croix  de  Metz.  En  aucun  cas,  à 
aucune  époque,  Carloman  n'a  pu  émettre  de  monnaie  à  Sainte-Croix  de 
Poitiers. 


Chartemagne  (168  à  814). 


Le  24  septembre  768  Karle  succède  à  son  père  Pépin  dans  le  gou- 
vernement des  provinces  suivantes  :  l'Austrasie,  la  Germanie  moins 
TAllemanie,  la  Thuringe,  la  Bavière,  la  Carinthie,  puis  les  contrées 
situées  entre  l'Oise,  la  Seine,  la  mer  et  l'Escaut,  la  Neustrie  et  l'Aqui- 
taine occidentale.  11  va  s'installer  à  Noyon,  siège  de  son  gouver- 
nement. 

En  769  il  marche  contre  les  Aquitains,  soulevés  par  Hunald,  et  cons- 
truit, au  bord  de  la  Dordogne,  le  château-fort  dit  Castrum  Francicum 
ou  Franciacum,  aujourd'hui  Fronsac. 

En  770  il  épouse  Desiderata,  fille  du  roi  des  Langobards,  mais  la 
répudie  l'année  suivante  pour  épouser  Hildegarde  (771),  fille  d'un  chef 
slave  ou  alleman^  mariage  qui  lui  attacha  cette  nation  que  la  mort  de 
Carloman  venait  de  faire  passer  sous  sa  domination. 

En  772  Karle  tient  une  assemblée  à  Worms  où  il  décida  la  première 
expédition  contre  les  Saxons.  Il  s'empare  du  château  d'Ehresbourg  en 
Westphalie. 

En  774  expédition  d'Italie  contre  Desideratus,  prise  de  Pavie,  des- 
truction de  la  nationalité  des  Langobards  et  confirmation  de  la  donation 
de  Pépin  à  la  papauté.  A  partir  de  cette  époque  Karle  prend  le  titre  de 
Roi  des  Francs  et  des  Langobards.  Il  ajoute  à  ces  titres  celui  de  Patrice 
qui  lui  est  conféré  par  le  sénat  et  le  peuple  romain.  Le  patriciat  accordé 
à  Karle  lui  donnait  le  droit  de  commandement  ;  Adrien  datait  ses  lettres 
de  cette  époque;  les  Romains  lui  juraient  fidélité,  et  en  vertu  de  ce  titre, 
il  exerça  le  pouvoir  souverain  dans  Rome  avant  d'être  empereur. 

En  775  expédition  en  Saxe  et  en  Italie.  Karle  s'empare  de  la  cité  du 
Frioul  (Foro-Juliensis  civitas)  et  de  Trévise. 


SECONDE  RACE.  gS 

En  776  Karle  préside  le  Champ  de  Mars  à  Worms.  Les  Saxons  s'em- 
parent d'Ehresbourg,  mais  échouent  devant  Sighebourg.  Karle  les 
refoule,  rebâtit  Ehresbourg  et  élève  un  autre  fort  sur  la  Lippe. 

En  777  le  Champ  de  Mai  est  réuni  à  Paderbronn  (Pathalbrunnen) .  A 
ce  Champ  de  Mai  assistaient  Ebn-el-Arabi  et  Abd-Athar,  gouverneurs 
musulmans  de  Huescar  et  de  Saragosse,  révoltés  contre  l'émir  de 
Cordoue  et  qui  venaient  se  mettre  sous  la  suzeraineté  de  Karle. 

En  779  Karle  rassemble  une  armée  à  Chasseneuil  ou  Cassineuil 
(Cassinogilum)  au  confluent  du  Lot  et  de  la  Garonne  ;  il  descend  par  lé 
val  de  Roncevaux  dans  la  Navarre  (Wasconie  espagnole)  et  s'empare  de 
Barcelone,  Girone  et  Pampelune.  Au  retour  une  partie  de  Tarmée  est 
anéantie  par  les  Wascons  d'Aquitaine.  Là  périt  Rodland,  neveu  de  Karle, 
comte  de  la  marche  de  Bretagne.  Karle  est  obligé  de  courir  en  Saxe  où 
les  révoltés  sont  battus  à  Badenfeld  (778)  et  à  Bokholz  (779). 

Le  roi  vient  hiverner  à  Worms  ;  en  780  il  rentre  en  Saxe  et  s'avance 
jusqu'à  l'endroit  où  la  Nohre  se  jette  dans  l'Elbe  ;  il  y  bâtit  un  camp 
retranché.  Celte  même  année  Karle  partage  son  empire  en  trois  royau- 
mes tributaires  à  la  tête  desquels  il  place  ses  trois  fils.  A  Karle,  l'aîné, 
comte  du  Mans,  le  royaume  de  France;  à  Karloman  le  royaume  d'Italie, 
et  à  Lodwig,  le  plus  jeune,  le  royaume  d'Aquitaine  avec  les  marches 
d'Espagne. 

L'année  suivante  il  va  à  Rome  avec  ses  deux  plus  jeunes  fils  qui  sont 
baptisés  et  sacrés  par  le  Pape,  Karloman  comme  roi  d'Italie,  Lodwig 
comme  roi  d'Aquitaine. 

En  782  nouvelle  révolte  des  Saxons;  l'armée  franke,  sous  les  ordres 
de  Theodorik,  Adalghis  et  Gheïlo,  est  défaite.  Karle  accourt,  les  Saxons 
se  soumettent  et  livrent  4500  otages  qui  sont  décapités;  le  roi  retourne 
hiverner  à  Thionville. 

En  783  les  Saxons  se  soulèvent  encore  ;  ils  s'avancent  jusqu'à  Utrecht. 
Karle  les  bat  deux  fois:  l'une  à  Theotmâl  (Dethmold),  l'autre  sur  les 
bords  de  la  Hade,  près  d'Osnabruck.  L'année  suivante  il  se  remet  en 
campagne,  ravage  la  Frise,  et  enfin  les  révoltés,  Witikind  à  leur  tête,  se 
soumettent  et  reçoivent  le  baptême  à  Attigny. 

En  785  révolte  de  la  Thuringe,  comprimée  en  786.  Cette  même  année 
Girone  et  Urgel  se  remettent  sous  la  suzeraineté  franke. 

En  786  défaite  des  Bretons  révoltés. 


94  MONNAIES  FRANÇAISES. 

En  787  Karle  défait  Arighis,  duc  de  Bénévent^  et  lui  impose  un  tribut 
de  sept  mille  sous  d'or.  La  même  année,  révolte  de  Tassile,  duc  des 
Bavarois,  dont  le  territoire  s'étendait  jusqu'à  TEns.  Il  est  traduit,  en  788, 
aux  assises  d'Ingelheim,  et,  convaincu  d'avoir  tenté  de  soulever  la 
Bavière  avec  l'aide  des  Awares,  il  est  tonsuré  et  enfermé  au  couvent  de 
Saint-Nazaire  sur  le  Rhin,  puis  de  là  à  Jumièges.  Cette  même  année  les 
Awares  envahissent  la  Bavière  et  le  Frioul,  pendant  qu'une  flotte  grecque 
débarque  en  Calabre  et  envahit  le  duché  de  Bénévent.  Les  Grecs  sont 
battus  par  Grimwald,  fils  d' Arighis.  Pépin,  aidé  des  Bavarois,  anéantit 
les  Awares  et  recule  jusqu'à  la  Save  les  limites  de  son  royaume.  Karle, 
pour  récompenser  les  Bavarois,  organise  leur  pays  sur  le  pied  des  pro- 
vinces frankes. 

En  787  les  Wascons  s'étaient  révoltés  sous  la  conduite  d'Adalrik, 
allié  à  plusieurs  Walis  arabes  ;  le  comte  de  Toulouse,  Horse  (Chouoj 
avait  été  battu  et  pris.  Adalrik  vaincu  est  condamné  à  un  exil  perpétuel; 
Horse  est  destitué  et  remplacé  par  Wilhelm  (Guillaume  au  court- nez). 

En  790  Karle  marche  au  secours  des  Obotrites  du  Meklembourg  qui 
s'étaient  soumis  à  lui  et  qui  étaient  attaqués  par  les  Wélétabes.  Ces 
derniers  sont  battus  et  le  roi  s'avance  jusqu'à  leur  cité  de  Dragowit. 

En  791  grande  expédition  contre  les  Huns.  Ce  peuple  occupait  la 
Pannonie  séparée  de  la  Bohême  par  la  rivière  de  Camb  et  de  la  Bavière 
par  l'Ens.  L'expédition  dure  deux  années.  Enfin  les  Franks,  unis  aux 
peuples  slaves,  sous  la  conduite  de  Pépin  et  d'Herrik,  duc  de  Frioul, 
s'emparent  du  Ring  (Regia,  le  lieu  royal)  et  des  immenses  trésors  des 
Huns.  Cette  conquête  recule  jusqu'à  la  Theiss  les  limites  du  royaume 
qui  déjà  au  Nord  et  à  TEst  était  limitrophe  des  nations  slaves,  de  la 
Bohême  et  de  la  Moravie,  ainsi  que  des  Wélétabes  situés  entre  la  Bal- 
tique, le  Moyen-Elbe  et  la  Vistule. 

Pendant  toutes  ces  guerres  contre  les  Saxons,  guerres  qui  n'appor- 
taient aucun  profit  matériel,  le  numéraire  était  devenu  rare.  Aussi  la 
monnaie  avait-elle  été  altérée.  Dans  son  capitulaire  de  Francfort ,  sur 
le  numéraire,  Karle  ordonne  qu'elle  sera  ramenée  à  sa  pureté  primi- 
tive (794). 

En  791,  à  la  diète  de  Ratisbonne,  Karle  découvre  une  conspiration 
de  son  fils  Pépin-le-Bossu  qu'il  fait  enfermer  au  monastère  de  Pruym. 

A  cette  époque,  les  Saxons,  unis  aux  Awares  et  aux  Wélétabes, 


SECONDE  RACE.  95 

s'étaient  révoltés  pendant  que  les  Arabes  d'Espagne  envahissaient 
l'Aquitaine,  prenaient  Girone,  pillaient  les  faubourgs  de  Narbonne  et 
battaient  le  duc  Wilhelm.  Karle  quitte  Ratisbonne  et  vient  hiverner 
à  Wurtzbourg  et  Francfort.  En  794  et  795  il  bat  les  Saxons  à  Sint- 
feld  près  Paderbronn,  puis  à  Hluini  (Lunébourg).  En  796  il  hiverne  à 
Aix  (Aquis-Grani),  où  il  établit  sa  fameuse  chapelle  royale,  et  en  797 
il  envoie  de  là  Lodwig  et  Wilhelm  en  Espagne.  Après  quelques  alter- 
natives de  succès  et  de  revers,  Pampelune,  Cerdagne,  Lampourdan, 
Girone,  Huesca,  Lérida,  Cuserras,  Cardona,  Urgel  sont  soumis;  les 
comtes  Borel  et  Rostang  sont  mis  à  la  tête  d'une  partie  des  villes  con- 
quises, et  la  domination  franke  s'établit  jusqu'à  TÈbre. 

En  799  révolte  des  Huns  qui  tuent  le  duc  de  Bavière  Ghérold;  ils  sont 
battus  par  les  Slaves  et  les  Bavarois.  Cette  même  année  les  îles  Baléares 
se  donnent  à  Karle,  en  même  temps  que  Wido,  comte  de  la  Marche  de 
Bretagne,  bat  les  tierns  bretons  révoltés. 

En  800,  à  la  suite  d'un  plaid  général  tenu  à  Mayence,  Karle  se  rend 
en  Italie,  où  il  est  couronné  empereur  par  le  pape  Léon,  le  25  dé- 
cembre. 

En  801  Lodwig  s'installe  à  Ruscellio  (Roussillon)  et  envoie  ses  géné- 
raux Wilhelm  et  Rostang  s'emparer  de  Barcelone  où  est  installé  un 
comte  nommé  Béra. 

La  même  année  Pépin  s'empare,  sur  Grimwald  révolté,  de  Theati  et 
Ortona. 

En  802  Karle  conclut  un  traité  avec  l'empereur  grec  Nicéphore  qui 
abandonne  aux  Franks  l'Istrie,  la  Liburnie  et  la  Dalmatie.  Venise  reste 
sous  la  suzeraineté  grecque. 

En  8o3  dernière  révolte  des  Saxons.  Karle  les  soumet  et  s'empare  de 
la  Wigmodie,  du  Holstein  et  du  Rosogaw. 

En  806,  à  l'assemblée  de  Thionville^  Karle  partage  son  empire  entre 
ses  trois  fils  :  à  Pépin,  l'Italie,  la  Bavière  jusqu'au  Danube,  la  partie  de 
TAllemanie  au  sud  de  ce  fleuve  et  tout  ce  qui  est  à  l'est  du  Haut-Rhin 
avec  Coire  et  le  Thurgaw;  à  Lodwig  l'Aquitaine  avec  les  Marches 
d'Espagne  et  le  Nivernais,  l'Avallonais,  l'Auxois,  Châlon,  Macôn,  Lyon, 
la  Savoie  avec  la  Tarentaise^  la  Maurienne,  le  Mont-Cenis  avec  le  val 
de  Suze  jusqu'aux  Cluses,  la  Burgondie  méridionale  et  la  Provence.  Tout 
le  reste  de  l'empire  était  le  lot  de  Karle. 


(j6  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Cette  même  année  Pépin  s'empare  de  la  Corse  et  de  Venise. 

Le  8  juillet  Pépin  meurt  et  Bernard,  son  fils  naturel,  est  mis  à  sa 
place.  Il  rend  Venise  à  Nicéphore. 

En  8i  I  Tortose  est  soumise  à  la  suzeraineté  franke. 

Le  4  décembre  de  la  même  année,  mort  de  Karle,  le  fils  aîné  de 
l'Empereur. 

En  Si 3  Karle  associe  son  fils  Lodwig  à  l'empire.  11  meurt  le  28  jan- 
vier 814. 


PREMIER  TYPE.  —  Sans  Monogramme. 

Planche  V. 

Sans  nom  d'atelier. 

1.  CAR  — LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5f  RXF,  R  et  X  liés,  deux  points  entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  3o  fr. 

2.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  RXF,  R  et  X  liés,  un  triangle  entre  deux  points  avant  R,   un  point 
entre  R  et  F,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'Imphy  .     .     .     .    Valeur  5o  fr. 

Nous  avons  déjà  vu  sous  Pépin  (n***  8,  9,  10,  11,  i3,  i5,  16)  et  sous 
Carloman  (n°  i)  ces  deniers  portant  d'un  côté  le  nom  du  roi,  de  l'autre 
le  titre  Rex  Francorum,  sans  indication  de  lieu  de  fabrication.  Que  sont 
ces  deniers?  à  quelle  occasion  ont-ils  été  frappés?  Je  ne  vois  aucune 
hypothèse  satisfaisante  à  présenter  ;  je  m'abstiens  donc,  laissant  le  pro- 
blème intact. 

Aix-la-Chapelle  (Aqvis  Grani  Palatium). 

3.  CARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  lî  AQVISGRAN    en    légende    circulaire    autour    d'une    petite    croisette 
pommetée,  cercle  de  grènetis. 
Denier Valeur  5oo  fr. 

Ce  denier,  que  je  n'ai  pas  vu  en  nature,  a  été  publié  à  Dresde  par 
Cappe  {Die  Mûn^en  der  deutschen  Kaiser  und  Kbnige,  pi.  I,  tf  i) 
puis  en  France  par  Combrouse,  pi.  XI,  n®  i. 


SECONDE  RACE.  97 

Amiens  (Ambianis  Civitas). 

4.  EAR— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5f  AM— BIAN  en  deux  lignes,  séparées  par  un  trait  plein,  barre  d'abré- 
viation sur  N,  cercle  de  grènetis. 

Denier,  publié  par  Combrouse,  pL  XII,  n»  2     ...    Valeur  400  fr. 

Ce  denier,  s'il  est  bien  authentique,  appartiendrait  sans  conteste  à 
l'atelier  d'Amiens  ;  les  extrémités  pommetées,  des  lettres  du  revers  en 
font  bien  une  pièce  septentrionale,  mais  Amiens  est  bien  à  Touest  de 
l'Austrasie,  pour  avoir  gardé  ce  caractère  particulier.  En  outre  la  forme 
bizarre  du  premier  A  me  laisse  certains  doutes  sur  son  authenticité. 

Amboise?  (Ambacia  Vicus). 

5.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5f  AMB  en  monogramme,  point  sur  l'M,  croisette  au  centre,  au-dessous  de 
la  croisette  un  petit  point,  cercle  de  grènetis. 

Denier  égrené  sur  les  bords.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

Ce  denier  a  été  publié  par  moi  dans  V  Annuaire  de  la  Société  française 
de  numismatique  et  ^archéologie  et  attribué  à  Amiens.  Plus  tard,  en 
l'étudiant  avec  soin,  remarquant  l'O  carré  qui  est  une  caractéristique 
du  pays  blaisois  ;  tenant  compte,  de  plus,  d'un  atelier  abbatial  impor- 
tant à  Saint-Firmin  d'Amiens,  ainsi  qu'on  le  verra  plus  loin,  j'ai  pensé 
que  c'était  beaucoup  de  trois  variétés  aussi  différentes  les  unes  des 
autres  pour  une  seule  ville,  et  je  crois  en  définitive  pouvoir  restituer  ce 
denier  à  Amboise  dont  l'atelier  eut  une  fabrication  assez  active  sous  la 
première  race. 

Angers?  Langres? 

6.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^ÇT  A*M*D*E?  en  monogramme  dans  un  cercle  de  grènetis,  un  demi-cercle 
de  points  entoure  les  lettres  DE. 
Denier.  Ma  collection.  (Voir  Pépin,  n»  i,  et  Carloman,  n»  2). 

Je  n'ai  pas  à  revenir  sur  ce  denier  identique,  comme  revers,  avec  ceux 
de  Pépin-le-Bref  fpl.  I,  n^  ï)  et  Carloman  (pi.  IV,  n®  2).  J'ai  donné  les 
raisons  qui  me  le  font  regarder  comme  étant  de  fabrication  moderne, 
je  n'y  reviendrai  pas. 

Angoulème  (Ecolisina  Civitas). 

7.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

13 


98  MONNAIES  FRANÇAISES. 

5^  EEOLISINA  en  légende  circulaire  autour  d'une  petite   rosace  à  huit 
pétales  dont  quatre  grands  et  quatre  petits,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ancienne  collection  Voillemier Valeur  200  fr. 

Cette  monnaie  est  un  des  rares  deniers  à  légende  bilinéaire  frappés 
par  Charles  en  Aquitaine  au  commencement  de  son  règne,  avant  Tin- 
tronisation  de  Louis  (781).  On  ne  connaît  pas,  sous  la  seconde  race, 
d'autre  produit  de  l'atelier  d'Angouléme.  Le  nom  ECOLISINA  est  donné 
par  Grégoire  de  Tours. 

Antrain. 

8.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  INT— TRÀ-NO  en  trois  lignes  séparées  par  des  traits,    I  et  N   liés, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  25o  fr. 

Je  me  suis  étendu  si  longuement  sur  les  produits  de  cet  atelier  d' An- 
train  (Pépin-le-Bref,  n*"  2,  3,4)  que  je  n'y  puis  rien  ajouter.  Je  ferai 
seulement  remarquer  que  les  dégénérescenses  de  légende  sous  le  règne 
du  premier  roi  carolingien ,  et  le  retour  à  une  forme  parfaite  et  régulière 
sous  le  règne  de  son  fils,  prouvent  bien  qu'il  s'agit  là,  non  pas  d'un 
nom  d'homme,  mais  bien  d'un  atelier  monétaire. 

Arles. 

9.  *DNKARLVSIMPAVGREXFETL,   (c'est-à-dire  Dominus    Noster   KARLVS 

IMPerator   AVGustus    REX    FRancorum    ET    Longobardorum).    Buste 
lauréj  orné  du  paludamentum  tourné  à  droite^  le  tout  dans  un  cercle  de 
grènetis; 
Çf  AR*EA'T*0  autour  d'une  porte  de  ville  ou  barrière  de  jeux. 

Denier.  Ma  collection;  poids  16^^70 Valeur  1,000  fr. 

Ce  denier,  qui  porte  des  traces  de  dorure,  a  été  monté  en  bijou.  Je 
l'ai  acquis  de  M.  Charvet;  il  provenait  de  la  collection  de  Vesvrotte.  Il 
ne  peut  y  avoir  aucun  doute  sur  son  attribution,  le  titre  du  roi  des  Lan- 
gobards  ne  pouvant  appartenir  à  aucun  autre  Charles.  De  toutes  les 
pièces  à  effigie,  que  nous  a  léguées  la  numismatique  carolingienne, 
celle-ci  est  une  de  celles  qui  se  rapprochent  le  plus  du  sou  d'or  romain. 
On  n'a  nullement  cherché  à  faire  un  portrait  de  Charlemagne.  C'est 
une  tête  d'empereur  romain  et  c'est  évidemment  l'œuvre  d'un  artiste 
italien  ;  c'est  vraiment  de  l'art,  et  il  est  malheureux  que  le  temps  lui  ait 
enlevé  un  peu  de  finesse  et  de  relief. 


SECONDE  RACE.  99 

Le  revers,  suivant  M.  Cartier,  représente  l'entrée  d'une  lice  formée 
de  deux  poteaux  surmontés  d'une  espèce  d'ornement  grossier  et  liés 
entre  eux  par  des  traits  qui  ressemblent  à  des  cordes.  Ce  type,  qui  rap- 
pelle les  jeux  célèbres  de  l'amphithéâtre  d'Arles  où  présidèrent  les 
empereurs  romains,  puis  nos  rois  franks,  a  donné  naissance  à  la  porte 
dont  les  deux  côtés  sont  surmontés  d'une  boule.  C'est  bien  encore  l'en- 
trée, grossièrement  figurée,  d'une  ville  forte  ou  d'un  camp.  Ce  n'est  pas 
l'origine  du  portail  d'église  ou  autel  chrétien  qui  a  été  employé  con- 
curremment. 

10.  EAR-LVS  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis^  A  et  R  sont  liés; 

5^  Grande  croix  surmontée  d'une  croisette^  et  dans  les  quatre  cantons  de 
laquelle  se  trouvent  les  lettres  A'R'D'S;  cercle  de  grènetîs. 

Denier.  Ma  collection Valeur  5o  fr. 

11.  EARO— LYS  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis  A  et  R  sont  liés; 

5^  Grande  croix  à  branches  égales  dont  trois  se  terminent  par  un  point  et 

la  quatrième  est  surmontée  d'un  trait  d'abréviation  qui  doit  s'appliquer 

aux  lettres  A  et  R  qui  sont  placées  dans  les  deux  premiers  cantons  de 

la  croix,  D  dans  le  troisième  canton^  IS  dans  le  quatrième. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  5o  fr. 

12.  CAR— LVS  en  deux  lignes   séparées  par  une  croix   à   branches  égales;  deux 

groupes  de  trois  points  de  chaque  côté  de  la  croix,  le  tout  dans  un  cercle 
de  grènetis; 
5^  Semblable  à  celui  du  n®  11. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d*Imphy  ....    Valeur  5o  fr. 

i3.  EARO— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  trois  points;  A  et  R  liés,  le  tout 
dans  un  cercle  de  grènetis; 
!Çr  Grande  croix  à  branches  égales  surmontée  d'un  sautoir,  en-dessous  un  I , 
un  point  à  gauche  et  dans  le  quatrième  canton,  les  lettres  A*R*D*S  dans 
les  quatre  cantons  de  la  croix,  cercle  de  grènetis. 
Denier.    Mus.  de  M Valeur  5o  fr. 

Les  quatre  deniers  qui  précèdent  ont  été  regardés  par  M.  de  Long- 
périer  comme  représentant  un  nom  d'homme,  Ardus ^  qu'il  retrouve  dans 
divers  textes.  Eckhart  a  lu  AR{ela)  DIS  pour  ARELATIS  et  Lelev^el 
AR(:)SID  l'Arzat  près  de  Rodez.  Je  partage  l'opinion  d'Eckhart  et  donne 
les  quatre  deniers  à  l'atelier  d'Arles . 

La  disposition  toute  particulière  de  la  légende  du  revers  est  une 
forme  essentiellement  méridionale  ;  nous  la  retrouverons  à  Marseille, 
à  Avignon,  toujours  applicable  à  un  nom  de  localité,  jamais  à  un  nom 


loo  MONNAIES  FRANÇAISES. 

d'homme.  Ce  n'est  pas  que  je  regarde  comme  insoutenable  l'opinion  du 
savant  académicien,  mais  ainsi  que  je  l'ai  dit,  dans  le  doute  entre  un  nom 
d'homme  et  un  nom  de  lieu,  je  donnerai  toujours  la  préférence  au 
dernier. 

Arras  (Atrebatis  Civitas). 

14.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  ADRA— DIS  en  deux  lignes,  TR  et  l'A  sont  liés,  deux  points  dans  le 
champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

Ce  denier  met  encore  en  présence  les  deux  légendes  locale  et  nomi- 
nale. M.  de  Longpérier  tient  pour  la  seconde.  Il  fait  remarquer  qu'Ad- 
radus  et  Adraldus  étaient  des  formes  très  fréquentes  sous  la  seconde 
race,  que  la  terminaison  Dis  est  ordinairement,  il  est  vrai,  propre  aux 
noms  féminins,  mais  que  Theudis,  Dabaudis  et  Amadis  prouvent  qu'elle 
s'appliquait  aussi  aux  noms  d'hommes.  Il  ne  trouve  pas,  du  reste, 
ajoute-'t-il,  de  lieu  auquel  il  pourrait  appliquer  ce  denier.  Il  y  avait  bien, 
non  loin  de  Tournai,  une  pilla  dominica  qui  se  nommait  Adra^  mais 
Adra  n'est  pas  Adradis.  Quant  à  l'Artois,  son  nom,  dans  les  chartes  ou 
ordonnances  royales,  était  Pagus  Adertensis  ou  Adertinus 

Il  y  a  à  faire  cette  objection  que  si  l'Artois  a  pris  parfois  le  nom  de 
Pagus  Adertensis,  la  cité  d'Arras  a  toujours  porté  les  noms  de  Civitas 
Atrabatum  ou  Atrebatum,  les  monnaies  mérovingiennes  nous  donnent 
la  forme  Atrebetis  ou  Atrebatis,  que  nous  retrouvons  aussi  sous 
Charles -le -Chauve  et  ses  successeurs.  Or  ADRADIS  est  le  même 
mot  que  ATRATIS,  le  changement  de  T  en  D  étant  parfaitement  con- 
forme aux  règles  de  la  linguistique  de  l'époque,  et  le  nom  ATRATIS 
n'est  que  l'abréviation  de  ATR(eb)ATIS  qui  représente  la  ville  d'Arras. 
Je  crois  donc  pouvoir  maintenir  l'attribution  à  Arras  de  notre  denier. 

M.  B.  Fillon,  reproduisant  l'avis  de  M.  de  Longpérier,  a  cru  aussi 
pouvoir  reconnaître  dans  Adradis  un  nom  d'homme  et  pense  (sans  dire 
ses  raisons)  que  ce  denier  a  été  fabriqué  dans  le  nord-est  de  l'Aqui- 
taine. 

Avesnes  (Avennes  ou  Avenna  Oppidum). 
£5.  EARO— LVS  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis; 

5f  AS— VE  en  deux  lignes  séparées  par  un  trait^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  vente  Dassy Valeur  200  fr. 


SECONDE  RACE.  loi 

M.  de  Longpérier,  qui  le  premier  a  publié  ce  denier,  croit  reconnaître 
dans  la  légende  du  revers  les  lettres  AS  VE^  commencement  du  nom 
d'Avesnes.  Le  faire  de  cette  pièce  est,  dit-il,  tout-à-fait  septentrional  ;  il 
suffit  de  le  comparer  aux  deniers  d'Avignon  pour  constater  la  différence 
complète  des  deux  fabrications. 

Ce  denier  est  certainement  austrasien;  quant  à  y  lire  Avesnes,  je 
serais  peut-être  plus  circonspect  que  notre  illustre  maître,  je  crois  la 
pièce  plus  septentrionale,  et  si  Ton  veut  comparer  le  mot  CAROLVS  du 
droit  avec  le  même  nom  sur  les  n"^*  19  (Babenhausen) ;  22  (Bonn);  32  et 
suivants  (Cluse);  45,  46  et  suivants  (Dorestadt),  on  reconnaîtra  là  une 
famille  de  pièces  fabriquées  dans  la  région  du  nord  du  Rhin  et  sur  les- 
quelles je  me  permets  d'appeler  l'étude  des  savants  belges  ou  néerlan- 
dais. 

M.  Serrure  veut  lire  sur  le  revers  de  cette  pièce  le  mot  NA-MV  ré- 
trograde; c'est  une  erreur.  Il  suffit  de  comparer  notre  denier  avec  le 
n""  100  qui,  vu  par  M.  Robert,  a  été  fidèlement  reproduit  par  lui,  pour 
qu'il  ne  reste  aucun  doute  sur  Téloignement  des  deux  ateliers  dont  ils 
sont  les  produits. 

Avignon  (Avinio,  Avenio  Civitas). 

16.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés^  trois  points  dans  le  champ,  cercle 

de  grènetis; 
5f  AV  liés  ENI,  groupe  de  trois  points  au-dessus  et  au-dessous  de  l'E, 
croisette  à  droite^  trois  points  dans  le  champ. 

Denier.  Ma  collection Valeur  3oo  fr. 

17.  EAR— LVS  en  deux  lignes,  deux  points  dans  le  champ,  un  gros  et  un  petit, 

cercle  de  grènetis; 
!Çf  Grande  croix  à  quatre  branches  égales,  au-dessus  une  barre,   au-dessous 
deux  points.  Dans  les  quatre  cantons  sont  les  lettres  A— VI— NI— O,  le 
tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr.;  denier  en  mauvais  état  ....    Valeur  200  fr. 

Ces  deux  deniers  sont  très  différens  l'un  de  l'autre  ;  le  premier  a  été 
trouvé  dans  le  département  du  Gard.  Il  ne  reproduit  pas  le  type  méri- 
dional du  second  ;  je  les  crois  bien,  cependant,  tous  deux  sortis  de  l'atelier 
d'Avignon,  les  lettres  sont  trop  nettes,  trop  lisibles  sur  les  deux  exem- 
plaires, pour  laisser  place  au  doute. 

Avranches  (ABRiNCATiE^  Abrincle  Civitas). 

18.  CAR  — LVS  en  deux  lignes  A  et  R  liés; 

Çf  ABRN-CAS  en  deux  lignes,  A  et  B  liés. 
Denier.  Combrouse,  pi.  XII^  n^  1. 


I02  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Je  n'ai  vu  et  ne  connais  personne  qui  ait  vu  ce  denier  en  nature.  Ce 
n'est  pas  que  je  nie  son  existence^  mais  l'aspect  assez  barbare  du  dessin 
qu'en  donne  Combrouse  me  fait  supposer  qu'il  ne  l'a  pas  vu  lui-même. 
Avranches  est,  du  reste,  une  ancienne  cité,  atelier  assez  actif  sous  la 
première   race,  dont  les  produits  portent  indifféremment  les  légendes 

ABRINKTAS,  ABRENKTAS  et  ABRINCATAS. 

Babenhausen  ou  Saiat-Bavon  (Sancti  Babonis  Monasterium). 

19.  EARO  — LVS  en  deux  lignes^  cercle  de  grènetis; 

5^  BAB— c/Dc/)  en  deux  lignes,  entre  lesquelles  paraît  un  M,  francisque  ou 
hache  au-dessus  de  la  légende^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  35o  fr. 

M.  de  Longpérier  et  M.  de  Barthélémy  ont  vu,  sur  ce  denier,  un 
produit  de  l'atelier  de  Babenhausen,  ville  située  dans  le  comté  de  Hanau 
en  Vétéravée,  entre  Mayence  et  Aschafenbourg. 

M.  Camille  Picqué  croit  y  reconnaître  une  monnaie  frappée  à  Gand 
dans  l'atelier  établi  au  monastère  de  Saint-Bavon  dont  Éginhard  fiit 
nommé  abbé  peu  de  temps  après  la  mort  de  Charlemagne. 

Cette  dernière  attribution  me  semble  la  meilleure,  Gand  se  trouvant 
assez  rapproché  de  Bonn,  Cluse  et  Dorestadt  dont  les  légendes  du  droit 
offrent  avec  celle-ci  la  plus  grande  analogie. 

Ce  denier  nous  présente  à  son  revers  la  francisque  ou  hache  que  nous 
avons  déjà  vue  fréquemment  sur  les  monnaies  de  Pépin.  Nous  y  revien- 
drons plus  longuement  à  propos  des  monnaies  de  Dorestadt. 

Besançon  (Vesontivm^  Civitas). 

20.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis,  A  et  R  liés; 

5f  VE— SON  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale. 

Denier.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

Ce  denier  a  été  publié  en  1862  dans  la  Rev.  N.  Fr.  pag.  53,  et  attribué 
par  M.  Feuardent  à  un  certain  monétaire  Hiesou,  nom  frank  qui  se  re- 
trouve dans  les  chroniques  et  les  chartes  sous  les  formes  Hezo,  Heizo, 
Haiso....  Il  faudrait  donc  admettre  l'abréviation  Hiesonno  ou  Hiesoni. 
Mais  je  ferai  remarquer  que  partout  où  nous  avons  trouvé  des  noms 
d'hommes  sur  les  monnaies,  nous  les  avons  toujours  trouvés  au  no- 
minatif. Je  ne  puis,  quant  à  moi,  me  ranger  à  l'opinion  de  M.  Feuar- 
dent et  je  crois  pouvoir  lire  sur  cette  pièce,  un  peu  usée,  le  nom  de 


SECONDE  RACE.  io3 

Besançon  VE-SON  (NO  ou  TIVM),  formes  sous  lesquelles  nous  trouvons 
ce  nom  écrit  sur  les  chartes  et  sur  les  monnaies  mérovingiennes. 

On  pourrait  encore,  lisant  en  boustrophédon,  y  reconnaître  le  nom 
de  SON-EGIE,  Soignies. 

Quant  à  la  lecture  NOS-CIE,  je  ne  vois  pas  à  quelle  localité  elle 
pourrait  s'appliquer. 

Aucun  caractère,  aucun  signe  particulier  ne  vient  nous  aider  à  sortir 
d'embarras. 

Bingen  (Bingiacvm).  « 

21.  CAR— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  au  sommet  de  laquelle  se 

trouve  un  groupe  de  trois  points  qui  en  fait  une  croix  pommetée  à  long 
pied.  Toutes  les  extrémités  des  lettres  sont  aussi   pommelées^  cercle  de 
grènetis  • 
!Çf  BIN— GIAC  en  deux  lignes^  à  gauche  un  sigle  que  je   ne  puis  déter- 
miner j  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Ce  denier  est  une  variété  de  celui  qui  a  été  dessiné  par  Fougères  et 
Combrouse  et  dont  M.  Cartier  disait:  «ce  denier  a  été  fabriqué  à  Bingen, 
ville  située  sur  la  rive  gauche  du  Rhin  entre  Mayence  et  CoblentZD. 
Cette  pièce  nous  offre,  en  effet,  tous  les  caractères  des  monnaies  frappées 
sur  les  bords  du  Rhin  et  dans  TAustrasie  orientale.  Aussi  cette  attribu- 
tion ne  me  semble-t-elle  pas  douteuse  et  bien  préférable  à  celle  qui  veut 
y  reconnaître  la  ville  de  Binche  dans  la  province  de  Hainaut. 

Bonn  (Bona). 

22.  EARO-LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  BONA^  au-dessus  une  francisque^  au-dessous  une  crosse. 

Denier.  Ma  collection;  poids  i»',i25 Valeur  3oo  fr. 

23.  EARO-LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis; 

5^  BONA,  au-dessus  une  croisette  et  un  point,  au-dessous  une  francisque, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr.  ;  denier  très  fracturé Valeur  loo  fr. 

L'attribution  de  ces  deux  deniers  à  la  ville  de  Bonn  n'a  jamais  été 
contestée.  Encore  des  deniers  à  la  hache.  Voir  plus  loin  à  la  ville  de 
Dorestadt. 

Châlon-sùr-Saone. 

24.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  CAVI  en  monogramme,  un  point  au-dessous,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.  ;  découverte  d'Imphy    .    .     .    Valeur  3oo  fr. 


104  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Ce  denier  est  à  peu  près  le  même  que  celui  qui  est  décrit  pi.  I,  n**  20  ; 
je  n*ai  rien  à  ajouter  à  ce  qui  en  a  été  dit. 

Planche  VI. 

Chartres. 

25.  CAR— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

5^  CARNOTIS  en  légende  circulaire  autour  d'un  S  barré. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

Ce  denier  offre  tous  les  caractères  des  pièces  frappées  dans  TAustra- 
sie  orientale.  Appartient-il  bien  à  Tatelier  de  Chartres?  sous  Pépin  nous 
avons  trouvé  (n**  80)  un  denier  austrasien  offrant  des  analogies  frap- 
pantes avec  les  deniers  de  Chartres  au  type  de  Saint-Chéron. 

26.  EARO  — LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  Jiés,  cercle  de  grènetis; 

5^  S  CARNOTAS    en  légende  circulaire  autour  d'une  croisette  centrale, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Rev,  N.  Fr.  1846,  p.  124 Valeur  200  fr. 

27.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  quatre  points  au  centre,  cercle  de 

grènetis  ; 
5^  S  EARNOAS  en  légende  circulaire  entre  deux  grènetis,  au  centre  une 
croisette. 
Denier.  Rev.  N.  Fr.  1846,  p.  124 Valeur  200  fr. 

28.  CARO— LVS  en   deux  lignes,   A   et   R  liés,   quatre   points   dans   le  champ, 

cercle  de  grènetis  ; 

!Çf  Saint  Chéron  debout  et  nimbé,  tenant  de  chaque  main  une  croix,  dans 
le   champ  deux  lignes   verticales    de   trois   points   chacune,    un   point  de 
chaque  côté  du  Saint,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.;  découverte  d'imphy    .     .     .    Valeur  35o  fr. 

Ce  denier  n'est  autre  chose  que  la  continuation  par  Charlemagne  du 
type  de  Pépin  que  nous  avons  déjà  vu  (pi.  I,  n®  24). 

Clermont-Ferrant  (Arverna  ou  Arvernis  Civitas). 

29.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R    liés,  signe  triangulaire   entre  les  deux 

lignes,  cercle  de  grènetis; 
5^  ARVR-NIS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  ainsi  que  V  et  R,  signe  trian- 
gulaire entre  les  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  lyS  fr. 

30.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés  ainsi  que  V  et  R,  cercle  de  grènetis; 


SECONDE  RACE.  io5 

y  ARVR— NIS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés  ainsi  que  V  et  R,  point  entre 
les  deux  lignes^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  175  fr. 

Ce  denier  n'est  qu'une  variété  du  précédent. 

3i.  CARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés; 

iÇf  AR  SN  I  disposés  en  cercle  autour  d'un  signe  triangulaire. 

Ce  denier,  publié  par  Combrouse  (pi.  XIII,  n**  i)  me  paraît  n'être 
qu'une  copie  infidèle  des  n°"  29  et  3o;  les  lettres  semblent  avoir  été 
jetées  au  hasard  dans  le  champ  de  la  pièce. 

La  ville  de  Clermont-Ferrant  garda  son  nom  d'ARVERNA  (capitale 
des  Arvernes)  jusqu'aux  dernières  années  du  règne  de  Charles-le- 
Chauve  où  il  fut  remplacé  par  celui  de  CLARVSMONS  qui  n'était  anté- 
rieurement que  le  nom  du  château-fort. 

Cluses  (CLvsiiEy  Clvsios). 

32.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  cercle  de  grènetis; 

y  ELS,  point  après  E,  cercle  de  grènetis,  les  extrémités  des  lettres  sont 
pommetées. 
Denier.  Ma  collection Valeur  i25  fr. 

33.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

5f  ELS,  deux  points  séparés  par  une  barre  avant  le  E,  les  extrémités  des 
lettres  fortement  pommetées,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  i25  fr. 

34.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  ELS  à  droite  et  à  gauche  du  E  une  petite  barre  horizontale  séparant 
deux  points,  cercle  de  grènetis,  les  extrémités  des  lettres  sont  fortement 
pommetées. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  i25  fr. 

35.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  ELS,  du  trait  supérieur  horizontal  du  E  part  une  ligne  verticale  ter- 
minée par  un  point,  les  lettres  sont  fortement  pommetées. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i25  fr. 

36.  Semblable  au  précédent,  seulement,  au  revers,    le  E  est  précédé  d'une  petite 

barre  horizontale  séparant  deux  points. 

Denier.  Ma  collection;  poids  iï',300 Valeur  125  fr. 

Dans  un  autre  denier,  faisant  partie  aussi  du  musée  de  Bruxelles,  la 
barre  verticale  qui  part  du  E  est  remplacée  par  une  crosse  renversée  ou 
hameçon. 

14 


io6  MONNAIES  FRANÇAISES. 

37.  CARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis; 

'QC  CLSj  annelel  après  le  E,  deux  points  de  chaque  côté  de  TS,  cercle  de 
grènetis,  lettres  fortement  pommetées. 

Denier.  Mus.  de  B.      . Valeur  i25  fr. 

38.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  ELSj  à  gauche  du  E  une  barre  horizontale  séparant  deux  points,  à  sa 
droite  une  croisette.  Comme  dans  toutes  les  pièces  précédentes,  les  extrémités 
des  lettres  sont  fortement  pommetées,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i25  fr. 

J'ai  tenu  à  donner  toutes  les  variétés  connues  de  ce  denier;  il  est  peut- 
être,  de  toute  la  série  carolingienne,  celui  au  sujet  duquel  les  opinions 
ont  le  plus  varié.  On  a  proposé  Calais,  Chelles,  Mons,  Cologne,  et  Ton 
s'est  généralement  arrêté  à  l'attribution  la  plus  mauvaise,  celle  qui  en 
fait  un  produit  de  l'atelier  de  Cologne.  Lelewel  a  proposé  Cayeu 
[Cadocum)^  Combrouse  préfère  Eu  dont  le  nom  Auga  ne  répond 
aucunement  aux  lettres  qui  forment  la  légende. 

Je  repouse  formellement  Cologne,  qui  ne  s'est  jamais  nommé  Colonis^ 
nom  qui,  représenté  par  les  maires  lectionis^  donnerait  CENS  et  non 
CLS;  de  même  Colonia  donnerait  CLN.  Nous  verrons,  du  reste,  que  les 
caractères,  dont  sont  formées  les  légendes,  ne  peuvent  convenir  à 
Cologne. 

J'aurais  mieux  aimé  Mons  dont  le  nom  Castri-Locus  serait  mieux 
représenté  par  la  légende  du  revers. 

Mais  à  toutes  ces  attributions  je  préfère  beaucoup  celle  de  Cluses. 
M.  de  Longpérier  l'avait  adoptée,  parce  qu'il  avait  trouvé  son  nom, 
Clusiœ^  dans  le  partage  de  906  entre  les  fils  de  Charlemagne.  J'ai 
trouvé  dans  la  Gai  lia  Christiana  un  texte  qui  nous  donne  non  seulement 
le  nom  de  Cluses,  mais  encore  nous  indique  son  importance  au  temps 
de  Louis -le -Débonnaire  ;  voici  ce  texte  que  l'on  retrouvera  Inst.  V 
Ecclesiœ  Argentoratensis  : 

Privilegium  Ludovici  PU  imperatoris^  Bernaldo  episcopo  Argentino 
concessum  (circa83i). 

In  nomine  Dei  et  Salvatoris  nostri  Jesu  Christi  Ludovicus,  divina 
ordinante  providentia,  imperator  auguslus.  Notum  igitur  esse  volumus 
omnibus  fidelibus  nostris  praesentibus  scilicet  et  futuris ,  quia  vir  vene- 
rabilis  Bernaldus  Stratburgensis  episcopus  adiens  serenitatem  culminis 
nostri    obtulit  obtutibus  nostris  quondam  praeceptionis   auctoritatem 


SECONDE  RACE.  107 

domini  et  genitoris  nostri  Karoli  praestantissimi  augusti,  in  qua  contine- 
batur  quod  idem  domnus  et  genitor  noster  Karolus  pro  emolumento 
animœ  suœ  eidem  Stratburgensi  ecclesiae  concesserit ,  ut  ubicumque  per 
civitates,  castelio  aut  trajectus  vel  portus,  excepto  Quentowido,  Dore- 
stado  atque  Clusios  homines  memoratae  ecclesiae  navigio  vei  terreno 
(id  est  cum  carris  et  Saumariis)  negociandi  gratia  irent  et  redirent 
nullum  telonium  quisquam  reipublicae  administrator  ab  eis  exigeret.... 

Cluses  était  donc  un  trajectus  ou  portus  d'importance  égale  à  ceux  de 
Quentowic  et  de  Dorestadt.  Voici  un  premier  point  établi.  Cherchons 
maintenant  à  déterminer,  autant  que  possible,  l'emplacement  de  ce 
portus. 

Si  l'on  examine  avec  soin  la  face  des  deniers  de  Charlemagne,  on 
verra  de  suite  qu'un  certain  nombre  d'entre  eux  portent  des  caractères 
de  forme  toute  spéciale.  Il  y  a  là  comme  une  grande  famille  dont  les 
membres  doivent  se  trouver  réunis  dans  un  espace  assez  resserré.  Ainsi 
prenons  les  numéros  19  (Saint-Bavon)  ;  22  (Bonn)  ;  32,  84,  35,  36,  37, 
38  (Cluses)  ;  45,  46,  47,  49,  5o,  5i  (Dorestadt)  ;  57  (Goch);  64,  65,  66 
(Limbourg?).  Examinons  la  façon  dont  s'écrit  sur  ces  deniers  le  nom  du 
roi  CARO-LVS,  nous  verrons  de  suite  le  monogramme,  formé  par  les  lettres 
A  et  R,  affecter  une  forme  toute  particulière  et  qui  ne  se  retrouve  nulle  part 
ailleurs;  toutes  les  lettres  sont  larges,  épaisses,  les  angles  arrondis.  Il  est 
impossible  de  ne  pas  en  déduire  le  voisinage  des  ateliers  qui  ont  produit 
ces  émissions  d'aspect  si  uniforme.  C'est  donc  dans  le  triangle  formé  par 
Dorestadt,  Bonn  et  Gand  que  doit  se  trouver  Cluse  et,  selon  moi,  bien 
plus  près  de  Dorestadt  que  de  Bonn  ou  de  Gand. 

Je  ne  doute  pas  que,  circonscrivant  ainsi  leurs  recherches,  les  numis- 
matistes  belges  ou  hollandais  n'arrivent  promptement  à  déterminer 
l'emplacement  de  cet  abondant  atelier  monétaire. 

Condé-sur-rEscaut. 
39.  CARO— LVS  en  deux  lignes  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis; 

TjC  EON— DAT  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale^  à  gauche 
une  hache,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Mus.  de  Lausanne Valeur  3oo  fr. 

J'ai  déjà  donné,  pi.  II,  n*'  26  un  denier  de  Pépin-le-Bref  sortant  du 
même  atelier.  Les  quelques  doutes  qui  pouvaient  subsister  sur  le  classe- 
ment du  premier  de  ces  deniers,  ne  peuvent  exister  pour  le  second.  C'est 


io8  MONNAIES  FRANÇAISES. 

bien  à  une  localité  austrasienne  qu'il  doit  être  rapporté,  et  je  ne  vois 
pas  d'autre  Gondé  qui  puisse,  dans  ces  régions,  réclamer  l'émission  de 
cette  monnaie. 

Dinant  (Deonantym  Vicus). 

40.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

!Ç^  DEO-TNAN  en  deux  lignes  dont  la  seconde  se  lit  de  droite  à  gauche 
de  manière  à  donner  le  nom  DEONANT,  les  deux  lignes  sont  séparées 
par  une  barre  horizontale ^  trois  points  sous  la  légende,  toutes  les  lettres 
de  la  légende  sont  pommetées,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  200  fr. 

41.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  DEO— NEN  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  cercle 
de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  lyS  fr. 

42.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  sont  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çf  DEO  — NEA  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  cercle 
de  grènetis,  lettres  pommetées. 
Denier.  Mus.  de  Namur Valeur  175  fr. 

Ces  trois  deniers  ont  été  émis  à  Dinant  (Province  de  Namur).  Cet 
atelier  avait  déjà  fonctionné  sous  la  première  race  et  nous  trouvons  son 

nom  écrit  DEONANT,  DEONANTE,  DEONV,  DEONTE. 

Selon  M.  Serrure,  outre  les  formes  ci-dessus  du  nom  de  l'atelier,  on 
trouve  encore,  sous  la  seconde  race:  DEONAN,  DEONTNIT,  DEONIT, 
DEONINIL 

Dinant  possédait  une  église  sous  le  vocable  de  la  vierge,  on  lui  a 
attribué  des  deniers  au  nom  de  SCAMARIA. 

Dorestadt  (Dorestatvs). 

43.  KAROLVS  IMP  AVG  autour  d'un  buste  couronné  et  orné  du  paludamentum, 

tête  à  droite,  cercle  de  grènetis; 
ÇT  DORESTADO  *  en   légende  circulaire  autour  d'un  vaisseau   dont  le 
mât  est  terminé  par  une  petite  croix,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Mus,  de  B Valeur  1,000  fr. 

Ce  très  rare  denier  a  été  publié  par  Van-der-Chijs  pi.  XXII,  n**  5.  Il  a 
été  trouvé  à  Vik  près  Dorestadt.  Son  style  se  rapproche  beaucoup  de 
celui  des  deniers  de  Louis-le-Débonnaire  ;  il  a  cependant  plus  d'ampleur. 
On  ne  peut  l'attribuer  à  aucun  autre  Charles,  puisque  Dorestadt  avait 
été  complètement  détruit  avant  que  Charles -le -Chauve  eut  pris  le  titre 
d'empereur. 


* 


SECONDE   RACE.  109 

44.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

y  DOR— STAT  en  deux  lignes,  un  point  sous  le  dernier  I,  une  hache 
ou  francisque  couchée,  cercle  de  grènetis. 
Denier,  Van-der-Chijs,  pi.  IX,  n»  4 Valeur  25  fr. 

45.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

ly  DOR— STAD  en  deux  lignes,  un  croissant  au-dessus,  au-dessous  la  hache 
ou  francisque,  deux  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 
Denier,  découverte  de  Sarzana Valeur  25  fr. 

46.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

no^— STAT  en  deux   lignes,   deux  points  et  une  hache  sous  la  légende, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  poids  U'',20o Valeur  25  fr. 

47.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  DVR— TAT   en   deux   lignes,    une   hache   sous   la    légende,    cercle    de 
grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  25  fr. 

48.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Qf  ATSVDS  en  lettres  semées  à  peu  près  au   hasard   dans  le   champ,    une 
hache  au-dessous  de  la  légende,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Musée  de  La  Haye Valeur  25  fr. 

J'ai  pris  le  dessin  de  ce  denier  dans  l'ouvrage  de  Van-der-Chijs,  je 
ne  l'ai  pas  vu  en  nature. 

Un  autre  denier  de  Dorestadt,  publié  par  Van-der-Chijs,  porte  au 
revers  le  mot  DOR-STAD,  la  première  ligne  écrite  de  droite  à  gauche,  la 
seconde  de  gauche  à  droite;  au-dessus  un  annelet,  dessous  une  hache. 
CARO-LVS  est  écrit  en  légende  rétrograde. 

Planche  VIL 

■ 

49.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  TAGLT  écrit  circulairement  autour  d'un  A,   une  hache  avec  un  point 
au-dessus  de  la  légende,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25  fr. 

50.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et   R    liés,  point   dans   le  champ,   cercle   de 

grènetis; 
iÇf  Sc/^a— TVT,  hache  au-dessus  4e  la  légende,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25  fr. 

5i.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!9^  Deux  croissants  renversés  se  touchant  par  une  pointe  et  munis  chacun 

d'un  appendice  en  forme  de  petit  croissant;  Q- TVT,  hache  au-dessus  de 

*      • 

la  légende,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  25  fr. 


iio  MONNAIES   FRANÇAISES. 

J'ai  donné  la  description  de  tous  ces  deniers  de  Dorestadt  pour 
montrer  les  dégénérescences  successives  du  revers.  La  fabrication  s'en 
prolongea  bien  après  la  mort  de  Charlemagne  comme  le  prouve  le 
dessin  ci-dessous  publié  par  Van-der-Chijs,  pi.  XXI,  n°  lo,  fabriqué  pro- 
bablement en  Scandinavie  et  communiqué  par  Thomsen  au  savant 
auteur  hollandais. 


On  remarquera  que  sur  tous  les  deniers  de  Dorestadt  figure  une 
hache  ou  francisque.  11  en  est  de  même  sur  les  monnaies  émises  à 
Saint-Bavon  (n"  19)  Bonn  (n"'  22  et  23),  Condé  (n"  3g).  Pourquoi  cette 
marque  commune  à  des  ateliers  assez  éloignés  les  uns  des  autres  ? 
Les  uns  ont  voulu  y  voir  un  marteau  de  constructeur  de  navire. 
M.  Thomsen  (1842-1843)  y  reconnut  la  francisque,  arme  de  prédilection 
des  Franks,  employée  dit-il,  pour  marquer  l'origine  franke.  Cette 
interprétation  est  généralement  admise  ;  mais  pourquoi  trouve-t-on  cette 
marque  distinctive  seulement  dans  les  ateliers  indiqués  plus  haut  ?  le 
sens  doit  en  être  autre  que  celui  indiqué  par  M.  Thomsen. 

«  Les  deniers  à  la  hache,  dit  M.  de  Barthélémy  {Rev.  N.  Fr.  i85g, 
p.  193),  furent  reçus  avec  une  telle  faveur  en  Allemagne  que  l'on  persista 

à  les  imiter  bien  postérieurement  au  règne  de  Charlemagne Je  ne 

me  hasarderai  qu'à  proposer  une  conjecture  pour  expliquer  ce  sym- 
bole de  la  hache,  répété  dans  trois  ateliers  monétaires  différens*;  je 
n'ai  vu  nulle  part  que  l'on  ait  cherché  à  aborder  ce  problème  : 

L'investiture  des  grands  commandemens,  puis  des  grands  fiefs,  se 
faisait  généralement  par  la  tradition  d'un  objet  ou  d'une  arme:  Est  enim 
consuetudo  Curiœ,  ut  régna  per  gladium,  provincicB  per  vexUlum  a 
principe  tradanlur,  vel  redpiantur.  On  trouve  dans  Ducauge,  à  qui 
j'ai  emprunté  ce  texte,  la  mention  d'investiture  per  mucronem^  per 
traditionem  ensis  evaginatt,  per  Hastam,  per  sceptrum^  per  vexillum,  per 
bipennam,per  lanceam  et  gonfanum...  etc. 

■  Il  y  en  a  quatre  en  y  comprenant  celui  de  Condé  que  ne  connaissait  pas  M.  de  Barthélémy. 


SECONDE  RACE.  m 

Les  armes  nationales  des  Franks  étaient  la  framée,  espèce  d'épée,  et 
la  hache  dite  francisque.  Ne  serait-ce  pas  cette  dernière  arme  qui  figure 
sur  nos  deniers  ?  Dans  l'affirmative,  ne  serait-ce  pas  là  un  signe  d'in- 
vestiture ?  Il  y  aurait  lieu  de  rechercher  dans  l'histoire  de  la  Germanie^ 
si  les  monnaies  à  la  hache  ne  viennent  pas  d'une  fabrication  faite^  au 
nom  du  souverain,  par  quelque  personnage  investi  de  grands  comman- 
demens  ou  de  bénéfices  militaires  en  pays  conquis.  Puisque  Charle- 
magne  ordonnait  que  nul  autre  que  lui  ne  frappât  monnaie,  on  a  droit 
de  supposer  qu'il  voulut  arrêter  la  tendance  que  ses  grands  officiers 
avaient  à  s'attribuer  cette  prérogative.  D'un  autre  côté,  la  faveur 
qu'avaient  les  deniers  à  la  hache  à  une  époque  postérieure,  alors  que 
la  véritable  féodalité  avait  envahi  l'Allemagne,  semblerait  donner 
à  ces  pièces  une  origine  quasi  féodale  ». 

Tout  en  admettant  l'hypothèse  très  ingénieuse  de  M.  de  Barthélémy 
pour  expliquer  l'immobilisation  de  ce  type  de  la  hache  sur  les  monnaies 
de  Dorestadt,  il  y  aurait  lieu  de  faire  toutes  réserves  vis-à-vis  de  ses 
conclusions;  l'origine  de  ces  pièces  ne  serait  pas  quasi  féodale,  mais 
purement  royale,  et  la  féodalité  se  serait  appliqué  plus  tard  et  le  type 
royal  et  son  usage  comme  marque  d'investiture. 

Peut-être,  au  résumé,  n'y  a-t-il  là  rien  autre  chose  que  la  faveur 
publique  s'attachant  à  une  monnaie  de  fabrication  loyale  et  régulière, 
comme  il  arriva  plus  tard  pour  les  monnaies  au  type  tournois  de  l'ab- 
baye de  Saint-Martin  de  Tours. 

52.  Grand  monogramme  par  KRLS  dans  un  cercle  de  grènetis; 

iÇf    DORESTVDO   en    légende   circulaire    autour  d'une  croix  à  branches 
égales  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Obole.  Mus.  de  B Valeur  200  fr. 

C'est  tout-à-fait  à  contre-cœur  que  je  donne  à  Charlemagne  cette 
obole  de  Dorestadt;  pour  moi  elle  appartient  à  Charles-le-Chauve ;  je 
me  suis  laissé  aller  à  admettre  avec  les  auteurs  belges  que  Dorestadt 
avait  été  complètement  détruit  avant  la  fin  du  règne  de  Louis-le- 
Débonnaire.  Ne  serait-il  pas  plus  logique,  au  lieu  d'attribuer  à  Charle- 
magne une  obole,  unique  dans  tout  son  règne,  de  croire  que  c'est 
seulement  à  une  des  deux  grandes  invasions  normandes  de  847  et  864 
qu'eut  lieu  la  ruine  complète  de  cet  Emporium  si  riche  et  si  commerçant? 


112  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Dun-snr-Heose  (Dvnvm). 

53.  9^  CAROLVS  R*  en  légende  circulaire  entre  deux  grènetis;  au  centre  une 

petite  croix; 
5^  DVN  — NOS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale^   cercle 
de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  3oo  fr. 

Ce  denier  est  unique  dans  la  série  des  monnaies  de  Charlemagne  ; 
le  nom  du  roi  y  est  écrit  en  légende  circulaire,  sans  monogramme. 

La  désinence  du  nom  du  lieu  inscrit  au  revers  est  aussi  une  anomalie, 
je  n'en  vois  d'autre  exemple  que  le  nom  de  Clusios. 

J'ai  attribué  ce  denier  à  l'atelier  de  Dun-sur-Meuse^  et  cependant  il 
n'a  aucun  des  caractères  des  monnaies  austrasiennes  ;  Châteaudun 
paraissait  devoir  mieux  convenir;  mais  je  ne  l'ai  jamais  vu  écrit  sous 
cette  forme  abrégée  DVNNOS,  c'est  ce  qui  m'a  empêché  de  lui  donner 
cette  pièce  si  intéressante. 

Gervais  (Gervasivs). 

54.  CAR-LVS  en  deux  lignes  A  et  R  liés,  à  droite  et  à  gauche  trois  points  en 

triangle,  au  centre  un  point,  cercle  de  grènetis; 
5^  GER— VASI   en  deux  lignes  séparées  par  une  rangée  de  points,   trois 
points  dans  le  champ;   à  Tavers  comme  au  revers  les  lettres  sont  légère- 
ment pommetées,  cercle  de  grènetis; 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A.  ;  découverte  d'Imphy    .     .     .    Valeur  200  fr. 

55.  CAR-LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés;  à  droite  et  à  gauche  deux  croisettes 

formées  de  quatre  points,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 
5^  •GER— VASI  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,   point 
sous  l'A,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  200  fr. 

Ces  deux  deniers  me  paraissent,  sans  contredit,  présenter  un  nom 
d'homme,  le  nom  de  Gervais,  très  usité  à  cette  époque.  Les  caractères 
des  légendes  me  semblent  être  ceux  que  j'ai  reconnus  aux  monnaies 
austrasiennes,  ce  serait  donc  un  comte  ou  marquis  des  Marches  du 
Rhin  qui  aurait  fait  frapper  ces  deux  monnaies. 

? 

56.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5c    GVIL-QACOG   en    deux   lignes   séparées   par   une   barre   horizontale, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  200  fr. 


SECONDE  RACE.  ii3 

Je  ne  puis  donner  aucun  sens  à  la  légende  du  revers.  Est-ce  un  nom 
de  lieu?  est-ce  un  nom  d'homme?  la  première  ligne  semble  le  com- 
mencement de  Guilelmus,  et  j'étais  tenté  de  retrouver  là  le  nom  de 
Guillaume-au-court-nez,  mais  les  caractères  de  la  seconde  ligne  ne 
présentent  aucune  lecture  satisfaisante.  Je  laisse  à  de  plus  savants  ou 
plus  adroits  cette  énigme  à  déchiffrer.  Ce  ne  sera  malheureusement  pas 
la  seule  que  nous  rencontrerons. 

Tout  ce  que  je  puis  dire,  c'est  qu'il  faut  chercher  ailleurs  que  dans 
les  provinces  septentrionales  ou  orientales  l'émission  de  ce  denier.  Je 
pencherais  pour  le  nom  d'un  comte  des  Marches  d'Espagne  avant  l'in- 
tronisation de  Louis  comme  roi  d'Aquitaine. 

Goch  (Gochvm). 

57.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  EHO^GIS  en  deux  lignes,  lettres  très  fortement  pommetées,  cercle  de 
grènetis,  point  au  centre. 

Denier.  Mus.  de  B Valeur  200  fr, 

58.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènelis; 

iÇf  EHO—GIS  en  deux  lignes,  lettres  très  fortement  pommetées,  point  au 
centre,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  poids  iir^,25o Valeur  200  fr. 

M.  de  Longpérier  place  aux  Choges,  lieu  situé  près  de  Randan  (Puy- 
de-Dôme),  l'atelier  que  représente  ce  nom  de  Chogis.  M.  Serrure,  sans 
donner  aucun  motif  à  son  attribution,  dit  simplement  :   Charlemagne 

CHO 

battit  à  Huy  des  deniers  au  type  bilinéaire  avec  -^î^' 

Enfin  M.  de  Coster,  discutant  l'opinion  de  M.  de  Longpérier,  nous 
donne,  je  crois,  la  situation  vraie  de  Tatelier  où  a  été  frappée  cette 
monnaie.  Il  nous  apprend  d'abord  que  c'est  dans  le  nord  de  la  Belgique 
que  ces  deniers  ont  été  trouvés  et  il  propose  la  ville  de  Goch,  à  deux 
lieues  de  la  frontière  de  la  Gueldre  actuelle,  sur  la  route  de  Clèves  à 
Gueldre,  une  des  villes  les  plus  anciennes  d'entre  Meuse  et  Rhin,  capi- 
tale d'une  province  à  laquelle  elle  avait  donné  son  nom  ;  c'était  les 
Gugerni  ou  Gogerni,  enclavés  depuis  dans  le  duché  de  Clèves  et  de 
Juliers.  On  sait,  dit-il,  que  dans  le  Nord,  pour  certaines  combinaisons 
orthographiques,  le  G,  le  G  et  la  diphtongue  CH  se  confondent  con- 
tinuellement. Nous  verrons  encore  le  nom  de  Maëstricht  s'écrire  TRIG, 
TRICH  ou  TRIEGT.  Je  suis  persuadé  que  notre  CHOGIS  nest  autre 

/         15 


114  MONNAIES  FRANÇAISES. 

chose  que  le  Goch  actuel.  Goch,  la  Gochia,  le  Gochum  des  modernes 
fut  compris  dans  le  territoire  de  l'empereur  Lothaire,  et  nous  verrons 
plus  tard  deux  deniers  de  cet  empereur  portant  les  légendes  HOGSI  et 
HOGIS  qui  ont  dû  être  frappés  dans  cet  atelier  de  Goch. 

Remarquons  de  plus,  que  par  la  forme  des  caractères  du  droit  et  du 
revers,  ces  deniers  appartiennent,  ainsi  que  je  l'ai  dit,  page  71,  à  la 
grande  famille  des  monnaies  frappées  sous  Charlemagne  au  nord-est 
de  TAustrasie. 

? 

59.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R^  cercle  de  grènetis; 

5f  lAI— VDI   en   deux   lignes  séparées  par   une  croix  à  long  pied   placée 
horizontalement,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  i5o  fr. 

La  collection  Voillemier  renfermait  un  denier  semblable  où  la  ligne 
supérieure  du  revers  était  écrite  IVI. 

Encore  une  énigme  dont  la  solution  m'échappe.  C'est  dans  les  pro- 
vinces occidentales  ou  méridionales  que  doit  être  cherché  l'atelier  d'où 
est  sorti  ce  denier. 

Laon  (LvGDVNVM  ClavatvMj  Lavdvnvm  Civitas). 

60.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  L*A*  VDVN    en   légende  circulaire   autour  d'une    croisette,    cercle  de 
grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

61.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 

5^  L*'*AVDVN    en    légende    circulaire   autour    d'une    croisette,   cercle  de 
grènetis. 

Denier  un  peu  fracturé;  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Ces  deux  deniers  ont  été  émis  à  Laon.  Charlemagne  y  possédait  un 
château,  et  une  charte  de  lui ,  en  faveur  de  Saint-Martin  de  Tours,  se 
termine  par  ces  mots  Actum  Castro  Lauduno.  Laon  se  nommait  à  cette 
époque  indifféremment  Laudunum  ou  Lugdunum  Clavatum.  Le  nom  de 
Laudunum  pourrait  aussi  convenir  à  Loudun,  mais  l'importance  beau- 
coup plus  grande  de  Laon,  et  surtout  les  trois  points  en  triangle  qui 
sont  une  marque  distinctive  des  ateliers  orientaux,  me  fait,  sans  hésiter, 
donner  la  préférence  à  Lugdunum  Clavatum. 


SECONDE  RACE.  ii5 

Le  Mans  (Cenomanni  Civitas). 

62.  CAR'.— L*VS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

iÇf  EINOMNI  en  légende  composée  de  deux  parties  demi-circulaires  autour 
d'une  croix  aux  branches  fortement  pattées^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  Lausanne Valeur  200  fr. 

Je  suis  Topinion  de  M.  de  Longpérier  en  donnant  ce  denier  au  Mans, 
la  disposition  bizarre  des  lettres  dont  les  unes  sont  placées  verticalement, 
les  autres  horizontalement,  la  coupure  singulière  de  la  légende,  tout  cela 
me  laisse  des  doutes  sur  l'exactitude  de  cette  attribution.  Les  I  ne 
seraient-ils  pas  des  traits  d'abréviation?  TM  ne  serait-il  pas  un  W  et  le  C 
un  A?  Il  y  a  lieu  d'étudier  cette  pièce.  L'exemplaire  du  Musée  de 
Lausanne  provint  de  fouilles  faites  dans  le  lac  Léman  et  m'a  été 
communiqué  par  M.  Morel-Fatio. 

Liège  (Leodicvm  Civitas). 

63.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  LEO— DIEO  en   deux  lignes,  deux  points  dans  le  champ,   cercle    de 
grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25o  fr. 

Leodicum  était  un  vicus  où  résidait  souvent  Tévêque  de  Maëstricht 
Lambert;  après  le  martyre  de  ce  dernier,  son  corps  fut  transféré  par  son 
successeur  à  Liège  où  fut  édifiée,  en  son  honneur,  une  grande  basilique, 

et,  en  710,  Hucbertus  episcopus sedem  Episcopalem  in  eamdem 

urbem  transfert. 

Carolus  Gloriosus  rex  anno  769  celebravit  natalem  Domini  in  villa 
quae  dicitur  Duria  et  pascha  in  Leodico  vico  publico.  C'est  ainsi  que 
parlent  les  anciens  annalistes.  Vicus  publicus  est  même  chose  que  Villa 
publica  et  que  fiscus. 

Limbourg?  (Lembvrgvs). 

64.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  LEM,  au-dessous  X  entre  deux  points,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

65.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  LE  M,  le  trait  d'abréviation  se   termine  par    trois   points  en   triangle, 
acheminement  à  la  croix  pommetée,  au-dessous  X  entre  deux  points. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

66.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 


ii6  MONNAIES  FRANÇAISES. 

^  LEM  j    au-dessus    croix    pommetée  à   long  pied  y  couchée  ;  au-dessous 
S  couchéj  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

67.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  huit  points  et  un  croissant  dans 

le  champ,  cercle  de  grènetis; 
^  LEM,    au-dessus   croix  pommetée  à   long  pied,   au-dessous  S  couché, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  Fabre Valeur  i5o  fr. 

En  discutant  l'emplacement  de  Cluse  (n**  38),  j'ai  dit  que  les  quatre 
deniers  qui  précèdent  avaient  été  émis  dans  une  localité  située  au  nord 
de  l'Austrasie.  Je  propose  Limbourg,  dont  la  situation  correspond 
parfaitement  avec  les  indications  données  par  le  caractère  de  ces 
monnaies ,  mais  je  ne  suis  pas  assez  certain  de  l'antiquité  de  cette  ville 
pour  être  bien  affirmatif.  En  tous  cas,  c'est  dans  son  voisinage  qu'il 
faudra  chercher  l'atelier  représenté  par  les  lettres  LEM. 

Quant  à  l'attribution  à  Limoges,  quelque  séduisante  qu'elle  soit  et 
bien  qu'elle  ait  pour  elle  l'opinion  de  tous  nos  maîtres  en  numismatique, 
elle  ne  peut  pas  supporter  une  discussion  sérieuse. 

Lyon  (LvGDVNVN  Civitas). 

68.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

IjC  LVG,  point  dans  le  G,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

69.  EARO— LVS   en   deux   lignes,  A  et  R  liés,  deux  points  dans  TS,  cercle  de 

grènetis; 
5^  LVG— DVN   en  deux  lignes,   trois  points  sous  le  second  V,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Le  trésor  d'Imphy  contenait  deux  deniers  de  Lyon  {Première  partie, 
pi.  II,  n*''40  et  41)  qui  ne  sont  que  deux  variétés  peu  importantes  des 
numéros  68  et  69.  M.  de  Longpérier  faisait,  au  sujet  du  n®  41,  remarquer 
la  forme  triangulaire  allongée  du  D  qui  rappelle  la  forme  donnée  à  ce 
caractère  dans  les  notes  tironiennes. 

Maêstricht  (Trajectvm  ad  Mosam). 

70.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5f  Type  des  anneaux  entrelacés,   cinq  points  dans   le  champ,    cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  i5o  fr. 


SECONDE  RACE-  117 

J'ai  donné,  page  22,  les  raisons  qui  me  font  attribuer  ce  denier  à 
Maëstricht,  je  n'y  reviendrai  pas. 

71.  CARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis; 

5^  TRI  — lECT  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  200  fr. 

Cette  monnaie  a  aussi  été  attribuée  à  Utrecht  :  or,  si  on  consulte ,  dit 
M.  de  Longpérier,  les  textes  historiques  relatifs  aux  deux  Trajectum,  on 
reconnaît  que  le  nom  de  Trajectum  ad  Rhenum ,  Ulterius  Trajectum  a, 
depuis  l'antiquité  jusqu'à  nos  jours,  conservé  sa  forme  latine  pure; 
tandis  que  par  une  cause  que  nous  ne  connaissons  pas,  qui  n'est  peut- 
être  qu'une  disposition  organique  des  habitants,  le  nom  de  Trajectum 
ad  Mosam  s'est  altéré  de  bonne  heure ,  dans  la  prononciation  d'abord, 
très  probablement,  puis  sous  la  plume  d'écrivains  ou  de  copistes  d'actes 
qui  s'en  rapportaient  plutôt  à  l'oreille  qu'au  sens  du  mot.  C'est  ainsi 
que  Ton  trouve  Trejectum  et  même  Trijectum  dans  certaines  parties 
des  œuvres  de  Grégoire  de  Tours.  Cette  différence  d'orthographe  fut 
maintenue  jusqu'à  présent;  aussi  écrit-on  Utrecht  et  Maëstricht  {Cata- 
logue Rousseau^  p.  68). 

72.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  EAS— TRIE  en  deux  lignes  séparées  par  une   barre  horizontale,  trois 
points  en  triangle  à  gauche,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  200  fr. 

M.  de  Longpérier  avait  cru  pouvoir  lire  TRIEE  AS  et  donnait  ce  denier 
à  l'atelier  de  Troyes;  mais  en  considérant  la  forme  des  lettres, 
notamment  du  monogramme  AR,  la  lecture,  toute  naturelle  du  reste, 
EAS(trum)  TRI(e)E(tum)  s'impose  nécessairement. 

Planche  VIII. 

73.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  TRI— G  en  deux  lignes;  croisette  pommetée  après  G,  trois  points  dans 
le  champ. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

74.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 

!Q^  II RI— G  en   deux  lignes,  croisette  pommetée  après  G,   un   point  au 
centre,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  poids  lï^^So Valeur  i5o  fr. 


[i8  MONNAIES  FRANÇAISES. 

A  propos  de  ces  deux  deniers,  M.  de  Coster  faisait,  dans  la  Rev.  B., 
les  remarques  suivantes:  On  connaissait  le  denier  de  Charlemagne  pour 
cette  ville  avec  l'inscription  locale  TRI-IECT  en  deux  lignes,  mais  voici 
le  nom  de  Maëstricht  écrit  dans  sa  forme  flamande  ou  allemande  TRIG. 
Les  deux  formes  ont  été  maintenues  jusqu'à  la  fin  du  XIII*  siècle;  ainsi 
nous  possédons  deux  deniers  de  Charles-le-Chauve,  l'un  avec  TRIIECTO 
MONE,  l'autre  avec  TRIGETENSE  MON;  et  un  gros  tournois  de  Jean  I" 
de  Brabant,  mort  en  1294,  porte  MONETA  TRICHT;  voilà  encore, 
comme  pour  la  ville  de  Goch,  le  G  devenu  CH  ;  mais  après  cette  époque, 
la  forme  Trajectum  est  la  seule  employée  sur  la  monnaie  Maëstrich toise. 
Le  nom  flamand  de  Maëstricht  était  réellement  TRIG;  aussi  le  graveur 
qui,  en  adoptant  la  forme  vuleaire,  s'y  est  strictement  tenu,  a-t-il  figuré 
une  croisette,  afin  de  remplir  le  vide  qu'il  eût  laissé  sur  la  seconde 
ligne. 

Hftcon  (Matisco). 

75.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

"^    Au   centre   un  cercle  avec  un  point  central  sur  lequel  s'appuient  les 

quatre  branches  d'une  croix^  lesquelles  sont  terminées  par  deux  points. 

Dans  les  cantons  de  la  croix  sont  les  lettres  M—AI— E  — N,  le  tout  dans 

un  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

M .  Hucher  est  le  premier  qui  ait  publié  ce  denier  ;  il  croit  y  voir  un  produit 
de  Tatelier  de  Mâcon.  Il  faut,  dit-il,  dans  les  monnaies  de  Charlemagne, 
où  le  nom  de  ville  affecte  le  type  cruciforme,  prendre  les  lettres  dans 
l'ordre  des  cantons;  on  n'a  pas  d'exemple  d'une  lecture  rationnelle  qui 
procéderait  d'abord  en  choisissant  le  caractère  du  premier  canton,  puis 
celui  du  troisième,  du  quatrième,  pour  finir  par  celui  du  second.  D'après 
l'ordre  normal,  notre  type  donne  MAICON,  en  empruntant  l'O  au  centre 
de  la  croix.  Cette  lecture,  qui  n'a  rien  de  forcé,  nous  présente  évidemment 
le  radical  de  MATISCON,  nom  que  César  donne  à  Mâcon,  ville  des 
Éduens.  Mâcon  n'était  plus,  à  la  vérité,  qu'un  Castrum  au  Bas-Empire 
et  sans  doute  pendant  la  période  mérovingienne,  mais  ce  ne  serait  pas 
un  motif  suffisant  pour  en  exclure  un  atelier  temporaire,  lorsqu'on  voit 
d'ailleurs  cette  ville  signer  de  son  nom  les  monnaies  des  premiers 
Capétiens  (iîez^.  N.  Fr.  1846,  p.  i83).  De  son  côté,  M.  Ch.  Robert,  dans 
ses  études  sur  les  monnaies  de  Mâcon {Rep.  N. Fr.  1860,  p.  465)  disait: 


SECONDE  RACE.  119 

a  Nous  ne  pensons  pas  que  la  consonne  T  puisse  avoir  été  omise  au  profit 
de  la  voyelle  I  ;  si  donc  la  pièce  était  bien  de  Mâcon^  il  faudrait  qu'elle 
portât  MATEN,  ce  qui  fait  MATACON^  comme  sur  les  mérovingiennes». 
Le  dessin  de  M.  Hucher  ne  donne  en  effet  qu'une  figure  incomplète  de 
cette  lettre  dont  la  tête  semble  sortir  du  champ,  et  qui  pourrait  par 
conséquent  être  un  T. 

M.  de  Longpérier,  lui,  commence  par  la  ligne  inférieure  et  croit 
pouvoir  lire  CNOMANI  pour  Cenomanni,  le  Mans. 

L'interprétation  de  M.  de  Longpérier  me  semble  devoir  être  rejetée, 
d'abord  par  les  raisons  que  donne  M.  Hucher,  puis  parce  que  ce  type 
de  la  croix  cantonnée  est  un  type  méridional  qui  n'a  pu  remonter 
jusqu'au  Mans. 

Quant  à  Mâcon,  à  qui  Grégoire  de  Tours  et  les  anciens  annalistes 
donnent  tantôt  le  titre  de  castrum,  tantôt  celui  d'oppidum,  mais  le  plus 
souvent  d'urbs  ou  de  civitas,  c'est  en  effet  la  seule  localité  dont  le 
nom  paraisse  convenir,  mais  l'observation  de  M.  Ch.  Robert  reste 
entière  ;  j'ai  beau  examiner  la  pièce ,  la  retourner  dans  tous  les  sens ,  il 
est  impossible  de  faire  un  T  du  second  caractère  inscrit  dans  le  deuxième 
canton.  Si  Maguelone,  détruite  de  fond  en  comble  par  Charles-Martel, 
ne  fût  pas  restée  en  cet  état  pendant  trois  siècles,  son  nom  m'eût  paru 
convenir  bien  mieux  que  celui  de  Mâcon,  qui  est  bien  au  Nord,  pour  ce 
type  de  la  croix  cantonnée. 

Marseille  (Massilia  Civitas). 

76.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Qr  Grande  croix  à  branches  égales  occupant  tout  le  champ  et  cantonnée 
des  lettres  M— A— S— S,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  M Valeur  200  fr. 

77.  EARO— LVS  en  deux  lignes  et  en  légende  rétrograde,  cercle  de  grènetis; 

iÇf  Grande  croix  à  branches  égales  occupant  tout  le  champ  et  cantonnée 
des  lettres  M— A— S— S,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Mus.  de  M Valeur  200  fr. 

78.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

^  Grande  croix   à  branches  égales  occupant  tout  le  champ  et  cantonnée 
des  lettres    M— A— S— S    écrites   en   légende   rétrograde,    c'esl-à-dire  de 
droite  à  gauche,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Mus.  de  M Valeur  200  fr. 

79.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 


120  MONNAIES  FRANÇAISES. 

^  Grande  croix  à  branches  égales^  occupant  tout  le  champ  et  cantonnée 
des  lettres  M— A— SL— S,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25o  fr. 

Je  possède  un  denier  semblable  où  la  croix  du  revers  est  surmontée 
d'un  trait  d'abréviation;  un  point  au  bout  de  chacune  des  trois  autres 
branches  et  un  point  dans  chacun  des  3®  et  4**  cantons. 

Lelewel  avait  lu  S(i7v)AN(ecf/)S  et  donnait  la  pièce  à  Senlis:  C'est 
là  évidemment  une  erreur  du  célèbre  numismatiste.  C'est  bien  de  l'atelier 
de  Marseille  que  ces  pièces  sont  sorties. 

Mayence. 

80.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  un  signe  en  forme  de  virgule  sur 

L,  S  entre  un  point  et  un  I,  cercle  de  grènetis; 
5^  9  D— MA*G— 'SO  en  trois  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cartons  de  M.  Hoffmann Valeur  25  fr. 

81.  EAR— LVS  en   deux   lignes  séparées   par   une   croisette,    A  et   R  liés,   trois 

points  dans  le  champ,  lettres  pommetées,  cercle  de  grènetis; 
5f  9  — MAD-CSG    en    trois    lignes   dans    un   cercle    de    grènetis,    lettres 
pommetées. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

82.  EAR  — LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  croisette  pommetée,  A  et  R  liés, 

quatre  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis,  lettres  pommetées; 
5^  croisette  pommetée,    M— A— D— C— S-G  jetés  au  hasard  dans  le  champ 
de  la  pièce,  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection.  Poids  i  ï',  19 Valeur  20  fr. 

83.  EAR— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  un  point  après  R,  cercle  de  grènetis; 

5^  au  centre  un  A  surmonté  d'une  croisette  pommetée  à  long  pied,   autour 
les  lettres  M  — C— S— G— C  et  trois  points,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

84.  EAR— LVS  en  deux  lignes,   A  et  R  liés,   les  deux  lignes  sont  séparées  par 

une  barre  en  grènetis,  autour  cercle  de  grènetis; 
5^  S  M— A  — D— G- S— G  jetés  au  hasard  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  40  fr. 

85.  EARF  placés  dans  le  champ  dans  le  sens  du  signe  de  la  croix,   TA  est  sur- 

monté d'une  croisette  pommetée,   barre  au   centre,  trois  points  dans  le 
champ,  cercle  de  grènetis; 
!Çd'  croisette  pommetée  D— MAG— CS  en  trois  lignes,  quatre  points  dans  le 
champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Rev.  N.  Fr,  i858,  p.  246 Valeur  5o  fr. 

M.  de  Longpérier  cite  aussi,  dans  le  même  article  de  la  Revue ^  un 


SECONDE  RACE.  121 

denier  dont  la  face  est  semblable  à  celle  du  n*  85,  mais  dont  le  revers 
se  compose  des  lettres  DMGC  disposées  en  croix  autour  d'un  O  central. 

Fougères  et  Combrouse  ont  donné  un  dessin  où  le  nom  CARO-LVS 
est  écrit  en  deux  lignes,  et  où  le  revers  présente  la  légende  *  MOGONTIA 
en  légende  circulaire  autour  d'une  grande  croix  à  branches  égales.  Je 
n'ai  jamais  vu  cette  pièce  en  nature  et  ne  crois  pas  à  son  existence. 

Les  numéros  80,  81,  82  et  84  ont  la  plus  grande  analogie  avec  le 
denier  de  Pépin  (pi.  II,  n*'  4). 

On  remarquera  nécessairement  l'irrégularité,  on  pourrait  presque  dire 
la  fantaisie  qui  a  présidé  à  la  composition  des  légendes  du  revers  des 
deniers  décrits  plus  haut.  Cette  manière  d'écrire  le  nom  de  Mayence 
a  préoccupé  les  auteurs  et  M.  de  Longpérier  disait  à  ce  sujet: 

«  Les  monnaies  de  Charlemagne  présentent  plusieurs  variantes  de 
légende  qui  modifient  la  première  syllabe  MGCICVS,  MAOGCS,  MOGOG. 
Cette  manière  d'écrire  un  nom  de  ville,  en  supprimant  les  lettres  d'utilité 
secondaire,  se  rattache,  on  n'en  peut  douter,  à  un  système  de  tachygraphie 
connu  sous  le  nom  de  notes  tironiennes  et  qui  avait  été  remis  en  honneur 
sous  les  Carolingiens.  On  connaît  au  département  des  manuscrits  de 
la  Bibliothèque  Impériale  une  charte  d'Éginhard  écrite  presque  tout 
entière  en  notes  tironiennes.  Pour  bien  comprendre  la  légende  des 
deniers  de  Charlemagne  frappés  à  Mayence,  il  faut  avoir  sous  les  yeux 
le  dessin  de  Louis-le-Débonnaire,  portant  en  quatre  lignes  l'inscription 
MO-GON-TIA-CVS,  car,  pendant  le  règne  du  fils  de  Charlemagne,  le 
nom  de  la  ville  s'était  conservé  dans  sa  forme  antique.  L'apocope  de  la 
dernière  syllabe  a  eu  lieu  sous  Charles-le-Chauve  ». 

A  propos  d'un  dessin  semblable  à  celui  du  n**  82,  mais  où  le  D  est 
remplacé  par  un  O,  notre  savant  maître  disait  encore  :  «  Dans  le  nom  de 
ville  tel  qu'il  est  écrit  ici,  le  caractère  O,  placé  au-dessus  du  G,  est  complè- 
tement annulaire;  il  n'a  pas  la  forme  voisine  de  celle  duD  que  présentent 
d'autres  deniers  évidemment  frappés  dans  la  même  ville.  Cette  forme, 
pourtant  bien  connue  des  diplomatistes,  a  trompé  M.  Heinrich  Ph.  Cappe 
qui  a  cru  devoir  attribuer  à  Magdebourg  des  deniers  sur  lesquels  il  y  avait 
UAGDaburg Civita  S.  Mais  outre  que  CS  n'est  pas  l'abréviation  de  Civitas, 
il  est  indispensable  de  rappeler  que  sous  Charlemagne  ce  titre  n'appar- 
tenait pas  à  Magdebourg,  qui  ne  devint  Civitas  qu'au  X*  siècle»  {Rep. 
N.Fr.  i858,  p.  346). 


122  MONNAIES  FRANÇAISES. 

HelleT  Hédocî  Hayence?  Hetthadolus  7 

86.  EARO—LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çr  MQLQVS   en   légende   circulaire   autour  d'une    rosace  à   huit  pointes, 
percée  au  centre,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

87.  EARO—LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis  ; 

5^  M&VQLQ   en   légende   circulaire  autour  d'une   rosace   à    huit    pointes 
percée  au  centre,  &  et  V  sont  liés,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

88.  Le  droit  de  cette  pièce  ne  présente  aucun  caractère  lisible. 

Le  revers  est  exactement  celui  du  n^  87. 

Bractéate.  Ma  collection Valeur  10  fr. 

89.  EARO—LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!gf  Mc/îVQLQ   en   légende   circulaire   autour   d'une   rosace   à  huit   pointes 
percée  au  centre,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  20  fr. 

90.  EARO—LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 

B^  M^^TQLQ  autour   d'une   rosace  à   huit   pointes   percée    au   centre,    la 
croisette  est  pommetée,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

91.  EARO  —  LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  MEDOGVS  en  légende  circulaire  autour  d'une  rosace  à  quatre  pointes, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fir. 

92  et  93.  Le  droit  de  ces  deux  pièces  ne  présente  aucun  caractère  lisible; 

Le  revers  présente  les  légendes  MEDOGS  et   MEDOCS  autour   d'un   sigle 
formé  d'un  annelet  et  de  deux  points. 
Bractéates.  Ma  collection;  pesant  ensemble  iff^^jo.     .     .    Valeur    5  fr. 

94.  CAR— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

!Çr  M&V— DLQ  en  deux  lignes  séparées  par  une    barre   horizontale,    cercle 
de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

95.  CARO— LVS  en   deux    lignes,   A   et   R   liés,    trois  points   séparent   les    deux 

lignes  ; 
^  9  M.QLQ  autour  d'une  rosace  à  huit  pointes  percée  au  centre. 
Denier.  Combrouse  (pi.  XIV,  n®  3). 

J  ai  réuni  sous  la  même  rubrique  toutes  ces  pièces  qui  sont  de  même 
famille,  mais  qui  n'en  sont  pas,  pour  cela,  plus  faciles  à  expliquer  :  Le 
n**  94  a  été  publié  par  Le  Blanc,  qui  n  a  tenté  aucune  attribution.  Les 
Bénédictins  et  Eckhard  y  ont  lu  METVLLO.  Lelewel  n'a  pas  accepté  cette 
attribution,  et  aflSrme  que  la  légende  du  denier  est  MOGONT. 


SECONDE  RACE.  i23 

M.  de  Longpérier  en  donne  une  explication  qui  s'adresse  aussi  au 
n**  87.  Le  caractère  &,  dit-il,  équivaut  à  ET  (dans  une  charte  de 
Pépin,  par  exemple,  le  mot  oportet  est  écrit  oport&)  ;  mais  sur  la  monnaie 
ce  caractère  est  combiné  avec  deux  crochets  qui  rappellent  les  notes 
tironiennes  remises  en  usage  à  l'époque  des  Carolingiens.  Je  suis  porté 
à  croire  que  le  crochet  inférieur  indique  un  redoublement  du  T  et  que  le 
crochet  supérieur  a  la  valeur  d'un  H.  Le  reste  se  lit  DLO;  10  en  forme 
de  D  couché  se  remarque  sur  plusieurs  autres  monnaies  carolingiennes. 
Le  tout  donne  METTH(a)D(o)LO  avec  deux  voyelles  omises,  suivant  ce 
principe  fondamental  de  l'écriture  tironienne  :  «suppression  des  lettres 
dont  on  peut  rigoureusement  se  passer  pour  lire  les  notes». 

Nous  aurions  donc  là  le  nom  de  Metthadolus  à  l'ablatif,  comme  ceux 
de  Walacarius  et  d'Authramnus {Rep.  N.  Fr.  i858,  p.  25 1). 

Cette  attribution  au  monétaire  Metthadolus  est  infirmée  par  la  brac- 
téate  n*  88,  qui,  postérieure  de  plus  de  cent  ans  aux  n*'  87  et  94, 
reproduit  identiquement  la  légende  de  ces  deniers. 

Le  denier  n"*  91,  ainsi  que  les  deux  bractéates  n"*'  92  et  98  nous  donnent 
la  lecture  MEDOLVS  ou  MEDOGVS  (la  version  MEDOLVS  est  préférable, 
le  signe  placé  entre  O  et  V  étant,  sur  plusieurs  monnaies  connues,  em- 
ployé comme  équivalent  de  L).  A  propos  des  deux  bractéates,  M.  B.  Fil- 
Ion  disait  :  «  On  connaît  plusieurs  variétés  de  cette  pièce  avec  le  nom  de 
Charlemagne.  Elles  sont  ordinairement  attribuées  à  Mayence.  Leur 
découverte  fréquente  en  Poitou  les  a  fait  donner  aussi  à  Melle,  sans  que 
cette  attribution  puisse  être  fondée  sur  autre  chose  qu'une  certaine  ana- 
logie avec  les  deniers  frappés  sous  le  même  règne  dans  cette  dernière 
villeD  {Rep.  N.  Fr.  1846,  p.  55 1). 

Or  ce  n'est  pas  une  analogie,  mais  une  identité  complète  qui  existe 
entre  le  denier  tf  gi  et  les  deux  bractéates;  tous  trois  sortent  néces- 
sairement du  même  atelier,  à  cent  ans  de  distance  les  uns  des  autres. 

Les  n°'  86 ,  89  et  90  me  semblent  être  des  dégénérescences  du  n*  9 1 . 

Tout  cela,  comme  on  le  voit,  est  loin  d'être  clair,  et,  me  reconnais- 
sant tout  à  fait  impuissant  à  débrouiller  ce  chaos,  j'ai  pris  le  parti  de 
réunir  tous  les  types  connus  de  ce  genre  de  médailles  et  de  les  soumettre 
à  mes  lecteurs,  leur  souhaitant  d'être  plus  heureux  ou  plus  habiles  que 
je  ne  le  suis. 


124  MONNAIES  FRANÇAISES. 

May  ence  T 

96.  K— F  — R  — X   placés   dans   le  champ    suivant   les   indications   du  signe  de  la 

croixj  petite  croisette  pommetée  devant  K,  points  après  K  et  sous  R  et  Xj 
cercle  de  grènetis; 
5^  Grande  croix  de  Saint-André  ou  Sautoir  occupant  tout  le  champ,  dans 
les  cantons  de  cette  croix  sont  les  lettres  M— D— CG;  quatre  points 
occupent  les  angles  formés  par  les  branches  de  la  croix,  chaque  extrémité 
de  ces  mêmes  bras  est  ornée  de  deux  points,  cercle  de  grênetis. 
Denier.  Ma  collection. 

D'après  ce  qu'on  a  vu  précédemment,  l'attribution  à  Mayence  paraît 
toute  naturelle.  Je  ne  saurais  en  présenter  d'autre,  mais  cette  pièce  ne 
me  satisfait  pas.  Comme  les  deniers  de  Pépin  et  Charlemagne,  attribués 
à  Angers,  elle  a  un  aspect  sec,  dur,  l'ornementation  exagérée  du  revers 
n'a  pas  d'équivalent  dans  les  monnaies  de  cette  époque.  Puis  c'est 
presque  le  type  méridional  de  la  croix  cantonnée,  reporté  au  nord  de 
l'Empire.  Toutes  ces  circonstances  réunies  me  font,  non  pas  rejeter 
absolument  cette  monnaie,  mais  la  considérer  comme  douteuse. 

Planche  IX. 

Metallum. 

97.  Buste  de  Tempereur  couronné,  orné  du  paludamentum   et   tourné   à   droite  ; 

autour  du  buste  la  légende  KARLVS  IMPAVG,  cercle  de  grênetis; 
5^  *  METAL  GERMAN,  au  centre  les  instruments  de  monnoyage,  la  pile, 
le  trousseau   et   les  marteaux.   (Ces   attributs    un   peu   confus   sur   notre 
denier  sont  d*une  netteté   parfaite   dans   la  pièce  semblable   mais   fruste, 
dessinée  par  Van-der-Chijs,  pi.  XII,  n®  35.) 
Denier.  Ma  collection Valeur  1,000  fr. 

J'ai  expliqué  (p.  16)  l'origine  et  le  sens  de  la  légende  METALLVM  ins- 
crite sur  certains  deniers  de  Charlemagne,  Louis-le-Débonnaire  et 
Charles-le-Chauve.  J'ai  dit  que  ce  mot  METALLVM  n'avait  d'autre  sens 
que  celui  d'impôt,  tribut  ou  redevance. 

Jusqu'à  présent  la  plupart  des  auteurs  y  avaient  vu  l'équivalent  de 
METVLLO  (Melle)  ;  d  autres  lui  avaient  donné  la  signification  argent^ 
mais  tous  se  trouvaient  fort  embarrassés  pour  expliquer  la  légende 
EXMETALLONOVO  que  l'on  trouvera,  à  la  fin  du  règne  de  Charle- 
magne, sur  les  deniers  n***  2o3  et  204;  ils  traduisaient  bien  par  :  nouveau 
métal ^  mais  cette  explication  ne  pouvait  les  satisfaire. 


SECONDE  RACE.  i25 

Fougères  allait  jusqu'à  tirer  de  ces  trois  mots  la  destruction,  puis  la 
reconstruction  de  Tatelier  de  Melle,  qui  aurait  voulu  célébrer  sa  renais- 
sance par  la  création  de  la  monnaie  EXMETALLONOVO. 

Quand  Van-der-Chijs  publia  le  denier  à  la  légende  METAL  GERMAN 
qui  fait  partie  du  cabinet  de  la  monnaie  à  Utrecht,  ne  pouvant  utiliser 
aucune  des  explications  données  jusqu'alors,  il  traduisit  la  légende  par 
METALLA  GERMAN  (c'est-à-dire  les  mines  de  Germante).  Or,  en  par- 
courant tous  les  capitulaires,  toutes  les  chartes  de  l'époque,  il  trouve 
bien  de  nombreuses  mentions  de  mines  de  fer  et  de  plomb  ;  mais  la  pre- 
mière découverte  d'argent  dans  le  Hartz,  remontant  à  968,  il  en  conclut 
que  les  deniers  avec  METALLA  GERMAN  ont  été  fabriqués  avec  de  l'ar- 
gent extrait  du  plomb  d'Allemagne. 

Aucune  de  ces  explications  ne  pouvait  être  sérieusement  acceptée,  et 
je  crois  avoir  trouvé  le  sens  vrai  qui,  s'appliquant  à  toutes  les  monnaies 
connues,  portant  la  légende  METALLVM^  les  explique  toutes  d'une  ma- 
nière simple  et  logique.  Je  pourrais  encore,  à  l'appui  de  ma  version, 
citer  le  denier  indiqué  par  Duchalais  {Rev.  N.  Fr.  1840,  p.  124),  denier 
anonyme  qui  porte  pour  légende  d'un  côté  METAL  LVM  et  de  l'autre 
METVLLO,  c'est-à-dire  le  produit  du  tribut  de  l'Aquitaine,  transformé 
en  monnaie  courante  dans  l'atelier  de  Melle.  Il  n'est  pas  jusqu'à  la  pré- 
sence des  instrumens  du  monnoyage  sur  notre  denier,  comme  sur 
d'autres  deniers  analogues  de  Louis  P%  qui  ne  soit  expliquée  par  mon 
interprétation  du  mot  METALLVM.  C'est  une  allusion  à  la  transforma- 
tion en  monnaie  courante  des  lingots  ou  monnaies  romaines,  remis  au 
fisc  comme  paiement  de  l'impôt. 

11  est  à  remarquer  de  plus  que  le  METALL  GERMAN  n'existe  que  sous 
Charlemagne,  et  que  la  légende  METALLVM  cesse  d'être  employée  quand 
l'Aquitaine  fait  partie  intégrante  du  royaume  frank;  il  n'y  a  plus  que  la 
légende  METVLLO. 

Ainsi  donc  je  traduis  la  légende  de  notre  denier,  METALL  GERMAN,  par 
les  mots  :  «Tribut  de  la  Germanie». 

Morigny  (Mavriniacvm  Monasterium). 
98.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  MAVRINIACI  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  A  et 
V  sont  liés  et  la  dernière   lettre  forme   un   monogramme   qui  décomposé 
donne  les  lettres  NIACI;  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  M.  le  marquis  d'Hervey  de  Saint-Denys.    Valeur  3oo  fr. 


126  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Ce  denier,  trouvé  en  1879,  je  crois,  dans  les  fossés  du  château  de 
Bréau-sous-Nappe,  canton  de  Dourdan  (Seine-et-Oise),  avait  d'abord  été 
attribué  par  moi  à  Méri-sur-Seine  (Mauriacum),  où  eut  lieu  la  grande 
bataille  contre  les  Huns  d'Attila.  Mais  l'histoire  ne  nous  apprend  pas 
que  Méri  ait  possédé  un  palais  ou  une  villa  publica  qui  autorise  à  y 
placer  un  atelier  monétaire.  De  plus,  la  dernière  lettre,  du  nom  inscrit  au 
revers,  forme  un  monogramme  contenant  certainement  un  N  et  un  C  et 
probablement  un  A.  J'ai  donc  dû  renoncer  à  Méri  et  lire  le  nom  de  l'ate- 
lier: Mauriniacum^  Morigny-sur-la-Juine,  près  Étampes:  aveteri  Mo- 
nasterio  Abbatiali  insignis,  quod  in  Chronico  Mauriniacensi^  Maurinia- 
censé  cœnobium,  appellatur  ». 

Houson  (MosoMAGvSj  Mosomvs)  ou  Holosme  (Molosmvs  Monasterium). 

99.  CARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grénetis; 

"SjC  M— os— OM  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  1*M  de 
la  seconde  ligne  est  renversé,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  Voillemier Valeur  3oo  fr. 

La  lecture  régulière  de  la  légende  du  revers  nous  donnerait  MOSMO  ou, 
en  tenant  compte  de  la  barre  d'abréviation,  MO(lo)SMO.  Ce  serait  alors 
le  monastère  de  Molosme,  situé  à  six  lieues  de  Tonnerre,  près  de  Tan- 
lay.  Ce  monastère,  très  ancien,  puisqu'on  en  fait  remonter  la  fondation 
à  Clovis,  avait  pour  nom  régulier  Melundse  ;  c'est  le  nom  sous  lequel  on 
le  trouve  mentionné  en  83 1  dans  le  testament  d'Anségise.  Le  nom  de 
Molosme,  qui  en  est  la  corruption,  est  probablement  postérieur.  C'est 
ce  qui  me  fait  donner  la  préférence  à  la  lecture  MOSOM(o),  quoique 
moins  régulière.  Mouson  est  un  ancien  oppidum  ou  castrum  de  la  Cham- 
pagne (département  des  Ardennes)^  dont  l'existence  est  constatée  dès 
le  milieu  du  V*  siècle.  Il  renfermait  une  église  sous  l'invocation  de  la 
vierge,  dont  parle  le  testament  de  Saint-Remi.  Détruite  par  un  incendie, 
puis  réédifiée  par  Hervé,  archevêque  de  Reims,  elle  devint  une  abbaye 
très  importante  en  971 .  Ce  ne  peut  donc  être  à  l'abbaye,  mais  au  castrum 
qu'était  établi  l'atelier  monétaire. 

Namur  (Namvcvm  Castrum). 

100.  CAR— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  NA— MV  en  deux  lignes  séparées  par   une  barre  horizontale,  cercle  de 
grènetis. 

Denier Valeur  400  fr. 


SECONDE  RACE.  127 

J'ai  donné  le  dessin  de  cette  pièce  d'après  M.  Ch.  Robert  qui,  en 
1861  (Rep.  N.  Fr.^  p.  248),  écrivait  ceci  : 

ce  Ce  denier  a  été  trouvé  en  1860  aux  environs  de  Tours.  Cette  belle 
pièce,  que  M.  Porcher  a  bien  voulu  me  céder,  a  été  égarée  avant  que  je 
l'eusse  dessinée  moi-même.  La  figure  ci-contre  n'est  donc  qu'un  croquis 
fait  malheureusement  fort  à  la  hâte  » . 

Pour  qui  connaît  l'habileté  et  la  sûreté  de  main  de  notre  savant 
maître,  un  croquis  de  lui  équivaut  à  un  dessin,  c'est  pourquoi  je  n'ai 
pas  hésité  à  faire  graver  la  pièce . 

Narbonne. 

loi.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  point  dans  TR,  les  extrémités  des 
lettres  sont  munies  de  longs  apices  en  forme  de  croissants,  cercle  de 
grènetis  ; 
5^  Grande  croix  à  branches  égales  occupant  le  champ,  un  point  au  centre 
de  la  croix,  les  extrémités  des  branches  ancrées  et  ornées  de  points,  les 
lettres  N— R— B— O  placées  dans  les  cantons  de  la  croix,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

Un  autre  denier,  semblable  par  la  forme  des  lettres  à  ce  nM  01,  et 
appartenant  au  Cabinet  de  France,  porte  au  droit  une  croix  dans  les 
quatre  cantons  de  laquelle  sont  les  lettres  M-I-L-O,  et  au  revers  aussi 
une  croix  avec  les  lettres  N~R-B-0.  Le  caractère  des  lettres,  la  forme 
de  la  croix,  tout  est  identique  dans  ces  deux  pièces. 

Or  nous  avons  vu  un  denier,  frappé  certainement  dans  les  premières 
années  du  règne  de  Pépin,  portant  à  la  fois  le  nom  du  roi  et  le  nom  de 
MILO,  puis  un  denier  du  même  Pépin  portant  les  initiales  NR  de  Nar- 
bonne. Voici  maintenant  deux  autres  deniers  de  la  même  ville,  émis 
sous  le  règne  de  Charlemagne,  et  dont  l'un  porte  aussi  ce  même  nom 
de  Milon.  En  admettant  ce  denier  comme  authentique  (et  il  me  paraît 
une  copie  du  denier  royal,  copie  presque  servile),  quelles  conclusions 
tirer  de  l'examen  de  ces  quatre  pièces  ?  Il  est  évident  d'abord  que  la 
pièce  royale  de  Charlemagne  a  dû  précéder  la  pièce  au  nom  de  MILO  ; 
ce  Milon  peut-il  être  le  même  que  celui  qui  a  signé  le  denier  de  Pépin  ? 
cela  me  semble  impossible.  Le  denier  de  Narbonne,  frappé  par  Pépin, 
est,  ainsi  que  je  Tai  dit,  postérieur  au  denier  du  petit  module  de  Milon; 
comment  admettre  que  le  comte  qui,  sous  Pépin,  encore  mal  affermi  dans 


128  MONNAIES  FRANÇAISES. 

sa  nouvelle  conquête,  n'osa  pas  supprimer  le  nom  du  roi,  l'ait  osé  faire 
sous  Charlemagne,  après  la  mort  de  Carloman,  c'est-à-dire  au  moment 
de  la  puissance  incontestée  du  roi  des  Franks?  Poser  la  question  c'est 
la  résoudre. 

Il  ne  reste  que  deux  hypothèses:  ou  la  pièce  de  Milon  et  Nar- 
bonne  est  fausse  (et  c'est  mon  opinion),  ou  sa  fabrication  résulte  d'une 
erreur  du  graveur  de  coins  qui,  comprenant  mal  les  instructions  don- 
nées aux  comtes  des  Marches  du  royaume  frank,  après  avoir  mis  le  nom 
du  comte,  mit,  au  lieu  du  nom  royal,  le  nom  de  l'atelier  où  la  monnaie 
avait  été  fabriquée.  J'ai,  je  l'avoue,  une  assez  grande  méfiance  à  l'égard 
de  ces  pièces  venant  du  sud  du  royaume.  Je  ne  puis  oublier  qu'il  y  a 
quelques  années  nous  avons  failli  être  envahis  par  des  deniers  faux  de 
Milon  et  Narbonne  et  de  Charles  et  Milon.  Les  deniers  de  Milon  étaient 
identiques  au  denier  de  la  Bibliothèque,  mais  ils  présentaient  jusqu'à 
quatre  modifications  du  coin.  Le  métal  était  bon,  le  poids  normal,  la 
patine  suffisante.  Heureusement  le  faussaire,  plus  habile  graveur  que 
savant  numismatiste,  avait  mélangé  à  sa  prétendue  trouvaille  des  oboles 
de  Pépin  et  Milon  et  de  Charles  et  Milon.  Dès  lors  il  n'y  avait  plus  de 
doute,  et  les  pièces  sont  encore  en  partie  dans  les  cartons  de  la  maison 
RoUin  et  Feuardent,  à  qui  elles  avaient  été  envoyées.  Depuis  cette 
époque  deux  autres  deniers  de  Charlemagne,  l'un  de  Béziers,  l'autre  de 
Substancion,  m'ont  été  présentés,  provenant  également  de  prétendus 
enfouissemens  des  régions  méridionales,  et  ce  n'est  qu'après  un  long  et 
minutieux  examen,  en  les  plaçant  au  milieu  de  monnaies  authentiques, 
que  j'ai  pu  m'assurer  de  leur  fausseté. 

Quant  au  denier  n^  loi,  il  est  bien  de  Charlemagne  et  frappé  à  Nar- 
bonne. 

» 

Odalricus. 

I02.  CIRO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis; 

5^  .ODAL  RICVS  en  légende  circulaire  autour  d'une  croisette  pommelée, 
les  lettres  sont  aussi  pommetées,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25o  fr. 

Voici  encore  le  nom  d'un  comte  ou  gouverneur  de  Marches.  M.  de 
Coster,  qui,  le  premier,  a  décrit  ce  denier  dans  la  Rev.  N.  B.,  a  écrit 
ce  qui  suit  :  «  Le  denier  ODALRICVS  de  Charlemagne  appartient  au  Nord; 
on  en  a  trouvé  plusieurs  exemplaires  dans  le  Haut-Rhin,  tandis  qu'il  n'a 


SECONDE  RACE.  129 

pas,  que  nous  le  sachions,  été  exhumé  en  France.  Odalricus  ou  Udalri- 
cus  et  rUlrich  allemand  sont  un  même  nom  d'homme  ;  voilà  un  point  de 
repère  qui  va  nous  guider.  Eh  bien  !  dans  le  cercle  du  Haut-Rhin,  près 
de  Fulde  et  à  quelques  lieues  de  Francfort,  il  y  a  la  ville  d'Ulrichstein 
(dont  la  traduction  littérale  est  forteresse  d'Ulrich),  aujourd'hui  dans  la 
principauté  de  Hesse-Darmstadt.  D'après  une  tradition,  c'était  la  rési- 
dence d'un  ancien  comte  ou  gouverneur  que  l'on  fait  remonter  au  moins 
au  temps  de  Charlemagne.  Or  le  beau-frère  de  Charlemagne  se  nommait 
Udalricus,  et  nous  savons  qu'il  possédait  de  grandes  dignités.  A-t-il  été 
le  gouverneur  de  ces  contrées  qui^  dès  817,  furent  réunies  au  royaume 
de  Germanie?  Est-il  possible  que  ce  soit  là  l'Odalricus  du  denier  de 
Charlemagne  ?  d 

Paderborn  7 

io3.  CARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,    un  point  entre  les  deux  lignes, 
cercle  de  grènetis  ; 
5^  Monogramme    dans    lequel    on    trouve    les  lettres   P— A— N  — B,   trait 
d'abréviation  au-dessus^  croisette  pommetée  au-dessous,  cercle  de  grènetîs. 
Denier.  Coll.  San-Quintino. 

Ce  denier  ne  nous  est  connu  que  par  la  description  qu'en  a  donnée 
M.  de  San-Quintino,  qui  écrit  ceci  dans  la  Rev.  N.  Fr.  1841 ,  p.  54  : 
«  L'attribution  à  Paderborn  de  ce  denier  de  Charlemagne,  qui  fait  partie 
de  ma  collection,  ne  me  paraît  pas  douteuse». 

Je  ne  suis  pas  de  l'avis  du  savant  antiquaire  italien,  et  je  ne  puis  trou- 
ver, dans  le  monogramme  du  revers,  les  éléments  du  nom  de  Pader- 
born (PATHALBRVNNEN). 

Je  n'ai  pas  d'autre  attribution  à  proposer.  Si  le  denier,  comme  je  le 
crois,  est  authentique,  c'est  entre  le  Rhin  et  la  Meuse  qu'on  devra  cher- 
cher l'atelier  où  il  a  été  frappé.  Car,  avant  Louis-l'Enfant,  jamais  les 
Carolingiens  n'ont  eu,  de  l'autre  côté  du  Rhin,  d'atelier  monétaire  dont 
le  nom  fiit  inscrit  sur  leurs  monnaies. 

Paris. 

104.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çf  Type  de  la  croix  ancrée,  un  appendice  vertical  au  bout  de  chacun  des 

bras  horizontaux  de  la  croix^  quatre  points  en  losange  au-dessus,    point 

dans  chacun  des  cantons  de  la  croix,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  y5  fr. 

17 


i3o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

io5.  EARO— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  en  grènetis,  au  bout  à 
droite  quatre  points  en  losange,  A  et  R  sont  liés,  cercle  de  grènetis; 
5^  PRI— SVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

L'attribution  de  ces  deux  deniers  à  Paris  est  admise  par  tous.  Je  signa- 
lerai, dans  le  n*"  io5  les  points  qui  terminent  la  croix,  lesquels  ne  se 
trouvent  habituellement  que  sur  les  monnaies  du  Lotherrègne. 

Ramerup  (Ramervdvm  Castrum). 

106.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  REMEI— RODO  en   deux   lignes  séparées   par   une   barre  horizontale, 

point  au-dessous,  les  lettres  sont  légèrement  pommetées,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  200  fr. 

Ce  denier  avait  été  attribué  dubitativement  à  Reims  par  Fougères. 

M.  de  Longpérier  a,  je  crois,  vu  plus  juste  en  le  donnant  à  Ramerup, 
situé  sur  TAube,  à  28  kilomètres  de  Troyes  et  à  4  d'Arcis. 

Le  nom  de  Ramerudum  est  mentionné  dans  le  récit  du  martyre  de  Bal- 
semius,  connu  sous  le  nom  de  Saint-Bausange.  Le  Castrum-Ramerudum 
se  nomme  aujourd'hui  Ramerup.  On  voit  figurer  ce  nom  dans  plusieurs 
chroniques  du  moyen  âge;  sous  Philippe  V^  un  comte,  cité  dans  une 
charte  de  Hugues,  comte  de  Troyes ,  se  nommait  André  de  Rameruco. 

Reims  (Remis  Civitas). 

107.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

ÇT  REMI— CIVIT  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale^  M  et 
I  sont  liéSj  le  dernier  jambage  vertical  de  l'M  se  termine  par  un  trifo- 
lium,  I  et  V  sont  liés  aussi^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

Rennes  (Redonis  Civitas). 

108.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  REDO-NIc/3   en   deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  ED 
formant  monogramme^  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Ce  denier  a  été  frappé  à  Rennes,  probablement  après  779,  époque  à 
laquelle,  grâce  à  Guy,  comte  de  la  Marche  bretonne,  la  Bretagne,  pour 
la  première  fois,  fut  soumise  tout  entière  aux  Francs  (de  Barthélémy, 
Charlemagne^  p.  496). 

Je  crois,  au  contraire,  cette  pièce  postérieure  à  celles  qui  portent  le 


SECONDE  RACE.  i3i 

nom  de  Roland,  et  frappée  quand  Charlemagne  réunit  cette  province 
à  son  empire,  en  supprimant  la  Marche  de  Bretagne. 

109.  CARO^LVS  en  deux   lignes,  A  et  R  liés,  point  dans  le  champ,  cercle  de 
grènetis; 
5^  REDO— NIS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale;  cercle 
de  grènetis. 

Denier Valeur  i5o  fr. 

Ce  denier  a  été  gravé  sur  une  empreinte  que  m'a  remise  M.  Charvet. 

iio.  CAR— LVS  en  deux  lignes  EAR  formant  monogramme,  cercle  de  grènetis; 
5^  RED— NIS,  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

Razès  (REDiE  Oppidum}. 

111.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çf  Croix  à  quatre  branches  égales  dans  les  cantons  de  laquelle  se  trouvent 

les  lettres  R— E— D— S,  un  point  à  droite  de  la  croix,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Combrouse  pi.  IV,  n»  1 1 Valeur  200  fr. 

Le  revers  de  ce  denier  nous  offre  le  type  méridional  pur;  ce  n'est 
donc  pas  à  Rennes  qu'il  faut  l'attribuer,  comme  ont  fait  certains  auteurs. 
Le  bourg  de  Razès,  situé  entre  Carcassonne  et  Narbonne,  et  qui  avait 
une  assez  grande  importance  sous  les  Carolingiens,  le  réclame  à  plus 
juste  titre.  On  lit  dans  Adrien  de  Valois  :  <r  Oppidum  olim  non  infre- 
quens  ac  incelebre  fuit  nomine  Redae,  inter  Carcassonem  et  Narbonem 
positum  :  de  quo  Theodulfus  Aurelianentis  Episcopus  in  Paraenesi  ad 
Judices  : 

Inde  revisentes  te  Carcassona,  Redasque^ 
Mœnibus  inferimus  nos  cito  Narbo  tuis. 

Le  Pagus  Redensis  forma  plus  tard  le  Comté  de  Razès. 

Roye  (RoDivM  Castrum). 

112.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  RAV— DIO  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,  A  et  V 
liés,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  200  fr. 

Roye  est  une  ancienne  ville  qui,  dans  la  table  Théodosienne,  se 
présente  sous  le  nom  de  Rodium  :  Augusta  Viromanduorum,  Setucis, 
Rodium,  Lura,  Augusta  Suessionum....  etc.  Frodoard,  dans  ses  chro- 
niques, année  833,  la  nomma  Rauga,  d'où  est  venu  Roye,  comme  Auga 


i32  MONNAIES  FRANÇAISES. 

OU  anser  a  fait  oye.  Guillaume-le-Breton  au  livre  II  de  sa  Phiiippide  le 
nomme  Roia. 

Roland. 

II 3.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetîs  ; 

5^  RUD  — LAN  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  de  points,  cercle  de 
grènetîs. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A.  ;  découverte  d'Imphy     .     .     .     Valeur  25o  fr. 


114.  KRXF,  R  et  X  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  RODL— AN  en  deux  lignes  demi-circulaires,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  200  fr. 

M.  de  Longpérier,  toujours  poursuivi  par  son  idée  de  faire  des  noms 
de  monétaires  de  tous  les  noms  d'hommes  inscrits  sur  les  monnaies 
carolingiennes,  se  refuse  à  voir  là  le  nom  du  préfet  ou  marquis  des 
Marches  de  Bretagne:  Hruodlandus  Britannici  limitis prœfectus.  Pour 
nous,  qui  n'avons  pas  les  mêmes  motifs  de  douter,  nous  saluons  le  nom 
du  héros  le  plus  célèbre  de  nos  grandes  épopées  du  moyen  âge,  le  comte 
d'Angers,  Roland,  le  neveu  de  Charlemagne,  frappant  monnaie  avec  le 
tribut  payé  par  les  Bretons  au  roi  des  Franks. 

Rome?  VormsT 


II 5.  KARX  K— A-R-X  formant  monogramme,  dessous  F  couché  avec  un  point, 
cercle  de  grènetis; 
y  Grande  croix  à   branches   égales  dans   les   cantons  de   laquelle  sont   les 
lettres  V— O— R— M;  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr.  ; 

Encore  une  pièce  qui,  comme  le  n""  96,  me  semble  d'une  fabrication 
très  anormale.  Tout  contribue  à  donner  des  doutes  sur  son  authenticité. 
Le  trait  en  est  sec  et  dur,  les  reliefs  exagérés.  Elle  porte  au  droit  une 
légende  qui  est  la  copie  servile  de  celle  du  denier  n"*  1 16  frappé  à  Sainte- 
Croix,  atelier  septentrional,  tandis  que  le  type  du  revers  est  le  type 
méridional  pur.  On  l'a  attribuée  à  Worms  ;  on  pourrait  aussi  bien  l'attribuer 
à  Rome,  car  les  lettres  placées  toutes  dans  des  sens  difFérens  ne  per- 
mettent pas  de  savoir  où  commence  et  où  finit  la  légende.  Pour  moi  cette 
pièce  est  fausse.  L'avenir  me  donnera  peut-être  tort,  je  ne  le  pense  pas; 
mais,  en  tous  cas,  fussé-je  dans  l'erreur,  il  est,  je  crois,  d'une  saine 
discussion  d'écarter  de  son  chemin  ces  exceptions,  ces  enfants  perdus  de 
la  numismatique  qui  ne  se  rattachent  à  rien  et  viennent  se  mettre  en 


SECONDE  RACE.  i33 

travers  des  classifications  les  mieux  établies  pour  les  troubler  sans  aucun 
profit  pour  la  science.  Ces  monnaies  ne  sont  pas,  heureusement, 
bien  nombreuses  jusqu'à  ce  jour.  Espérons  que  le  nombre  n'en  aug- 
mentera pas. 


Sainte-Croix. 


ii6.  KAKX,    A— R— X    formant    monogramme^    dessous    F    couché,    cercle   de 
grènetis  ; 
5^  S....  RVni   autour  d'une  croix   potencée  à   pied   fiché,  deux  points  et 
deux  groupes  de  trois  points  dans  le  champ,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d*A.  ;  découverte  d'Imphy     .     .     .    Valeur  200  fr. 

Pour  ce  denier  je  n'ai  qu'à  renvoyer  aux  n"  Sg  et  60  de  la  planche  III, 
p.  33  du  texte.  C'est  le  même  atelier  et  le  même  type. 

Saint-Firmin  (Sancti  Firmini  Monasterium). 

117.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

yr  SCI-FIRMI-NI'*%  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25o  fr. 

118.  EA— ROL— RE   en   trois  lignes,  trait  au  travers  de  l'L,  après  l'E  il  y  a, 

pour  remplacer  TX,  une  sorte  de  paire  de  ciseaux,  cercle  de  grènetis; 
IjÇ  SCI— FIRMI  — NI  en  trois  lignes,  à  la  fin   de  la  troisième   une  petite 
croix  pommetée. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  3oo  fr. 

Cet  atelier  est  le  même  que  celui  qui  a  frappé  les  n**'  62  et  63  de  la 
planche  III,  p.  36  du  texte.  Je  n'ai  rien  à  ajouter  à  ce  qui  a  été  écrit  à 
ce  propos. 

Saint-Haizent  (Sancti— maxentii  Monasterium). 

119.  EARO  — LVS  en  deux  lignes  dans  un  cercle  de  grènetis^  A  et  R  liés; 

IjC  MAX—ENT  en  deux  lignes^  S  au  centre,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d*A.  ;  découverte  d'Imphy     .     ,     .    Valeur  25o  fr. 

La  célèbre  abbaye  de  Saint-Maixent,  sur  la  Sèvre  (diocèse  de  Poitiers), 
avait  été  fondée,  suivant  Grégoire  de  Tours,  avant  le  règne  de  Clovis, 
sous  l'invocation  de  Saint-Saturnin,  évéque  de  Toulouse.  Le  roi  des 
Franks  la  dota  richement.  Le  corps  de  saint  Maixent  y  fut  inhumé 
et  son  nom  remplaça  celui  de  Saint-Saturnin  comme  patron  et  protec- 
teur de  l'abbaye. 

Saint  Léger  y  fut  abbé  pendant  six  années  ;  son  corps  y  fut  transporté 
avec  le  consentement  du  roi  et  par  les  soins  d'Ansoaldus,  évêque  de 
Poitiers. 


ji34  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Comblée  de  dons  et  de  richesses  par  tous  les  rois  successeurs  de  Clovis, 
la  célèbre  abbaye  vit  bientôt  s'établir  autour  d'elle  un  oppidum  impor- 
tant, comme  cela  avait  lieu,  'du  reste,  autour  de  tous  les  monastères 
riches  et  puissants  *. 

Louis  l"  y  fit  d'importantes  restaurations  et,  dans  une  charte  de  817, 
elle  est  comptée  parmi  les  abbayes  d'Aquitaine  qui  ne  devaient  à  l'empe- 
reur ni  redevance  ni  service  militaire,  mais  seulement  des  prières. 

Sainte- Marie. 

120.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

^  SEÈ— MRE    en    deux    lignes    séparées   par   une   barre   horizontale^    un 
annelet  au  bout  de   la   barre,   point   avant  M,  lettres  pommetées,   cercle 
de  grènetis. 
Denier.  Coll.  Fabre Valeur  1 5o  fr. 

Je  ne  puis  que  répéter  ce  que  j'ai  dit  (p.  43):  les  monastères  au  nom 
de  Sainte-Marie  sont  tellement  nombreux  qu'il  est  bien  difficile  de  dire 
auquel  d'entre  eux  se  rapporte  telle  ou  telle  monnaie.  Ici  cependant  nous 
avons  les  lettres  pommetées  des  revers  qui  nous  cantonnent  dans  le  Nord- 
Est,  et  la  monnaie  décrite  ci-dessus  pourrait  bien  avoir  été  frappée  à 
Sainte-Marie  de  Verdun. 

Planche  X. 

121.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

3r  SCAMARIA  CPEED,  A-M  et  A  sont  liés,  îes  cinq  dernières  lettres 
sont  plus  petites  que  les  autres,  la  légende  est  écrite  circulairement 
autour  d'une  petite  croix  cantonnée  de  quatre  points. 

Denier.  Ma  collection;  Cab.  de  Fr.  ;  poids,   iff»',20  .     .     Valeur  200  fr. 

Ce  denier  présente,  à  la  fin  de  la  légende,  cinq  lettres  qui  doivent  être 
l'indication  de  l'atelier  où  il  a  été  frappé.  Ayant  eu  trois  de  ces  deniers 
entre  les  mains,  je  puis  affirmer  la  lecture  C.P.E.r.D.  Je  propose  de 
traduire  Capitulum  Ecclesiœ  Laudunensis.  Nous  verrons  plus  loin 
n^  189  un  denier  de  Charlemagne  portant  au  centre  du  droit  la  légende 

*  Les  abbayes  formaient  alors  des  espèces  de  villes,  comprenant  un  très  grand  nombre  d*habita- 
tions  et  possédant  des  terres  considérables.  Les  rois  avaient  soin  de  constater  quMls  en  étaient  les 
maîtres.  Si  les  abbayes  avaient  battu  monnaie  pour  leur  compte,  nous  en  trouverions  la  trace 
dans  ces  polyptiques  qui  nous  font  si  bien  connaître  Tétat  de  leur  fortune  et  les  sources  de  leurs 
revenus.  (De  Longpérier,  Rev.  N,  Fr,  i856  p.  2o3.) 


SECONDE  RACE.  i35 

LAVDVNO  et  à  l'avers  SCAMARIA.  Il  y  a  donc  probabilité  en  faveur  de 
mon  interprétation,  d'autant  mieux  que  c'était  au  chapitre  de  l'Église 
que  revenait  le  soin  de  surveiller  la  fabrication  de  la  monnaie. 

122.  EARO-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

Çf  *  SCMARIAREM  autour  d'une  croisette;  M- A  et  R  sont  liés;  cercle 
de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  400  fr. 

Ce  denier  a  été  frappé  par  le  chapitre  de  l'Église  épiscopale  de  Reims, 
laquelle,  bien  avant  l'époque  carolingienne,  était  déjà  placée  sous  l'invo- 
cation de  la  vierge,  ainsi  qu'il  résulte  de  ce  passage  de  Flodoard: 

«  Fertur  Sanctus  Nicasius  suae  sedis  basilicam,  quae  prius  fuit  in 
ecclesia  quae  dicebatur  ad  apostolos,  in  honore  Virginis  Dei  parae  divina 
revelatione  fondasse  » .  Et  ailleurs:  «Quidam  ruricola  Gerlaius  nomine, 
Durocortorum  adiens  oraturus,  beatae  Dei  genitricis  Mariae  ingressus  est 
ad  basilicum  (Lib.  3,  chap.  6)  ». 

Saint-Martin  de  Tours. 

123.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis;  2  points  dans 

le  champ  ; 
5^    'SCIMARTIN    en  légende  circulaire  autour  d'un   cercle  composé  de 
neuf  points  ;  un  gros  point  au  centre^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Découverte  de  Sarzana Valeur  200  fr. 

124.  EARO— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale,   cercle  de 

grènetis;  A  et  R  sont  liés; 
Çf  SCIMARTINI  écrit  en  légende  circulaire  autour  d'un  cercle  de  grènetis, 
croisette  pattée  au  centre  ;  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

On  est  généralement  d'accord  pour  admettre  que  ces  deniers  ont  été 
émis  par  la  célèbre  abbaye  de  Tours.  Il  y  a,  en  effet,  une  remarquable 
analogie  entre  la  fabrique  de  ces  deniers  et  celle  des  tiers  de  sol  méro- 
vingiens sortant  de  cet  atelier.  En  tous  cas  on  ne  peut  les  rapporter  qu'aux 
régions  occidentale  ou  méridionale  du  royaume.  Pour  moi,  je  crois  bonne 
l'attribution  au  monastère  de  Saint-Martin  de  Tours.  M.  Benjamin 
Fillon  cite  un  denier  qu'il  attribue  à  Saint-Martin  de  Tours  et  qu'il  décrit 
ainsi:  Tête  à  droite  S.  M.,  monogramme  de  Charles.  Je  ne  sais  ce  que 
peut  être  cette  pièce  que  je  n'ai  pas  vue. 

Saint-Haur^  Saint-Haurin,  Saint-Maurice. 

125.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  7  points  dans  le  champ,  cercle  de 

grènetis  ; 


i36  MONNAIES  FRANÇAISES. 

5^  S'CIMAVR'  En  légende  circulaire  autour  d'un  petit  cercle  de  points, 
point  au  centre  ;  A  et  V  sont  liés,  cercle  de  grènetis. 

Denier Valeur  25o  fr. 

Ce  denier,  dont  l'empreinte  a  été  prise  par  moi  chez  M.  Charvet,  il  y  a 
plusieurs  années,  et  dont  j'ai  oublié  la  provenance,  appartient  à  la  même 
région  que  les  n^'  i23,  124,  i3o  et  i3g.  C'est  donc  aux  environs  de 
Tours  qu'il  faut  chercher  le  Saint-Maur,  Saint-Maurin  ou  Saint-Maurice, 
abbaye  où  ce  denier  a  dû  être  frappé. 

Sainte  Hir....? 

126.  CARO— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  ligne  horizontale  composée  de 

points  et  se  terminant  à  chaque  extrémité  en  forme  d'Y;  cercle  de  grènetis; 
Bf  S  SEE*MIR  écrit  en   légende  circulaire  autour  d'un  cercle  formé  de 
points;  un  point  au  centre. 
Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Je  ne  connais  pas  de  nom  de  sainte  qui  commence  par  les  trois  lettres 
MIR.  C'est  encore  un  denier  dont  le  lieu  d'origine  est  dans  la  même  con- 
trée que  les  numéros  qui  précèdent. 

Saint-Pierre  de  Cologne. 

127.  EARO— LVS  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale  ;    quatre 

points  dans  le  champ;  A  et  R  liés;  les  lettres  sont  fortement  pommetées; 
cercle  de  grènetis; 
!Çr  SPTE,  le  P   et  le  T  sont  liés^   le  T  forme  avec  la  barre  verticale  du 
P    une    croix    cantonnée   de    quatre   points,    les   lettres    sont    fortement 
pommetées;  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  de  P.  d'A;  découverte  d'Imphy      .     .     .     Valeur  100  fr. 

M.  de  Longpérier,  après  avoir  rejeté,  comme  explication  des  lettres 
du  revers,  les  noms  d'Épernay  (Spernacum)  et  Epône  (Spedonetum), 
propose  d'y  lire  un  nom   de   monétaire   Sperandei   ou    Sperandeus 

(SPER   DEI). 

Je  reconnais  dans  les  lettres  du  revers  les  lettres  S.P.E.T.  et  propose 
de  lire  Sancti  Pétri.  Je  repousse  le  nom  du  monétaire  Sperandeus  comme 
je  l'ai  déjà  fait  pour  tous  les  autres  noms  de  prétendus  monétaires; 
Spernacum  n'utilise  pas  le  T  de  la  légende  et  Spedonetum  n'est  pas 
situé  dans  la  circonscription  qui  emploie  les  lettres  pommetées.  Je 
cherche  un  Saint-Pierre  dans  le  nord  et  l'est  du  royaume  et  je  trouve  la 
grande  abbaye,  devenue  Église  métropolitaine  de  Cologne.  C'est  à  elle 
que  je  rapporte  l'émission  de  ce  denier. 


SECONDE  RACE.  187 

Saint-Trond  (Sancti  Trvdonis  Monasterium). 

128.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  -SCI  — -TRV— -DO  en  trois  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Société  zélandaise  de  Middelburg Valeur  3oo  fr. 

M.  Van-der-Chijs  qui  décrit  ce  denier  (pi.  VI,  n°  25)  dit  simplement  : 
a  II  a  été  frappé  à  Saint-Trond  en  Limbourg. 

L'abbaye  de  Saint-Trond  nommée  ainsi  du  nom  de  son  créateur, 
fut  fondée  en  Tan  662  et  cédée  par  son  auteur  aux  évêques  de  Metz, 
auxquels  elle  resta  attachée  pendant  470  années,  époque  où  elle  fut 
rachetée  par  Tévéque  de  Liège  Alexandre  (ii3o). 

On  a  voulu  faire  un  seul  et  unique  lieu  de  Saint-Trond  et  de  Sarchi- 
nium,  mais  il  paraît  résulter  de  la  lecture  des  chroniques  que  Sarchinium 
était  un  vicus  à  côté  duquel  fut  fondée  l'abbaye  de  Saint-Trond  et  qui 
serait  actuellement  le  bourg  de  Kerkum.  Le  voisinage  de  la  riche  abbaye 
profita  au  vicus  qui  devint  un  oppidum  riche  et  peuplé. 

? 

129.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés^  cercle  de  grènetis; 

5^  SP.R,   croisette   en   dessous,    deux    points  dans   le  champ,    cercle    de 
grènetis. 

Ce  denier,  attribué  par  Lelewel  à  Spire,-  fait  partie  de  la  collection  du 
Musée  de  Lunéville  et  aussi  de  celle  de  M.  P.  d'A.  Mais  il  figure  aussi 
dans  la  collection  des  coins  de  Becker,  et  c'est  là,  je  crois,  qu'il  faut  le 
reléguer. 

i3o.  EAR-LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés; 

SEE  MARI  en  légende  circulaire  autour  d'un  annelet^  un  point  au  centre. 
Denier  fracturé. 

J'ai  placé  ici  la  description  de  ce  denier,  dont  j'ai  oublié  la  provenance, 
quoique  sur  la  planche  X  il  soit  gravé  sous  le  n""  !3o,  par  suite  d'une 
erreur.  Je  ne  me  hasarderai  pas  à  l'attribuer  à  l'une  quelconque  des 
abbayes  ou  églises  au  nom  de  Sainte-Marie.  Tout  ce  que  je  puis  dire, 
c'est  qu'il  n'a  pu  être  frappé  dans  le  nord  ni  dans  l'est  du  royaume 
frank.  Son  style  le  rapproche  d'une  manière  frappante  des  deniers  au 
vocable  de  Saint-Martin  qui  sont  décrits  ci-dessus. 

Sainte-Vaudru  (SANCTiE  Valdetrvdis  Monasterium). 
i3i.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

18 


i38  MONNAIES  FRANÇAISES. 

!Çr  SCTAVAL   en    monogramme^    deux   points  dans    le   champ,   cercle   de 
grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  loo  fr. 

Ce  denier  pourrait  à  la  rigueur  appartenir  aussi  bien  au  monastère  de 
Sainte-Ursule  de  Cologne  où  à  celui  de  Mayence  qui  était  placé  sub 
invocatione  Sanctae  Virginis.  Je  préfère  cependant  Saint e-Vaudru,  dont 
le  nom  utilise  plus  complètement  les  lettres  du  monogramme. 

Cette  abbaye,  fondée  en  656  par  Sainte-Waldetrude,  dans  la  ville  de 
Mons^  fut  transformée  en  maison  de  refuge  pour  trente  vierges  nobles 
par  Sigebert  roi  d'Austrasie.  Le  droit  de  nommer  leur  abbesse  fut  enlevé 
aux  religieuses  de  Sainte- Vaudru  par  Louis-le-Débonnaire  et  transmis 
par  lui  au  comte  lors  du  concile  d'Aix-la-Chapelle. 

Si  Ton  n'admet  pas  mon  attribution  à  Sain  te- Vaudru,  il  faudrait  en 
revenir  à  Sainte-Ursule  de  Cologne;  le  style  du  denier  se  rapproche 
beaucoup  de  celui  du  n**  1 27  émis,  dans  cette  même  ville,  par  Tabbaye  de 
Saint -Pierre. 

Saintes  (Sanctonum). 
i32.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés^  cercle  de  grènelis; 
5^  S.CO— NIS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Coll.  du  prince  Gagarin Valeur  200  fr. 

Voici  ce  que  dit  M.  de  Longpérier  de  ce  denier  {Rep.  N.  Fr.  i858, 
p.  261): 

or  II  nous  semble  évident  que  SCO  est  une  abréviation  de  Sancto  et  que 
la  légende  doit  se  lire  SANCTONIS.  L'habitude,  qu'on  avait  au  moyen 
âge,  d'abréger  par  contraction  le  titre  de  Sanctus  à  tous  les  cas,  devait 
rendre  facile  la  lecture  de  ce  nom  de  lieu....  Ainsi  donc  Saintes  et  Angou- 
léme  frappaient  monnaie  au  VIll®  siècle,  et  cela  peut  nous  donner  Tespoir 
de  retrouver  un  denier  de  Louis-ie-Débonnaire  dont  parle  le  moine 
Adhémar  de  Chabannais  :  Monetam  Engolismensem  et  Sanctoricensem 
suo  nomine  scalpere  jussit  ;  pièces  dont,  jusqu'à  présent,  nous  ne  con- 
naissons que  des  reproductions  altérées,  fabriquées  sous  la  troisième 
race  ». 

Sennheim  (Sennen). 
i33.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çf  SEN,  lettres  ponîmetées,  au-dessus  croisette  pommetée,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Découverte  de  Sarzana Valeur  175  fr. 


SECONDE  RACE.  189 

Les  lettres  pommetées  sont,  comme  je  l'ai  déjà  dit  plusieurs  fois, 
propres  aux  contrées  du  nord  ou  de  Test  du  royaume.  Or,  il  existe, 
dans  l'Est,  un  bourg  nommé  autrefois  SENNEN,  actuellement  Sennheim, 
qui  appartenait  à  l'église  de  Strasbourg,  n'était  pas  très  éloigné  de 
Mayence  et  faisait,  par  conséquent,  partie  du  royaume  de  Lorraine. 

On  lit  dans  la  chronique  de  Fontanelles  qu'en  698,  Benignus,  abbé  de 
ce  monastère,  lui  fit  don  du  lieu  nommé  Sennan.  Dans  la  liste  des 
évéques  de  Bâle,  on  trouve  Jean  de  Sennen  mort  en  1 365 . 

Je  crois  donc  que  c'est  à  ce  bourg  de  Sennheim  que  l'on  doit  attribuer 
l'émission  du  denier  décrit  ci-dessus.  Néanmoins  nous  rencontrons 
aussi  des  lettres  pommetées  dans  les  légendes  des  écus  d  or  de  Grim- 
wald,  ainsi  que  dans  le  T  du  n°  167  frappé  en  Italie.  Il  serait  donc 
possible,  eu.  égard  aux  extrémités  bifurquées  des  lettres  du  droit,  que 
notre  denier,  trouvé  en  Italie,  soit  un  produit  de  l'atelier  de  Senogallia. 

Strasbourg  (Argentina  Givitas)  (Stratbvrgvs  Civitas). 


134.  LARL— RXF  en  deux  lignes  séparées  par  une  large  barre  horizontale,  R  et 
X  sont  liés,  cercle  de  grènetis; 
!Çf  CIVI— ARGE  en  deux  lignes,  séparées  par  une  large  barre  horizontale, 
les  lettres  sont  légèrement  pommetées,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  poids  1^^,20 Valeur  200  fr. 

i35.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

IjC  STRATBVRE    en    légende    circulaire    autour    d'une    croix    fortement 
pommelée;  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

Le  nom  ancien  de  Strasbourg  est  ARGENTORATVM.  On  le  trouve 
ainsi  désigné  par  Ptolémée.  Plus  tard,  en  raison  de  sa  position  sur  une 
route  stratégique,  on  lui  donna  le  nom  de  Stratœburgum :  «hoc  est 
burgum  sive  oppidum  ripense  positum  in  via  militari  quae  Eutropius 
stratam  a  re  appellat»  (Adrien  de  Valois  pag.  42), 

Les  deux  noms  de  STRATBVRGVS  et  ARGENTINA  CIVITAS  s'em- 
ployèrent indistinctement  pendant  toute  la  durée  de  la  seconde  race. 

Térouanne  (Tarvenna  Civitas). 

i36.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  TVV— ANNA   en   deux  lignes  séparées  par   une   barre  horizontale;  la 
barre  et  les  lettres  sont  fortement  pommetées  ;  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Ma  collection;  poids  1  ^,  5o Valeur  i5o  fr. 


,40  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Lelewel  lit  sur  cette  monnaie  TVLANNA  et  la  donne  à  la  ville  de 
Toul.  Pour  moi  rattribution  à  Térouanne  ne  peut  souffrir  aucun  doute  : 
la  lecture  du  revers  doit  être  T  (ar)  VVANNA  (Taruvanna),  la  barre 
d'abréviation  placée  sur  le  T  lui  donne  la  valeur  TER  ou  TAR. 

On  trouve  le  nom  de  Térouanne  inscrit  : 

Dans  Ptolémée,  ïopuawa; 
Dans  la  table  de  Peutinger^  Teruanna; 
Dans  les  vieilles  chartes  provinciales,  Tarauvanna  ; 
Dans  la  chronique  du  moine  Robert^  Taruanis; 
Dans  Grégoire  de  Tours  et  Frédégaire,  Tarabanna  et  Taravanna  ; 
Enfin   dans   les   Gesta   Francorum   nous    trouvons  la  forme   exacte   de   la 
légende  de  notre  denier  :  Taruvanna. 

Tournai. 
iSy.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetîs; 

!Çf   TOR— *  NAiî— GO  en  trois  lignes  séparées  par  des  barres  horizon- 
tales ;  les  lettres  et  les  barres  sont  pommetées  ;  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  3oo  fr. 

i38.   EARO  — LVS  en   deux   lignes,   A  et    R   liés;    point   au   centre;   cercle  de 
grènetis  ; 
DÇif  TVRN'A'EO  en  légende  circulaire  autour  d'un  cercle  de  grènetis;  une 
croisette  au  centre  ;  le  tout  dans  un  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Revue  Belge  186 3. 

Le  denier  n**  î3j  ne  peut  offrir  aucune  prise  à  la  discussion.  Il  est  bien 
certainement  un  produit  de  l'atelier  de  Tournai. 

Je  n'ai  pas  vu  le  n°  i38;  mais  je  suis  convaincu  qu'il  a  été  mal  lu  et 
que  nous  avons  là  un  denier  frappé  à  Tours.  En  le  comparant  au  n'  iSg 
qui  suit,  on  ne  pourra  guère  conserver  de  doutes. 

Tours. 

139.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  un  point  sous  L;  cercle  de  grènetis; 

5^   TVRNIS   en   légende  circulaire  entre  deux   cercles   de  grènetis;   une 
croisette  au  centre. 

Denier.  Ma  collection Valeur  40  fr. 

Rien  à  dire  de  ce  denier  que  signaler  l'analogie  de  type  avec  les 
deniers  sous  le  vocable  de  S.  Martin  décrits  plus  haut. 

Uzès  (VcETiA  vel  VcECiA  Civitas). 

140.  Grand  monogramme  carolingien  occupant  tout  le  champ;  au  centre  croisette 

et  signes  indéterminés;  entre  les  lettres  du  monogramme  d'autres  lettres 
plus  petites  qui  semblent  être  G:IEI.;  cercle  de  grènetis; 


SECONDE   RACE.  141 

13^  VEE-CIA  en  deux  lignes;  entre  ces  deux  lignes  une  barre  de  sépa- 
ration en  forme  d'S  sur  lequel  sont  cinq  points  qui  semblent  figurer  des 
têtes  de  rivets;  à  droite  et  à  gauche  deux  groupes  de  quatre  points^ 
cercle  de  grènetis. 

Or.  Empreinte  de  M.  Ricard  de  Montpellier;  poids  3  «^^45.  Valeur  1000  fr. 

141.  Grand  monogramme  carolingien;   le  losange  central  est  beaucoup  plus  petit 

et  divisé  en  quatre  compartimens  contenant  chacun  un  point;  entre  les 
lettres  du  monogramme  et  dans  chacun  des  quatre  cantons  formés  par 
ces  lettres  on  trouve:  1®  six  points  en  triangle;  2®  les  lettres  HI;  3® 
trois  points  en  triangle;  4°  six  points  en  triangle; 
5^  VEE— EIA  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  en  forme  de  crosse; 
point  dans  les  deux  E  ;  au-dessus,  au-dessous  et  des  deux  côtés  du  nom 
un  groupe  de  trois  points  en  ligne  droite. 
Or.  Collection  du  Prince  de  Fûrstenberg;  poids  2  e^,  40.  Valeur  1000  fr* 

142.  Grand  monogramme  carolingien;    le  losange   central  renferme  à  son    angle 

supérieur  un  autre  petit  losange  terminé  par  un  appendice  carré;  dans 
les  cantonnemens  formés  par  les  lettres  du  monogramme  on  trouve  les 
lettres  et  caractères  suivans  :  1°  I  couché  entre  deux  lignes  de  trois 
points;  2°  I  couché,  précédé  de  trois  petits  I  pointés;  3®  IC  sur  un  gros 
point;   40  quatre   petits  I   pointés,   placés  suivant  une  ligne  horizontale; 

5^'  VEE— EIA  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale  se  ter- 
minant par  deux  crochets;  trois  points  en  triangle  dans  TV  et  dans  le 
premier  E;  un  autre  triangle  de  trois  points  à  droite  de  la  pièce;  deux 
points  sous  A;  trois  points  accostant  le  second  E  à  droite  ;  dix  points 
forment  comme  un  quart  de  cercle  au-dessus  des  lettres  EE. 
Or.  Collection  du  Prince  de  Fûrstenberg;  poids  3  p%  45.  Valeur  1000  fr. 
J43.  Grand  monogramme  carolingien  s'appuyant  sur  un  losange  semblable  à 
celui  du  no  142;  dans  les  premier  et  troisième  cantons  du  monogramme 
un  I  couché  ;  cercle  de  grènetis  ; 

^  VEE— EIA  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale  se  ter- 
minant par  deux  crochets  pattes  ;  à  droite  et  à  gauche  de  cette  barre 
deux  lignes  courbes  composées  chacune  de  quatre  points  ;  deux  points 
après  V,  deux  points  dans  le  premier  et  dans  le  second  E  ;  trois  points 
sous  TA  et  deux  points  à  sa  droite;  cercle  de  grènetis. 
Or.  Musée  d'Avignon;  poids  4(r',  20 Valeur  1200  fr. 

144.  Cette  pièce^  publiée  dans  la  Rev,  N.  Fr.  de  1837,  p.  25.).,  me  semble  être 
la  même  que  le  n'*  142  qui  aurait  été  inexactement  dessinée;  elle  se  ter- 
mine par  un  cercle  de  grènetis  sur  chaque  face,  lequel  n'existe  pas  sur 
l'empreinte  communiquée  à  M.  Ch.  Robert  par  le  D"*.  Sigmund  Rizler, 
conservateur  du  musée  monétaire  du  prince  de  Ftirstenberg. 

Nous  avons  vu  deux  pièces  d'or  frappées  en  Italie  sous  le  règne  de 
Pépin-le-Bref  ;  nous  en  verrons  bientôt  d'autres  frappées  par  Louis-le- 
Débonnaire  ;  mais  les  premières  ont  exactement  le  poids  du  tiers  de  sol 


142  MONNAIES  FRANÇAISES. 

romain,  et  sont  frappées  suivant  le  module  lombard;  les  premières 
pièces  d'or  frappées  par  Louis-le-Débonnaire  sont  la  reproduction  fidèle 
et  ont  exactement  le  poids  du  sol  d'or  romain.  Ici  rien  d'analogue  ni  à 
la  monnaie  impériale,  ni  à  la  monnaie  lombarde;  les  poids  ne  se 
rapportent  à  aucune  série  connue  ;  aussi  ne  puis-je  comprendre  à  quels 
besoins  aurait  répondu  la  création  de  cette  monnaie  d'or  par  Charle- 
magne.  Du  reste,  l'aspect,  le  module,  les  ornemens  dont  sont  surchar- 
gées ces  pièces  d'or,  les  font  bien  plutôt  ressembler  à  des  médailles  ou 
bijoux  qu'à  des  monnaies.  Je  crois  donc  qu'il  faut  rejeter  ces  curieux 
monumens  de  la  série  monétaire  carolingienne. 

Planche  XI. 

145.  Grand  monogramme    carolingien    semblable  à  celui  du  n»  142;  autour  du 

monogramme  divers  caractères  dont    un  seul  peut  être  déterminé^   c'est 
un  L;  cercle  de  grènetis; 
5^  VLE  — CIA  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale;  un  point 
dans  TEj  deux   points   dans  le  C,  trois  points  en  triangle  entre  V  et  C  ; 
neuf  points  dans  le  champ. 

Denier.  Ma  collection Valeur  600  fr. 

146.  CARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

3^'  VLE— EIA   en  deux   lignes  séparées  par  une  barre  horizontale  ;   cercle 
de  grènetis. 

Denier.  Ancienne  collection  Gouaux Valeur  3oo  fr. 

147.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  cercle  de  grènetis: 

5f  Grande  croix  à  branches  égales  contenant  dans  ses  cantons  les  lettres 

V— C— G  — I,  un  point  dans  le  V  et  dans  chacun  des  trois  autres  cantons. 

Denier.  B.  Fillon,  d'après  la  collection  Morin.     .     .     .    Valeur  i5o  fr. 

Nul  doute  pour  les  numéros  145  et  146,  ils  sont,  sans  contredit,  un. 
produit  de  latelier  d'Uzès.  Je  crois  qu'il  en  est  de  même  du  n*"  147, 
quoique  les  quatre  lettres  soient  placées  en  ordre  rétrograde.  C'est 
certainement  une  monnaie  méridionale,  et  M.  de  Longpérier  s'est  trompé 
en  l'attribuant  à  Viceliacum  (Vézelay).  Uzès  était  une  des  cinq  villes 
principales  de  la  Pentapole  ;  son  évéché  est  très  ancien  puisqu'il  date  du 
V*  siècle.  Néanmoins  la  ville  n'eut  jamais  une  bien  grande  importance, 
et  l'on  ne  s'explique  guère  que  Charlemagne  l'ait  choisie  pour  y  faire 
fabriquer  les  pièces  d'or  dont  la  description  est  donnée  ci-dessus. 


SECONDE  RACE.  143 

Vénasque  ? 

148.  CARO  — LVS  en  deux  lignes^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

!Çf  VINSCOC— ,    écrit  en    légende   circulaire  autour    d'une    petite    croix, 
cercle  de  grènetis. 

Denier.  Rev.  N.  Fr.  1846  p.  187 Valeur  100  fr. 

Je  ne  puis  que  renvoyer  à  ce  que  j'ai  dit  à  la  page  45 .  Je  ne  crois  pas 
que  ce  denier  appartienne  à  la  ville  de  Vénasque,  mais  à  une  localité 
placée  sous  le  vocable  d'un  saint  dont  le  nom  se  rapprocherait  de 
SCOCORVINO  ou  tout  autre  de  même  espèce. 

? 

149.  METIORX,  en  légende  circulaire  autour   d'un  cercle   de  petits  points,   un 

gros  point   au   centre^   E   et  T   sont   liés,   ainsi  que   R  et  X,  cercle  de 
grènetis  ; 
5^  VIL— RED  en  deux  lignes  séparées  par  une  barre  horizontale  composée 
de  points  et  terminée  par  une  croisette;  point  avant  V,  dans  V  et  avant 
Rj  trois  points  en  triangle  après  le  D,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  de  P.  d'A Valeur  100  fr. 

Ce  denier  est  certainement  contemporain  du  règne  de  Charlemagne  ; 
mais  que  signifie  la  légende  du  droit  ?  Quelle  est  la  villa  royale  dont  le 
nom  figure  au  revers,  j'avoue  que  je  n'en  sais  absolument  rien. 

Verdun. 

i5o.  EARO— LVS  en  deux  lignes^  A  et  R   liés,   au   centre   une   sorte  d'étoile  à 
quatre  pointes^  cercle  de  grènetis; 
5^  Croisette  fortement  pommetée  VIRDVN   en   légende  circulaire  autour 
d'un  cercle  dans  lequel  sont  quatre  points.  Les  lettres  de  la  légende  sont 
très  fortement  pommetées,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25o  fr. 

i5i.  CARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et   R   liés,   point  entre 'E   et  L,  cercle   de 
grènetis  ; 
5f  VIRDVNS  en  légende  circulaire  autour  d*un  cercle,  au  centre  un  fort 
renflement,  cercle  de  grènetis,  lettres  fortement  pommetées. 
Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

Walacarius. 

i52.  EARO— LVS  en  deux  lignes,  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 

5^  VVALA-EARIO  en  deux  lignes,  V   et  A  liés,   une  barre  horizontale 
sépare  les  deux  lignes,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection;  poids  i?»',20 Valeur  200  fr. 

On  a  beaucoup  varié  sur  le  sens  à  donner  à  la  légende  du  revers  de  ce 


t44  MONNAIES  FRANÇAISES. 

denier.  Le  Blanc  le  donnait  avec  doute  à  l'île  de  Walcheren;  Eckhard  y 
trouvait  le  nom  de  Saint- Valéry.  M.  de  Longpérier  le  premier  y  a  trouvé 
un  nom  d'homme  et  Ta  attribué  au  monétaire  Walacarius.  Il  faisait 
remarquer  qu'une  île  ne  pouvait  frapper  monnaie,  et  que  pour  le  nom 
de  Saint- Valéry,  il  eut  fallu  qu'il  fût  précédé  des  lettres  SCO.  Cherchant 
dans  les  anciennes  chartes,  il  y  trouve  les  noms  de  Walcherius  et 
Vilecharius  en  747.  Dans  les  annales  de  Metz,  il  est  question,  à  l'année 
812,  du  comte  Walach,  noms  qui  paraissent  dérivés  du  radical  ger- 
manique W^alr,  Walkr  qui,  contenant  le  sens  de  destruction  et 
d'oppression,  étaient  parfaitement  propres  à  la  composition  du  nom 
de  guerriers,  de  chefs  barbares  d'une  époque  primitive.  Il  retrouve 
ensuite  W^alacharius  dans  le  testament  d'Erminthrude  en  700,Walecarius 
dans  le  polyptique  d'Irminon  et  dans  le  nécrologe  carolingien  de  Saint- 
Germain-des-Prés  ;  puis  Tévéque  Walacharius  et  Walager,  Waltcarius, 
Walcarius,  Walitcarius. 

J'ajoute  à  ces  noms  ceux  de  Wacharius  fils  de  Wilhelm,  comte  de 
Toulouse  de  790  à  810,  puis  en  911,  Walcarius  fils  de  Mayeul,  vicomte 
de  Narbonne. 

Je  remarque  que  ce  denier  ne  porte  aucun  des  caractères  propres  aux 
produits  des  ateliers  du  nord  et  de  l'est  de  l'empire  frank.  Je  crois 
trouver  ici  le  nom  d'un  comte  des  Marches  d'Espagne,  peut-être  le 
fils  du  comte  de  Toulouse. 


ITALIE 

J'ai  cru  devoir  décrire  à  part  les  pièces  de  monnaie  frappées  en  Italie 
pendant  le  règne  de  Charlemagne.  Elles  différent  généralement  d'une 
manière  si  frappante  des  espèces  émises  en  France,  que  les  mélanger 
eut  été  produire  une  confusion  regrettable. 

On  trouvera  dans  cette  série  bien  des  lacunes;  n'ayant  pu  visiter  les 
musées  et  les  collections  d'Italie,  bien  des  variétés  importantes  doivent 
m'étre  inconnues  ;  mais  en  tous  cas  elles  ne  changeraient  rien  à  l'ordre 
adopté,  non  plus  qu'aux  conclusions  à  tirer  de  l'examen  attentif  de  notre 
catalogue. 


SECONDE  RACE.  145 

Bénévent. 

i53.  Buste  de  face  de  Grimvald  avec  couronne  et  collier  de  perles,  manteau. 
Au-dessus  du  buste  une  croisette  accostée  de  deux  sigles^  dont  je  ne 
vois  pas  la  signification.  Autour  du  buste  GRIM— VALD  en  légende 
circulaire; 
5^  Grande  croix  double  potencée,  surmontée  de  quatre  points  en  losange 
et  haussée  sur  quatre  degrés.  De  chaque  côté  de  la  croix  les  lettres  G  et 
R,  indication  du  nom  de  Grimvald,  au-dessous  VlC(arius).  Autour  de 
la  croix,  en  légende  circulaire,  .DOMS— CAR'RX". 
Sou  d'or.  Ma  collection  \  poids.  Se»*,  85 Valeur  80  i'r. 

154.  Même  type  et  légendes  au  droit  et  au  revers,  si  ce  nest  que  la  croix  est 
haussée  sur  un  seul  degré. 

Tiers  de  sol  d'or.  Ma  collection;  poids,  le»*,  20.     .     .     .     Valeur  5o  fr. 

Ces  deux  pièces  d'or  de  Grimvald  sont  bien  connues;  elles  existent 
dans  la  plupart  des  collections.  On  sait  qu'à  la  mort  d'Arighis,  prince  de 
Bénévent,  Charlemagne  rendit  à  Grimvald  III  les  états  de  son  père  à  la 
condition  de  se  reconnaître  son  vassal.  Une  des  clauses  principales  du 
traité  imposé  au  jeune  duc  était  d'inscrire  le  nom  ou  le  monogramme  de 

Charles  sur  ses  monnaies Nummosque  sut  nominis  characteribus 

super scribi  semper  juberis . 

Ce  que  Grimvald  avait  fait  pour  sa  monnaie  d'or  il  le  fit  nécessaire- 
ment pour  sa  monnaie  d'argent.  Mais  là,  au  lieu  du  nom  de  l'Empereur, 
c'est  son  monogramme  seulement  qui  figure  sur  une  des  faces  des 
deniers  du  prince  de  Bénévent.  Bientôt  même,  probablement  en  802, 
après  sa  seconde  révolte  et  sa  défaite  par  Pépin,  le  second  fils  de  Charles, 
il  supprima  même  ce  monogramme,  ou  plutôt,  ayant  remarqué  que  le 
monogramme  du  suzerain  était  contenu  dans  celui  du  vassal,  il  profita 
de  cette  équivoque  numismatique  pour  mettre,  sur  le  revers  de  ses 
deniers,  le  nom  seulement  de  la  capitale  de  sa  principauté.  Tels  sont 
les  deniers  et  l'obole  décrits  soiis  les  numéros  i55  et  iSy.  Quant  à  faire 
descendre  l'émission  de  ces  deux  monnaies  jusqu'  à  Grimvald  IV,  je  ne 
crois  pas  que  cela  soit  possible.  Leur  style  me  semble  s'y  opposer 
complètement.  Voici,  ci-dessous,  les  divers  deniers  de  Grimvald  III  et 
Charlemagne  dont  j'ai  pu  réunir  les  dessins  : 

i55.  Monogramme  de  Grimvald  écrit  suivant  la  forme  latine  GRIMOALDVS 
entre  une  croix  à  long  pied  et  un  ostensoir,  au-dessus  le  triangle  sym- 
bolique. Ce  monogramme  renferme  en  toutes  lettres  CAROLVS  IMP 
AVG.  Cercle  de  grènetis; 

19 


146  MONNAIES  FRANÇAISES. 

!Çf  -BENE-BENTV  en  légende  circulaire  autour  d'une  croix  potencce  et 
haussée  sur  trois  degrés.  Au  deux  bras  de  la  croix  sont  suspendus  un  A 
et  un  (Oj  sous  la  croix  un  sigle  composé  de  deux  figures  triangulaires 
afiFrontées  et  séparées  par  un  point,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  3o  fr. 

i56.   Monogramme  de  Charles  composé  des  lettres  CAROLVS  et  disposé  comme 
le  monogramme  carolingien,  les  lettres  s'appuyant  sur  un  O  rond  avec 
un  point  au  centre,  cercle  de  grènetis; 
5f  Monogramme  de  Grimvald  semblable  à  celui  du   n®  i55  et  accosté,  à 
gauche,  d'une  croisette^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  60  fr. 

iSy.  Face  et  revers  semblables  à  ceux  du  n^  i55. 

Obole.  Ma  collection Valeur  60  fr. 

i58.  Monogramme  de  Charles,  semblable  à  celui  du  n<*  i56,  seulement  les  lettres, 
au  lieu  de  s'appuyer  sur  un  O^  s'appuient  sur  un  A}  l'R  est  lié  avec 
un  X,  cercle  de  grènetis; 
5f  Monogramme  de  Grimvald  composé  de  même  façon  que.  le  mono- 
gramme de  Charles,  toutes  les  lettres  du  nom  GRIMOALDVS  s'appuient 
sur  l'O,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Rev.  N.  Fr,   1841,  page  53 Valeur  loô  fr. 

159.  Monogramme  de  Charles  composé  des  lettres  CA  liées,  RX  liés,  LV  liés, 
LV  liés.  S,  le  tout  s'appuyant  sur  un  O  rond  avec  un  point  au  centre, 
cercle  de  grènetis; 
!Çf  Monogramme  de  Grimvald  semblable  à  celui  du  n®  i56,  de  l'V  central 
sort  une  croix  à  long  pied  accostée  de  deux  groupes  de  deux  points 
chacun,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Rev.  N.  Fr.  1841,  p.  53 Valeur  80  fr. 

Nord  de  Tltalie. 

Je  vais  décrire  ici  les  principales  variétés  de  ces  bizarres  deniers  que 
nous  a  fait  connaître  surtout  la  découverte  de  Sarzana.  Ils  ont  été  cer- 
tainement frappés  dans  le  nord  de  l'Italie,  probablement  pendant  les 
premières  années  qui  suivirent  le  sacre  de  Charlemagne  comme 
Empereur  d'Occident. 

C'est  à  M.  de  Longpérier  que  l'on  doit  la  détermination  du  sens  que 
présentent  les  lettres  du  revers  de  ces  monnaies.  Ces  pièces  se  distinguent 
des  autres  monnaies  de  Charlemagne  par  leur  grand  module  et  par  la 
forme  de  leurs  caractères  dont  les  extrémités  sont,  pour  ainsi  dire,  bi- 
furquées. 

Il  serait  très  long  et  monotone  de   décrire  chacun  des  neuf  deniers 


SECONDE  RACE.  147 

dont  j*ai  cru  devoir  donner  le  dessin.  Je  ne  puis  que  renvoyer  le  lecteur 
à  la  planche  XI  où  ils  sont  gravés. 

Les  numéros  160,  161,  162  et  1 63  ne  sont  que  des  variétés  d'un  même  coin  et 
n'offrent  aucun  caractère  particulier.  Le  numéro  160  porte  au  revers  le 
RXF  FRA;  les  numéros  161,  162  et  i63  ont  avant  TR  une  sorte  de 
monogramme  que  M.  de  Longpérier  a  très  adroitement  analysé  et  oîi  il 
trouve  IMPE  qui  avec  TR  donne  la  forme  IMPER  et  amène  à  la 
lecture  complète  IMPER. RX.F  Imperator  Rex  Francorum.    Valeur  3o  fr. 

Le  numéro  164,  postérieur  aux  précédens,  a  perdu  le  monogramme  initial;  il  ne 
reste  plus  que  RXF,  mais  il  renferme  les  deux  lettres  CE,  qui  sont 
évidemment  Tinitiale  de  l'atelier  oîi  ce  denier  a  été  frappé. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Le  numéro  i65^  au  lieu  des  lettres  CE,  contient  seulement  la  lettre  I  entre  deux 
points. 

Denier.  Rev.  JV.  Fr.  i856,  p.  188 Valeur  100  fr. 

Le  numéro  166  contient  le  nom  complet  de  l'atelier  où  il  a  été  frappé,  PARMA; 
il  ne  contient  pas  non  plus  le  monogramme  qui  précède  l'R. 

Denier.  Rev,  N.  Fr,  i856j  p.  188 Valeur  400  fr. 

Le  numéro  167  nous  donne  la  lettre  T  comme  initiale  de  Tatelier  et  ne  contient 
pas  non  plus  le  monogramme  impérial. 

Denier.  Rev.  N.  Fr.  i858,  p.  248 Valeur  100  fr. 

Le   numéro   168,   le  dernier  de  cette   série,  contient^  entre  R  et  F,  la  lettre  V; 
comme  les  numéros  précédens,  il  n'a  pas  le  monogramme  impérial. 
Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  100  fr. 

Excepté  pour  le  n"*  166,  il  est  assez  difficile  de  se  prononcer  d'une 
manière  positive  entre  les  diverses  villes  du  nord  de  l'Italie  dont  le  nom 
commence  par  la  lettre  dont  nous  avons  signalé  la  présence  dans  le 
champ  des  deniers  décrits  ci-dessus.  V  signifie-t-il  Vérone  ou  Verceil, 
ou  peut-être  Venise  dont  les  îles  seules  étaient  restées  indépendantes 
du  jeune  roi  d'Italie?  T  est-il  Trévise  ou  Turin?  Que  signifient  les  lettres 
I  et  CE?  Je  laisse  aux  savans  italiens  les  soins  de  déterminer  ces 
divers  points  et  de  résoudre  ces  problèmes. 


Planche  XII. 

Deniers  à  effigie. 

169.  *  DNKARLVSIiMP..VGREXFETL.   Buste  de  l'empereur  à  droite  avec  la 
moustache,  couronne  et  paludamentum  ; 


148  MONNAIES  FRANÇAISES. 

5^  Temple  tétrastyle^  au  centre  une  croisette^  autour  du  temple  la  légende 
XPIGTIAK..  RELIG.... 

Denier  fracturé.  Cab.  de  Fr Valeur  400  fr. 

170.  *  DNKARLVSIMPAVGREX  F  et  L.  Buste  de  l'empereur  à  droite  avec  la 

couronne  et  le  paludamentum  ; 
5^  Temple  tétrastyle  haussé  sur  un   degré,   au   centre  et  au  sommet  une 
croisette;  autour  du  temple  la  légende  XPICTIANARELIGIO. 

Denier.  Van-der-ChijSj  ancienne  collection  Balfort    .     .    Valeur  5oo  fr. 

Ces  deux  deniers  à  effigie  sont  les  seuls,  parmi  tous  ceux  que  j'ai  vus, 
qui  appartiennent  sans  conteste  à  Charlemagne.  Ils  lui  donnent  le  titre 
qui  n'a  appartenu  qu'à  lui  de  Rex  Langobardorum. 

Ces  deux  médailles  nous  apprennent  que  c'est  Charlemagne  qui,  le 
premier,  a  inscrit  sur  ses  monnaies  la  légende  XPICTIANA  RELIGIO. 
Mais  selon  moi  ces  pièces  à  légende  pieuse  étaiept  des  médailles  bien 
plutôt  que  des  monnaies.  Ce  n'est  que  sous  Louis-le-Débonnaire  que  le 
monnoyage  s'empara  de  cette  formule  et  lui  donna  l'extension  que  l'on 
connaît. 

Florence  (Florentia). 

171.  CARO—LVS  RX  en  deux  lignes,  point  au  centre,  cercle  de  grènetis  ; 

5^  FLO  — RENT  en  deux  lignes  NT  forment  un  monogramme  oti  à  la 
rigueur  on  peut  trouver  NTIA,  quatre  points  dans  le  champ,  cercle  de 
grènetis. 

Denier.  Musée  de  Voltura. 

Le  type  de  ce  denier  n'a  pas  d'analogue  parmi  les  monnaies  de  Char- 
lemagne frappées  en  France.  Il  me  semble  très  admissible  de  l'attribuer 
à  Florence  comme  l'a  fait  Fr.  Pellegrino  Tonini.  Le  savant  auteur 
italien  discute  la  question,  qui  n'est  pas  douteuse  pour  nous,  de  savoir 
si  Charlemagne  a  régné  sur  la  Toscane  et  sur  Florence.  Il  cite  divers 
textes  dont  je  retiens  celui-ci  qui  nous  donne  peut-être  le  nom  de  l'atelier 

représenté  par  les  lettres  CE  sur  le  dessin  n**  164:  oc Actum  in  loco 

Cercino  finibus  Florentiae,  régnante  Carolo etc». 

Lucques  (Lvca). 

172.  D.NCARVLVS  REX,  le  roi  de  face  à  mi-corps; 

JjC  ^  FL*AVI.A*LVG*A.  en  légende  circulaire  autour   d'un   grènetis,  au 
centre  astre  ou  rosace  à  douze  rayons. 
Tiers  de  sol  d'or.  Ma  collection Valeur  600  fr. 


SECONDE  RACE.  149 

173.  D.NC.  CARLVS  REX  en  légende  circulaire  autour  d'une   croix   potencée  à 

quatre  branches  égales; 
y  19?  FL.AVIA,  LVCA    en    légende    circulaire    autour   d'un    grènetis,   au 
centre  astre  ou  rosace  à  onze  rayons. 
Tiers  de  sol  d*or.  Galerie  des  Uffizi  à  Florence  .     .     .     Valeur  5oo  fr. 

174.  CARO— LVS    en    deux    lignes    séparées   par   une   ligne  de   points^   tout    le 

champ  et  l'intérieur  des  lettres  sont  garnis  de  points  soit  isolés^  soit  par 
groupes  de  trois  et  quatre^  A  et  R  liés,  cercle  de  grènetis; 
"^  Le  champ  de  la  pièce  est  divisé  en  quatre  cantons  par  deux  lignes  de 
points  formant  croix,  au  centre  de  cette  croix  un  cercle  entourant  un 
autre  petit  cercle  de  dix  points,  dans  les  cantonnemens  de  la  croix  les 
lettres  L— V— C— A,  le  champ  et  l'intérieur  des  lettres  sont  semés  de 
points  isolés  ou  par  groupes^  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Musée  du  Vatican Valeur  400  fr. 

175.  Semblable  au  précédent^  sauf  pour  la  disposition  des  points  qui   garnissent 

le  champ. 

Denier.  Ma  collection Valeur  400  fr. 

Les  n**'  172  et  173  sont  inspirés  par  le  monnoyage  langobard;  le 
n°  173  n'est  même  que  la  copie  d'un  tiers  de  sol  de  Didier,  où  le  nom  du 
roi  des  franks  remplace  le  nom  du  roi  langobard. 

Les  n***  174  et  175  sont  une  transition  entre  l'ancien  système  et  le  sys- 
tème Frank. 

C'est  en  797  que  la  monnaie  d'or  cessa  d'être  frappée  à  Lucques,  et 
que  les  Lucquois  s'assujétirent  aux  lois  imposées  par  les  Franks  pour  la 
fabrication  de  leurs  monnaies  qui,  au-delà  comme  en  deçà  des  Alpes, 
devaient  être  en  argent.  Tout  cela  est  bien  établi  par  le  savant  antiquaire 
italien  Domenico  Massagli,  auquel  je  renvoie  pour  toutes  les  preuves  et 
tous  les  détails  qu'il  serait  trop  long  et  inutile  d'énumérer  ici. 

176.  CARO— LVS    en    deux    lignes,    A    et    R   liés,    point    au    centre,    cercle  de 

grènetis  ; 
!Çf  LVCA  en  une  seule  ligne  occupant  tout  le  champ,  cercle  de  grènetis. 
Denier.  Coll.  Domenico  Massagli Valeur  3oo  fr. 

Avec  le  n*  176  nous  entrons  dans  le  système  frank.  Mais  ce  denier,  au 
jpremier  type  de  Charlemagne,  doit  être  resté  très  rare,  car  le  type  du 
monogramme  et  de  la  légende  circulaire  se  substitua  vers  cette  époque 
à  l'ancien  denier  à  légende  bilinéaire. 

177.  S  CARLVSREXFR   en    légende   circulaire   entre  deux  grènetis,   au  centre 

croix  aux  quatre  branches  égales; 


i5o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

y  *  "LVCA  en  légende  circulaire  entre  deux  grènetis.    Au   centre  mono- 
gramme carolingien  composé  des  lettres  C.R.L.S,  s'appuyant  sur  un  O. 
Denier.  Ma  collection Valeur  40  fr. 

Je  parlerai  plus  loin  de  ces  deniers  de  Charlemagne  à  la  légende  cir- 
culaire et  au  monogramme,  au  sujet  desquels  on  a  si  fort  discuté'. 


(Mediolanvh). 

178.  *CARLVSREXFR   en   légende   circulaire   entre   deux  grènetis,    au  centre 

croix  pattée  à  quatre  branches  égales; 
5f  *  MEDIOL  en  légende   circulaire   entre    deux   grènetis,    l'L    porte   un 
signe  d'abréviation,  au  centre  monogramme  carolingien  par  E. 

Denier.  Ma  collection Valeur  i5  fr. 

Pavie  (Papu). 

179.  *CARLVSREXFR  en    légende   circulaire    entre    deux   grènetis,   au   centre 

croix  pattée  à  quatre  branches  égaies; 
y  SP'APIA  en  légende  circulaire  entre  deux   grènetis,   au  centre   mono- 
gramme carolingien  par  E. 

Denier.  Musée  de  Bruxelles     .     , Valeur  25  fr. 

Dans  la  plupart  des  deniers  de  Pavie  que  j'ai  eus  entre  les  mains,  le 
nom  de  la  ville  est  écrit  DADIA. 

Trévise  (Tarvisivs). 

180.  CARO— LVS  en   deux  lignes,   point  au   centre,  cercle  de   grènetis,  A  et  R 

sont  liés; 
5f  *  TARVISIVS    en    légende   circulaire    entre    deux    grènetis,    croix    au 
centre. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

181.  CARO -LVS    en    deux    lignes,    point    au   centre,    A    et   R   liéf,   cercle  de 

grènetis  ; 
5f  *  TA*R  VISIVS  en  légende  circulaire  autour  d'un  cercle  composé  de 
onze  points,  au  centre  une  petite  croisette,  cercle  de  grènetis. 

Denier.  Ma  collection Valeur  25o  fr. 

182.  *  CARLVS   REX   FR    en   légende  circulaire  entre  deux    grènetis;    croix 

à  branches  égales  au  centre. 
5f   *   TARVIc/î*    en   légende    circulaire   entre   deux    grènetis  ;    au    centre 
monogramme  carolingien  par  E. 
Denier.  Ma  collection Valeur  100  fr. 

Un  denier  semblable,  de  la  collection  Meyer,  porte  comme  légende  de 
revers  *  TARV-Mc/^. 

i83.  Grand  monogramme  carolingien  par  K  occupant  tout  le  champ;  un  point 
en  haut  et  un  en  bas  du  K;  cercle  de  grènetis; 


SECONDE  RACE.  i5i 

5f  *  TARVIc/DO   en   légende  circulaire  autour  d'un  cercle  de  quatorze 
points;  un  point  plus  gros  au  centre. 
Denier.  Ma  collection Valeur  i5o  fr. 

Aucun  doute  ne  peut  exister  sur  l'attribution  de  ce  denier  à  Charle- 
magne  ;  il  est  impossible,  même  au  premier  coup  d'oeil ,  de  la  faire  des- 
cendre jusqu'à  Charles-le-Chauve.  Le  monogramme  est,  du  reste,  tout 
à  fait  semblable  à  celui  du  n^  143. 

Sans  nom  d*Atelier. 

184.  *  CARLVSREXFR   en   légende    circulaire  entre   deux  grènetis;   au  centre 

monogramme  carolingien  par  K  ; 

y  *  ETLANGACPATROM  en  légende  circulaire  entre  deux  grènetis  ;  au 

centre  un  monogramme  qui  me  semble  composé  des  lettres  A.  P.  A.  (a). 

Denier.  Mus.  de  Bruxelles Valeur  200  fr. 

Tous  les  auteurs  sont  d'accord  pour  lire  ainsi  ce  denier  :  Carlus  Rex 
Francorum  et  Longobardorum  ac  Patricius  Romanorum.  Mais  l'accord 
cesse  dès  qu'il  s'agit  d'interpréter  le  monogramme  du  revers  :les  uns 
veulent  y  lire  Ravenna,  les  autres  Roma  ou  5.  Marcus.  Pour  moi  je  n'y 
puis  trouver  aucun  de  ces  trois  noms,  dont  l'inscription  dans  le  champ  du 
revers  de  la  pièce  serait,  du  reste,  chose  tout  à  fait  anormale.  Dans  tous 
les  exemplaires  que  j'ai  eus  entre  les  mains  et  que  j'ai  examinés  avec  le 
plus  grand  soin,  je  ne  puis  trouver  qu'un  A  et  un  P,  et,  suspendus  à  ces 
deux  lettres,  l'alpha  et  l'oméga.  Je  serais  assez  porté  à  trouver  là  l'ori- 
gine du  monnoyage  commun  des  papes  et  des  empereurs,  et  j'interprète 
A.  P.  par  Adrianus  Papa;  le  monogramme  de  l'Empereur  d'un  côté, 
celui  du  Pape  de  l'autre  ;  l'alpha  et  l'oméga  au  revers,  comme  dans  cer- 
tains deniers  de  Bénévent. 


SECOND  TYPE.  —  Avec  le  Monogramme. 

Sans  vouloir  rentrer  dans  une  discussion  épuisée,  je  ne  crois  pas  pou- 
voir me  dispenser  de  dire  quelques  mots  au  sujet  de  la  grande  querelle 
qui^  vers  i853,  partagea  en  deux  camps  des  numismatistes  :  les  uns 
donnant  et  les  autres  refusant  à  Charlemagne  l'invention  du  mono- 
gramme inscrit  dans  le  champ  des  deniers. 

,    Jusqu'en  1848  aucun  doute  ne  s'était  élevé  à  ce  sujet;  Le  Blanc,  Le- 
lewel ,  tous  les  auteurs  qui  avaient  écrit  sur  la  numismatique,  avaient 


i52  MONNAIES  FRANÇAISES. 

adopté  l'attribution  à  Charlemagne  de  l'apposition  du  monogramme 
dans  le  champ  des  monnaies.  M.  de  Longpérier,  dans  sa  Notice  sur  les 
monnaies  françaises  composant  la  collection  de  M.  J.  Rousseau  (Paris 
1848),  s'éleva  contre  cette  opinion  généralement  reçue.  Combattu  par 
M.  de  Coster  et  M.  Cartier,  il  fut  soutenu  par  M.  B.  Fillon;  la  querelle 
prit  des  proportions  aiguës  que  ne  semblait  pas  devoir  comporter  le 
sujet.  Enfin,  M.  B.  Fillon  s'étant  rallié  à  l'opinion  générale,  M.  de  Long- 
périer  resta  seul  à  soutenir  le  petit-fils  contre  son  grand-père.  Il  se 
trompa  seulement  en  étant  trop  absolu.  Ayant  constaté  que  Charles  II 
avait  émis  des  deniers  à  la  légende  CARLVSREXFR,  accompagnée  du 
monogramme  carolingien,  il  conclut  à  l'attribution  au  fils  de  Louis  Y'  de 
tous  les  deniers  portant  le  monogramme  et  la  légende  circulaire.  L'ap- 
parition postérieure  du  denier  n"  184,  et  surtout  les  découvertes  du 
Veuillin,  de  La  Haye,  de  Melle  et  d'Auzeville,  ne  peuvent  laisser  aucun 
doute.  La  vérité  est  que  Charlemagne  fut  Tinventeur  de  cette  nouvelle 
monnaie,  mais  qu'il  s'en  servit  peu  ou  pas  dans  les  ateliers  d'Aquitaine, 
où  monnoyait  en  son  propre  nom  son  àls  Louis.  Charles-le-Chauve,  au 
contraire,  employa  dans  ses  seuls  ateliers  d'Aquitaine  ce  type  créé  par 
son  grand-père,  et  cela  pendant  toute  la  durée  de  son  règne.  Telle  est, 
je  le  répète,  la  vérité  démontrée  par  les  trouvailles.  Ici,  comme  dans  la 
plupart  des  discussions,  on  peut  dire  que  personne  n'avait  complètement 
raison  ni  complètement  tort. 

Aqs,  Daqs,  Daz,  (Aqvae  Vasconiae  Civitas,  seu  Aquœ  Tarbellicœ). 

i85.  «î  CARLVSREXFR  en  légende  circulaire  entre    deux   grènetis  ;    au   centre 
croix  carolingienne  à  branches  égales; 
IjC  SCIAGVIS  en  légende  circulaire  entre  deux  grènetis;  au  centre  mono- 
gramme carolingien  par  K. 

Denier.  Ma  collection Valeur  200  fr. 

Presque  tous  les  auteurs  qui  se  sont  occupés  de  ce  denier  en  ont  attri- 
bué l'émission  à  l'atelier  d'Aix-la-Chapelle  ;  c'est  une  erreur  évidente  ; 
Aix-la-Chapelle  n'a  jamais  été  une  ville  épiscopale,  une  cité.  Deux  loca- 
lités du  nom  de  Aquae  ont  seules  le  droit  de  réclamer  ce  titre,  à  savoir  : 
Aquae  Sextiae  (Aix)  et  Aquœ  Tarbellicœ  ou  Vasconiae  (Dax).  C'est  à  la 
seconde  de  ces  villes  que  j'attribue  toutes  les  monnaies  qui  portent  le 
nom  Aquae  ou  Aquis  accompagné  de  la  qualification  urbs  ou  civitas. 
En  voici  les  raisons  :  Le  droit  de  frapper  monnaie  n'était  pas,  sous  les 


SECONDE  RACE.  i53 

Carolingiens,  donné  au  hasard  ou  par  simple  faveur;  les  ateliers  moné- 
taires étjaient  placés  dans  des  centres  commerciaux  ou  de  transit  impor- 
tant, là  où  il  y  avait  besoin  d'espèces  monnoyées  pour  les  relations  com- 
merciales. C'est  ce  qui  explique  comment  des  villes  très  anciennes  ne 
battirent  jamais  monnaie,  tandis  que  beaucoup  de  simples  bourgs,  d'ab- 
bayes, de  pici^  furent  dotés  d'ateliers  monétaires.  Les  villes  situées  dans 
la  montagne,  loin  de  centres  commerciaux  ou  populeux,  en  furent  tou- 
jours privées.  Ainsi  on  ne  connaît  pas  de  monnaies  carolingiennes  frap- 
pées à  Grenoble,  Embrun,  villes  supérieures  à  Aix  comme  situation 
administrative. 

Dax,  situé  dans  la  plaine,  à  l'entrée  de  la  région  pyrénéenne,  eut  de 
tous  temps  une  grande  importance.  Pline,  dit  Adrien  de  Valois,  <r  Aqua- 
rum  Tarbellicarum  incolas  Aquitanos  vocat,  putatque  vel  potius  affirmât 
Aquitaniam  nomen  eis  suum  debere».  Le  roi  d'Aquitaine,  Pépin  I*%  y 
frappa  plusieurs  monnaies  incontestées;  son  père,  l'empereur  Louis,  y 
avait  aussi  émis  les  deniers  à  la  légende  Aquis  Vasconiœ  et  les  oboles  à 
la  légende  AQVIS;  Charles-le-Chauve  y  continua  celte  fabrication,  et 
c'est  à  lui  que  sont  dus  et  le  n**  i85  et  les  autres  deniers  analogues  que 
l'on  trouvera  gravés  pi.  XXIII,  n""'  52,  53,  54  et  55. 

C'est  donc  à  tort  que  j'ai  classé  au  règne  de  Charlemagne  notre  n**  i85. 
Je  l'ai  fait  seulement  pour  que  les  numismatistes ,  habitués  à  voir  dans 
cette  monnaie  l'atelier  d'Aix-la-Chapelle,  retrouvassent  facilement  ce  pro- 
duit réel  d'un  atelier  apocryphe. 

Arles.  (Arela  Civitas  seu  Arelatvm,  seu  Arelatae). 

186.  ^  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis;  au  centre  monogramme  carolin- 

gien par  K; 

5^  lî!  ARELATO   entre   deux  grènetis  ;   au   centre   croix   carolingienne   à 
quatre  branches  égales. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25  fr. 

187.  15?  CARLVSREXFR  entre  deux   grènetis,    au    centre    monogramme   carolin- 

gien par  K; 
IjC  "5?  AR'ELATO   entre  deux  grènetis^    au   centre   croix   carolingienne  à 
quatre  branches  égaies. 

Denier.  Cab.  de  Fr Valeur  25  fr. 

La  cité  d'Arles  fut  le  grand  atelier  méridional  sous  les  premiers  caro- 

ingiens;  j'ai  cru  devoir  partager  entre  Charlemagne  et  Charles-le-Chauve 

20 


i54  MOxNNAIES  FRANÇAISES. 

les  deniers  au  type  des  n°'  i86  et  187,  donnant  au  dernier,  naturel- 
lement, ceux  où  les  points  secrets  de  la  légende  sont  les  plus  nombreux. 
Si  Ton  n'adoptait  pas  ce  partage,  il  resterait  dans  le  monnoyage  d'Arles, 
entre  Louis-le-Débonnaire  et  Louis-le-Bègue,  une  grande  lacune  qu'aucun 
fait  historique  ne  semble  expliquer. 

Il  est  vrai  qu'Arles  est  sur  la  rive  gauche  du  Rhône,  et  que  l'Aqui- 
taine avait  la  rive  droite  du  fleuve  pour  limite  à  l'Est.  Attribuer  à 
Charles-le-Chauve,  comme  roi  d'Aquitaine,  un  atelier  monétaire  à  Arles 
semble  contraire  à  la  donnée  géographique.  Je  suis  néanmoins  de  l'avis 
de  M.  de  Longpérier  {Cat,  J.  Rousseau^  pag.  118):  <t  On  s'étonnera 
peut-être,  dit-il,  de  voir  Arles  au  nombre  des  villes  du  royaume  d'Aqui- 
taine, car  sa  position  actuelle  à  Torient  du  Rhône  ne  conviendrait 
guère  à  cette  classification;  mais  il  est  certain  que,  sous  Constantin,  la 
ville  s'était  étendue  sur  la  rive  droite  du  fleuve....  Adrien  de  Valois  assure 
que  la  ville  de  Constantin  était  à  l'occident  du  Rhône,  ce  qui  me  paraît 
confirmé  par  un  passage  de  Cassiodore  qui,  vers  le  milieu  du  sixième 
siècle,  écrivait  :  Arelate  est  civitas  supra  iindas  Rhodani  constituta,  quœ 
in  orientis  prospectum  tabulatum  pontem  per  nuncupati  fluminis  dorsa 
transmittit.  En  eftet,  si  le  pont  était  établi  à  l'orient  de  la  ville,  il  fallait 
qu'elle  fût  sur  la  rive  droite  du  fleuve.  Ce  n'est  probablement  qu'au  com- 
mencement du  dixième  siècle,  lors  de  la  construction  de  Saint-Trophime, 
que  la  ville  d'Arles  fut  rétablie  à  l'orient  du  Rhône,  pour  devenir  la 
capitale  du  royaume  de  Bourgogne  uni  à  celui  de  Provence  ». 

Pour  moi  je  crois  qu'il  existait  deux  centres  de  population  sur  chacune 
des  rives  du  fleuve.  L'ARELATVM  de  la  rive  droite  faisait  partie  du 
royaume  d'Aquitaine,  et  celui  de  la  rive  gauche  appartenait  à  la  Provence, 
ce  qui  explique  le  double  monnoyage  au  nom  d'Arles. 

Cernay?  Sennheim  (Sennen). 
i38.  lî  CARLVSREXFR   entre  deux  grènetis,    au    centre    monogramme   carolin- 
gien par  K; 
!Ç(f  lî»  SENNES  entre  deux  grénetis^  au  centre  une  croix  à  branches  pattées 
haussée  sur  trois  degrés. 

Denier.  Cab.  de  Fr.      .• Valeur  i5o  fr. 

189.  »î' CARLVS  REX  FR  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  un  C; 
5^3!  SENNES    entre    deux    grènetis,    au    centre    croix    carolingienne    à 
branches  égales. 

Denier    Ma  collection Valeur  100  fr. 


SECONDE  RACE.  i55 

M.  de  Longpérier,  comparant  ces  deniers  avec  ceux  de  Mayence 
(n**  206  et  207),  est  amené,  par  suite  de  l'identité  de  type,  à  en  chercher 
l'émission  dans  le  voisinage  de  cette  dernière  ville.  Il  trouve  le  bourg  de 
Sennheim,  autrefois  SENNEN,  appartenant  à  Téglise  de  Strasbourg  et 
assez  rapproché  de  Mayence.  C'est  là  qu'il  place  l'atelier  de  SENNES. 

M.  Salmon  réclame  ces  deux  deniers  pour  Sens,  et  s'appuie  sur  des 
textes  où  il  trouve  le  nom  de  Sens  écrit  SENIS  et  comme  adjectif,  SEN- 
NENSISj  d'où  il  conclut  que  le  nom  de  la  cité  s'écrivait  indistinctement 

SENONES  et  SENNES. 

Pour  moi  j'adopte  sans  hésiter  l'attribution  de  M.  de  Longpérier; 
l'identité  de  type  est  trop  frappante  entre  les  n**'  188  et  209  pour  per- 
mettre aucune  hésitation. 

Chftteaudun  (Castrvm^vni  ou  Dvnense). 

190.  fi&  CARLVSREXF    entre    deux    grènetis,    au    centre    croix    carolingienne    à 

branches  égales; 
y  9  CASTELDVN  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  C. 

Denier.  Combrouse,  pi.  X,  n»  4. 

Je  n'ai  pas  vu  ce  denier  en  nature;  si  la  figure  est  exacte,  l'attribution 
à  Ghâteaudun  ne  peut  être  douteuse. 

Chelles  (Cala  ou  Cal^e  Monasterium). 

191.  *CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis,  au    centre    croix   carolingienne   à 

branches  égales; 
IjC  *  CALAMONAS  entre  deux  grènetis^  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 
Denier.  Ma  collection    . Valeur  i5o  fr. 

Chelles  était  autrefois  une  villa  royale  sur  la  Marne,  à  quatre  milles  de 
Paris;  Chlotilde,  femme  de  Clovis  I,  y  fonda  un  monastère  de  femmes 
sous  l'invocation  de  Saint-Georges;  l'abbaye  fut  augmentée  et  enrichie 
par  la  reine  Bathilde;  une  basilique  y  fut  fondée  par  elle;  puis  les  rois 
y  firent  construire  un  palais  qui  existait  encore  en  Tan  1008,  et  où  se 
réunit  le  concile. 

Nous  avons  des  triens  mérovingiens  frappés  à  Chelles  et  qui  portent 
la  légende  CALA.  Il  est  à  croire,  en  raison  de  la  faveur  dont  jouissait 
près  des  rois  franks  cette  célèbre  abbaye,  que  l'atelier  monétaire  y 
fonctionna  sans  discontinuer  jusqu'à  la  mort  de  Charles-le-Chauve. 


i56  MONNAIES  FRANÇAISES. 

Planche  XIII. 

Dorestadt. 

192.  SCARLVSEXFR  entre  deux  grènetis,  au  centre  étoile  à  six  rayons,  chaque 

rayon  terminé  par  une  petite  boule; 
5^  lî  DORESTADO  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 

Denier.  Mus.  de  Bruxelles Valeur  3o  fr. 

193.  9  CARLVSREXFR  entre   deux  grènetis,   au  centre  croix  carolingienne  à 

quatre  branches  égales; 
5^  15  DORESTADO  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 

Denier.  Mus.  de  Bruxelles Valeur  20  fr. 

194.  *  CARLVSREXFR   entre   deux  grènetis,   au    centre  croix   carolingienne  à 

quatre  branches  égales  cantonnée  d'un  point  au  deuxième; 
5^  4l  DOREc/iTADO  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

195.  S  CARLVc/DREXFR    entre    deux  grènetis;    au    centre   croix  cantonnée    de 

quatre  points  allongés  à  Tangle  de  chaque  canton; 
!Çf  ^  DOREC/3TADO  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 
Denier.  Ma  collection r     •     •    Valeur  20  fr. 

196.  *  CO JVC/3REXFR  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  carolingienne; 

5^  *  DOREc/^TADO  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K. 

Denier.  Ma  collection Valeur  20  fr. 

Je  n'ai  rien  de  nouveau  à  dire  sur  cet  atelier  de  Dorestadt,  si  ce  n'est 
de  faire  remarquer  combien  devait  être  important  cet  Emporium  de 
Dorestadt  qui  nécessitait  la  création  d'une  aussi  grande  quantité  de 
monnaies. 

Dun-8ur-Heu8e. 

197.  ^  CARLVSREXF  entre  deux  grènetis;  au  centre  croix  carolingienne; 

5^  S  DVNNOS  entre  deux  grènetis;  au  centre  monogramme  carolingien 
par  K. 
Denier.  Coll.  Voillemier Valeur  200  fr. 

(Voir  le  n»  53). 

Laon  (Lavdvnvm  Civitas). 

198.  *  CARLVSREXFR   entre   deux   grènetis  ;    au  centre    croix    carolingienne 

cantonnée  de  quatre  points; 


SECONDE  RACE.  iSj 

y  9  LAVDVNO*'"  entre  deux  grènetis  ;   au   centre   monogramme  caro- 
lingien par  E. 

Denier.  Rev,  Belge  i855. 

Laon,  sous  la  première  race,  portait  le  nom  de  LVGDVNVM  CLAV ATVM 
ou  LVGDVNVM  CLOATVM.  Nous  le  trouvons  sous  Charlemagne  avec  la 
forme  LAVDVNVM;  Frodoard  le  nomme  LAVDVNVM  CLAV  ATVM.  Nous 
le  reverrons  à  sa  première  forme  sous  Charles-le-Chauve  et  ses  succes- 
seurs, puis  le  nom  de  LAVDVNVM  finit  par  prévaloir  et  nous  donne  par 
contraction  la  forme  actuelle  Laon. 

199.  4"  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis;  au  centre  LADVNO  autour  dune 

petite  croisette; 
5^    4!  SCAMARIA  entre   deux  grènetis  ;    au    centre    monogramme  caro- 
lingien par  E. 

Denier.  Coll.  du  Lac Valeur  3oo  fr. 

Voici  une  exception  à  la  règle  que  nous  avons  indiquée,  à  savoir  qu'à 
partir  de  l'adoption  du  nouveau  type  monétaire  par  Charlemagne,  tous 
les  ateliers  placés  sous  des  vocables  de  saints  disparaissent  jusqu'à  la 
fin  du  règne  de  Louis-le-Débonnaire.  Quant  à  l'atelier,  il  ne  peut  exister 
aucun  doute;  nous  savons  que  l'Église  épiscopale  de  Laon  était  placée 
sous  l'invocation  de  la  Vierge. 

Lyon. 

200.  *  CAROLVSREXFR  entre  deux  grènetis  ;  au   centre  croix  carolingienne  ; 

5^   S  LVGDVNVM   entre  deux   grènetis;   au  centre  monogramme  caro- 
lingien par  K. 
Denier.  Ma  collection  ;  poids  H^^yo Valeur  40  fr. 

Les  caractères  formant  la  légende  du  revers  sont  d'un  aspect  singulier 
et  paraissent  faire  de  ce  denier  une  pièce  postérieure  au  règne  de  Char- 
lemagne. De  même  le  nom  de  Charles  écrit  sous  la  forme  CAROLVS 
n'est  pas  habituel  sur  les  monnaies  de  cette  époque.  Je  ne  vois  pas 
cependant  qu'on  puisse  placer  cette  pièce  ailleurs. 

Marseille  (Massilia  Civitas). 

201..  S  CARLVSREXFR   entre   deux   grènetis  ;    au    centre    monogramme   caro- 
lingien par  K. 
5^  *  MAc/}c/DILIA    entre   deux    grènetis  ;   au   centre  croix   carolingienne. 
Denier.  Mus,  de  M Valeur  iSofr. 

202.   ^  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis;  au  centre  croix  carolingienne; 


i58  MONNAIES  FRANÇAISES. 

3^  9  MASSILIA  entre  deux  grènetis;  au  centre  monogramme  carolingien 
par  K. 

Denier.  B.  Fillon Valeur  i5o  fr. 

Metallum  (tribut  ou  impôt). 

203.  S  CARLVSREXFR    entre    deux    grènetis;    au    centre   monogramme  caro- 

lingien par  K; 
5f   *  EXMETALLONOVO   entre   deux   grènetis;   au  centre   croix  caro- 
lingienne. 

Denier.  Mus.  de  M Valeur  5o  fr. 

204.  *  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis;  au  centre  croix  carolingienne; 

y   *  EXMEALLONOVO   entre  deux  grènetis  ;   au  centre  monogramme 
carolingien  par  E. 

Denier.  Ma  collection;  poids  1^^,70 Valeur  5o  fr. 

Voir  pour  ce  denier^  pi.  XI^   n^  97^   pag.   89  où   j'ai  expliqué  le  sens  de  cette 
légende. 

Hayence. 

205.  fl&  CARLVSREXFR    entre    deux    grènetis;    au   centre  croix    carolingienne 

cantonnée  de  quatre  points  ; 
y  lîl  MOGONTIA  entre    deux    grènetis  ;   au   centre  monogramme  caro- 
lingien par  K. 

Denier.  Mus.  de  Bruxelles Valeur  3o  fr. 

206.  S  CARLVSREXFR    entre    deux   grènetis;    au   centre   monogramme   caro- 

lingien par  K; 
y  S  MOGONTIA  entre  deux  grènetis;  au  centre  croix  pattée. 

Denier.  Ma  collection;  poids  it^,6o Valeur  3o  fr. 

207.  9  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolingien 

par  K; 
5^  S  MOGONTIA  rétrograde  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  haussée 
sur  trois  degrés. 

Denier.  Ma  collection;  poids,  U'jSS Valeur  40  fr. 

208.  *  CARLVc/DREXFR  entre   deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolin- 

gien par  K; 
Çf  *  MOGONTIA  entre  deux  grènetis;  au  centre  un  grand  P. 

Denier.  Ma  collection,  poids  i9^,6o Valeur  40  fr. 

J'ignore  complètement  quel  peut  être  le  sens  de  cette  lettre  P  placée 
dans  le  champ  du  n**  208. 

On  voit,  par  le  nombre  et  la  variété  des  types  créés  par  cet  atelier, 
combien  était  considérable  l'importance  de  Mayence  à  l'époque  caro- 
lingienne. 


SECONDE  RACÉ.  tSg 

Melle  (Metvllo). 

209.  S  CARLVS  REX  FR  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  carolingienne; 

5^  9  METVLLO  entre  deux  grènetis,    au  centre  monogramme  carolingien 
par  K. 

Denier.  Ma  collection Valeur  10  fr. 

La  petite  ville  de  Melle,  dans  le  Poitou,  possédait  des  mines  d'argent 
d'une  grande  richesse.  Aussi  Charlemagne  et  ses  successeurs  y  main- 
tinrent un  atelier  monétaire  dont  les  produits  sont  d'une  abondance  et 
d'une  variété  extrêmes.  Cette  prolongation  de  la  fabrication  dans  un 
même  atelier  amena  nécessairement  des  variantes  dans  les  légendes,  des 
points  secrets,  puis,  par  la  suite  même  d'une  longue  immobilisation,  des 
dégénérescences  de  type  très  accusées.  Il  en  résulta,  chez  les  auteurs  qui 
s'occupèrent  de  la  numismatique  poitevine,  une  tendance  assez  naturelle, 
du  reste,  à  annexer  au  monnoyage  seigneurial  des  comtes  de  Poitou  la 
majeure  partie  des  produits  de  cet  atelier.  Mais  on  est  allé  beaucoup  trop 
loin  dans  cette  voie.  Si  on  voulait  y  suivre  les  numismatistes  poitevins, 
on  arriverait  à  ce  résultat  inadmissible  :  c'est  qu'à  une  certaine  époque 
le  monnoyage  des  comtes  de  Poitou  aurait  été  plus  important  que  tout 
le  monnoyage  royal. 

Je  n'essaierai  pas  de  placer  les  limites  en-deçà  desquelles  s'arrête  la 
fabrication  royale  dans  l'atelier  de  Melle.  De  plus  experts  que  moi  s'y  sont 
égarés;  on  y  arrivera  peu  à  peu  par  l'examen  attentif  des  trouvailles; 
malgré  les  travaux  de  MM.  Lecointre-Dupont,  B.  Fillon,  Poëy  d'Avant 
et  de  mon  savant  ami  et  confrère  M.  Caron,  le  dernier  mot  n'est  pas  dit 
sur  ce  sujet. 

Noyon  (Noviomagvs,  Noviomvs  Villa). 

210.  lî  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  carolingienne; 

5^  9  NOVlC>~lM  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolingien 
par  K. 

Denier.  Cab  de  Fr Valeur  i5o  fr. 

Si  nous  ne  connaissions  d'autre  dénier  au  nom  de  Noyon  que 
celui-ci,  nous  serions  naturellement  portés  à  l'attribuer  à  la  cité  épisco- 
pale  NOVIOMAGVS  Veromanduorum,,  mais  nous  trouverons  plus  tard 
deux  deniers  ayant  pour  légende  HNOVIOMVILLA  au  type  de  Tédit  de 
Pitres.  Cette  qualification  de  Villa  éloigne  de  suite  la  pensée  de  la  cité 


i6o  MONNAIES  FRANÇAISES. 

de  Noyon.  Deux  localités  peuvent,  selon  moi,  réclamer  la  fabrication 
de  ces  monnaies  :  Noyon-sur-Andelle^  près  Pont-de-l' Arche  que  cite 
Adrien-de- Valois  sous  la  forme  NOVIOMAGVS,  NOVIOMVS; 

Puis  une  villa  royale  dont  le  savant  géographe  rapporte  ce  qui  suit 
d'après  Frodoard:  Noviomagi  (la  cité  de  Noyon),  ut  in  claris  Galliae 
urbibus  omnibus,  suum  fuit  Regibus  nostris  Palatium,  quale  antea 
Imperatoribus  Rom.  fuerat.  Certe  Chlotarius,  Chlodovei  junioris  filius, 
Dagoberti  nepos,  Godbertœ  nobili  virgini  suum  Noviomagense  Palatium 
cum  suburbano  oratorio  Georgii  Mart.  duasque  villas  fiscales^  ac  aliquot 
puellas  regendus  dédisse  dicitur. 

Mais  ces  villae  fiscales  existaient-elles  encore  du  temps  de  Charle- 
magne,  cela  ne  paraît  pas  certain.  Comme  de  plus  les  O  carrés  sont 
d'un  emploi  bien  plus  fréquent  à  l'ouest  de  la  Seine  qu'au  nord  de  la 
Gaule,  et  que  nous  trouvons  ces  caractères  non  seulement  sur  la  monnaie 
de  Charlemagne,  mais,  et  surtout  sur  les  deniers  n"  i5g  et  i6o  au  type 
de  Fédit  de  Pitres,  je  suis  de  préférence  porté  à  en  attribuer  l'émission 
à  Noyon-sur-Andelle. 

Rouen. 

211.  lî  CARLVSREXFR  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  carolingienne; 

^  ^  ROTOMAGVS  entre  deux  grènetis^  au  centre  monogramme  carolin- 
gien par  K  ; 

Denier.  Rev.  Belge  i852. 

Saint-Denis  (Scidionvsii  Monasterium). 

2  12.  4*  CARLVSREXF  entre  deux  grènetis,  au  centre  monogramme  carolingien; 
y  lî»  SCIDVONISII  entre  deux  grènetis,  au  centre  croix  pattée. 

Denier.  Ma  collection Valeur  yS  fr. 

Ce  denier  et  celui  de  Sainte-Marie  de  Laon  sont  les  deux  seuls  exem- 
plaires d'une  monnaie  avec  un  vocable  de  saint  pendant  la  seconde 
moitié  du  règne  de  Charlemagne.  Les  caractères  de  la  légende  du  revers 
sont  d'un  aspect  et  d'une  dimension  qui  se  rapprochent  plus  dé  ceux 
que  nous  avons  vus  sur  les  deniers  de  Mayence  (n°'  206,  207  et  208) 
que  de  ceux  des  ateliers  Neustriens;  peut-être  n'est-ce  pas  l'antique 
Catolacum,  et  faudrait-il  chercher  un  autre  monastère  de  Saint-Denis  à 
Test  de  l'Empire. 


PLHqc^e:^ 


PEPm-LE-BREF  (  252  À  268  ) 


PEPIN-LE -BREF 


Deijxipn;e  pùftji 


PKlMK-LE-miKl' 


Deuxième  partie 


PEPm-LE-BBEF  (  Î52  i  368  ) 


5-,      „-^ 
t.ï KâSËl 


PEPIN-LE-BREF 


PEPIK  LE  BREF 


CARLOMAN  (768  4  771) 


DtiDaème  partie 


CHARLRBIAGNE   (760-814) 

1"  TYPE  SAKS  MONOGRAMME 


Wm    W^m 


Deuxième  parue 


CHARLEMAGWE 


CHARLEMAGJJE 


\ 


Deuxième  paptie 


Deuxième  paiMJe 


CHARLEMAGNE 


Planche  X 

123  :r^ 


Dciixième  partie 


CHARLEMAGHE 


Deuxième  partie 


CHARLEMAGNE 


2=  TYPE  _  MONOGRAMME 


CHARLEHAGNE 


PS: 


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